




Elle est parfois la Parèdre de Djehuti ("Djhowtey" chez certains Mages, tWth, Teuth, Toth, Hermès), sa Soeur-Consort.
Le Ren (
), Nom de Seshat signifie simplement "la Scribe" (féminin de sesh).
Un "shât" ou "shauâ" est un livre. "Sesheta" signifie aussi secrets, choses cachées, mystères, vrais noms. Le
Shetat (ou shetait) est l'Endroit Caché, un autre nom de l'Am-Douat. Les "Seshetj" sont des bandes ou
bandelettes.

Son autre nom le plus courant est Sefkhet-Abwy. Ce nom signigie la "Dame aux Sept Cornes" ou bien "la Dame qui étend Deux Cornes".
Cela décrit la fameuse coiffure avec la "Rosace" - ou "rosette" comme la pierre de décodage selon un jeu de mots qu'aiment les cryptographes - tige à sept "pétales" et deux "cornes".
Cette "rosace" (
, prononcé s'sh't) est le Hiéroglyphe et le symbole principal de
la Déesse.
On pense que c'est une fleur plutôt qu'une étoile. Il y a d'habitude sept pétales, mais parfois cinq ou neuf.
Ses deux cornes inversées (ou deux plumes) qui lui donnent ce titre de Sefkhet-Abwy et qui sont l'aura de la
fleur sont le symbole calendaire des mois de l'année.

Ses autres épithètes sont "la Première de Per-Medjat (la Maison des Livres)", "la Première de Per-Ankh (la Maison de la Vie, bibliothèque du Temple)", "la Dame de Khmwn" (Khemenou, la "Cité des Huit", ville de Djehuti et de l'Ogdoade), "Première de Heseret (Nécropole de Khmwn)", l'Origine de l'Ecriture, la Dame des Années, la Dame des Bâtisseurs, la Vraie Fleur dans la Main de Ra, Weret-Hekau (la Grande de Magie, titre aussi d'Aset, de Nit, de Sekhmet, de Bast, de Djehuty).
On distingue parfois deux Hypostases : Seshat-Weret (la Grande) et Seshat-Nedjset (la Petite) qui sont représentées ensemble comme la Déesse et la Scribe inscrivant la Déesse, le Lekton et le Soma, l'Esprit et la Lettre, le Signifié et le Signifiant.

Seshat porte sur la tête sa rosette et comme vêtement une peau de léopard avec des pattes. C'est la tenue des
Prêtres Setem (funéraires) et les
taches de léopard peuvent aussi représenter le ciel constellé des Akhu (les Morts Bénis) et l'astronomie.
On dit que les Morts quand ils sont
jugés sont
Elle porte une branche de palme (hiéroglype "renpet", signe de l'Année et du dieu Renpet).
La base de la branche porte le hiéroglyphe du tétard ("million") et le shen, symbole de l'éternité et du dieu Heh.
Seshat inscrit ainsi l'éternité de ses fondations, que ce soit les registres, les archives, les chroniques officielles des règnes, les décomptes des années. Elle fonde et immortalise pour des Millions d'Années et elle est invoquée pour faire durer les choses mortelles et la splendeur des réalités.

Avec Djehuti, elle inscrit ses registres sur l'arbre Ished, signe de vie et d'éternité.

C'est un culte très ancien. On en a des traces dès une inscription sous le Roi Khasekhemoui de la 2e Dynastie.
Elle avait très peu de prêtres et les scribes semblaient moins l'adorer que Djehuti.
Seshat est aussi la Dame des Bâtisseurs, déesse des architectes et des Maçons, invoqué à la fondation des constructions (cérémonie de Pedjeshes, de "pedj", étendre, "shes", la corde).

Elle restait importante comme symbole de l'éternité pour le Roi mais pas pour la plupart des fonctionnaires. On la représente donc plus dans la cérémonie de Pedjeshes qu'en train d'écrire. Djehuti écrit pour transmettre et administrer, Seshat grave sur les monuments pour fixer et conserver pour l'éternité. On dit qu'elle construit notamment les demeures dans l'Au-delà.
Sa fonction de Mémoire est donc plus abstraite que celle de Djehuti. Certes, elle note aussi les registres de prisonniers et de butin, mais c'est encore pour immortaliser les victoires royales. Même les constructions sont donc avant tout des Bibliothèques de Pierre, des monuments documents.
Elle est aussi celle qui transmet les enseignements pour les Pharaons. Le Roi grec Ptolémée IV est décrit comme "Né de Seshat, élevé par Sefkhet-Abui dans la Bibliothèque". Aux Couronnements, au Festival du Sed (le "Jubilé" des 25 ans) et autres cérémonies royales, elle prolonge la durée des monarques.
"ar(=i) m nHH ryt m Dt
Mon roseau inscrit pour Toujours et peint pour l'Eternité
Je rends ton Nom grand, en le gravant dans ces murs.
Je rends tes Noms permanents et aussi durables que les Cieux.
Je t'ai donné des Millions d'années de mes doigts pour aussi longtemps qu'Eternité existe.
Je te donne les Eons et la résistance des Deux Seigneurs (Heru et Sut).
Ma main inscrit les Durées & les Temps conformément aux dictées de Ra.
Ma plume est Eternité, mon encre est Toujours et la palette est des millions de Sed.
Ainsi, elle est liée à la mémoire et la survie des morts, et parfois identifiée à Nit ou Nebt-Het. Seshat est aussi un Aspect de Nebt-Het. Elles forment une Triade de la Triple-Déesse où Nit est la Créatrice (Clotho), Seshat la Durée des temps (Lachésis la Tisserande) et Nebt-Het les limites de l'existence (Atropos l'Inflexible).
Elle a des amis parmi les Apa-Maat, les 42 Assesseurs d'Osiris, notamment Shet-Kheru (l'Ordonnateur des Paroles, voir Mummy, p.149) et d'autres Juges plus particulièrement concentrés sur le langage comme Tenemiu, Neb-abiu Seigneur des Cornes (chargé de la calomnie), Ahi (insultes et jurons), Uatch-Rekhit ou Utu-Nesert.
Il existe aussi un autre aspect nommée Aset-Seshat, Protectrice de Wsir et Gardienne des Noms comme Aset Weret-hekau avait la Connaissance des Vrais Noms. Seshat est aussi par ses registres et ses calculs une des déesses de la Magie.
On lui connaît aussi une version masculine, Sesha, qui peut être un autre nom de Tehuti.


Seshet est toujours adorée par une tradition continue nommée la Per-sesheta ou Maison de Shaea.
Le siège actuel de la Maison Shaea n'est plus à l'ancienne Khmwn de Djehuti (el-Ashmunein) mais dans la cité hellenistique d'Alexandrie où s'est d'ailleurs bâtie une nouvelle Bibliothèque.
Il y a aussi quelques traces dans les mouvements polythéistes "néo-païens", plus ou moins New Age, Wiccans ou parfois très sérieux comme les sectes dites "kémetiques" (voir Seshat.org).
Des Mages prétendent avoir réussi à l'invoquer mais sans accéder à sa Bibliothèque infinie, dite Bibliothèque de Babel dont la Bibliothèque des Morts d'Hypatia sur le Styx ou la Bibliothèque des Rêves de Lucien pour le Seigneur Morphée ne sont que de pâles succédanés.
On a récemment découvert une nouvelle Hypostase, Avatar virtuel de Seshat dans la Toile Digitale (voir Mage : Digital Web).
La Déesse numérique bâtit ses nouveaux monuments par de purs chiffres et des équations. Elle grave des mémoires de silicium et dans les ondes et les fils de la Toile mondiale.
Dans cette Icone ci-dessous, elle a ajouté comme symbole l'Aleph borgésien, le Point infini, à la place de sa rosace de Dame Sefkhet-Abouy.



Cette notule ne prétend pas à la vérité archéologique et historique (!!) mais doit être simplement utile pour les
joueurs de jeux de rôle.
J'ai ainsi négligé le fait que le lien avec Djehuti est peut-être finalement
moindre qu'on ne l'a cru dans le passé. Elle ne serait appelée sa "collègue" que dans un seul texte ! Cela dit, l'iconographie les associe et elle est Dame de
Khemenou.
Mais dans les jeux Momie et Mage, les Dieux-Mages "Djhowtey" et "Sesheta" (voir Tradition
Book : Order of Hermes (2003), p. 17, 56) sont mariés comme les deux Ordres de la Coupe et du Roseau et
j'ai conservé cela.
En revanche, je ne suis pas vraiment convaincu comme le prétend le jeu que Djhowtey et
Sesheta doivent venir de Phénicie (??) sous le prétexte que l'Alphabet y a été inventé ni même à la rigueur de
Mésopotamie
parce que l'écriture à Sumer précède les hiéroglyphes, à la naissance de l'Histoire.
Comme pour les autres
Netjerou, je pense qu'il faut distinguer une Déesse de ses avatars humains. Autrement dit, je ne crois pas très
amusant qu'Aset-Seshet qui Connaît les Noms ne soit qu'une magicienne qui a réussi à se faire passer pour une
Déesse. Dans ma version, la "vraie" Seshet est un aspect numineux de l'Absolu et il y a en plus des mortels
et
diverses Hypostases de cette Seshet qui ont pu s'identifier à elle.
Mais c'est une question de goût. Je préfère que les jeux soient "anti-évhémeristes". Ce n'est pas un jugement sur les réalités de l'évhémérisme, même si j'ai aussi par ailleurs des doutes à ce sujet. Je crois comme Georges Dumézil qu'il y a plus de "dieux déchus" dans nos mythes que de vrais héros divinisés dans l'histoire, à part Imhotep et quelques cas de ce type (les deux Ajax ?).


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