Les differentes formes et causes de l'alcoolisation en france
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2- LES DIFFERENTES FORMES D'ALCOOLISME

On établit une distinction entre 2 formes d'alcoolismes

· l'alcoolisme aigu

· l'alcoolisme chronique

A/ I'alcoolisme aigu

Il est caractérisé par l'ivresse. A partir de taux d'alcoolémie comprit entre 0,3 et 0,5 g/L dans le  sang, les premiers effets de l'ingestion d'alcool se font sentir: l'ouïe diminue de 15 %, la vision périphérique et la faculté d'estimer les distances sont réduites de 50 % et l' attention diminue de 30 %.

Des risques de coma, voir de décès apparaissent au delà de 5 g et parfois même avant.

La culture et les traditions sont telles, qu'il est difficile d'éviter la consommation d'alcool, que ce soit à l'occasion de fêtes familiales, de réceptions, d'événement professionnels...

L'alcoolisation aiguë peut aider certains individus à écarter. provisoirement, ou même à affronter des difficultés, à se départir d'une timidité ou d'une anxiété, l'alcool facilitant les échanges.                                                                   Page Précédente

B/ L'alcoolisation chronique

Il se défini par une dépendance physique et psychique qui se caractérise en général par une injection quotidienne et exagérée d alcool. l1 est considéré comme révélateur d’un stress physiologique ou social.

La dépendance s'installe au terme d'une durée variable: l’individu ne peut supporter que son taux d'alcoolémie soit inférieur à un certain seuil qui augmente avec le temps et l'accoutumance.

Au départ, l'alcoolique peut faire preuve d'une bonne tolérance à l'alcool, buvant plus que les autres et présentant moins d'effets secondaires. Par la suite, il va se mettre à boire même si cela va à I'encontre de ses propres intérêts, comme si l'alcool était devenu plus important que ses relations personnelles, son travail, sa réputation ou même sa santé physique. Il perd alors très facilement tout contrôle sur sa consommation et devient incapable de dire qu’elle quantité d'alcool il a consommé à moment donné, s'il a bu, s'il n'a pas bu... La dépendance devient telle que la prise d'alcool se fait tout au long de la journée pour éviter d'être en manque.

L'alcoolisme chronique est favoriser par certains facteurs:

*  Des facteurs familiaux : une proportion significative d'alcooliques ont vécu durant leur jeunesse en milieu alcoolique; la consommation d'alcool est perçue comme normale, car elle était habituelle.

* Des facteurs socio-économique : l'alcoolisme peut être perçu comme un moyen de compensation face à des difficultés sociales, économiques ou professionnelles. Les relations spécifiques au milieu professionnel peuvent expliquer l'alcoolisme de certaines personnes: les usages de certaines professions favorisent la consommation d'alcool car elle est liée à des représentations de l'individu (virilité, puissance...) ou à des notions de « savoir-vivre » ou de convivialité.

* Des facteurs culturels : les éléments relatifs aux aspects relationnels signalés à propos de l'alcoolisme aigu se retrouvent ici. Dans certains groupes la consommation d'alcool est banalisée et constitue un facteur d'intégration; de même le refus de consommer conduit à une marginalisation.

* Des facteurs  psvchologiques : l'alcool peut être un recours contre l'émergence d'une angoisse; il semble apparaître comme une possibilité de fuir du réel, une fuite de la réalité sociale. L'alcool semble compenser l'insatisfaction des besoins sociaux. Dans le cas de l'alcoolisme chronique, la pathologie peut n'être qu'un révélateur de troubles de la personnalité.

* Des facteurs de dépendance physiologique : l’ingestion régulière d’alcool augmente la tolérance du buveur, les effets escomptés ne sont obtenus qu’avec des doses de plus en plus importantes.                                                     Page Précédente

 

3- LES CAUSES DE L'ALCOOLISATION EN FRANCE

 

Pourquoi les individus s'alcoolisent-ils ? Pourquoi les Français s'alcoolisent-ils plus que les autres ?

Deux groupes de facteurs interviennent:

A) Des facteurs déterminants liés aux personnes,

B) Des facteurs favorisants liés à l'environnement

A) LES CAUSES INDIVIDUELLES DETERMINANTES.

Chez les sujets touchés par l'alcool, on retrouve toujours l'une ou/et l'autre des deux causes déterminantes que sont:

* la méconnaissance des effets nocifs des boissons alcooliques sur l'organisme

* certaines « disposition » ou « perturbation » psychiques.

1°) La méconnaissance des effets nocifs des boissons alcooliques sur l'organisme.

Cette méconnaissance diminue avec le niveau d'instruction mais elle est néanmoins aussi fort courante dans les populations possédant un très bon niveau d'instruction générale.

Bien des éléments (que nous examinerons secondairement) ont contribué et contribuent à cet état de fait, grave au plan des personnes, fléau à l'échelle du pays depuis deux siècles.

2°) Certaines « dispositions » ou « perturbations » psychiques.

Selon les individus, elles peuvent aller du simple plaisir mal contrôlé de façon occasionnelle jusqu'aux grandes perturbations psychiques permanentes où est recherché l' effet psychotrope de l' alcool.

I1 peut s'agir:

a)      de troubles simples de la personnalité, tels que: l'immaturité affective, le manque de confiance en soi, l'incapacité d' assumer des responsabilités d'adulte, la passivité, le manque d'initiative, la peur de la solitude, l'absence d'autonomie, l'incapacité de résister à un plaisir immédiat......

b)      de troubles de nature névrotique

b)Ce sont essentiellement la dépression et l'angoisse, sur lesquelles, bien entendu, peuvent jouer les situations conflictuelles: conflits familiaux, conjugaux, professionnels.....

c) de troubles de nature psychotique,

d°) d'un déficit intellectuel

Le déficit intellectuel congénital ou acquis peut être une cause d'alcoolisation par manque de discernement; entraînement, réduction des facultés de contrôle.

Ce déficit se manifeste le plus souvent à l'âge adulte mais il se voit fréquemment dès l'enfance, du fait des boissons alcooliques consommées par les femmes enceintes ou par les enfants eux-mêmes dans certaines couches de la population.

 

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B) LES CAUSES FAVORISANTES LIEES A L'ENVIRONNEMENT.

 

Les facteurs d'environnement qui conditionnent particulièrement les Français à consommer des boissons alcooliques sont extrêmement divers et d'une importance considérable.

Ce sont notamment:

1°) La pression sociale du lobby du vin et des autres boissons alcooliques.

Plusieurs millions de Français vivent de la production et du commerce des diverses boissons alcooliques. Un énorme secteur de l'agriculture, de l'industrie, et du commerce est ainsi organisé pour faire consommer les produits alcooliques, le vin plus particulièrement. La publicité pour ces boissons atteint des chiffres considérables....

Pour le Ministère de l'Economie, les taxes et impôts relatifs à la production et au commerce des boissons alcooliques représentent une « mine d' or » dans une perspective à courte vue...Et il faut y ajouter les impôts relevant des multiples activités (médicale, paramédicale, pharmaceutique, judiciaire, industrielle...) liées aux méfaits des boissons alcooliques.

Ainsi, tout effort pour réduire la consommation de boissons alcooliques se heurte obligatoirement à de puissants groupes de pression devant lesquels les gouvernements de toutes les époques ont presque toujours cédé au mépris de l'intérêt général, celui de la nation, des hommes et des finances publiques.

2°) Les coutumes, traditions et croyances

I1 y a toujours eu des drogues dans l'histoire des hommes, drogues intégrées à la fois dans la médecine et dans la religion, drogues considérées comme des produits magiques ou sacrés et parées de certaines propriétés thérapeutiques. Les boissons alcooliques: le soma védique, le nectar grec, l'hydromel des Nordiques, la cervoise des Celtes, le vin des Méditerranéens...font partie de ces drogues. Elles permettent aux individus d'oublier pour quelques heures les rigueurs de l' existence, voire, comme dans le christianisme héritier de cultes païens, d'accéder à la divinité par la transformation mystérieuse du vin.

Les associations vineuses de notre pays, confréries qui ont leurs rites, leur cérémonial, leurs costumes, leurs initiés, leurs prêtres...viennent témoigner aussi de cette «religion» du vin particulièrement répandue en France et qui, en exploitant des données mythiques, constitue sans nul doute un des grands facteurs de méconnaissance des effets néfastes du vin.

3°) Les conditions de travail et de vie difficiles ou particulières.

Dans les travaux de force ou les travaux effectués à la chaleur, au froid, dans les travaux à cadence rapide ou à la chaîne...les boissons contenant de l'alcool sont volontiers consommées pour lutter contre la soif, la fatigue...par des personnes ignorant les effets de ces produits sur l'organisme.

Certaines professions sont particulièrement exposées: celles qui sont en rapport avec la production et le commerce des boissons alcooliques: viticulteurs, représentants, cafetiers, cuisiniers...; celles qui comportent une occupation intermittente: pompiers, ouvriers du bâtiment, marins - pêcheurs, celles où les personnes reçoivent des pourboires en nature livreurs, facteurs, ouvriers agricoles...

Le stress, l' excès de responsabilité, l' inadaptation (surtout chez des sujets d'un certain âge face aux techniques nouvelles), la peur du chômage, un climat de méfiance dans certains milieux de travail...sont des facteurs d'anxiété qui peuvent favoriser le recours à l'alcool, comme à celui d'autres drogues: le tabac, les médicaments psychotropes...

Enfin, il y a des conditions pénibles tenant à la pauvreté, aux difficultés de logement, au chômage, au déracinement, à l'isolement, voire à la retraite...qui peuvent favoriser aussi le recours aux boissons alcooliques.

4°) L ' exploitation délibérée de l 'action psychotrope de l' alcool par des groupes ou des individus sur d'autres groupes ou individus

La réduction du sens critique, la docilité devant les consignes sommaires, la capacité accrue à exercer des activités pénibles ou dangereuses, l' augmentation de l'agressivité, conséquences banales chez les individus de la prise d'un produit alcoolique , ont souvent été exploitées en France dans le passé, et le sont toujours à l'heure actuelle dans certains milieux d'affaires, dans certaines entreprises, dans certaines manifestations syndicales, dans certaines actions de guerre....

5°) Certains types de loisirs

Il peut s'agir des « tournées », en ville dans les débits de boissons ou à la campagne dans les celliers, des fêtes entre jeunes, du tourisme gastronomique....

Il faut néanmoins remarquer que l'environnement, même s'il incite et conditionne les personnes à user de boissons alcooliques, laisse toujours celles qui sont bien informées, libres d'en prendre ou de ne pas en prendre. L'environnement n'a vraiment de prise que sur les personnes, soit psychologiquement fragiles, soit inconscientes des risques encourus. I1 ne faut pas confondre les causes « déterminantes » qui sont individuelles et les causes qui, telles la publicité ou les mauvaises conditions de travail, ne sont que « favorisantes ».

C'est dire que le défaut de connaissances concernant les risques liés à la consommation de boissons alcooliques reste la principale cause de l'alcoolisation des Français.

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