Les trois joyaux
Les Trois Joyaux




"Je prends refuge dans Bouddha, Dhamma, Sangha", murmure une Birmane agenouillée devant la statue du Maître a qui elle présente un bouquet de marguerites. Nul credo, mais la reconnaissance des trois vérités du Bouddhisme. Bouddha veut dire l'Eveillé.


Bouddha veut dire l'Eveille. Ce maître spirituel naquit aux confins de l'Inde et du Népal dans la famille royale des Sakya. Sa mère lui donna le jour dans un jardin sous un arbre. A sa naissance, l'enfant se dressa sur ses jambes, fit quelques pas et parla. En Birmanie, on commémore cette naissance durant la pleine lune de Kason (Avril). Quatre rencontres détournèrent le prince, devenu adolescent, de sa destinée royale : un vieillard, un lépreux, un mort et un moine. Les trois premières lui dessillèrent les yeux car, fils de roi, il avait vécu une existence dorée, ignorde l'effant des peines des hommes. La quatrième le poussa a renoncer au monortde pour réfléchir au remède a ces souffrances. Au terme de longues années de quête spirituelle, il trouva finalement sa voie au cours d'une seule nuit de méditation et de veille, assis sous un Banyan. C'est ainsi qu'il devint Bouddha.


Dhamma est la Loi Bouddhique, l'enseignement de Bouddha, qui touche à la morale individuelle et aux questions fondamentales de l'existence. Sa forme résumée est le Premier Sermon qu'il adressa à un auditoire de cinq disciples dans le Parc des Gazelles, près de Benares. Il leur exposa d'abord un constat : l'existence fondamentale et universelle de la douleur qui l'avait pousse jadis a quitter son palais, sa famille et ses richesses. Il leur expliqua ensuite que si la douleur était universellement répandue, c'était à cause du désir. Eternellement insatisfait, l'homme est attache à son existence douloureuse par le désir qui le fait renaître, encore et encore. Pour que cesse la souffrance, il faut donc supprimer le désir. Selon Bouddha, l'anéantissement du désir est possible pour quiconque s'attache à pratiquer les huit vertus canoniques : perfection de l'opinion et de l'intention, de la parole et de l'acte, des moyens de subsistance et de l'effort, de l'attention et de la concentration. La roue est le symbole de cet enseignement : immobile, elle dispense la lumière comme le disque solaire ; mise en branle, elle diffuse la doctrine. Aussi, lorsque l'on représente Bouddha exposant ce Sermon, lui fait-on esquisser le geste de faire tourner une roue devant sa poitrine : c'est Dhammacakra Mudra, la mise en branle de la roue de la Loi. Difficile voie. Car se concentrer sur ces huit perfections exige la cessation de toute activité séculière. Ce fut le choix des cinq disciples qui avaient écoute le Premier Sermon. Ce sont les tous premiers membres de la communauté qui médita et diffusa l'enseignement du Bouddha : le Sangha, le Troisième Joyau.



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