onu ue quel sens donner a la pensee politique Patrick Ferry

 onu UE quel sens donner à la pensée politique PF 26 04 2007  http://membres.lycos.fr/afnulorraine/hapens.htm


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Dans le cadre de la réflexion lancée tant par les Nations Unies que par l’Union Européenne

Et pour relever les défis qui se posent en ce début du XXI – ONU réforme – UE perspectives

Penser la politique à la lumière de

Quelques enseignements et réflexions sur l’œuvre politique de Hannah Arendt ( I )

essai de synthèse d'extraits reliés - PF 26/04/07

ou Comment surmonter la confusion moderne entre l’art de gouverner et l’art de faire de la politique

 

 

La vie de l'esprit ( puf ) Du mensonge à la violence  ( pocket ) Qu'est ce que la politique ( points essais ) Vies politiques  ( puf ) Juger ( points essais ) Responsabilité et jugement ( payot ) Correspondance Hannah Arendt / Karl Jaspers ( payot ) Qu'est-ce que la philosophie de l'existence ( rivages poche ) Considérations morales ( rivages poche ) Le concept d'amour chez augustin ( rivage poche ) La crise de la culture ( folio essais)

 

 

" Le monde des relations … naît de l’action, de l’activité proprement politique des hommes …

cet espace intermédiaire … doit sa naissance non pas à la production mais à l’action des hommes … "

 

 

PLAN

 

Les cinq éléments constitutifs de toute action politique

 

I°) La confusion moderne entre gouverner et faire de la politique

A ) Comment en est-on arrivé là ou l’influence du marxisme et des totalitarismes

B ) Domination du monde, violence totalitaire, le terrorisme

C ) le pouvoir surgit seulement là où des hommes agissent ensemble

D ) Un changement décisif salutaire – le pouvoir commencer

E ) Il faudrait repenser l’action pour retrouver le sens de l’action politique

 

II°) Qu’est-ce que la politique

A ) Au centre de la politique, on trouve toujours le souci pour le monde et non de l’homme, le souci d’un monde organisé

B ) Il n’y a de liberté que dans l’espace intermédiaire propre à la politique

Ajout du 02/01/08

C ) La pensée politique est essentiellement fondée sur la faculté de juger

D ) La politique se constitue comme relation… elle repose sur un fait : la pluralité humaine

 

III°) en complément

A) L’amitié en politique

B) L’humanitas ou les risques de la vie publique

C) L’espace politique et public grec et romain

 

 

LES CINQ ELEMENTS CONSTITUTIFS DE TOUTE ACTION POLITIQUE

 

Il serait nécessaire de distinguer en politique la différence de nature entre le principe d’action, le sens, le but, les moyens et les fins.

 

Le principe d’action – met en mouvement et nourrit constamment l’action – c’est une conviction fondamentale partagée par un groupe d’hommes

 

 

Le sens d’une action – c’est le contenu de sens permanent et digne d’être soutenu – se manifestant dans le vivre ensemble et l’action politique commune – et persiste aussi longtemps qu’une activité, qu’une action dure

Le sens d’une chose – réside en elle-même –

 

 

Le but d’une chose – réside en dehors de lui, on le poursuit – il n’est atteint qu’une fois l’action arrivée à son terme – 

Le but serait une étape jugée accessible sur le chemin menant aux fins

 

 

Le but nécessite des moyens de mise en œuvre et doit les justifier

 

 

Les fins – sont en dehors de l’action – elles l’orientent et doivent demeurer présentes tout le temps – elles limitent les buts et les moyens, et préviennent l’action du danger de la démesure – en autorisant des critères de jugement de ce qui s’accomplit

 

 

I°) La confusion moderne entre gouverner et faire de la politique

 

 

C’est parce que nos expériences avec la politique se sont essentiellement déroulées dans le champ de la violence qu’il ne nous est que trop naturel de comprendre l’action politique sous les catégories de la contrainte et de l’être contraint, de la domination et de l’être dominé, car c’est dans ces catégories que se révèle le sens véritable de toute action violente…

" Le sens de la politique est la liberté " signifie que la liberté, ou mieux que le fait d’être libre est compris dans la politique et dans son activité.

Or, cette vision s’oppose aux définitions du politique que fournissent les sciences politiques modernes pour qui la politique serait nécessitée pour la vie des hommes dont l’essence consisterait à assurer la vie de l’individu. La liberté devient donc le but de la politique, elle commencerait donc là où cesse l’action politique

Résultat, depuis l’antiquité, plus personne n’a pensé que le sens de la politique était la liberté… d’où le mal entendu qui en découle.

 

A ) Comment en est-on arrivé là ou l’influence du marxisme et des totalitarismes

" Le cas de Marx … se borne à expliquer que l’homme ne peut que transformer le monde et qu’il doit, en conséquence, cesser de l’interpréter … "

Les totalitarismes poussent le raisonnement jusqu’à son terme et se veulent conquête, domination du monde, il utilisent pour cela le principe de mort et le traduisent aux yeux du monde comme pseudo action…

 

 

On sait que cette guerre totale a son origine dans les régimes totalitaires.

C’est seulement à ce stade, où la guerre ne présuppose plus comme donnée la coexistence des parties ennemis et où elle entend régler les conflits qui naissent entre eux au moyen de la violence que la guerre a effectivement cessé d’être un instrument de la politique…

La guerre d’anéantissement est la seule guerre qui corresponde au système totalitaire… il s’agit de détruire le monde entier créé par les hommes…

Cela fait partie de l’essence du gouvernement totalitaire qui ne se contente pas sur le plan de la politique interne d’intimider les individus mais qui anéantissent toutes les relations existante entre les hommes au moyen de la terreur systématique ( après avoir noyauté et rendu inopérant les différents lieux de sociabilité ).

 

Et cela est inévitable partout et toujours où le processus historique politique est défini de façon déterministe, comme quelque chose qui est d’emblée déterminé, qui suit ses propres lois et qui par conséquent est reconnaissable… est connaissable

Ce n’est que lorsque l’on dérobe aux nouveaux venus leur spontanéité, leur droit de commencer quelque chose de nouveau que le cours du monde peut être déterminé et prévu.

 

 

B ) Domination du monde, violence totalitaire, le terrorisme

" Les temps sombres – (Hannah Arendt –Vies politiques) "  S’il appartient au domaine public de faire de la lumière sur les affaires des hommes en ménageant un espace d’apparition où ils puissent montrer, pour le meilleur et pour le pire, par des actions et par des paroles, qui ils sont et ce dont ils sont capables,

alors l’obscurité se fait lorsque cette lumière est éteinte… par une parole qui ne dévoile pas ce qui est mais le recouvre d’exhortations – morales ou autres – qui sous prétexte de défendre les vieilles vérités, rabaisse toute vérité … nouvelle

Les temps sombres … ne sont pas … exceptionnels dans l’histoire …

 

Toute action qui ne reconnaît pas la paix pour fin apparaîtra toujours supérieure dans le champ de la violence… totalitarismes et terrorismes… ont nécessairement imposé la loi de leur action au monde non totalitaire…

or … c’est le degré de vigilance et d’ouverture au monde qui détermine le niveau politique et la physionomie générale d’une époque…

Au lieu de procéder du vivre ensemble, l’action politique aujourd’hui serait emportée par les évènements quotidiens… en l’absence d’un principe d’action aujourd’hui dans la pensée politique

Les fins ont-elles déjà échouées ? Quels buts pourraient justifier les moyens capables d’anéantir l’humanité ?

 

D’où la question fondamentale - Quel est le principe d’action du XXIme siècle ?

 

 

" La politique au sens strict du terme n’a pas tant affaire aux hommes qu’au monde qui est entre eux et qui leur survivra "

 

 

" Vouloir sortir du principe de la diversité … et l’égalité essentielle de tous les hommes est détruite. "

 

 

C ) le pouvoir surgit seulement là où des hommes agissent ensemble

 

 

La fuite hors du monde, en des temps sombres, temps d’impuissance, peut toujours se justifier tant que la réalité n’est pas ignorée…

Mais même la simple énergie de fuir et de résister dans la fuite ne peut se matérialiser quand la réalité est enjambée ou oubliée, lorsqu’un individu se juge trop bon… pour se mesurer à un pareil monde … si séduisant que ce soit de céder à de pareilles tentations … le résultat sera toujours le même : on jettera l’humanité avec la réalité …

 

En même temps, nous ne pouvons ignorer la signification politique limitée d’une telle existence…

Sa limite tient à ce que la force et le pouvoir ne sont pas la même chose ; que le pouvoir surgit seulement là où des hommes agissent ensemble …

Aucune énergie n’est jamais assez grande pour remplacer le pouvoir ; partout où l’énergie est confrontée au pouvoir, l’énergie succombera toujours …

 

 

D ) Un changement décisif salutaire – le pouvoir commencer

 

 

Le miracle de la liberté consiste dans ce pouvoir commencer (la simple liberté de vouloir que ceci ou cela soit autrement) lequel consiste à son tour dans le fait que chaque homme est lui même un nouveau commencement…

et c’est de l’individu et de son courage à s’engager dans une entreprise que relève cette initiative …

 

Cette idée que la liberté est identique au commencement ou pour le dire à nouveau de façon kantienne, que la liberté est identique à la spontanéité nous est très étrangère, dans la mesure où il est caractéristique de notre tradition de pensée conceptuelle… d’identifier la liberté au libre arbitre et d’entendre par libre arbitre la liberté de choisir entre ce qui est déjà donné…

… à l’époque moderne, le politique a été considéré, tant sur le plan théorique que sur le plan pratique comme un moyen d’assurer la satisfaction des besoins vitaux de la société et la productivité du libre développement social. S’il est vrai que la politique n’est hélas rien d’autre, son sens a viré en absence de sens…

La liberté d’aller et venir, de commencer quelque chose de nouveau, liberté de fréquenter les autres, de faire l’expérience de la pluralité ne constituent nullement la fin de la politique (celle que l’on veut atteindre à l’aide de moyens), il s’agit bien plutôt de contenu propre et du sens du politique lui même.

En ce sens politique et liberté sont identiques et partout où cette sorte de liberté fait défaut, il n’y a pas non plus d’espace politique au sens propre.

 

 

Ce qui nous importe ici, c’est de comprendre la liberté elle même comme quelque chose de politique et non pas comme la fin des moyens politiques …

et de considérer que la contrainte et la violence ont toujours constitué des moyens, des phénomènes annexes pour garantir l’espace politique ou le fonder et l’élargir mais qu’ils ne sont pas eux même politique…

 

 

 

E ) Il faudrait repenser l’action pour retrouver le sens de l’action politique

En ce qui concerne la liberté de discuter, elle n’est possible de manière générale que dans la relation avec les autres… mais

 

ce qui est décisif, c’est d’avoir la capacité de voir réellement les choses … c’est à dire politiquement parlant d’être capable d’associer toutes les positions possibles dans le monde réel… il s’agit de quelque chose de bien plus que la mise entre parenthèse de l’intérêt personnel…

 

 

Si le sens de la politique est la liberté, cela signifie que nous avons effectivement le droit d’attendre un miracle dans cet espace…

 

Le XXIme siècle devrait se pencher sur la question des principes de l’action tels que l’on se les posait avant les révolutions, c’est à dire les questions concernant la forme de gouvernement et la meilleure forme du vivre ensemble humain…

"  Nous sommes tellement habitués à interpréter la loi et le droit au sens des dix commandements, en tant que commandements et interdits dont la signification exclusive consiste dans un devoir d’obéissance,

Que nous avons laissé tomber dans l’oubli le caractère originellement spatial de la loi. Chaque loi crée tout d’abord un espace où elle est valable, et cet espace est le monde dans lequel nous pouvons nous mouvoir en toute liberté… 

De cette manière était crée un nouvel espace de liberté beaucoup plus réel…

 

 

II°) Qu’est-ce que la politique " Hannah Arendt - Qu’est-ce que la politique -Essais Points – 445 - janvier 2001

 

A ) Au centre de la politique, on trouve toujours le souci pour le monde et non de l’homme, le souci d’un monde organisé

tant que l’on édifie des corps politique sur la structure familiale… on commence par jouer le rôle de dieu… on tente de créer l’homme à sa propre image … dans cette forme d’organisation … l’égalité essentielle de tous les hommes est détruite … en termes politico politiques, cela signifie que … le monde ainsi organisé …est … à l’image des refuges … un monde inhospitalier et étranger dans lequel dominent les affinités…

 

B ) Il n’y a de liberté que dans l’espace intermédiaire propre à la politique

Si l’on entend par politique un domaine du monde dans lequel les hommes pénètrent tout d’abord en tant qu’acteurs et octroient aux affaires humaines une durabilité à venir qu’elles ne pourraient pas obtenir autrement, l’espoir n’a plus rien d’utopique…

 

 

" En vérité, la faculté proprement politique dans la philosophie kantienne

N’est pas la raison législatrice, mais la faculté du jugement

caractérisée par la possibilité de s’élever au-dessus des " conditions subjectives et particulières du jugement "… grâce à sa faculté de discernement, à sa faculté de considérer toutes les positions…

 

" Faire preuve de discernement en matière politique ne signifie rien d’autre qu’acquérir et avoir bien présente à l’esprit la perspective dominante par rapport aux points de vue et aux positions possibles, à partir desquels on peut considérer la situation et juger…

Kant … l’appelle le " mode de pensée élargi " et le définit …comme … faculté de " penser en se mettant à la place de tout autre être humain "…

" une telle liberté du politique dépendait complètement de la présence et de l’égalité du plus grand nombre. Une chose ne peut se montrer sous plusieurs aspects que lorsqu’il y a plusieurs personnes auxquelles elle apparaît à chaque fois sous différentes perspectives… "

 

Ajout du 02/01/08

Je dois ici vous mettre en garde contre un malentendu très courant et dont on est facilement la proie.

 Le truc du penser critique ne consiste pas en une empathie envahissante, grâce à laquelle je serais en mesure de savoir ce qui se passe vraiment dans l'esprit des autres...

Accepter ce qui se passe dans l'esprit de ceux dont le point de vue n'est pas le mien n'irait pas plus loin qu'accueillir passivement leur pensée, c'est-à-dire échanger les préjugés relatifs à ma position contre les leurs...

Etre porté par ce genre de passivité s'appelle préjugés...

 

Penser, quand on comprend "éclaire" comme le fait Kant, signifie selbstdenken, penser pour soi même, ce qui est la maxime d'une raison jamais passive...

La pensée élargie se produit quand "on fait abstraction des bornes qui, de manière contingente, sont propres à notre faculté de juger" ... c'est à dire quand on néglige ce qu'on appelle généralement intérêt propre à l'individu... en réalité facteur de faiblesse...

Nous avons déjà fait état de ce point de vue général sous le nom d'impartialité; c'est un point de vue où l'on domine, observe, émet des jugements ou, comme le dit Kant, d'où l'on réfléchit aux affaires humaines...

Cette généralité, cependant, n'est pas celle du concept... Elle est au contraire, étroitement liée aux objets particuliers, conditions particulières aux points de vue qu'il faut emprunter pour parvenir à son propre point de vue général...

les choses se figent sous l'effet de la pensée conceptuelle...

C ) La pensée politique est essentiellement fondée sur la faculté de juger …

 

elle a toujours et partout eu affaire à l’élucidation et à la destruction des préjugés, ce qui ne signifie pourtant pas que sa tâche consiste … à éduquer à l’absence de préjugés … cette substitution des préjugés aux jugements ne devient dangereuse que lorsqu’elle s’étend au domaine politique…

Il est extrêmement difficile de prendre conscience qu’il existe … un domaine où nous devons être libres, c’est-à-dire où nous ne nous sentions ni livrés à nos impulsions ni dépendants de quoi que ce soit de matériel… Pour échapper à cette liberté, nous nous précipitons dans la " nécessité historique " … en substituant l’histoire à la politique. Grâce à la représentation d’une histoire mondiale … ce qui est une absurdité épouvantable…

 

 

élargir l'esprit... On y parvient en "comparant son jugement au jugement des autres, qui sont moins des jugements réels que des jugements possibles, et en se mettant à la place de tout autre".

L'imagination est la faculté qui permet de la faire... Le penser critique n'est possible que lorsque les points de vue de tous les autres peuvent être examinés. C'est pourquoi le penser critique, occupation pourtant solitaire, n'a pas coupé les ponts avec les autres...

Penser avec une mentalité élargie - cela veut dire exercer son imagination à aller en visite...

 

 

L’imagination est nécessaire

 

Kant … L’imagination est la condition nécessaire de la mémoire, de la prévision … elle est une des sources primitives de la possibilité de toute expérience, ne dérivant d’aucun autre pouvoir de l’esprit… elle fournit les schèmes à la connaissance et les exemples au jugement …

 

 

La plupart des concepts historiques et politiques … ont leur source dans un évènement historique particulier et c’est ensuite que nous entreprenons de le rendre exemplaire…

 

D ) La politique se constitue comme relation… elle repose sur un fait : la pluralité humaine…

 

Elle prend naissance dans l’espace qui est entre les hommes, donc dans quelque chose de fondamentalement extérieur à l’homme…

Elle traite de la communauté et de la réciprocité d’êtres différents … L’homme, tels que l’entendent la philosophie et la théologie ne se réalisera dans la politique que s’il bénéficie des mêmes droits qui sont garantis aux individus les plus différents (garantie librement consentie… et … une même exigence juridique) …

 

 

III°) en complément

 

A )L’amitié en politique (HA les temps sombres)

Nous avons coutume aujourd’hui de ne voir dans l’amitié qu’un phénomène de l’intimité … Ainsi nous est-il difficile de comprendre l’importance politique de l’amitié … Aristote … l’amitié entre citoyens, est l’une des conditions fondamentales du bien-être commun…

 

Que l’humain ne se manifeste pas dans l’exaltation, mais dans la sobriété et la lucidité… que l’amitié ne soit pas intimement personnelle mais pose des exigences politiques et demeure référée au monde – tout cela nous paraît si exclusivement caractériser l’Antiquité classique …

 

 

Pour les Grecs, l’essence de l’amitié consistait dans le discours.

Ils soutenaient que seul un " parler ensemble " constant unissait les citoyens en une polis. Avec le dialogue se manifeste l’importance politique de l’amitié, et de son humanité propre… … Ils pensaient … qu’il ne peut y avoir de bonheur pour un homme si un ami ne le partage pas … " …

Le dialogue ( à la différence des conversations intimes où les âmes individuelles parlent d’elles-mêmes), si imprégné qu’il puisse être du plaisir pris à la présence de l’ami, se soucie du monde commun, qui reste " inhumain " en un sens très littéral, tant que les hommes n’en débattent pas constamment …

 

Nous humanisons ce qui se passe dans le monde et en nous en en parlant, et, dans ce parler, nous apprenons à être humains…

 

 

Cette humanité qui se réalise dans les conversations de l’amitié, les Grecs l’appelaient philanthropia, " amour de l’homme ", parce qu’elle se manifeste en une disposition à partager le monde avec d’autres hommes…

une pareille amitié … maintenue dans sa pureté, c’est-à-dire sans faux complexes de culpabilité d’un côté, et faux complexes de supériorité ou d’infériorité de l’autre, une parcelle d’humanité … s’est trouvée réellement accomplie …

La philanthropie grecque a subi plus d’un changement en devenant la romaine humanitas .

Le plus important de ces changement correspond au fait politique qu’à Rome, des gens … d’origine très diverses pouvaient acquérir la citoyenneté romaine, et être ainsi admis à participer au dialogue … sur le monde et sur la vie…

 

Cet arrière-fond politique distingue l’humanitas romaine de ce que les modernes nomment " humanité " … simple phénomène d’éducation…

 

B) L’humanitas ou les risques de la vie publique

" C’est effectivement le sujet qui propose une œuvre objective au public et la lui abandonne. L’élément subjectif, notamment le processus de travail qui a donné l’œuvre, ne regarde pas le public.

 

Mais si cette œuvre n’est pas seulement académique, si elle est aussi le résultat d’une " vie où l’on a fait ses preuves ", un acte vivant et une voix l’accompagne qui sont ceux de la personne elle-même. Ce qui apparaît alors est inconnu de celui qui le révèle ; il ne peut le contrôler comme il peut contrôler l’œuvre qu’il a préparée pour la publication… 

C’est le sens profond de " public ", un sens qui va plus loin que tout ce qu’on entend ordinairement par " politique"…

Cet espace est spirituel ; en lui apparaît ce que les Romains appelaient l’humanitas … C’est la même chose que Kant et à sa suite Jaspers entendent par humanité : cet élément personnel qui s’impose, et qui ne délaisse plus l’homme même si tous ses autres dons physique et spirituels succombent aux ravages du temps. "

" Seul peut y atteindre celui qui expose sa vie et sa personne aux " risques de la vie publique ", ce qui l’amène à prendre le risque de montrer quelque chose qui n’est pas " subjectif" et qui, pour cette raison même, n’est ni reconnaissable ni contrôlable par lui.

Ainsi, les " risques de la vie publique " … deviennent un don à l’humanité… "

 

C) L’espace politique et public grec et romain

Espace intermédiaire qui ne naît que là où plusieurs personnes se retrouvent ensemble…

 

" L’individu considéré dans son isolement n’est jamais libre ; il ne peut le devenir que lorsqu’il pénètre dans la polis et y agit…

la liberté… est… un attribut pour une forme déterminée de l’organisation des hommes entre eux… était libre celui qui y était admis, et inversement celui qui en était exclu n’était pas libre.

 

 

Le droit de pénétrer dans cet espace, et par conséquent la liberté, était un bien pour l’individu, tout aussi déterminant pour son existence que l’étaient la fortune ou la santé…

" Le libre espace de la polis apparaît ainsi comme une île d’où se trouve exclu le principe de la violence et de la contrainte dans les relations humaines…

D’où une nécessaire … diversité absolue de chaque homme l’un par rapport à l’autre qui est plus importante que la réalité diverse des peuples, des nations, ou des races…

or aujourd’hui … la politique organise d’emblée des êtres absolument différents en considérant leur égalité relative et en faisant abstraction de leur diversité relative…

 

Ce qui subsiste à l’extérieur de ce petit espace

 

la famille

" ce foyer domestique, dominé par un seul, n’autorisait aucun combat ni aucune compétition, parce qu’il devait former une communauté … Du même coup, était automatiquement supprimée cette multitude d’aspects dans lesquels se mouvoir librement constituait le contenu propre de l’être libre, de l’agir-libre et de la parole libre… En bref, la non-liberté était le présupposé d’une unité en elle-même indivise… "

 

les relations de la polis avec les autres unités politique de l’autre côté

"  Cette politisation romaine de l’espace entre les peuples est au commencement du monde occidental ; bien plus, c’est elle qui a crée pour la première fois le monde occidental en tant que monde en général… ".

 

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Si nous prenons en considération tous ces éléments, il devient plus clair que

le monde Grec est resté cantonné au niveau de la cité pour la mise en application

le monde Romain s'est lui limité à la citoyenneté

que les Nations Unies et l'Union Européenne s'en inspiraient fortement au moment de leur création

 

 

à venir

 principe d'action, but poursuivi, moyens, sens, fin en vue - Hannah Arendt

Vers quel schéma des cinq éléments constitutifs de toute action politique au XXI sc - PF

 

 

KARL JASPERS

Karl Jaspers - Initiation à la méthode philosophique - Introduction à la philosophie - Les grands philosophes 1 2 3

raison liberté communication

POLITISME

Hannah Arendt - Karl Jaspers – Citoyenneté mondiale - Vies politiques

ou le renoncement à l'autorité contraignante et à la validité universelle que tradition et passé ont toujours revendiqué

 

 principe d'action, but poursuivi, moyens, sens, fin en vue - Hannah Arendt

Vers quel schéma des cinq éléments constitutifs de toute action politique au XXI sc - PF

 

PHILOSOPHIE

Hannah Arendt «  La crise de la culture «  action-processus 

ou de l'importance de promouvoir un projet commun

Hannah Arendt  «  La crise de la culture «  religion- sécularisation

ou de l'importance de la sécularisation dans le monde moderne

Hannah Arendt  «  Les origines du totalitarisme « origine commune des hommes - racisme

ou de l'importance de promouvoir un modèle social

 

Hannah Arendt « Philosophie de l’existence « – humanité - communiquer

  ou de l'importance que les hommes se meuvent ensemble

Hannah Arendt – Connaître avec et par Soi – penser-juger

ou comment développer une aptitude à discerner le bien du mal

 

Hannah Arendt - Qu'est-ce que la politique

 ou le souci d’un monde organisé 

 

AUTRES

La paix aujourd'hui à la lumière de quelques enseignements de Hanna Arendt et de Raymond Aron

50 me anniversaire de la DUDH - Démocratie / Développement / Solidarité