alzira

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Alzira

Opéra en 1 prologue et 2 actes
Livret de Salvatore Cammarano
d'après "Alzire" ou "Les Américains" de Voltaire
Créé le 12 août 1845 au Teatro San Carlo - Naples

 

Giuseppe VERDI

 

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L'action se passe au Pérou au 16ème siècle

Prologue
Le prisonnier

Une vaste plaine, traversée par le fleuve Rima. Dans l'est, de gros nuages sont colorés en rose par le soleil levant. Alvaro, le gouverneur vieillissant du Pérou, est tombé dans les mains d'une tribu inca ennemie menée par Otumbo. Ligoté, attaché à un arbre, il attend d'être mis à mort par une longue torture accompagnée de chants d'un choeur vengeur, chant d'une gaieté maligne. Il doit compenser par sa mort celle de beaucoup de membres de la tribu, qui en combattant les intrus étrangers ont perdu leur vie de façon non moins cruelle. Tandis que les guerriers incas "sauvages" mènent une danse de plus en plus extatique autour du poteau de torture et augmentent les peines de leur victime impuissante en la tracassant avec des torches, des lances et des flèches, l'Espagnol prie "son" Dieu chrétien de pardonner les tortionnaires. Apparaît alors Zamoro, le jeune chef de tribu inca que tous avaient cru mort ; les indiens se jettent à ses pieds avec des cris de joie. Quand Zamoro aperçoit le vieillard attaché au poteau de torture, il lui enlève les liens sans hésiter et lui rend la liberté en le chargeant d'informer les siens qu'un "sauvage" généreux lui a sauvé la vie. Alvaro parti, Zamoro décrit à ses frères ses aventures et les peines atroces que lui a fait subir son ennemi mortel Gusmano, le fils sanguinaire d'Alvaro, ; lui un prince inca avait été livré au bourreau par ce chrétien barbare, mais avait survécu à la terrible ordalie et, maintenant, il méditait une vengeance terrible. Otumbo lui apprend qu'entre temps les Espagnols avaient ravi et incarcéré à Lima sa fiancée tant aimée ainsi que le père de celle-ci, le vieux chef de tribu Ataliba. Tout ceci augment encore sa rage envers les envahisseurs. Il annonce que mille guerriers vaincront enfin les Espagnols. Dans leur fureur tous les incas invoquent leur dieu de la guerre d'accroître la haine dans leurs coeurs afin que leur vengeance dépasse en cruauté celle des chrétiens.

Acte 1
Vie pour Vie

Premier tableau

Sur la place du marché de Lima, les soldats vouent fidélité à leur roi et se déclarent prêts à conquérir pour lui toujours de nouveaux royaumes. Devant l'armée rassemblée, Alvaro annonce alors officiellement, au nom du roi, sa démission comme gouverneur du Pérou pour céder sa place à son fils "plus énergique" Gusmano. Investi de ses fonctions, celui-ci proclame aussitôt la paix entre le peuple inca et les Espagnols, en prenant comme témoin et garant le vieux chef de tribu Ataliba qu'il avait fait prisonnier et qui s'était soumis à la couronne espagnole. Après avoir prêté serment de sa soumission, Ataliba est pressé par Gusmano de tenir sa deuxième promesse et de lui donner enfin en mariage sa fille Alzira. Ataliba cependant demande à Gusmano de patienter puisque sa fille pleure toujours la perte de son amant Zamoro (que tous à Lima croient mort). Dans sa cavatine, Gusmano se plaint que l'"esprit malin" de son rival et l'emprise que celui-ci garde sur le coeur d'Alzira : Zamoro mort lui inspire de la peur et il est incapable, lui, le vainqueur de cent batailles, de conquérir un seul coeur ; Ataliba demande de nouveau un sursis pour sa fille, mais Gusmano qui brûle de désir ne veut attendre plus longtemps. Il a tout atteint, le monde est à ses pieds, maintenant il veut donner la paix à son âme. Et sans Alzira, le monde ne signifie rien pour lui.
Second tableau

Au palais du gouverneur, dans une pièce réservée aux princes incas prisonniers, Alzira affaiblie par les pleurs pour Zamoro qu'elle croit mort, est soignée affectueusement par sa soeur Zuma et quelques femmes incas. Zuma fait savoir aux femmes qu'Alzira vient de s'endormir après avoir pleuré son amant toute la nuit. Soudain, Alzira sursaute dans son sommeil et crie le nom de Zamoro, puis elle se réveille et se rend compte que tout n'était qu'un rêve. Zuma et les filles essayent de la calmer mais Alzira insiste pour raconter son rêve, elle a rêvé avoir échapper à Gusmano dans une petite barque et avoir été prise dans une tempête terrible en pleine mer. Au moment où l'océan déchaîné était sur le point de l'engloutir, un esprit l'emporta vers le ciel, et dans cet esprit, elle reconnut son amant. Zuma et les femmes tentent de la divertir en lui rappelant que Zamoro est mort, mais Alzira s'abandonne de plus en plus à ses rêves de mort et de salut et jure son attachement immortel à Zamoro. Ataliba apparaît et essaye de persuader Alzira d'épouser Gusmano. Mais elle ne veut pas de l'oppresseur cruel et objecte à son père l'usurpation du trône inca par Gusmano, et surtout, la mise à mort de Zamoro auquel elle était promise. Ataliba insiste, car par le consentement de sa fille, il espère obtenir la paix que son peuple malmené espère vivement. Mais même sous la menace d'Ataliba d'user de son pouvoir paternel, Alzira ne cède pas. Lorsque Ataliba s'est retiré sans avoir obtenu de résultat, Zuma annonce l'arrivée d'un guerrier inca avec une nouvelle importante : Zamoro est vivant. Les deux amants tombent dans les bras l'un de l'autre. Après les premières émotions Zamoro exprime sa suspicion, éveillée selon laquelle Alzira aurait promis le mariage à l'Espagnol détesté. Mais Alzira dissipe sa jalousie et lui jure fidélité éternelle. Les deux s'unissent dans un duo d'amour.A ce moment, Gusmano accompagne d'Ataliba entre et aperçoit avec stupeur son adversaire le plus acharné, vivant dans les bras de sa bien-aimée. Zamoro se fait reconnaître fièrement et revendique l'amour d'Alzira pour toujours. Hors de lui, Gusmano fait arrêter Zamoro et donne l'ordre de l'exécuter immédiatement. Zamoro traite alors Gusmano de boucher et bourreau. A cet instant, Alvaro, le père de Gusmano, entre en scène et apprend à son fils l'attitude humaine de ce "sauvage" qui lui a sauvé la vie dans une situation semblable. Gusmano, bien que surpris, ne veut révoquer sa décision, malgré l'appel insistant de son père. Alzira et Zamoro, dans un désespoir, se jurent leur amour. En arrière plan, on entend une marche péruvienne annonçant l'approche d'une armée d'Indiens insurgés. Les guerriers incas ont déjà traversé le fleuve Rima en direction de Lima et exigent la libération de leur chef Zamoro. Gusmano se décide alors à céder aux insistances de son père et rend la liberté à Zamoro pour, à ce qu'il dit, lui trancher la tête sur le champ de bataille. Zamoro, en revanche, lui lance qu'il le scalpera de ses propres mains. Alzira se joint à Zamoro tandis qu'Alvaro, Ataliba et les femmes craignent une tuerie atroce.

Acte 2
La vengeance d'un sauvage

Premier tableau

Dans la forteresse de Lima, les Espagnols fêtent avec exubérance leur victoire sur les Indiens. Ils trinquent en l'honneur de l'Espagne et en signe de leur triomphe sur les "barbares". En même temps, les prisonniers enchaînés sont traînés dans la cour, parmi eux Zamoro. Gusmano promet à ses soldats de distribuer l'or pris aux Indiens. Ovando, un officier, apporte le verdict de la cour militaire sur Zamoro, la peine capitale, et le soumet à Gusmano pour qu'il le signe. Celui-ci lit à haute voix de sorte qu'Alzira, qui se retrouve dans ses mains, puisse l'entendre. Lorsque, affolée, elle se précipite vers lui pour lui demander la grâce de son amant, Gusmano lui promet de lui laisser Zamoro sain et sauf, si en revanche elle devenait sa femme. Tandis qu'Alzira est meurtrie par la fâcheuse alternative, Gusmano est tiraillé entre l'attendrissement et la jalousie. Finalement, elle ne peut plus résister à la pression meurtrière et, pleine d'amertume, elle donne son consentement. Gusmano, enthousiaste, annonce une grande fête de joie. Ne pouvant plus retenir ses sentiments envers elle, il déclare passionnément son amour. Alzira se montre peu impressionnée, elle plaint son sort et s'accuse d'infidélité.
Deuxième tableau

Dans une caverne déserte, les Incas échappés se rassemblent autour de leur fidèle Otumbo. Celui-ci raconte avoir acheté les gardes espagnols de Zamoro de l'or afin qu'ils le laissent échapper discrètement. L'humilié apparaît aussitôt et se plaint, désespéré, d'avoir à nouveau perdu sa bien-aimée. Otumbo lui conseille alors de ne pas gaspiller son amour pour une femme indigne, Alzira s'étant décidée pour Gusmano et devant bientôt l'épouser. Désespéré et à moitié fou, Zamoro s'arrache les cheveux et poussent des cris de douleur de "sauvage". Il décide alors d'aller aux noces en hôte inopportun et de s'y venger terriblement.
Troisième tableau

Dans le palais du gouverneur, la noce bat son plein. Les femmes incas essayent de voir le côté positif de la chose et elles chantent leur espoir en ce mariage qui apportera la paix entre deux mondes. En uniforme de gal, Gusmano fait son apparition dans la fête et annonce fièrement à ses soldats sa victoire sur les "sauvages". Il leur présente officiellement sa future femme et affirme que sa joie de posséder Alzira est plus grande que s'il avait remporté cents victoires. Le coeur brisé, Alzira est à ses côtés et ne souhaite plus qu'un fin proche. Quand Gusmano veut prendre sa main, Zamoro qui s'était mêlé aux hôtes en uniforme espagnol, se précipite subitement et lui plonge un poignard dans le coeur. Fou de colère, il ordonne aux soldats, qui aussitôt l'entoure en dirigeant leurs armes contre lui, de le tuer afin que sa fiancée infidèle puisse boire son sang. En face de la mort, Gusmano se souvient soudainement de ses vertus chrétiennes et donne une leçon de morale au "barbare" Zamoro ainsi qu'aux dieux de vengeance ; par charité chrétienne, il pardonne à son assassin. Il veut qu'Alzira devienne enfin heureuse avec Zamoro. A la fin, tous se réunissent en chantant la gloire et la bonté de Gusmano et de son Dieu. Gusmano meurt en paix dans les bras de son père.

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