Responsables
Prof. Abdellah Algouti et Ahmed
Algouti
Université Cadi Ayyad, Faculté des
Sciences, Département de Géologie, Avenue My Abdellah, Marrakch
tel. 044 43 46 49, poste 454
E-mail: abalgouti@ucam.ac.ma
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Roches sédimentaires
Les roches sédimentaires sont des roches qui se forment à la surface du globe terrestre par des mécanismes de la géodynamique externe faisant intervenir des processus sédimentaires tels que l’altération, le transport, le dépôt et la diagenèse.
Les roches sédimentaires, appelées aussi roches exogènes, sont les constituants les plus communs et les plus observés sur la surface de la terre, elles constituent 5% du volume de la lithosphère et s’étendent sur 75% des terres émergées.
Lors d’une première étape, la
genèse des roches sédimentaires nécessite le passage par l’altération des
substratums préexistants (roches magmatiques, métamorphiques et sédimentaires)
qui donne des débris et des éléments dissous. Ensuite, ces produits d’érosion
mécanique et d’altération chimique vont subir un transport par différents
agents (pesanteur, glace, vent et eau) vers des bassins de sédimentation où ils
se déposent, soit par action directe soit par précipitation chimique soit à
l’aide de l’activité des organismes vivants animaux ou végétaux.
De ce fait, les roches
sédimentaires sont généralement stratifiées sous forme de couches et de strates
de différentes échelles souvent d’aspect horizontal. Dans certains cas, elles
peuvent être marquées par la présence de restes d’organismes ou fossiles qui
ont contribués en leur formation.
Après le dépôt, la majorité des
roches sédimentaires subissent une lithification sous les effets de la dernière
étape de la géodynamique externe à savoir la diagenèse. Ainsi, la présence d’un
liant, matrice ou ciment, qui lie les constituants et les débris entre eux,
forme une autre caractéristique commune de ces roches.
Il est possible de classer les roches sédimentaires en quatre grandes classes génétiques suivant les tableaux ci dessous.
les roches détritiques : elles sont formées de débris et de fragments issus de l’érosion mécanique et comme il s'agit d’un matériel issu de la terre, on les appelle aussi « terrigènes ». L’exemple type est le sable, la boue, et les graviers.
les roches chimiques : résultent de la précipitation (purement physico-chimique) de minéraux dans un milieu sursaturé, les évaporites (anhydrite, halite, gypse,...) en sont le meilleur exemple.
les roches biochimiques : sont le
produit, comme leur nom l'indique, d'une activité organique ou biochimique.
Dans certains cas, l'action des organismes modifie l'environnement chimique et
le sédiment est précipité directement à partir d'eaux marines ou lacustres
sursaturées. Dans d'autres, les organismes utilisent les carbonates,
phosphates, silicates pour constituer leurs tests ou leurs os et ce sont leurs
restes qui constituent les roches sédimentaires. Les exemples illustrant ce
type de roches sont les phosphates, les lumachelles, le calcaire fossilifère et
la craie.
les roches résiduelles : sont le
résultat de la
latéritisation qui s'effectue par dégradation de la roche mère sous un climat équatorial chaud et humide. Elles constituent des sols
résultant du lessivage et du départ des éléments dissous avec une précipitation
in situ de la matière résiduelle. La végétation et l’activité des organismes
peuvent jouer un rôle essentiel dans ce phénomène.
La bauxite, formée par l'altération des roches
granitiques peut être facilement
purifiée et transformée directement en aluminium.
les roches organogènes ou
biologiques : sont des roches issues de la transformation
et l’évolution de la matière organique sous les effets de l’augmentation de la
température et de la pression lors de l’enfouissement poussé des séries
sédimentaires.
Les plantes accumulent des
matériaux carbonés par photosynthèse et sont directement à l'origine du
charbon. D'autres types de sédiments carbonés comme les schistes bitumineux,
sont générés par des bactéries, le pétrole peut dériver soit de bactéries, de
microflore et/ou de microfaune.
B
– Déroulement de la séance
La séance des travaux pratiques se déroulera suivant le plan ci dessous :
·
Observer les échantillons macroscopiques
·
Utiliser la classification donnée pour répartir les
échantillons tout en donnant à chacun
·
d’eux la famille de
roches sédimentaires à laquelle il appartient.
·
Dessiner les échantillons caractéristiques de chaque
famille.
Les principaux critères de
détermination à observer sont:
1. Couleur de la roche (dépend des
éléments qu'elle contient).
2. Cohésion (roche meuble, peu cohérente, très
cohérente)
3. Texture (lisse, rugueuse)
4. Roche constituée d’un seul
minéral ou plusieurs
5. Dimensions des éléments et leur
pourcentage
6. Dureté (rayé par l'ongle, rayé
par l'acier, raye l'acier, raye le verre).
7. Réaction à l'acide
(effervescence faible ou forte, pas d’effervescence)
8. Présence de fossiles ou non
Les échantillons à étudier
sont :
·
Conglomérat
·
Sable
·
Grès
·
Argile
·
Calcaire fin
·
Calcaire fossilifère
·
marne



Forme: Isométrique ( cristaux cubiques)
Eclat Vitreux à terne
Couleur: Clair, blanc, rosâtre, ou gris
Trace: Blanchâtre
Dureté: 2,5 sur l'échelle de dureté de Mohs
Clivage: 3 plans de clivage parfait
Cassure: Conchoïdale
Gypse
Forme: Monoclinique ( cristaux tabulaires ou
prismatiques)
Eclat: Nacré, vitreux, soyeux sur les clivages
Couleur: Incolore, blanc, jaunâtre, ou brun
Trace: Blanchâtre
Dureté: 2 sur l'échelle de dureté de Mohs
Clivage: Parfait dans une direction et flou dans une autre
direction
Cassure: Fibreuse ou fracturée
Calcite
Forme : Rhomboédrique
Eclat: Vitreux à résineux. (Les macrofaciès semblent souvent
mats).
Couleur : Habituellement blanc ou sans
couleur, brun pâle, vert pâle, jaune pâle.
Trace : Blanchâtre
Dureté : 2.5 Ã 3 sur l'échelle de dureté de Mohs
Clivage: Rhomboédrique (parfait dans trois directions)
Cassure : Conchoïdale
ou irrégulière
Orthoclase
Forme : Monoclinique (cristaux tabulaires ou prismatiques)
Eclat : Vitreux, nacré ou terne
Couleur : Crémeuse
Trace : Blanchâtre
Dureté : 6 sur l'échelle de dureté de Mohs
Clivage : Présent
Cassure : Conchoïdale ou irrégulière
Plagioclase
Forme : Triclinique (cristaux souvent sous forme massive, les
cristaux prismatiques simples sont rares)
Eclat : Vitreux ou nacré
Couleur : Blanc au gris
Trace : Blanchâtre
Dureté : 6-6.5 sur l'échelle
de dureté de Mohs
Clivage : Présent
Cassure : Conchoïdale ou irrégulière
Quartz
Forme : Hexagonale
(Souvent massive mais les cristaux automorphes sont habituellement prismatiques
de forme pyramidale)
Eclat : Vitreux ou graisseux
Couleur : Sans couleur ou blanc, quelques
variétés sont roses violettes ou grises.
Trace : Blanchâtre
Dureté : 7 sur l'échelle de dureté de Mohs
Clivage : Aucun
Cassure
:
Conchoïdale
Roches détritiques
Ce sont des roches sédimentaires qui
résultent d’une sédimentation et d’une accumulation des débris provenant de
l’érosion mécanique d’autres roches préexistantes. Ces constituants formant la
phase allochimique (éléments figurés) peuvent être soit meubles soit indurés et
cimentés par une phase orthochimique (matrice ou ciment).
En effet, dans la nature, les
roches détritiques existent sous deux forme : consolidées et meubles. Dans le cas des roches meubles, les
grains détritiques sont entièrement indépendants les uns des autres et forment
un assemblage avec une porosité importante et dans le cas des roches
cohérentes, les constituants sont intimement soudés les uns aux autres avec une
porosité emplie par la phase de liaison.
II –
Classification des roches détritiques
La systématique des roches détritiques est basée surtout sur la taille granulométrique des éléments et sur la consolidation ou non de ces derniers suivant le tableau suivant :
|
Diamètre des particules |
Classe |
Eléments |
Sédiments meubles |
Sédiments consolidés |
|
> 2 mm |
rudite |
Blocs Galets Cailloux Graviers Gravelles |
Cailloutis Graviers |
Conglomérat Microconglomérat |
|
de 2 mm à 63 µm |
arénite |
grains |
sable |
Grès |
|
<63 µm |
lutite |
Particules fines |
de 63 µ à 4 µ silt <4 µ argile |
de 63 µ à 4 µ siltite < 4 µm argilite |
Classification des roches
détritiques
L'étude des sédiments détritiques est
relativement différente selon que l'on s'intéresse à des roches meubles ou
consolidées. Dans le cas des sédiments meubles, elle débute sur le terrain par
une description minutieuse des affleurements et se termine au laboratoire par
des analyses très variées dont les principales sont les suivantes:
Dans le cas des roches consolidées
par contre, c'est l'analyse pétrographique en lame mince et sous le microscope
qui est l'outil privilégié et qui va permettre de déterminer la composition
minéralogique du sédiment et les relations structurelles de ses différents
constituants.

Charte
visuelle permettant l’estimation de la sphéricité et de l’émoussé des graviers
et des sables

Classement
des roches détritiques
III – Classe
des Rudites
C’est une classe
formée par les roches dont les éléments figurés sont supérieurs à 2 mm. Si ces
éléments sont meubles on parle de cailloutis, de galets ou de blocs et s’ils
sont consolidés on parle de conglomérats.
Les conglomérats
peuvent être constitués par des fragments de tailles variables et de nature
pétrographique différente : ce sont les conglomérats polygéniques, ou
bien par des constituants
pétrographiques identiques : ce sont les conglomérats monogéniques.
Si les éléments
sont anguleux et peu usés on a alors les brèches et si ils sont émoussés et
arrondis on parle de poudingues.

IV – Classe
des Arénites
1 – Définition
C’est la classe
dont la majorité des grains est comprise entre 63m et 2 mm quelle que soit leur origine et leur
composition minéralogique. Si les éléments sont meubles on parle de sable et si
ils sont consolidés on a les grès.
Un grès est
défini par la nature de sa fraction clastique et par celle de son ciment.
Généralement la désignation d’un grès exige la présence d’au moins 50 % de
grains siliceux.
2 - Constituants majeurs des
Arénites :
La composition minéralogique des
arénites peut se résumer en trois éléments : le quartz, les feldspaths et
les lithites (fragments de roches et autres minéraux).
En raison de sa résistance à l'altération, le quartz est de
loin le constituant le plus fréquent des arénite, alors que les feldspaths
forment rarement plus de 10 à 15% des grès et ceci en raison de leur fragilité
(clivage) et leur grande altérabilité.
Les fragments lithiques les plus
fréquents sont des morceaux de roches volcaniques, des débris de schistes, du
silex et des cherts. Les micas sont fréquents dans les sables et grès et
surtout la muscovite qui est aussi résistante que le quartz.
3 – Classification des Arénites:
La plupart des classifications
modernes font intervenir la composition minéralogique des éléments figurés et
la teneur en matrice fine. Mais dans cet enseignement pratique on va utiliser
uniquement la classification évaluée sur un diagramme triangulaire
quartz-feldspath-fragments lithiques (QFL) qui ne tient pas compte de la
présence de la matrice.
Cette classification a l'avantage
d'être très utilisée lors de l’étude microscopique des grès. Elle permet de
distinguer trois grandes familles de roches, correspondant à des origines
distinctes, les arénites quartziques, les feldsparénites (arkoses et arkose
lithique), et les litharénites.
Les arénites quartziques sont
constituées essentiellement de grains de quartz, chert, quartzite associés à
quelques minéraux lourds résistants. Leur couleur est claire, généralement bien
triés (bon classement) et avec des grains possédant une forme arrondie.
Les arkoses ou arénites
feldspathiques sont composées principalement de quartz et de feldspath. Ce sont
des roches claires, souvent roses ou rougeâtres. On y observe aussi des micas
et des fragments de roches. Les arkoses ne sont pas des sédiments aussi matures
que les arénites quartziques: elles sont généralement plus grossières et moins
bien triées que ces dernières.
Les litharénites sont constituées
de fragments de quartz et de roches diverses. Le mélange de quartz et de débris
divers leur donne un aspect grisâtre à noirâtre. Les feldspaths sont
généralement peu abondants, les micas sont communs.

Diagramme QFL
Comment placer un
point (% Q + % F + % L) dans le digramme QFL

Exemple de roche
détritique composée de :
45 % de quartz
45 % de feldspath
10 % De lithites
D’après le
diagramme QFL la roche est une Arkose

4 – Critères microscopiques de
reconnaissance des roches gréseuses

Microfaciès d’un grès
L’étude des microfaciès gréseux
sous le microscope polarisant permet de dégager certains critères pouvant aider
à reconnaître et à donner des noms aux roches. Parmi ces critères on
note :
et l’évaluation de leurs
pourcentages ;
Le nom d’une
roche gréseuse est donnée à partir de la nomenclature du digramme QFL en ajoutant la nature de la phase de
liaison. Par exemple :
Grès quartzeux à
ciment siliceux
Grès quartzeux à
ciment ferrugineux
Arkose à matrice
argileuse (silicophylliteuse)
Grès
feldspathique à ciment ferrocalcaire
V – Classe des
Lutites
Ce sont les sédiments, meubles ou consolidés,
dont les éléments sont inférieurs à 63 m .. Leur
composition est relativement constante: le shale (ardoise, schiste)
comprendrait en moyen 30% de quartz, 10% de feldspath et 50% de minéraux
argileux (ou de micas), avec les 10% restants constitués de carbonates ou
d'oxydes de fer.
Les minéraux argileux sont des
silicates avec des dimensions inférieurs à 4 m . et les
argilites sont des argiles consolidées, tendres, terreuse et de couleurs
variables (rouge, noire) qui ont la propriété de devenir plastiques
lorsqu’elles sont gorgées d’eau.
L’étude pétrographique et la
classification des lutites sont moins avancées que celles des arénites, en
raison de leur granulométrie très fine. Leur importance économique est
cependant grande, avec des applications industrielles multiples comme la
fabrication des ciments, des briques, des céramiques, etc.
B
– Déroulement de la séance
Les principaux critères de
détermination à observer sont:
- pour la classe des Rudites :
1 Cohésion (roche meuble ou consolidée)
2
Forme des éléments
3
Taille des éléments
4 Dureté
5 Réaction des
éléments à l'acide
6
Nature pétrographique des
éléments
7 Présence de fossiles
ou non
9 Couleur du liant
10 Réaction du liant à l’HCl
11 Nature pétrographique du liant
- pour la classe des Arénites
1 Cohésion (roche meuble ou consolidée)
2 Minéralogie
(% de quartz, % de feldspath, % de lithites)
3 Taille
des éléments (granulométrie grossière, moyenne, fine)
4 Classement
(mauvais, moyen, bon)
5 Forme
des éléments (anguleux, émoussés, sub-arrondis, très arrondis)
6 Couleur
du liant
7 Réaction
à l’HCl (effervescence, pas d’effervescence)
8 Type
du liant (matrice, ciment)
9 Minéralogie
du liant (calcaire, siliceuse, ferrugineuse, argileuse ….)
Les échantillons à étudier
sont :
·
Conglomérat
·
Brèche
·
Sable
·
Grès
·
Argile
Roches chimiques, biochimiques
et biologiques
A - Roches chimiques et
biochimiques
Les roches chimiques ne sont
formées que par la précipitation des cristaux minéralogiques par des processus
chimiques et physiques et indépendamment de l'action des êtres vivants
contrairement aux roches biochimiques. Leurs accumulations peuvent
constituer des gisements de grande importance économique.
La formation des roches chimiques
ne dépend pas des courants ou de l'énergie, et les dimensions de leurs
constituants ne sont pas des critères importants de classification comme c’est
le cas pour les roches détritiques. En effet, les roches chimiques sont
classées sur le chimisme et la nature minéralogique des cristaux qui les
constituent. Les trois groupes communs de roches chimiques sont les carbonates,
les évaporites et les Cherts (silex).
2 - Roches carbonatées
Les calcaires se forment par
précipitation de carbonate de calcium à partir du bicarbonate ((CO3)2CaH2)
dissous dans l'eau ; cette précipitation est favorisée par certains
facteurs physico-chimiques : augmentation de la température de l'eau ou de
la teneur en dioxyde de carbone, chute de la pression, etc. Du fait qu’elles
renferment des teneurs importantes de carbonate de calcium, il est facile,
alors, de les reconnaître par leur réaction positive à l’acide chlorhydrique
(effervescence).
Les calcaires issus directement de
la précipitation du carbonate de calcium sont relativement rares : ce sont
les stalactites, les stalagmites, les travertins, les calcaires lacustres et
les calcaires oolithiques formés de globules millimétriques de calcite
précipitée autour d'un noyau en mers agitées et chaudes. Lorsque la roche comporte une proportion non négligeable d'argile, on parle
plutôt de marne.
Il ne faut pas oublier les
dolomies qui sont des roches carbonatées mais avec une composition chimique
comprenant le magnésium ((MgCa)2CO3) , de ce fait elles ne font
effervescence avec l’acide que si elles sont en poudre ou si l’acide est chaud.
La majorité des dolomies sont secondaires, elles dérivent de la dolomitisation
qui est un processus diagénétique permettant une substitution du Calcium par le
Magnésium.
3 - Roches siliceuses
Les roches siliceuses chimiques ne sont souvent que des "accidents" (cherts, silex, meulières) résultant d’une précipitation directe des gels siliceux dans les milieux de sédimentation (souvent carbonatés). Plusieurs variétés de ces roches sont formées de masses de silice amorphe, d’autres sont constituées de quartz microcristallin ou fibreux.
Elles sont reconnaissables par plusieurs critères :
· aspect souvent discontinu dans les roches encaissantes ;
· ne sont pas altérables ;
· cassures souvent lisses conchoïdales ;
· dureté élevée (rayent le verre).
Les évaporites, ou roches
évaporitiques, sont des roches
constituées de minéraux qui ont précipité dans l'eau à la suite d'une
augmentation de la concentration de leurs constituants. Cette augmentation de
concentration provient d'un lessivage continental de
sels minéraux
et de l'évaporation de l'eau dans laquelle elles se forment (évaporation
dans les lagunes, les lacs salés, les mers…..).
Lorsque l’eau s’évapore, les différents sels contenus cristallisent au fur et à mesure en commençant par les moins solubles. C’est le sulfate de calcium qui précipite le premier, suivi par le chlorure de sodium ensuite par la cristallisation du chlorure de potassium et en dernier lieu les sels de magnésium et de baryum.
Parmi
les évaporites les plus connues, on trouve le gypse, la potasse
et le sel
gemme (voir la clé pour les caractéristiques de reconnaissances de ces
minéraux).
Les organismes vivants marins ou
lacustres, utilisent les éléments dissous et lessivés du continent vers les bassins
de sédimentation, pour synthétiser leur squelettes, tests, carapaces et
coquilles. D’autres organismes comme les algues fixent le CO2 dissout par leur
fonction chlorophyllienne.
Lorsque ces organismes meurent,
leurs tissus mous sont rapidement détruits mais leurs parties dures (coquilles
et squelettes) tombent sur le fond, s'y accumulent et se soudent les unes aux
autres par les processus de diagenèse pour donner les roches sédimentaires
biochimiques.
Les roches biochimiques les plus typiques sont :
L’étude du microfaciès des roches
carbonatées montre deux grandes parties : la
fraction héritée (allochems) ou la fraction autochtone (orthochems).
La fraction héritée (
allochèmes ) est composée de :
La fraction autochtone
(orthochems) peur être constituée de :
Ces quatre termes de la matrice sont donnés si
la composition est calcitique, si cette dernière est de nature dolomitique on
parle de dolomicrite ( < 4 µm) ou de
dolosparite (10-50 µm).

Micrite (Matrice) Microsparite Sparite
1 – Classification de FOLK


Cette nomenclature basée sur la
nature des allochems et celle du liant peut montrer une grande flexibilité.
Ainsi, on peut facilement établir d’autres noms descriptifs de roche. Le nom est donné en fonction
de l’ensemble des différents allochems existant dans la roche, et en ajoutant
le nom du liant.
Par exemple :
Oolithes + Pellets + matrice = Oo Pel micrite =
Oopelmicrite
Intraclasts + Bioclasts + Pellets + Sparite = Intra Bio
Pel Sparite = Intrabiopelsparite
Lorsqu’on ne peut pas identifier les éléments figurés, alors
on peut donner des noms comme calcarénite pour un calcaire constitué d’éléments
sableux, calcirudite pour un calcaire dont les constituants ont une taille
supérieure à 2 mm et calcilutite pour la micrite.
2 - Classification de
Dunham (1962)

Cette classification concerne la disposition des composants
de la roche, reflétant ainsi l’arrangement lors du dépôt et donnant ainsi l’énergie
du milieu de dépôt. On distingue trois critères essentiels :
·
Présence ou absence de boue carbonatée (boue<20µm)
·
Proportion de grains présents dans la roche (>20µm).
·
Caractère jointif ou non-jointif des grains.
Ce sont des roches qui résultent de l'accumulation et de la
transformation des restes de certains êtres vivants lors de l’enfouissement et
sous des températures et de pressions élevées. Parmi ces roches rares et
à grande importance économique.
Dans ce type de roche
on trouve :
Le charbon est
un combustible solide noir qui se forme à partir des végétaux terrestres
en s'accumulant dans les zones anoxiques, comme les grands marécages.
Le pétrole est formée
des restes des micro-organismes marins (les animaux et les plantes
microscopiques) déposés sur les fonds marins. Pendant qu'ils s'accumulent sur
des millions d'années ils infiltrent progressivement les cavités microscopiques
du sédiment et des roches des fonds marins où ils se décomposent. Le pétrole qui
en résulte demeure emprisonné dans ces espaces, formant des réserves de pétrole
qui peuvent être extraites par de grandes plates-formes de forage.
Les schistes
bitumineux désignent un mélange de roches et de pétrole. Il s'agit de
combustibles fossiles qui se sont arrêtés "avant de devenir du vrai
pétrole.
Le lignite est un
charbon fossile de couleur brune, riche en débris végétaux, à faible pouvoir
calorifique, il est quelquefois noir, brillant et compact. C'est la roche
intermédiaire entre la tourbe
et le charbon.
Des échantillons
macroscopiques de roches chimiques, biochimiques et biologiques sont à observer
et à étudier. Pour dégager l’appartenance de chaque échantillon à l’une de ces
trois catégories, il est nécessaire d’appliquer les critères de reconnaissance
vus lors de la première séance :
Certaines roches sont
accompagnées par des lames minces correspondantes qu’il faut analyser pour découvrir
le microfaciès de l’échantillon donné. Cette analyse doit être élaborée par la
détermination des éléments figurés (Intraclasts, Bioclasts, Oolithes, Pellets
et éléments phosphatés) et de la phase de liaison (Micrite ou Sparite). Les
noms des microfaciès sont à donner à partir des classifications des carbonates.
Les échantillons à
étudier sont :
·
Calcaire lithographique
·
Calcaire fossilifère
·
Calcaire phosphaté
·
Marne
·
Silex
·
Gypse
·
Charbon
A
– Généralités
Ce sont des structures qui
s’observent sur les roches sédimentaires. Elles peuvent être un outil de
diagnostic important pour déduire les processus et les conditions de dépôt et
de transport des sédiments. Elles sont, soit, des figures déposionnelles , soit
des structures liées aux courants ou bien des figures de déformation
postérieure à la sédimentation.
Plusieurs types de classification
des structures sédimentaires ont été suggérés. La plus simple est celle qui est
basée :
Elles sont observées à la surface supérieure des bancs (empreintes) et à la surface inférieure (contre-empreintes. Le plus souvent, elles traduisent des processus d'érosion et fournissent des indications sur la direction et le sens des courants qui les ont engendrées.
· Les figures en croissant (crescent marks)
Ces figures prennent naissance
lorsqu'un objet posé sur le fond provoque une déflexion des lignes de courants.
Il en résulte alors une érosion à l'amont de l'objet et un dépôt à l'aval de
celui-ci.
·
Les "flute casts"
Ce sont des figures
d'affouillement de formes allongées qui se créent par creusement du fond par
des courants. Elles sont d'excellents indicateurs des paléo-courants et sont
reconnaissables par leur forme en V triangulaire ou allongée dont la pointe
profonde indique l’amont et les deux branches indiquent l’aval, ainsi, le sens
du courant est déterminé. Souvent, elles sont accompagnées par d'autres figures
comme les tool marks et les groove marks.
·
Les figures de traction ("groove
marks")
Ce sont des rainures creusées dans
le sédiment par des objets traînés sur
le fond par les courants. Elles se présentent sous la forme de crêtes
rectilignes, étroites et allongées de quelques mm à plusieurs dizaines de cm.
Ce sont de bons indicateurs de la direction des courants (mais pas de leur
sens).
·
Les figures d'impact ("tool marks ")
Ce sont des empreintes formées par des objets transportés par les courants venant épisodiquement en contact avec le fond (objets en saltation). Ces objets peuvent être des fragments de sédiment ou des tests d'organismes.

Empreinte de flute Contre empreintes à la base d’un banc
(flèche = sens du courant)
·
Les marques de ruissellement ("rill
marks")
Ce sont des figures d'érosion
dendritiques formées par un système de "micro-rivières" lors du
retrait des vagues sur les plages ou lors de phénomènes de ruissellement
subaérien sur des sédiments fins. La divergence des ramifications se fait vers
l'aval (=dans le sens du ruissellement).

Rill marks (échelle mm à cm)
(1 = sens du retrait ;
2 = ligne de rivage)
Elles se forment au cours du dépôt des sédiments tel que les stratifications entrecroisées et les différents types de litage. Elles témoignent de l’énergie hydrodynamique, la vitesse, la nature, le sens et la direction des agents de transport. L’activité des organismes peut être synsédimentaires et donc les bioturbations peuvent appartenir à ces structures sauf les perforations (terriers) qui sont postérieures au dépôt.
·
les chenaux
Les chenaux sont creusés dans le cours des fleuves ou dans les zones côtières lors du retrait de la mer. On peut souvent observer un granoclassement à l'intérieur du chenal, les particules les plus grossières se situant à la base de celui-ci.

· Les stratifications entrecroisées (cross bedding)
Ce sont des structures internes aux dépôts. Les stratifications entrecroisées montrent des laminations obliques par rapport au pendage. Elles peuvent être utilisées comme critère de polarité.
· Les stratifications obliques (tabular cross bedding)
Les stratifications obliques sont des figures créées par des courants. La formation de ces structures est liée à la migration latérale de rides sableuses.
· Les stratifications en arêtes de poisson (herring bone structure)
Ces figures sont caractérisées par la superposition verticale de lamines obliques de sens opposé. Ceci est dû à des inversions périodiques des courants de marée.

·
Litages et laminations
On appelle litage, l'arrangement
stratiforme de lits ou de strates dans un sédiment ou une roche sédimentaire,
c’est l'expression de la stratification à l'échelle du banc (cm et plus).
Tandis que la lamination représente la
stratification à l'échelle du mm et en deçà, au sein des bancs.
Litage et lamination sont produits
par des changements plus ou moins périodiques dans la sédimentation (variations
de la granulométrie, de la composition des sédiments). Les contacts entre
lamines successives peuvent être progressif, net ou érosif (surface de
réactivation).
Le litage peut être oblique tabulaire ou oblique arqué. Les sédiments à litage plan parallèle sont constitués de lamines pratiquement horizontales de quelques mm à 2 cm d'épaisseur.
·
Rides, mégarides et dunes
Ce sont des formes essentiellement développées en contexte sableux. Les rides sont très communes sur les surfaces des bancs. On distingue deux grands types de rides en fonction de leurs dimensions : les vagues de sable (d'une dizaine de centimètre) et les rides de courant (d'une longueur d'onde variant de 10 à 30 centimètres et d'une hauteur variant de 1 à 60 millimètres).
Les rides de vagues se forment par l'action des vagues sur un sable fin non cohérent et montrent des crêtes typiquement symétrique. Les rides de courant sont générées par l'action de courants unidirectionnels. L'asymétrie qui les caractérise permet donc de déduire le sens du courant: pente forte en aval, pente faible en amont.
Les dunes
et les mégarides ("sand waves", "megaripples") sont
assez rarement préservées. La migration latérales des dunes et rides donne
naissance à différents types de litages obliques.
les "flaser bedding" peuvent être décrits comme des rides sableuses ou silteuses entre lesquelles se déposent des sédiments fins.

Litage oblique tabulaire Litage oblique arqué




Evolution
des rides en fonction de l’énergie du milieu

Evolution
des rides en fonction de l’énergie du milieu
·
Les linéations primaires de courant
Ce sont des traînées
allongées de quelques mm de large et quelques dm de long présentes sur la
surface supérieure des bancs. Elles sont en général séparées les unes des
autres d'un cm au plus. Elles correspondent à une orientation préférentielle de
l'allongement des grains parallèlement au courant et se mettent en place
généralement sur des sédiments à lamination plane (écoulement rapide). Souvent
elles sont associées à un délitage par l’érosion actuelle, et de ce fait on les
appelle aussi : linéation de délit. Leur étude permet de déduire la
direction du courant du fluide qui les a engendrées.
·
L’imbrication des galets
Dans les milieux à fort courant (fluviatiles ou littoraux), les galets se déposent en s’imbriquant les uns sur les autres. Cette imbrication donne le sens du courant pour le transport fluviatile et le sens du retrait des vagues pour le littoral.
Elles se développent dans le sédiment après son dépôt. Ce sont surtout les figures de charge, les structures de glissement ou slumping dues aux déplacements latéraux de masses sédimentaires et les rétractions dues à la dessiccation.
· Les figures de charges (load casts)
Ce sont généralement des figures
préservées à la base des couches sableuses, lorsqu'elles sont superposées à des
matériaux argileux hydroplastiques. Elles se forment par une surcharge liées
aux sédiments se disposant ultérieurement. Elles sont un bon critère de
polarité.
·
Les glissements en masse (slumps)
Ce sont des masses de sédiments
glissés, sous l'action de la gravité, le long de surfaces de cisaillement. La
structure interne des sédiments est préservée mais plissée.
Les slumps peuvent s'observer à
différentes échelles et atteindre de grandes dimensions. Ils sont généralement
limités à leur base et à leur sommet par des couches non déformées.
·
Les convolutes
Ce sont des figures de déformation
des sédiments encore meubles sous l'effet d'un glissement ou d'une secousse
sismique. On les observe souvent dans des sables fins et silts, ainsi que dans
les milieux turbiditiques.


·
Les gouttes de pluie (rain drops)
Lorsque les gouttes de pluie frappent
la surface d'un sédiment non consolidé, elles forment des petits cratères
circulaires. Leurs traces sont le plus souvent conservées lorsqu'elles
affectent des sédiments très fins et secs et que les gouttes ne se recouvrent
pas.
·
Les fentes de dessiccation (dessiccation crack ou mud crack)
Ce sont des fissures s'ouvrant dans un sédiment fin à très fin qui se dessèche. Les fissures forment un réseau grossièrement polygonal. Elles marquent une période d'émersion et un climat aride.

V - Structures liées à l’activité des organismes
Il s'agit de tous les vestiges, autres que les restes corporels laissés par des organismes vivant dans l'environnement étudié L'activité des organismes peut provoquer des perturbations dans les sédiments, ainsi, les laminations et les litages peuvent être déformés et interrompues. Les traces de vie sont dues aux creusements du substrat pour le logement et l'habitat, aux déplacements et à la recherche de la nourriture.
·
Traces de logement
De nombreux organismes suspensivores construisent des terriers pour y trouver protection contre les prédateurs et éventuellement contre l'exondation temporaire du milieu. En général, ces terriers sont disposés plus ou moins perpendiculairement par rapport à la surface du sédiment et sont reconnaissables par leur troncature des sédiments. Dans les substrats meubles à faible énergie, on observe deux types de terriers: des terriers simples en forme de tubes rectilignes et des terriers en forme de U. Ces types de terriers sont reconnaissables par leurs formes et par les stries d’accroissement qu’on y rencontre.
·
Les traces de nutrition
C’est le résultat de la recherche de la nourriture à la surface des sédiments. Les terriers liés à cette activité sont en général considérés comme indicateurs d'environnements.

B
- Déroulement de la séance
Plusieurs échantillons sont
déposés dans la salle des travaux pratiques. Essayer de classer les structures
à étudier suivant leur appartenance aux :
·
structures pré-sédimentaires
·
structures synsédimentaires
·
structures post-sédimentaires.