Historique de la Firme
Comme le dit Bernard Salvat dans "les Motos Françaises", l'histoire de la firme Alcyon est difficile a reconstituer, il faut recoller les éléments d'un puzzle qui s'étend sur deux pays, une soixantaine d'années et 7marques différentes.
Tou d'abord, ce qui singularise ALCYON des autres marques c'est les moteurs, qui conditionneront la stablité de la Marque. L'histoire d'Alcyon commence par la création de l'usine ZL en Suisse à St Aubin. Cette usine construit le premier moteur ZL destiné à une Motobicyclette nommée "Victoire" qui sera vendue entre 1897 et 1906. Dès sa création en 1904, Alcyon équipe ses motos de moteurs ZL, et prend ainsi une forte participation dans l'usine ZL, qui ne vent plus sa motocyclette Victoire depuis 1902. ZEDEL se rapproche de son gros client en ouvrant une usine à la Ferrière sous Jougne en 1906 et ferme l'usine suisse l'année suivante. ZEDEL passe totalement sous le contrôle de ALCYON à cette date. Parralèlement, Française Diamant a commancé à produire des motos en 1902, rejoints par Labor et Thomann en 1908. L'ingéniosité Suisse est restée capitalisée sur ZEDEL France, ALCYON commmercialise en 1913, une moto équipée d'un moteur culbuté à quatres soupapes radiales, 70 ans avant les japonais. Sous des marques semblables ZURCHER, LUTHI, Alcyon produit des bicylindres en V entre 1914 et 1922, des moteurs culbutés entre 28 et 1931, des monocylindres à arbre à came en tête entre 1934 et 1935. L'usine productrice de moteurs pour ALCYON a toujours misé sur des moteurs haut de gamme, biens pensés, orientés performances (voir le moteur Zurcher en page technique).
Usine ZEDEL ZURCHER de Jougne
(Doubs)
Il en est tout autrement de la gestion prudente de la marque elle même, qui s'est toujours adaptée à la conjoncture difficile des deux guerres. Avant de voir la suite, voici un petit shéma recpitulatif de la marque et de ses filiales. La partie grisée correspond à la prise de possession totale d'ALCYON.
Ce qui surprend l'historien qui aborde la lecture des catalogues de l'époque, c'est l'hétérogéneitéé des productions, le bas de gamme et l'économique cotoie la compétition de haut niveau et la sortie discrète de machines prestigieuses.
ALcyon pouvait continuer après 1915 à rafler des prix en compétition et produire de très bons moteurs. En 1920, les prix de ventes sont contraints à la baisse, l'euphorie de l'après guerre est contrée par la difficulté des industriels à se réapprovisionner. Si l'année 1922 a connu une amélioration conjoncturelle et a poussé Olympique à produire des motos, l'année 1923 commence sous les pires auspices avec un franc dévalué , la résistance passive allemande sur les matières premières, et les difficultés des grandes banques à obtenir des crédits du compte "réparation" de la première guerre.
Alcyon abandonne la production de moteurs 4 temps, rachète OLYMPIQUE un an apres sa création, de même que FRANCAISE DIAMANT, ARMOR, LABOR et THOMANN, modernisant ainsi son outillage et capitalisant le réseau de distribution. En 1925, Poincaré stabilise le Franc, les Banquiers Dawes, Young, Hoover créditent enfin le compte réparations et redéploiement industriel. Les actionnaires choisissent de renoncer plusieurs années aux dividendes des actions et préfèrent consolider la société. La recherche pure en matière de moteurs est stoppée, ALcyon équipe en 1925, des motos avec des moteurs JAP (voir "les motos françaises" Bernard Salvat.).
En 1930, la firme entretien son matériel de production et a refait des travaux neufs, mais la crise de 1929 touche la France avec un an de retard. Les difficultés recommancent comme en 1920, annulations de commandes, difficultés d'aprovisionnement en matières premières, mais la société est solidement charpentée et traverse des eaux relativement calme. La production d'adapte à la demande, les motos sportives ne sont plus produites mise à part la rarissime 360 A (voir "les motos françaises" Bernard Salvat), car ALCYON propose maintenant essentiellement des vélos, BMA notemment la célèbre alcyonette, et même de la vaiselle et des postes TSF.
Les données sur la période de guerre ne sont pas encore consulatables aux archives départementales du Doubs. On sait plus de choses sur l'après guerre, c'est la période des motos populaires utilitaires et scooters , censés remplacer le véhicule automobile. Les populaires ALCYON garderont toujours un design plus sport qui inspirera à plus d'un titre les japonais.
Comme éléments de réfexions, voici une image de la première Yamaha en 1955, qui contrairement à ce qui a été écrit, n'était pas un plagiatde la DKW RT125 mais de l'ALCYON type 47 , regardez également le Logo ALCYON d'après guerre, est ce qu'il ne rappelle pas un logo Japonais?
Première Yamaha en
1955 YA1 125 cm3 copie conforme de
l'alcyon type 47, à l'exception de la pipe d'admission
Logo ALCYON après
guerre
Viendra ensuite la période "décadente", les motos d'assemblage type Guiller avec moteurs AMC, réservoir de motobécanes rouge qui connaitront néanmoins un certains succès sur les rallyes.
(voir le guide du collectionneur LVM 1998)