Entretien avec Mollah Mohammad Omar, chef des talibans : l'islam au bout du fusil

 

 
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Entretien avec Mollah Mohammad Omar*



L'ISLAM AU BOUT DU FUSIL...



Cet entretien a été conduit par Bizhan Torabi** pour Politique Internationale n°74 - hiver 1996-1997.





En août 1996, Mollah Mohammad Omar, !e chef suprême des Taleban, s'est vu décerner le titre de « Emir al-Momeneen » (Commandeur des croyants), par acclamation, lors d'un meeting réunissant un millier de ses partisans en armes à Kandahar, au sud-ouest de I'Afghanistan. Ce titre était jadis réservé aux califes, au temps où l'islam formait un seul État Un mois plus tard, les hommes d'Omar s'emparaient de Kaboul, la capitale afghane, et annonçaient la création d'un Etat islamique.
Omar a vu le jour, il y a 32 ans.. dans une modeste famille de paysans habitant un village près de Kandahar. Il n'en avait que 16, lorsque l'armée soviétique a envahi l'Afghanistan. Plus de cinq millions d'Afghans, un tiers de la population du pays à l7époque, ont alors gagné le Pakistan voisin ou l'Iran pour échapper à l'emprise d'une « idéologie honnie». La famille d'Omar trouva asile au Pakistan où elle s'installa dans un camp près de Peshawar. C'est là qu'Omar fut recruté par le Djihad, puis initiié aux techniques de la guérilla dans un centre géré par la CIA et les services de sécurité pakistanais. En même temps qu'une formation, il y reçut sa première paire de chaussures et ses premiers vêtements flambant neufs.
D'après les différents témoignages, au demeurant très difficiles à recouper; Omar aurait combattu deux ans en Afghanistan.



*        Chef religieux et militaire des Taleban.
**        Expert international, Collaborateur de la Deutyche Presse Agentur


Touché par un éclat d'obus lors d'une bataille livrée dans la province de Kunar; il fut blessé à l'oeil. Omar retourna alors à Peshawar pour y panser ses plaies et tenter de sauver son oeil. En vain. Une fois remis sur pied, il suivit un séminaire de théologie, financé avec de l'argent saoudien. Après douze années d'études, il obtenait le grade de jeune théologien.
Le retrait soviétique, suivi par la chute du régime communiste de Kaboul, persuadèrent Omar de revenir dans son pays pour un bref séjour à Kandahar Le spectacle des affrontements sanglants entre moudjahidin lui inspira un profond dégoût: les factieux n'interrompaient leurs luttes fratricides que pour violer, assassiner, dépouiller à loisir les populations sans défense qu'ils étaient censés avoir libérées. Omar fut particulièrement affecté par la visite d'une école, près de Kandahar, où la plupart des enfants (âgés de 7 à 12 ans) avaient été violés par les moudjahidin du parti islamique.
En 1993, il décida d'ouvrir sa propre école de théologie et se fit très vite une réputation de maître charismatique. Son thème favori était l'appel à une « seconde libération » de l'Afghanistan. La première avait débarrassé le pays du communisme, la deuxième devait le soulager du joug moudjahidin qu'Omar qualifiait d'« anti-islamique».
La campagne anti-moudjahidin d'Omar affecta ses relations avec les autorités pakistanaises qui soutenaient, à l'époque, le Hezb-é Islami de Golboddin Hekmatyar. Mais celui-ci, parce qu'il n était pas parvenu à arracher Kaboul des mains de son rival Ahmad Shah Massoud, fut lâché par Islamahad lorsque Benazir Bhutto devint premier ministre. En 1994, le général Nasirollah Khan Babar, ministre de l'intérieur dans le Cabinet Bhutto, mit au point une nouvelle stratégie pour l'Afghanistan. Ce plan d'action requérait la participation d'un élément afghan fort.
C'est ainsi que les hommes de Babar préconisèrent de s appuyer sur Ornai; en aidant le théologien à transformer son modeste mouvement de séminaristes en une véritable force politique. Babar donna son feu vert à ce plan et, en quelques mois, les Taleban devinrent une armée bien équipée d'environ 2
000 hommes. Les Taleban (pluriel du mot Taleb signifiant étudiant en théologie) remportèrent leur premier succès face aux alliés de Hekmatyar à Spinboldaq, tout près de la frontière pakistanaise. Cette victoire permit aux séminaristes de s'assurer le soutien de nombreux officiers de l'ancienne armée communiste, pour la plupart des Pashtouns dont les attachements ethniques sont plus forts que les solidarités politiques.

Les Taleban progressaient rapidement. Une année leur suffit pour conquérir près de la moitié du pays, y compris des métropoles comme Herat et Kandahar. Leur victoire à Herat fut particulièrement marquante pour deux raisons: la première tient à la composition majoritairement tadjike de la ville qui s'oppose à l'origine principalement pashtoune des Taleban. La seconde raison est liée a la personnalité de l '«Émir » de Herat, Ismaïl Khan, qui avait su se forger une image de leader, avec une assise locale forte et des ambitions au plan national.
Outre la dimension ethnique - la carte pashtoune -, trois autres facteurs ont contribué aux succès, souvent surprenants, remportés par les Taleban contre différents groupes de moudjahidin.
Le premier facteur fut la complaisance des autorités de Kaboul qui, au départ, virent dans le mouvement Taleban un don du ciel devant faciliter la mise au pas des factions rivales et, notamment, du Hezb de Hekmatyar. On a même pu observer, dans certains cas, des unités pro-Rabbani allant jusqu'à prêter main-forte aux Taleban pour les aider à retourner une situation lors d'une confrontation avec Hekmatyar et ses alliés.
Le second facteur est dû au fait que les Taleban se présentaient comme de « simples étudiants » dénués de la moindre ambition politique. Sans cesse, ils répétaient que leur seul objectif était de désarmer les factions moudjahidin, de restaurer la paix et de permettre au peuple de déterminer librement son mode de gouvernement.
Troisième et dernier facteur de succès pour les séminaristes: des moyens financiers énormes, ainsi que des stocks d'armements modernes apparemment inépuisables. Dans bien des cas, ils n 'ont eu qu'à monnayer le soutien des chefs moudjahidin locaux. A titre d'exemple, on rapporte que la totalité de la province de Kunar aurait été négociée par les Taleban pour la somme de 1,2 million de dollars versée, en liquide, dans des attachés-cases en cuir, sans qu'un seul coup de feu n 'ait été tiré.
Dans les premiers temps, les Taleban ont laissé en place les chefs de guerre corrompus, cherchant ainsi à persuader les potentats des régions encore à conquérir qu'il y avait beaucoup d'argent a gagner et que tous ceux qui accepteraient de faire flotter le drapeau blanc des Taleban pourraient se maintenir au pouvoir.
A la fin du mois de septembre 1996, ils contrôlaient pratiquement les deux tiers du territoire afghan, dont Kaboul, ainsi que cinq des six plus grandes villes du pays. Depuis, leur progression a été arrêtée au nord de Kaboul, et leurs positions dans les provinces de Herat, Badghis, Fariyab et Mydan semblent des plus vulnérables.

B.T.

Bizhan Torabi - Votre parti se fait appeler « mouvement des étudiants ». N'êtes-vous pas trop vieux pour vous faire passer pour des étudiants? De plus, comment des étudiants peuvent-ils piloter des chasseurs-bombardiers et utiliser des lance-roquettes?
Mohammad Omar - Dans la religion musulmane, il n'y a pas d'âge pour apprendre. Nous sommes tous des étudiants, même si nous n'en avons pas conscience. Ceux qui découvrent l'islam savent qu'il offre des possibilités sans limites pour l'étude. Additionnez toutes les gouttes d'eau contenues dans tous les océans du monde, puis multipliez la somme obtenue par 70, puis encore par 70 de nombreuses fois. Le résultat final ne représentera qu'une infime partie des trésors que recèle l'islam pour ceux qui ont soif d'apprendre.

B. T. - Vos détracteurs prétendent que le mouvement des Taleban n'est qu'une marionnette conçue par Islamabad, qui en tire aujourd'hui les ficelles pour imposer en Afghanistan un régime pro-pakistanais. La visée ultime de cette gigantesque manipulation serait de faire de votre pays une zone de transit pour les ressources énergétiques du Kazakhstan et de l'Asie centrale, et de transformer le Pakistan, point d'aboutissement de ces flux, en acteur majeur du commerce mondial...
M. O. - Ils débitent ces sornettes parce qu'ils ne trouvent rien d'autre à dire. En agitant ces accusations, ils entendent sans doute justifier leur propre dépendance à l'égard de pouvoirs étrangers, aussi bien pendant le djihad qu'après l'effondrement du régime communiste. Ce qui importe, au bout du compte, c'est le jugement du peuple afghan et l'opinion des vrais musulmans à travers le monde. Quant à la décision d'autoriser le passage sur notre territoire du gaz naturel en provenance d'Asie centrale, elle a été prise au nom de l'intérêt même de notre peuple. Nos villes pourront s'approvisionner en gaz gratuitement et l'État pourra prélever des droits de transit. Si d'autres pays doivent en tirer profit, je ne peux que m'en féliciter!

B.        T.
- Vous dites vouloir créer un État islamique en Afghanistan. Mais l'Afghanistan n'est-il pas une nation musulmane depuis de nombreux siècles?
M. O. - La nation afghane a été et reste musulmane. Mais on ne peut pas en dire autant des différents régimes qui se sont succédé à sa tête. Jusque dans les années 70, nous avons eu une monarchie. Or une telle organisation du pouvoir est totalement incompatible avec l'islam. C'est pour cette raison, d'ailleurs, que la monarchie afghane était un régime païen. Ensuite, nous avons eu une période de dictature personnelle avec Daoud (1). Et, là encore, nous étions en contradiction avec l'islam qui abhorre la tyrannie. Les treize années de communisme qui ont suivi, quand le pouvoir était aux mains d'une clique d'athées stipendiés par l'empire soviétique, ne nous ont pas rapprochés du modèle islamique. J'ajoute que les factions moudjahidin qui l'ont remplacée à Kaboul ont eu quatre années entières pour faire étalage de leur ignorance complète de l'islam et des règles strictes que notre religion suggère d'appliquer à la société. Ces gens-là nous ont mis le couteau sous la gorge, ils ont vidé les caisses de l'Etat, soumis le peuple au chantage et à l'intimidation, assassiné leurs opposants et propagé la corruption. Ils ont laissé les femmes continuer à travailler en dehors du foyer et refusé d'appliquer la charia dans son intégralité. Seuls les Taleban offrent à l'Afghanistan une chance de fonder un véritable État islamique, pour la première fois de sa longue histoire.

B.        T. - L'interdiction faite aux femmes de travailler a été l'une des premières décisions prises par votre mouvement dans les régions passées sous son contrôle. Pourquoi?
M. O. - Je sais bien que cette mesure a provoqué un concert de protestations dans certains pays occidentaux. Mais notre position sur ce point est on ne peut plus claire. Dieu Tout-Puissant a conçu l'homme et la femme différemment afin qu'ils remplissent des fonctions distinctes sur cette terre. Il existe un proverbe qui dit que le travail domestique est la tâche des femmes, tandis que le monde extérieur appartient aux guerriers. Ne trouveriez-vous pas étrange de voir les hommes rester à la maison pour prendre soin des enfants et veiller à la bonne marche du ménage? De par sa nature même, la femme est un être faible et vulnérable à la tentation. Si on la laisse sortir de chez elle, hors de la surveillance de son père, de son frère, de son mari ou de son oncle, elle aura vite fait de se laisser entraîner sur la voie du péché par des hommes qui ne cherchent que leur plaisir et qui l'abandonneront aussitôt satisfaits. Une femme qui quitte son foyer pour aller travailler entre forcément en contact avec des hommes qui lui sont étrangers. Comme le montre l'expérience des pays occidentaux, c'est le premier pas vers la prostitution. Notre but est précisément de protéger ces femmes pour leur éviter de se retrouver dans de telles situations. Nous avons d'ailleurs promis aux femmes qui travaillaient par nécessité une allocation du gouvernement en remplacement. Autrement dit, nous les rémunérerons pour qu'elles puissent rester à la maison et s'occuper de leur famille. N'est-ce pas la plus humaine des politiques?
Des critiques injustes ont également été formulées à l'encontre de notre décision d'imposer le port du burqaa (2) à nos femmes. Or il s'agît, là encore, pour elles, d'un moyen de défense qui doit leur permettre de préserver leur chasteté. Le burqaa empêche les hommes de connaître l'apparence et même l'âge d'une femme avec laquelle ils n'ont pas de liens familiaux. Ainsi la tentation disparaît, purement et simplement. En outre, les femmes qui portent le burqaa n'ont plus à se soucier de leur aspect extérieur ou de la façon dont elles sont habillées en dehors de chez elles, puisque personne ne les verra. Elles peuvent donc développer leurs ressources spirituelles, au lieu de subir le triste sort des femmes occidentales transformées en poupées peinturlurées et en objets sexuels.

B.        T. Pourquoi avez-vous décidé d'exécuter Nadjibollah (3) sans jugement?
M. O. - Ce chien assoiffé de sang a été jugé et condamné des milliers de fois par le peuple afghan martyrisé. Le simple énoncé de ses crimes aurait duré jusqu'à la fin des temps. Il eût été absurde de le laisser en vie une minute de plus, alors que la vie est le don de Dieu le plus précieux.

B.        T. - Votre régime ampute quotidiennement des doigts, des mains ou des pieds, pour des larcins sans conséquences ou de banales escroqueries sur les prix. Les autres pays musulmans vous en font, au demeurant, le reproche. Comment justifiez-vous cette pratique?
M. O. - Je n'ai eu connaissance d'aucune critique émanant de quelque autorité islamique que ce soit. La charia est sans équivoque à ce sujet : l'amputation est un juste châtiment. L'islam est opposé à l'emprisonnement des délinquants. Dans notre religion, la privation de la liberté est en elle-même une forme d'injustice. Jeter un homme en prison revient à priver sa famille de son gagne-pain. Un homme amputé d'un doigt ou d'un bras, au contraire, s'est acquitté de sa dette envers la société et peut immédiatement retourner travailler pour nourrir sa famille. L'islam admet deux types de peines : pécuniaire et corporelle. Les personnes qui ont commis une faute ou un crime doivent payer une amende - soit en argent. soit en nature - à tous ceux qui ont souffert des conséquences de leur acte. Voilà pour la sanction pécuniaire. Quant aux châtiments corporels, ils vont de la décollation. pour les meurtriers, à la lapidation à mort, pour les femmes coupables d'adultère. Certains forfaits valent à leurs auteurs d'être battus à coups de canne. L'amputation n'est qu'une forme de peine corporelle parmi d'autres. Nous n'allons tout de même pas dépenser l'argent de nos concitoyens à construire des prisons pour y tenir les gens enfermés! Chez nous, les criminels savent à quoi s'en tenir, au moins du point de vue de la justice terrestre : ils doivent payer sur le champ. Pour ce qui est de l'au-delà, c'est une affaire qui ne regarde plus les mortels.

B.        T. - Vos détracteurs affirment également que les Taleban entretiennent des relations étroites avec les producteurs et les trafiquants de drogues - notamment d'opium et d'héroïne. Ils vous accusent même de prélever 20% des revenus de ce trafic? Qu'en est-il vraiment?
M. O. - Lorsque notre mouvement est apparu, des régions entières de l'Afghanistan étaient déjà vouées à la culture du pavot. Il y avait aussi de nombreuses fabriques d'héroïne en activité. Nous avons pris des mesures pour qu'une partie de ces terres soient utilisées pour d'autres plantations, avec quelque succès dans certaines régions. Nous avons également détruit des unités de production d'héroïne. A long terme, notre objectif est de nettoyer complètement l'Afghanistan. Mais on ne peut pas demander à tous ceux dont l'existence dépend entièrement de la récolte du pavot, de passer du jour au lendemain à d'autres cultures et de trouver des marchés pour leurs nouveaux produits. Une chose est claire en tout cas: nous ne permettrons pas que l'opium ou l'héroïne soient vendus en Afghanistan même. Si des non-musulmans souhaitent acheter de la drogue et s'intoxiquer, ce n'est pas à nous qu'il appartient de les protéger. C'est aux gouvernements des pays importateurs de s'en préoccuper. Notre but à nous, je le répète, est d'éliminer graduellement toute production de drogue dans le pays afin de protéger notre jeunesse. A la question concernant le prélèvement que nous effectuerions sur les revenus de la drogue, je répondrai que notre administration applique à tous les gains, quelle que soit leur origine, le taux d'imposition unique de 20 %, conformément aux prescriptions de l'islam.

B.        T. - La coalition formée par vos opposants pose comme condition préalable à tout cessez-le-feu suivi d'éventuels pourparlers la démilitarisation de Kaboul. Quelle est votre position à ce propos?
M. O. - On peut considérer que Kaboul est d'ores et déjà démilitarisée, dans la mesure où il n'y a plus ni soldats ni armes lourdes dans la ville. En réalité, les gens auxquels vous faites référence voudraient avant tout nous voir laisser Kaboul sans défense pour pouvoir à nouveau s'en emparer et recomrnencer à piller et à violer comme ils l'ont fait pendant quatre ans. De cela, il ne saurait être question.

B.        T. - A quelles conditions accepteriez-vous de partager le pouvoir avec l'alliance constituée autour du président Borhanoddin Rabbani?
M. O. - Nous voulons former un gouvernement qui fasse une place à tous les Afghans de bonne volonté. Les personnes dont vous me parlez ne pourront participer à l'exercice du pouvoir qu'après avoir reconnu notre gouvernement et déposé leurs armes lourdes. Nous avons pris l'engagement de désarmer toutes les factions combattantes, puis de laisser au peuple afghan le soin de déterminer, dans la paix et la sécurité, le type de gouvernement qu'il entend donner à son pays.

B.        T. - Pensez-vous que l'ancien roi Mohammad Zaher Shah ait un rôle à jouer pendant la période de transition?
M. O. - Avant de répondre à cette question, il faut rappeler que le roi a déjà dirigé le pays pendant près de quatre décennies et qu'il doit encore répondre de tous les forfaits qu'il a commis au cours de son règne. Qu'il n'attende pas, de notre part, un quelconque régime de faveur. Dans l'islam, tout homme doit rendre des comptes pour ses pensées comme pour ses actes. Seul un repentir sincère peut permettre à l'homme qui a beaucoup péché de réintégrer la communauté des croyants, lavé de ses fautes et de ses méfaits.

B.        T. - Croyez-vous que les Taleban puissent servir de modèle aux autres nations musulmanes?
M. 0. - J'en suis convaincu. Et au reste du monde aussi. Les gens ont tendance à penser qu'il n'existe qu'un seul modèle, celui de l'Occident. Mais le monde occidental, en tant que civilisation, est déjà engagé sur la voie du déclin et de la mort. L'Occidental se prend pour le centre de l'univers et prétend qu'il n'a pas besoin de Dieu. Il tire son arrogance de ce qu'il croit être sa réussite matérielle. Sa morgue n'est, au fond, qu'un avatar du satanisme. Malheureusement, une bonne partie de nos élites ont été contaminées par ces pathologies occidentales que sont l'arrogance, l'athéisme, le matérialisme et le mépris total de la moralité. Nous devons purifier nos sociétés musulmanes avant de nous préoccuper du reste du monde pour détourner celui-ci du chemin de Satan et lui faire regarder la Vérité en face. L'événement le plus marquant de l'époque actuelle n'est pas l'invention de l'ordinateur ou d'autres machines tout aussi absurdes, mais le renouveau de l'islam et de sa mission — sauver le monde de la Jahiliyah (l'Ignorance) et civiliser une humanité qui est retournée à l'état sauvage.


(1) Mohammad Daoud Khan était un cousin du roi Moharnmad Zaher Shah. En 1973, il organisa un coup d'État contre le roi avec l'aide d'officiers de l'armée pro-communiste. En 1977, ses alliés communistes se retournent contre lui. Daoud est assassiné dans son palais avec pratiquement tous les membres de sa famille et les principaux membres de son Cabinet.
(2) Vêtement en forme de voile couvrant l'ensemble du corps de la femme, de la tête aux pieds, y compris le visage. Deux ouvertures sont pratiquées pour les yeux. A l'origine, ce voile était porté uniquement par les membres de la secte Sitri — une petite communauté de fanatiques répartie en différents endroits du sud-ouest de l'Afghanistan. Ce sont les Taleban qui ont imposé le port du burqaa à toutes les femmes dans l'ensemble des régions passées sous leur contrôle.
(3)        Le général Mohammad Nadjibollah était une personnalité de premier plan au sein du Parti communiste Khalk d'Afghanistan. Dans les années 80, il fut ambassadeur à Téhéran, puis chef des services secrets afghans (KHAD), avant d'accéder à la tête du régime communiste de Kaboul. Lorsque la capitale tomba aux mains des forces de Massoud, en 1992, Nadjibollah trouva refuge dans les bâtiments des Nations unies. C'est là que les Taleban l'ont exécuté en septembre 1996.