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Septembre 2003 / Janvier 2004
Equateur

Désolé pour ce grand retard dans la mise à jour de notre site… et nous n'avons même pas d'excuses à vous proposer !
Hum… nous vous avions laissé au Panama, fin août 2003. Nous allons donc ici aborder le chapitre suivant de notre voyage qui nous a conduit en Equateur jusqu'en janvier 2004.
Bien entendu, après avoir attendu aussi longtemps, beaucoup d'entre vous seront déçus par le contenu plutôt succinct de notre récit… Vraiment, ces Fabbri, de plus en plus fainéants !

QUITO
Début septembre 2003, Betty rentrait en France pour deux mois et moi, Guillaume, je m'envolais de Panama City à destination de Quito, Equateur, au cœur de la cordillère des Andes, à 2850 mètres d'altitude.



Quito est couchée dans une vallée dominée par le volcan Pichincha, ici en arrière plan, caché dans les nuages.

Mon premier trajet en taxi pour traverser Quito m'avait laissé un sentiment de désordre, presque chaotique, évoluant dans la fumée des bus et des voitures que l'altitude semblait vouloir garder au sol. Durant les premiers jours, le souffle court, on apprend à se déplacer sans précipitation, on aborde les cotes avec le flegme de l'escargot et puis après quelques jours, le corps semble s'habituer au manque d'oxygène. Et le désordre lui aussi s'efface pour découvrir une ville aimable qui commence chacune de ses journées avec un soleil de printemps et les finit couverte de nuages, le cœur en automne. Avoir les états d'âme des quatre saisons en une seule journée, chaque jour.



Dans le centre historique de Quito, classé au patrimoine mondial de l'humanité.

L'Equateur fut une mine de rencontres, une succession de coups de chance énorme, assurément un temps fort de notre voyage sous l'égide de deux bienfaiteurs.
Tout a réellement commencé à l'Alliance française de Quito où je passais à tout hasard pour trouver un job de professeur et redresser mes finances à l'agonie. Parce que j'étais arrivé trop en avance (je défie quiconque d'en douter !) pour obtenir un entretien, j'avais choisi de patienter à la cafétéria. Là, parce que le monde est une immensité relative, je devais reconnaître Marco Cigna dans son costume de chef cuisinier de l'Alliance. J'avais rencontré Marco en France six ans auparavant et depuis, ni lui ni moi n'avions imaginé une seconde que nos chemins se recroiseraient un jour. Bref, Marco a besoin d'un barman pour un cocktail de 600 personnes dans un musée de la vieille ville et me voilà embauché. Dans la foulée, il me présente au délégué général de l'Alliance Française, Marcel Taillefer. Ce dernier n'a pas besoin de professeurs mais, m'ayant laissé énumérer par le menu le détail de mes expériences passées, il me propose de trier et classer les archives de l'Alliance. Me voilà dès lors avec deux jobs !
Marco et Marcel sont les deux rencontres qui ont déterminé la nature même de mon séjour en Equateur et par la suite celui de Betty également.

Ma première expérience de barman m'a laissé des souvenirs très proches de " l'enfer des zombies ", des dizaines et des dizaines de bras tendus gémissant leur litanie cannibale : " du vin… du vin… du vin… " Pour ce qui est de l'archivage, l'atmosphère était beaucoup plus sereine. Ayant convenu d'un forfait, je pouvais travailler comme bon me semble, finir en une semaine ou en un an… J'écrivais donc le matin, j'archivais l'après-midi et le soir, quand je n'étais pas barman, je sortais festoyer sans modération.
C'est l'un des autres points forts de mon séjour en Equateur : après Marco et Marcel, ce sont mes amis et copains sur place avec qui j'ai pu partager de grand moments, vigoureux fêtards ! Le centre de Quito est truffé de petits clubs que l'on butine comme des fleurs pour récolter un peu de salsa, du hip hop, de la salsa encore et toujours. Après ces deux ans passés dans des coins reculés, un peu extrêmes souvent, Quito fut un festin de fêtes, de vie urbaine, comme un plongeon heureux, la quête d'une vie passée en somme, un rééquilibrage grandiose.


ALTO CHOCO
Pourtant, avant de plonger vraiment dans cette vie citadine de Quito, j'ai dû honorer un engagement que j'avais passé sur Internet depuis l'Amérique centrale : je me suis donc rendu dans le Nord du pays pour aller faire quinze jours de bénévolat dans une réserve privée appelée Alto Choco.



L'Alto choco, c'est une parenthèse de silence, un recueillement au cœur d'une forêt nuageuse à la recherche des ours andins dits ours à lunettes. Je suis parti dans cette réserve avec un ami suisse. Le programme de repérage des ours andins nous a vite lassé. Dix ours munis d'un collier émetteur rodaient dans le périmètre de la réserve. Pour les traquer, il suffisait de chercher le signal sonore en orientant l'antenne dans leur direction, de répéter l'opération trois fois en des lieux différents pour établir une triangulation.



Guillaume cherche le signal : où qu'il est l'ours ? A 8km de là ou cent mètres… qui sait ?

Mais on aurait pu passer des mois à faire ça sans voir la moindre touffe de poils de ces plantigrades. Voilà toute la différence avec l'Arctique : l'ours andin est très timide et la forêt nuageuse est si dense qu'il est tout à fait pensable de pouvoir passer à quelques mètres de l'un d'entre eux sans le voir.

On a donc vite changé de job, nous transformant en gardes forestiers / jardiniers : entretien des sentiers à la machette, entretien du jardin botanique et balade avec le chien wispo qui se jetait avec délectation dans les toiles d'araignées.



De loin, ce sont juste des fleurs doucement colorées, minuscules et quand on s'approche de près, de très près, les orchidées regardent soudain avec effroi, figées. Dame Nature !

Des matinées chaleureuses, pliées sous le soleil, des après-midi couverts et froids, une douche glaciale au milieu du champ, et des nuits, noires, profondes avec sept couvertures en laine. La journée durant, des conversations affables avec le garde forestier et son épouse, Milton et Ines. Et la nuit venue, quelques bougies, une couverture sur les épaules, une obscurité abyssale, un petit feu, des causeries, du mauvais vin en carton qui faisait pourtant du bien et tout autour, le silence, le silence, le silence...



Déjeuner à la réserve en compagnie d'Hugues, Milton et Ines.


A l'extérieur de la réserve, une fabrique de sucre de canne.

OTAVALO

En quittant la réserve, j'ai rejoint une petite ville nommée Otavalo, renommée pour son marché et son artisanat.


Otavalo, comme beaucoup de villes et villages dans la Sierra équatorienne vit aux pieds des volcans. Ici le volcan Imbabura.


Marché aux bestiaux : les amérindiens de tous les villages environnant viennent vendre bœufs, porcs, chèvres, poulets aux négociants des abattoirs.

Sur la vitrine d'une boutique, je devais apercevoir une annonce. Une étudiante amérindienne cherchait quelqu'un pour traduire en français trois contes qu'elle avait écrit espagnol. Je prolongeais donc mon séjour de trois jours le temps de mener à bien la traduction de ces trois contes complétant ainsi ma panoplie équatorienne d'un quatrième job : traqueur d'ours, barman, archiviste et traducteur (les quatre pratiqués bien entendu avec des niveaux d'amateurisme variables mais certains.)


Mercedes, l'auteur des trois contes, en tenue traditionnelle dans sa mercerie.


QUITO
De retour à Quito, je reprenais l'archivage de l'Alliance. Là, Marcel Taillefer, après m'avoir offert le travail d'archivage me proposait de venir vivre chez lui où j'économiserai le prix de ma chambre d'hôtel et pourrait disposer d'un ordinateur ! Ce que j'y gagnais réellement, c'était le doux sentiment d'une vie de famille en rencontrant Marie et Lucas, ses deux enfants, et Annie son amie.


La famille Taillefer. On vous saoulerait si on vous racontait tout ce qu'ils nous ont apporté ; même eux ne savent pas tout. Qu'ils soient bénis, tiens ! je vois que ça.

VERS BAÑOS


En Equateur, les volcans dorment, somnolent, s'étirent, toussent et parfois se réveillent. Quittant Quito vers le Sud, on croise très vite la masse imposante du Cotopaxi, qui avec 5897 mètres d'altitude est le volcan en activité le plus haut du monde.


A Baños, la population a souvent regardé avec inquiétude le volcan Tungurahua et son haleine sulfureuse.

A l'échelle de l'Amérique latine, l'Equateur est un petit pays (la moitié de la France). Il dispose pourtant d'une diversité exceptionnelle avec ses trois régions distinctes que sont la côte, la cordillère des Andes qui culmine à 6310 mètres avant de redescendre sur le bassin amazonien. Diversité de paysages, de flore, de faune, d'habitats, de groupes ethnique, un concentré d'Amérique du Sud. A Baños, au centre du pays, une route en terre descend lentement de la cordillère vers la jungle, laissant le frimas de l'altitude pour la touffeur de l'Amazonie.


Au débouché de la cordillère, un fleuve et ses méandres s'étirent vers le bassin amazonien.


Marco, Patricia et Jean Martin sur un pont suspendu.

QUITO

Betty m'a rejoint fin octobre, quittant le froid de Paris pour l'éternel printemps de la capitale équatorienne. Encore pleine des visages et des paroles de tout ceux qu'elle avait pu revoir en France, elle survolait l'Atlantique sans savoir vraiment si elle partait de chez elle ou si elle revenait.
Très vite, elle devait intégrer la joyeuse équipe de Marco, travaillant la journée à la cafétéria et aux différents cocktails avec moi le soir. Une expérience en or.


Avec Marco après le service.


Et avec les chouchous, Pablo, Gabriel, David, Betty et David, un soir de cocktail.



De temps en temps, à la faveur d'un week-end, on arrivait, en se forçant, à quitter Quito. Ici, la Laguna Mojanda au nord du pays.

BALADES EN EQUATEUR

LES ANDES


Proche de la frontière péruvienne, dans la région de Vilcabamba, la cordillère nous a réservé quelques paysages magnifiques.


La cathédrale de Cuenca.


Au coeur de la ville de Cuenca, lessive dans les eaux du Rio Tomebamba.



A Cuenca a lieu le 24 décembre la procession El pase del niño pour célébrer l'enfant Jésus, un cortège coloré, souvent surprenant.


Réveillon de Noël dans la superbe maison d'Annie, à Cuenca, avec Magali et Sylvaine.



A plus de 3.000 mètres d'altitude, le parc national El Cajas réserve des paysages uniques, traversé par les nuages, plongés dans la brume où perce parfois un rayon de soleil pour des promenades irréelles, lunaires. On y trouve une flore qui a dû s'adapter au froid et à l'humidité, un monde végétal miniature et très diversifié.



Balade trop touristique sur le toit d'un petit train dans un canyon appelé " La narine du Diable." Rien de si impressionnant au bout du compte, il a fallu que l'on déraille pour trouver la balade un tant soit peu sous les hospices du Diable.


LA COTE PACIFIQUE


A l'embouchure du fleuve Guayas, la ville de Guayaquil, la plus importante du pays, envahit par des millions de grillons la nuit venue.


Une chiva, un transport collectif que l'on rencontre sur la côte… et à Quito lors des fêtes de la ville quand les noctambules s'y regroupent pour parcourir les boulevards en dansant et festoyant bruyamment.


A Canoa pour célébrer le jour de l'an dans un cadre agréable…


Pour marquer le changement d'année en Equateur, les jeunes se déguisent en veuves, promenant un mari en carton pâte et faisant la quête quelques jours durant. Le jour de l'an à minuit, le mari est brûlé comme on brûlerait l'année qui vient de s'écouler et ses mauvaises choses et l'argent de la quête est bu jusqu'au dernier centavos. Ici, le " mari " est un Hulk, c'est la poupée du jeune Jean Martin, le fil de Marco et Pati, il n'a pas encore eut l'idée de faire la quête.


Au marché de San Vicente, la pute côtoie sans complexe la députée.


Marché de San Vicente.


L'économie informelle, présente dans tous les pays d'Amérique latine, représente une part importante du marché du travail, le seul moyen pour beaucoup de famille d'assurer le minimum vital. En Equateur, le salaire moyen est proche de 120 euros par mois. Ici un petit vendeur de glace dans son terrain de prédilection : les nombreux bus populaires qui sillonnent le pays.

Le 8 janvier 2004, sur les conseils de notre ami Benoist, on décollait de Quito pour la Guyane française, de l'autre coté du sous-continent, pour aller enseigner quelques mois dans un petit village à la frontière du Brésil, en pleine Amazonie.
Mais c'est déjà une autre histoire, pour la prochaine mise à jour de notre site.


De Quito à Miami, une escale vers la Guyane.


Un timbre poste de la Guadeloupe.



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