Juillet
/ Août 2004
Brésil
Et
voilà, fin de l'année scolaire et 2 mois de vacances
devant nous. Que faire ?... Découvrir le Brésil,
aller enfin plus loin que notre éternel horizon brésilien
qu'était Oiapoque.
On dit même " découvrir un peu mieux le Brésil
" car malgré nos deux mois, l'immensité ne
se laisse pas embrasser comme ça et ceux qui suivront notre
parcours sur une carte réaliseront bien que, malgré
les distances parcourues lors de nos 225 heures de bus et nos
6 heures d'avion, nous n'avons vu qu'une parcelle du pays.
8.500.000 KM² soit 17 fois la France. Cinquième plus
grand pays du monde, il couvre presque la moitié de l'Amérique
du Sud.
En dehors du football, des jolies filles, de l'extraordinaire
melting-pot, le Brésil alignait aussi dans ses mythes celui
de l'insécurité. Nous avons en fait découvert
un pays assez sage, presque docile, assez proche du modèle
américain dans l'ensemble. Rien de très pittoresque
à vrai dire dans notre parcours. De manière classique
en Amérique latine, une extrême pauvreté côtoie
une extrême richesse. Mais c'est bien de la dixième
puissance économique mondiale dont il s'agit. Il y a de
tout et on trouve de tout au Brésil. Ajoutons à
cela le côté ingénieux et besogneux des brésiliens,
autant dire que ça bouge énormément. Plus
que n'importe quel autre peuple que nous ayons déjà
rencontré, le brésilien est affable. Il parle même
quand il est évident qu'on ne le comprend pas. Des relations
simples, assez éloignées de la sensualité
compliquée et torturées de l'Amérique hispanique.
Bref, un bonheur et assurément le grand intérêt
du pays.
Quoi qu'il en soit, le propos essentiel de nos vacances ne fut
pas d'aller à la rencontre des brésiliens mais de
retrouver grand nombre d'amis et de parents.

Après 18 heures de bus sur une route désastreuse
pour rejoindre Macapa, à 532 Km d'Oyapock, on survole l'embouchure
de l'Amazone direction Belém. On aperçoit
l'île de Marajo, plus grande île alluvionnaire
du monde… grande comme la Suisse.

Belém, à l'embouchure de l'Amazone. Au
marché du Ver o Peso, on trouve de tout comme sur
ce stand : des lotions pour retenir son mari, d'autres pour le
repousser, des filtres, des concoctions pour tous les maux du
monde… et un parfum de cours des miracles.

Partis de Guyane avec deux amis de Cayenne, Manu et Juliette,
nous avons rejoint à Belém Josiane, Patrick, Natacha
et Charlotte, qui étaient nos voisins à St Georges.
Pour les 32 ans de Betty, nous avons pris un bain dans l'Amazone
sur l'île de Cotijuba.

On part de Belém pour la mythique Salvador de Bahia,
creuset de l'histoire et de la culture nordestine du Brésil.
40 heures de bus. Bahia nous a un peu déçu. Sa façade
touristique manquait bien souvent d'authenticité…
Ici dans le Pelourinho, quartier historique de la ville.

Salvador de Bahia, côté plages et buildings.

Au Brésil, l'alcool national s'appelle Cachaça.
C'est une eau de vie de canne a sucre. Elle s'accompagne parfaitement
avec du sucre et du citron vert pour composer de douces et dangereuses
Caipirinhas. Dégustation de produit dans un lagon enchâssé
dans des dunes pour fêter, encore et encore, nos retrouvailles
avec Frédéric, Manu, Philippe et Nicolas.

Comme il était temps de calmer le rythme trop festif de
nos retrouvailles, on est allé se mettre au vert dans l'intérieur
de l'Etat de Bahia pour découvrir le parc national
Chapada Diamantina. Une randonnée plutôt physique
dans un paysage de plateaux, de gorges, de cascades.

Chercheur de diamant et accessoirement guide pour touristes
égarés ! Il nous montre fièrement son
butin, un brillant qu'il nous cédait pour la modique somme
de 1500 reis. Pour une prochaine fois !

Pour boire l'eau de la Chapada, il faut oublier sa couleur et
faire confiance…

Le clou de cette randonnée : cachoeira da fumaça,
une chute d'eau haute de 420 mètres. Pour bien l'apercevoir,
il faut s'allonger sur une roche et avancé le buste un
maximum dans le vide. Cette opération se fait avec l'aide
d'un compagnon qui vous tient les pieds au cas où l'envie
de sauter soit trop forte.

Fin de la randonnée et arrivée dans la vallée
du Capon.

Retour sur la cote nordestine, à Natal.

Découvrir les grandes dunes qui bordent Natal en Buggy…

et quelques authentiques aspects culturels du Brésil. Malgré
les apparences, le string perd de sa popularité au Brésil.
La mode tourne.

Voile typique du Nordeste.

A Praia da Pipa on trouve un beau nid douillet…

et de magnifiques plages.

Flamboyant en fleurs.

Fred, Philippe et Nicolas nous quittent et nous prenons la route
du sud avec Manu jusqu'à Rio. Là, on tombe
sous le charme. La ville se déploie dans un paysage magnifique.
Assurément l'une des plus belles villes du monde.

La vie de la ville semble tournée vers les plages. Ici
Copacabana.

Plage d'Ipanema un dimanche.

Après avoir retrouvé Estelle, Stéphane, le
deuxième frère de Betty et sa femme Jessica, nous
rejoignent à leur tour. Le Christ Rédempteur,
juché sur un morne à 710 mètres d'altitude
surplombe la ville de Rio. Certains ironisent en disant
qu'il écarte les bras pour inviter les habitants au travail.

A Rio, on retrouvera également Marco, Pati et
Jean Martin que nous avions rencontré en Equateur.

Promenade en voilier dans la baie de Rio.
Bateau construit en plein cœur de l'Amazonie, à
Santarem.
Le
bois est choisi sur place, coupé, préparé
et prend place sur la construction. Quatre années de travail
pour des passionnés.

Rio vue du pain de sucre.

Sao Paulo, nouvelle étape. Pour cette dernière
partie du voyage, les parents de Betty nous ont rejoints. Du haut
de la tour italienne on prend la mesure de cette mégalopole
de 17 millions d'habitants, troisième plus grande ville
du monde. Le centre ville seulement est aussi grand que Paris.

Les rues du centre sont constellées d'hommes sandwichs.

Sao Paulo nous a plutôt donné envie de partir
que de rester. Son immensité mérite du temps pour
pouvoir être appréciée. L'ambiance était
plutôt grise et la pauvreté très perceptible.
Vue du centre.

On a rejoint la triple frontière Brésil-Argentine-Paraguay
pour aller contempler parmi les plus belles chutes du monde :
les chutes d'Iguaçu. Un point fort de notre voyage
malgré la grande fréquentation touristique.

Chutes
d'Iguaçu

Sur le pont frontière entre le Brésil et le
Paraguay on retrouve un peu de ce chaos rencontré
dans les pays d'Amérique latine que nous avions visité
auparavant et, il faut l'avouer, plutôt rare au Brésil.

Ciudad del Este au Paraguay, face au Brésil, est
le plus grand centre commercial d'Amérique latine. On y
trouve de tout dans un bazar total. C'est aussi une des villes
les plus corrompues du continent. Il ne fait pas bon traîner
dans les rues après la fermeture des magasins.

34 heures de bus plus tard nous étions à Ouro
Preto dans l'Etat du Minas Gerais. Dans le courant du XVIIIe
siècle, la moitié de l'or extrait dans le monde
provenait du Minas Gerais soit quelques 1.200 tonnes dont la plus
grande partie de finit pas au Portugal mais en Angleterre. Un
célèbre journaliste uruguayen a écrit que
sans l'or du Minas Gerais, l'Angleterre n'aurait jamais eu les
moyens de tenir tête à Napoléon… Ouro
Preto fut longtemps la capitale de l'Etat du Minas et ses églises
témoignent encore de cette richesse passée.

Place principale de la cité coloniale d'Ouro Preto.
L'une de ses églises ne compte pas moins de 434kg d'or.
Aussi sage et touristique soit-elle aujourd'hui, on devine combien
Ouro Preto s'est développée et a vécue dans
la fièvre.

Pour terminer nos vacances on a trouvé une petite retraite
sur
l'île d'Ilha Grande dans la région de Rio.
Une île tropicale relativement bien préservée,
loin du rythme de la ville, paisible, sauvage avec de magnifiques
balades.

Avec les parents de Betty sur Ilha Grande au bout
de la belle plage Lopes Mendes.