AMIZE KREOLE - Histoire et origines


Quand les Français prirent possession de l'Ile Maurice après que les Hollandais l'eurent quittée, ils la baptisèrent "Ile de France". Il s'ensuivit le développement que l'on connaît, mais qui nécessita l'importation de main d'œuvre. C'est ainsi que la France à Maurice des esclaves provenant d'Afrique et de Madagascar. Les esclaves avaient conservé dans leur cruel exil, la nostalgie de leur pays d'origine. Et sans doute que rien ne pouvait mieux en exalter le souvenir que le rythme et les mélopées qu'accompagnait le plus primitif des instruments : le tam-tam ou le tambour.

Les esclaves entonnaient et dansaient lascivement aux rythmes d'instruments de fortunes confectionnés avec les ressources disponibles alors : des peaux, du bois, cailloux et pois secs, etc... Le séga est donc la musique de l'esclave, avec les différents accords des pays d'origine de chacun d'eux.

L'origine du mot séga remonte à plus ou moins 1822, les esclaves parlaient en effet de chéga ou plutôt de Tchéga, danse également d'origine de l'Afrique de l'Est. Grâce à un langage commun, le créole, les esclaves avaient donc trouvé la manière de chanter leur désespoir, leur joie et leur amour. Le séga n'est pas exclusivement mauricien. Il existe également à la Réunion, aux Seychelles, ainsi que dans d'autres îles dépendantes de Maurice comme : Rodrigues, Diégo Garcia, Agalega et saint Brandon. Exclusivité de l'océan Indien, le séga se chante uniquement en créole.
Là où le créole ne se parle pas, le séga n'existe pas.
Les séga de chaque île diffère. A Rodrigues, le rythme est plus rapide. A la Réunion, le Maloya qui tout en ressemblant au séga est des plus populaires. Aux Seychelles, le rythme est beaucoup plus lent.
Le séga moderne connu le début de sa popularité dans les années cinquante et soixante. Des chanteurs tels que Ti frère, Serge Lebrasse, Roger Augustin, etc… contribuèrent à son succès croissant.

De nos jours, l'utilisation de matériel électronique samplers et autres effets acoustiques a quelque peu transformé cette musique, mais le rythme est resté.
Le séga typique (accompagné des instruments traditionnels) garde malgré tout, une place privilégiée dans le cœur des Mauriciens. Les costumes traditionnels rehaussent la splendeur d'un spectacle de séga. Pour les femmes, petit haut noué sur le devant, jupe collante aux hanches et très large vers le bas. De telle manière, qu'elles puissent en saisir les extrémités pour les agiter. Pour les hommes chemise et le pantalon corsaire. Les couleurs sont toujours très vives et très chamarrées.

LES INSTRUMENTS TRADITIONNELS