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Afriquespoir n. 14 |
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Chaque jour qui passe, le virus responsable du sida infecte plus de 6000 personnes dans le monde, pour la plupart des jeunes ou des adultes dans la force de l'âge. Un sujet dont on parle toujours trop peu et sur qui pèse le coût inaccessible des médica- ments pour le soigner. | |||||||||||
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Le
record est là: en l'an 2000, l'Afrique a enregistré plus de 15 millions
de séropositifs et 5 millions de malades du sida. Les 16 pays où le taux
de l'infection dans la population atteint ou dépasse 10% sont situés en
Afrique subsaharienne. Au Botswana, 35,5% de la population sont porteurs
de VIH. En Afrique du Sud, 10% de la population meurent actuellement des
conséquences du sida. L'Ouganda est toujours un des pays les plus touchés:
dans certains villages le taux de séropositivité atteint 60% de la
population! Mais il est aussi parmi les premiers dans le dépistage de la
maladie et son traitement. Au moins 160.000 personnes sont mortes de Sida dans les
régions de l'Est de la Rép. Dém. du Congo ravagées par la guerre,
entre 1998 et 2000. Selon les statistiques publiées par l'OMS en 1999,
les malades de Sida dans tout le pays étaient 1.617.000: 255.900 de plus
que l'année précédente. Licences
et brevets Des chiffres accablants, examinés en juillet de l'année
passée à Durban (Afrique du Sud) où 11.000 délégués arrivés de la
planète entière s'étaient retrouvés pour la 13e Conférence mondiale
sur le sida. Durban est une des villes les plus touchées d'Afrique et le
continent est le plus touché par la maladie et aussi le plus inapte à y
faire face. Par rapport à d'autres régions du monde, en Afrique les
personnes infectées par le virus sont 11 fois plus susceptibles de mourir
dans un délai de 5 ans, et 100 fois plus susceptibles de développer le
sarcome de Kaposi, un cancer lié à un autre virus, que les personnes non
infectées. Mais à Durban on a affirmé avec force que c'est tout le système de
santé qui est sous accusation, soit en Afrique soit ailleurs. Comme
quelque 18 mois plus tôt à Seattle, aux Etats-Unis, c’était la
mondialisation à face inhumaine qui avait suscité des critiques sévères,
dans la ville sud-africaine on a souligné le poids des obstacles
financiers auxquels se heurtent les pays les plus pauvres. En cause
surtout les brevets brandis par les multinationales sur les médicaments
essentiels qui les rendent inaccessibles. Aujourd’hui, 92%
des budgets de recherche mondiaux dans ce domaine profitent seulement à
8% des malades, essentiellement occidentaux. Ainsi, à chaque fois qu’un
pays du Sud, dont les plus avancés en la matière se trouvent être le Brésil,
la Thaïlande, la Chine et l’Inde, veulent-ils se lancer dans la
recherche sur la pandémie et la production de médicaments à des prix
accessibles, les tout-puissants groupes pharmaceutiques invoquent le problème
de «licences» et de "brevets". Ils ont manifesté leurs préoccupations
au cours du procès engagé récemment contre le gouvernement sud-africain. À
un prix très bas L'AZT, par exemple,
n'est donnée qu'aux gens riches et une simple trithérapie coûte déjà
entre 10.000 et 15.000 dollars par an! Le sida tue plus de 6000 personnes
par jour en Afrique subsaharienne, alors que dans les pays riches, les médicaments
antirétroviraux maintiennent durablement les malades en vie. En Occident
ils ont fait baisser la mortalité de près 30%. En Afrique, moins de
25.000 malades en prennent. Il n'y a pas que de
mauvaises nouvelles. Une société pharmaceutique indienne, Cipla, vendra
aux Médecins Sans Frontières opérant en Afrique les médicaments trithérapie
(Stavudine, Lamivudine et Nevirapine) à un prix très bas, 350 dollars
par an et par malade. Une étude menée en Afrique du Sud démontre que l'administration à la mère et à l'enfant de doses de Nevirapine, un médicament
peu coûteux, pendant et après l'accouchement, fait diminuer le taux de
transmission de la maladie. La Banque Mondiale a
annoncée qu'elle financera à hauteur de 500 millions
de dollars U$ les programmes nationaux de lutte contre le sida dans
le continent africain. Une annonce positive, bien que cette lutte exige de
1 à 2,3 milliards de dollars par an. Rombaut
Lilem |
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