clochertors

 

 

 

L'évolution du(des) clocher(s).

 

 

L'église était surmontée dès l'origine par un clocher sur tour carrée avec une toiture pyramidale à quatre pentes (il existait encore en 1497). On peut penser que c'est au début du XVIe siècle, dans la période des grands travaux du prieur de Rély, qu'il fut surélevé par un étage octogonal coiffé d'une flèche de même forme. Une vue de Claude Chastillon datant de 1612 montre le clocher tel qu'il est aujourd'hui, mais parfaitement droit.

En 1794, un incendie dû à la foudre attaqua les charpentes du clocher qui furent rétablies rapidement. Est-ce à la suite de ces réparations que la flèche devint torse à cause d'une déformation des poutres au séchage? Nous sommes bien éloignés de la légende qui raconte que "Gargentua monté sur son cheval sautait d'une colline à l'autre et la queue de sa monture alla s'enrouler autour du clocher qui vrilla".

On peut également signaler qu'un deuxième clocher avait été commencé en façade sur la travée sud-ouest de la nef (on remarque une tourelle d'escalier non terminée et l'amorce du premier étage avec ses contreforts).

Les trois étapes d'évolution du clocher (de gauche à droite):

1497, il a 4 pents droits sur une base carrée.

1612, il a 8 pents droits sur une base octogonale.

2001, il a 8 pents vrillés sur la base octogonale, on peut appercevoir l'ex-base carrée. agrandir

 

aujourd'hui, c'est du jardin de la mairie qu'il est le plus visible.

La partie basse est établie sur un plan carré, chaque face étant percée de deux ouvertures allongées en plein centre obturées par les toitures hautes. Ce soubassement d'allure romane, (voir les modillons) est peut-être la seule trace de l'église primitive de Louis Vl le Gros.

A la fin du XVe siècle, le clocher est donc surmonté d'un étage octogonal comportant une longue fenêtre garnie d'abat-son sur chaque face.

La tour est coiffée d'une flèche torse de 1/8ème de tour d'une trentaine de mètres de hauteur, ce qui met le coq à 66 mètres au-dessus du dallage du choeur.

Cette caractéristique est assez rare et est représentée en Europe sur environ 90 clochers, celui de Puiseaux figurant parmi les plus réguliers et les plus élevés .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'intérieur du clocher

 

-les combles

On y accède par l'escalier Nord de l'église.Tout un réseau de pillotis, d'escaliers et d'échelles a été fabriqué par M. Denis Thierry, menuisier de Puiseaux, pour pouvoir circuler au dessus des nefs, dans les combles de l'église et réemprunter, ainsi les mêmes structures et circuits que les bâtisseurs du monument.

 

 

Nous allons nous élevez graduellement:

En haut de l'escalier Nord, nous arrivons dans les combles au-dessus des nefs. Ces dernières sont faciles à identifier: on reconnait les voutes qui apparaissent ici en volumes bombés, comme des demi-sphères posées sur "le sol". On peut signaler que ce spectacle ne serait pas visible si les combles n'avaient pas été déblayés il y a quelques années. Plus d'une tonne de gravas a été dégagée d'entre les voutes.

Allons maintenant au-dessus de la croisée du transept, dans la partie romane carrée de la tour. On distingue les fenêtres en plein cintre dont quatre servent aux accès des combles. Les quatre autres ont été obturées pour laisser la place aux quatre pieds du beffroi. Ce dernier est une énorme construction de poutres de plus de quinze mètres de haut et touchant seulement à la maçonnerie par quatre points: on peut imaginer un gigantesque tabouret dont les pieds reposent sur des corbeaux. Le beffroi étant ainsi indépendant de la tour, les vibrations et le ballant des cloches ne se transmettaient pas aux murs. On remarque également dans les coins les trompes qui permettent de passer du plan carré au plan octogonal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-L'ascension

 

Escaladons maintenant la première échelle, nous arrivons sur le plancher du beffroi.

 

Les fenêtres hautes du clocher sont accessibles et permettent des vues élevées sur la ville. Elles ont été fermées en bas par des plaques de plexiglas pour éviter les rigueurs du vent (coulissantes, elles permettent les photos). Le beffroi remplit tout l'espace au-dessus de nos têtes. Il supporte trois cloches:

 

-une de 900kg. Elle ne comporte qu'une inscription lisible: "Devilliers, Maire" (Il fut maire de 1815 à 1816, ce qui permet de la dater du début de la Restauration),

-une de 600kg. C'est la refonte en 1919 d'une cloche existante (c'est elle qui sonne les heures),

-une de 300kg. Fondue en 1919 en mémoire des victimes de la guerre 1914-1918.

 

Continuons la montée.

La première échelle conduit à un palier intermédiaire d'où on voit bien les cloches.

La deuxième échelle va jusqu'à la première enrayure à la base de la flèche. Cette dernière est constituée par 8 enrayures reliées en leur centre par le poinçon.

La torsion accidentelle de ce poinçon au séchage a entraîné celle de toute la flèche car aucune pièce de bois en oblique ne s'opposait à ce mouvement.

Il est bien certain que l'architecte n'a pas voulu cette torsion. En effet, les charpentiers ont bien taillé tous leurs assemblages d'équerre, si bien qu'aujourd'hui les tenons "baillent" dans les mortaises et les chevilles ont été rompues. La torsion a donné une position oblique aux arêtiers et aux chevrons. De ce fait, la hauteur de la flèche a diminué de quelques décimètres. Comme le poinçon, lui, n'a pas raccourci, il a donc subi une traction très importante vers le bas et a brisé les enrayures qui ont la forme de cônes inversés très évasés. Des renforts de métal ont même dû être posés pour consolider les enrayures. Cette rupture a permis au clocher de conserver une forme harmonieuse et régulière (dans d'autres clochers tors où les enrayures ont tenu, c'est le poinçon qui a cassé: ainsi à Le Vieil Bauge et à St Viatre dont les flèches sont légèrement "pliées").

Tout est visible donc, il suffit de regarder: la torsion du poinçon, l'abaissement du centre des enrayures, la déformation des assemblages. Et maintenant, si vous n'avez pas le vertige, vous pouvez monter jusqu'aux lucarnes supérieures d'où la vue est splendide. Il vous en coûtera l'escalade de six échelles...