|
|
||||||
|
||||||
|
aujourd'hui, c'est du jardin de la mairie qu'il est le plus visible. La partie basse est établie sur un plan carré, chaque face étant percée de deux ouvertures allongées en plein centre obturées par les toitures hautes. Ce soubassement d'allure romane, (voir les modillons) est peut-être la seule trace de l'église primitive de Louis Vl le Gros. A la fin du XVe siècle, le clocher est donc surmonté d'un étage octogonal comportant une longue fenêtre garnie d'abat-son sur chaque face. La tour est coiffée d'une flèche torse de 1/8ème de tour d'une trentaine de mètres de hauteur, ce qui met le coq à 66 mètres au-dessus du dallage du choeur. Cette caractéristique est assez rare et est représentée en Europe sur environ 90 clochers, celui de Puiseaux figurant parmi les plus réguliers et les plus élevés . |
||||||
|
L'intérieur du clocher
-les combles
Nous allons nous élevez graduellement: En haut de l'escalier Nord, nous arrivons dans les combles au-dessus des nefs. Ces dernières sont faciles à identifier: on reconnait les voutes qui apparaissent ici en volumes bombés, comme des demi-sphères posées sur "le sol". On peut signaler que ce spectacle ne serait pas visible si les combles n'avaient pas été déblayés il y a quelques années. Plus d'une tonne de gravas a été dégagée d'entre les voutes. Allons maintenant au-dessus de la croisée du transept, dans la partie romane carrée de la tour. On distingue les fenêtres en plein cintre dont quatre servent aux accès des combles. Les quatre autres ont été obturées pour laisser la place aux quatre pieds du beffroi. Ce dernier est une énorme construction de poutres de plus de quinze mètres de haut et touchant seulement à la maçonnerie par quatre points: on peut imaginer un gigantesque tabouret dont les pieds reposent sur des corbeaux. Le beffroi étant ainsi indépendant de la tour, les vibrations et le ballant des cloches ne se transmettaient pas aux murs. On remarque également dans les coins les trompes qui permettent de passer du plan carré au plan octogonal.
-L'ascension
Les fenêtres hautes du clocher sont accessibles et permettent des vues élevées sur la ville. Elles ont été fermées en bas par des plaques de plexiglas pour éviter les rigueurs du vent (coulissantes, elles permettent les photos). Le beffroi remplit tout l'espace au-dessus de nos têtes. Il supporte trois cloches:
Continuons la montée. La première échelle conduit à un palier intermédiaire d'où on voit bien les cloches. La deuxième échelle va jusqu'à la première enrayure à la base de la flèche. Cette dernière est constituée par 8 enrayures reliées en leur centre par le poinçon. La torsion accidentelle de ce poinçon au séchage a entraîné celle de toute la flèche car aucune pièce de bois en oblique ne s'opposait à ce mouvement. Il est bien certain que l'architecte n'a pas voulu cette torsion. En effet, les charpentiers ont bien taillé tous leurs assemblages d'équerre, si bien qu'aujourd'hui les tenons "baillent" dans les mortaises et les chevilles ont été rompues. La torsion a donné une position oblique aux arêtiers et aux chevrons. De ce fait, la hauteur de la flèche a diminué de quelques décimètres. Comme le poinçon, lui, n'a pas raccourci, il a donc subi une traction très importante vers le bas et a brisé les enrayures qui ont la forme de cônes inversés très évasés. Des renforts de métal ont même dû être posés pour consolider les enrayures. Cette rupture a permis au clocher de conserver une forme harmonieuse et régulière (dans d'autres clochers tors où les enrayures ont tenu, c'est le poinçon qui a cassé: ainsi à Le Vieil Bauge et à St Viatre dont les flèches sont légèrement "pliées"). Tout est visible donc, il suffit de regarder: la torsion du poinçon, l'abaissement du centre des enrayures, la déformation des assemblages. Et maintenant, si vous n'avez pas le vertige, vous pouvez monter jusqu'aux lucarnes supérieures d'où la vue est splendide. Il vous en coûtera l'escalade de six échelles... |