|
| |||||||||||
|
Livres AltaïrGéopolitique et Philosophies,
De Marc Imbeault et Gérard Montifroy Ce livre est le quatrième volet d'une étude commencée en 1995 à raison d'un ouvrage par an. Le premier : Géopolitique et Démocraties, le deuxième Géopolitique et Idéologies, puis Géopolitique et Economies, et enfin Géopolitique et Philosophies. L'idée transversale est de dénoncer un monde décadent, notre monde, et ceci en explorant les causes pathologiques et sociales, mais aussi l'histoire la plus ancienne, pour aboutir alors à des perspectives de renaissance. L'intérêt particulier de ces livres tient au fait que leurs auteurs jouissent d'une position de spectateurs. En effet, Imbeault et Montifroy sont tous les deux professeurs à l'Université de Montréal, respectivement de philosophie et de géopolitique. Ils observent donc l'Europe depuis le Canada. Il faut rendre hommage à leur remarquable connaissance du monde français et des débats intellectuels européens. Le livre est conçu à partir d'une impressionnante bibliographie. Cependant on peut reprocher aux auteurs l'absence de fil directeur dans l'ouvrage et l'argumentation en devient souvent confuse. Cette remarque ne retire rien au livre qui reste une belle vulgarisation de ce que pourrait être une pensée de droite contemporaine. Pour plus de clarté de présentation on peut organiser les différents et nombreux sujets abordés autour de deux idées fortes. La première est que la géopolitique et la philosophie ne sont pas des disciplines antinomiques et doivent même être rapprochées. La seconde est que cet échange doit permettre de mieux appréhender notre monde changeant et de nous délivrer des vérités officielles. Le lien nécessaire entre la géopolitique et la philosophie Le général autrichien Jordis Von Lohausen définit la géopolitique comme "une conscience géographique de l'Etat". Ce qui fait dire à Imbeault et Montifroy que les analyses géopolitiques et philosophiques sont toutes les deux déterminées par des manières de voir. Cette approche est tout a fait novatrice. Nos deux professeurs montrent d'abord que le lien entre leur deux disciplines a toujours existé. En effet, l'historien grec, Hérodote (Vème siècle av J. C.), considérait déjà que l'aptitude à la vue synthétique impliquait que l'on sache changer d'échelle. Le philosophe Aristote (IVème siècle av J.C.), quant à lui incluait la pensée géographique dans la réflexion politique. On comprend alors que le lien entre la géopolitique et la philosophie se fait en particulier sur la notion fondamentale de puissance. "Savoir penser l'espace pour savoir penser le pouvoir". Elle est aussi retrouvée dans les titres de livres de géostratégies : Géopolitique. Les voies de la puissance, du Général Gallois; ou encore, Les Empires et la Puissance, de Jordis Von Lohausen. Imbeault et Montifroy vont même affirmer que les deux disciplines doivent être étudiées ensemble pour ne pas tomber dans les travers de notre monde politiquement correct et avoir conscience des forces qui déterminent l'avenir de nos sociétés. Le philosophe Nietzsche au début du siècle disait que "Ce que l'on désire maintenant, ce que le monde entier recherche, c'est l'aisance, le confort qui apporte la satisfaction de tous les sens. Par conséquent, le monde va au devant d'un esclavage spirituel tel qu'il n'en a encore jamais connu." Or l'usage que l'on fait aujourd'hui, des mythes montrent bien qu'il faut savoir se détacher des images niaises et dociles qui nous sont présentées. Tout est affaire de rapports de puissance. Mais qu'est-ce qu'un mythe? C'est une allégorie qui permet de voir un grand fait naturel, historique ou philosophique. C'est un outil de compréhension du monde qui s'inscrit dans la tradition (c'est-à-dire la transmission d'un système de valeurs). Le mythe est le reflet d'un ordre face au chaos du monde. Au delà du vrai et du faux, il permet d'organiser une vision de ce dernier. "Les mythes dans des films tels que Blade Runner, Dark Cristal, Dune ou La Guerre des étoiles, sont puissamment évocateurs : l'épée laser, c'est Excalibur; Ben Kenobi, c'est Merlin; et Yan Solo, c'est Lancelot. (…) Les mythes d'un peuple sont donc organiquement liés à sa vision du monde et à son histoire." Or ils peuvent véhiculer de fausses idées, au sens de Platon. Par conséquent ceux qui créent et contrôlent les mythes ont le pouvoir. Une meilleure compréhension de notre monde moderne Pour Imbeault et Montifroy il faut savoir s'insurger contre l'utopie du progrès et celle du mondialisme toutes les deux fondées sur l'idéologie révolutionnaire. Ils reprennent les développements du politiciens anglais, Burke, dans ses "Réflexions sur la Révolution française" (1790). Ce dernier considère qu'il y a une sagesse latente dans les préjugés puisqu'ils ont une légitimité fondés sur l'usage. Il est alors périlleux de vouloir les transformer radicalement. C'est ce que cherche à faire tout totalitarisme issu de la révolution dans le but de rééduquer les masses. Or il faut toujours, d'après Burke, préférer la tradition fondée sur l'expérience à la révolution fondée sur la spéculation. En effet les conséquences géopolitiques parlent d'elles-mêmes : les guerres de la Révolution et de l'Empire auront fait deux millions de morts en France, autant que les deux conflits mondiaux du XXème siècle. Comme le dit l'historien Sédillot : "L'étranger a souvent de bonnes raisons d'apprécier la Révolution française et de ui vouer quelque reconnaissance. Les Anglais lui doivent leur puissance, les Allemands et les Italiens leur unité, les Belges, comme les peuples de l'Amérique latine, leur indépendance. Les Etats-Unis lui doivent la Louisiane et la confirmation de leur identité nationale." Contre le mythe du monde meilleur, de la construction d'une civilisation moderne et unitaire, Imbeault et Montifroy citent le sociologue Le Bon : "Une des plus dangereuses erreurs modernes est de vouloir rejeter le passé. (…) Les ombres de nos aïeux dominent nos âmes. Elles constituent la plus grande partie de nous-mêmes et tissent la trame de notre destin. La vie des morts est plus durable que celle des vivants." Est aussi souligné que: "parmi les idées dominantes qui ont marqué (un temps) le dernier quart du XXème siècle, la "fin de l'histoire" et la "mondialisation" figurent en place du hit parade des idées fausses. L'Histoire sera ce qu'elle a été : sans début (connu) ni fin (certaine), elle poursuivra ses cycles de manière sinusoïdale avec des épicentres constitués par des "économies-mondes". Dernière idée majeure développée dans Géopolitique et Philosophies : les graves conflits internes auxquels sont vouées les sociétés multiraciales. L'exemple des Etats-Unis est frappant. "Le sens de l'histoire a changé. Les Américains ne sont plus le peuple des vainqueurs de 1945. Elle est elle même (l'Amérique) en déclin, tirée vers le bas par le poids mort de ses illettrés, de ses noirs, de ses latinos. Le cœur de leurs villes est rongé par les quartiers en perdition dont la seule animation est celle de la drogue et des Liquor shops. Les seuls qui tirent encore en peu l'Amérique vers le haut sont nos frères asiatiques. Quant aux enfants de l'élite WASP, les protestants anglo-saxons, ils sont psychiatres, comportementalistes, psychanalystes, sociologues, sexologues… Bref, ils ne s'occupent que des problèmes les plus minables des individus." (E. Luttwak, économiste américain). Jean Du Verdier dans L'esprit de défense, généralise cette image pessimiste de l'avenir: "A cause des migrations et des mélanges de peuples qu'il favorisera, le mondialisme substituera aux affrontements frontaliers de jadis des affrontements internes, à forme de guerres civiles, encore plus douloureux. L'Inde préfigure ce que serait un monde unifié sous un seul gouvernement, mélange de brutalité et d'anarchie, de cohabitation dans l'incompréhension." Ainsi le principal sentiment de nos sociétés modernes est l'inquiétude qui ne peut que susciter la violence. Jean Du Verdier écrit encore: "Imaginez le chemin de croix d'un français moyen qui tuerait un étranger en train de violenter une femme dans un train de banlieue: garde à vue, crime raciste, inculpation, procès… Quoi d'étonnant à ce que le dit français préfère ne rien voir et se réfugie dans un silence passif." Pour conclure nous vivons d'après Imbeault et Montifroy une époque charnière comparable aux Guerres du Péloponèse ou à la fin de l'Empire romain et il est primordial d'en être conscient. Synthèse réalisée par Toustain du Lac
|
| |||||||||