| Giuseppe VERDI
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L'action
se passe au Pérou au 16ème siècle
Prologue
Le prisonnier
Une vaste plaine, traversée par le fleuve Rima. Dans l'est,
de gros nuages sont colorés en rose par le soleil levant. Alvaro, le gouverneur
vieillissant du Pérou, est tombé dans les mains d'une tribu inca ennemie menée par
Otumbo. Ligoté, attaché à un arbre, il attend d'être mis à mort par une longue
torture accompagnée de chants d'un choeur vengeur, chant d'une gaieté maligne. Il doit
compenser par sa mort celle de beaucoup de membres de la tribu, qui en combattant les
intrus étrangers ont perdu leur vie de façon non moins cruelle. Tandis que les guerriers
incas "sauvages" mènent une danse de plus en plus extatique autour du poteau de
torture et augmentent les peines de leur victime impuissante en la tracassant avec des
torches, des lances et des flèches, l'Espagnol prie "son" Dieu chrétien de
pardonner les tortionnaires. Apparaît alors Zamoro, le jeune chef de tribu inca que tous
avaient cru mort ; les indiens se jettent à ses pieds avec des cris de joie. Quand Zamoro
aperçoit le vieillard attaché au poteau de torture, il lui enlève les liens sans
hésiter et lui rend la liberté en le chargeant d'informer les siens qu'un
"sauvage" généreux lui a sauvé la vie. Alvaro parti, Zamoro décrit à ses
frères ses aventures et les peines atroces que lui a fait subir son ennemi mortel
Gusmano, le fils sanguinaire d'Alvaro, ; lui un prince inca avait été livré au bourreau
par ce chrétien barbare, mais avait survécu à la terrible ordalie et, maintenant, il
méditait une vengeance terrible. Otumbo lui apprend qu'entre temps les Espagnols avaient
ravi et incarcéré à Lima sa fiancée tant aimée ainsi que le père de celle-ci, le
vieux chef de tribu Ataliba. Tout ceci augment encore sa rage envers les envahisseurs. Il
annonce que mille guerriers vaincront enfin les Espagnols. Dans leur fureur tous les incas
invoquent leur dieu de la guerre d'accroître la haine dans leurs coeurs afin que leur
vengeance dépasse en cruauté celle des chrétiens.
Acte 1
Vie pour Vie
Premier tableau
Sur la place du marché de Lima, les soldats vouent fidélité à leur roi et se
déclarent prêts à conquérir pour lui toujours de nouveaux royaumes. Devant l'armée
rassemblée, Alvaro annonce alors officiellement, au nom du roi, sa démission comme
gouverneur du Pérou pour céder sa place à son fils "plus énergique" Gusmano.
Investi de ses fonctions, celui-ci proclame aussitôt la paix entre le peuple inca et les
Espagnols, en prenant comme témoin et garant le vieux chef de tribu Ataliba qu'il avait
fait prisonnier et qui s'était soumis à la couronne espagnole. Après avoir prêté
serment de sa soumission, Ataliba est pressé par Gusmano de tenir sa deuxième promesse
et de lui donner enfin en mariage sa fille Alzira. Ataliba cependant demande à Gusmano de
patienter puisque sa fille pleure toujours la perte de son amant Zamoro (que tous à Lima
croient mort). Dans sa cavatine, Gusmano se plaint que l'"esprit malin" de son
rival et l'emprise que celui-ci garde sur le coeur d'Alzira : Zamoro mort lui inspire de
la peur et il est incapable, lui, le vainqueur de cent batailles, de conquérir un seul
coeur ; Ataliba demande de nouveau un sursis pour sa fille, mais Gusmano qui brûle de
désir ne veut attendre plus longtemps. Il a tout atteint, le monde est à ses pieds,
maintenant il veut donner la paix à son âme. Et sans Alzira, le monde ne signifie rien
pour lui.
Second tableau
Au palais du gouverneur, dans une pièce réservée aux princes incas prisonniers, Alzira
affaiblie par les pleurs pour Zamoro qu'elle croit mort, est soignée affectueusement par
sa soeur Zuma et quelques femmes incas. Zuma fait savoir aux femmes qu'Alzira vient de
s'endormir après avoir pleuré son amant toute la nuit. Soudain, Alzira sursaute dans son
sommeil et crie le nom de Zamoro, puis elle se réveille et se rend compte que tout
n'était qu'un rêve. Zuma et les filles essayent de la calmer mais Alzira insiste pour
raconter son rêve, elle a rêvé avoir échapper à Gusmano dans une petite barque et
avoir été prise dans une tempête terrible en pleine mer. Au moment où l'océan
déchaîné était sur le point de l'engloutir, un esprit l'emporta vers le ciel, et dans
cet esprit, elle reconnut son amant. Zuma et les femmes tentent de la divertir en lui
rappelant que Zamoro est mort, mais Alzira s'abandonne de plus en plus à ses rêves de
mort et de salut et jure son attachement immortel à Zamoro. Ataliba apparaît et essaye
de persuader Alzira d'épouser Gusmano. Mais elle ne veut pas de l'oppresseur cruel et
objecte à son père l'usurpation du trône inca par Gusmano, et surtout, la mise à mort
de Zamoro auquel elle était promise. Ataliba insiste, car par le consentement de sa
fille, il espère obtenir la paix que son peuple malmené espère vivement. Mais même
sous la menace d'Ataliba d'user de son pouvoir paternel, Alzira ne cède pas. Lorsque
Ataliba s'est retiré sans avoir obtenu de résultat, Zuma annonce l'arrivée d'un
guerrier inca avec une nouvelle importante : Zamoro est vivant. Les deux amants tombent
dans les bras l'un de l'autre. Après les premières émotions Zamoro exprime sa
suspicion, éveillée selon laquelle Alzira aurait promis le mariage à l'Espagnol
détesté. Mais Alzira dissipe sa jalousie et lui jure fidélité éternelle. Les deux
s'unissent dans un duo d'amour.A ce moment, Gusmano accompagne d'Ataliba entre et
aperçoit avec stupeur son adversaire le plus acharné, vivant dans les bras de sa
bien-aimée. Zamoro se fait reconnaître fièrement et revendique l'amour d'Alzira pour
toujours. Hors de lui, Gusmano fait arrêter Zamoro et donne l'ordre de l'exécuter
immédiatement. Zamoro traite alors Gusmano de boucher et bourreau. A cet instant, Alvaro,
le père de Gusmano, entre en scène et apprend à son fils l'attitude humaine de ce
"sauvage" qui lui a sauvé la vie dans une situation semblable. Gusmano, bien
que surpris, ne veut révoquer sa décision, malgré l'appel insistant de son père.
Alzira et Zamoro, dans un désespoir, se jurent leur amour. En arrière plan, on entend
une marche péruvienne annonçant l'approche d'une armée d'Indiens insurgés. Les
guerriers incas ont déjà traversé le fleuve Rima en direction de Lima et exigent la
libération de leur chef Zamoro. Gusmano se décide alors à céder aux insistances de son
père et rend la liberté à Zamoro pour, à ce qu'il dit, lui trancher la tête sur le
champ de bataille. Zamoro, en revanche, lui lance qu'il le scalpera de ses propres mains.
Alzira se joint à Zamoro tandis qu'Alvaro, Ataliba et les femmes craignent une tuerie
atroce.
Acte 2
La vengeance d'un sauvage
Premier tableau
Dans la forteresse de Lima, les Espagnols fêtent avec exubérance leur victoire sur les
Indiens. Ils trinquent en l'honneur de l'Espagne et en signe de leur triomphe sur les
"barbares". En même temps, les prisonniers enchaînés sont traînés dans la
cour, parmi eux Zamoro. Gusmano promet à ses soldats de distribuer l'or pris aux Indiens.
Ovando, un officier, apporte le verdict de la cour militaire sur Zamoro, la peine
capitale, et le soumet à Gusmano pour qu'il le signe. Celui-ci lit à haute voix de sorte
qu'Alzira, qui se retrouve dans ses mains, puisse l'entendre. Lorsque, affolée, elle se
précipite vers lui pour lui demander la grâce de son amant, Gusmano lui promet de lui
laisser Zamoro sain et sauf, si en revanche elle devenait sa femme. Tandis qu'Alzira est
meurtrie par la fâcheuse alternative, Gusmano est tiraillé entre l'attendrissement et la
jalousie. Finalement, elle ne peut plus résister à la pression meurtrière et, pleine
d'amertume, elle donne son consentement. Gusmano, enthousiaste, annonce une grande fête
de joie. Ne pouvant plus retenir ses sentiments envers elle, il déclare passionnément
son amour. Alzira se montre peu impressionnée, elle plaint son sort et s'accuse
d'infidélité.
Deuxième tableau
Dans une caverne déserte, les Incas échappés se rassemblent autour de leur fidèle
Otumbo. Celui-ci raconte avoir acheté les gardes espagnols de Zamoro de l'or afin qu'ils
le laissent échapper discrètement. L'humilié apparaît aussitôt et se plaint,
désespéré, d'avoir à nouveau perdu sa bien-aimée. Otumbo lui conseille alors de ne
pas gaspiller son amour pour une femme indigne, Alzira s'étant décidée pour Gusmano et
devant bientôt l'épouser. Désespéré et à moitié fou, Zamoro s'arrache les cheveux
et poussent des cris de douleur de "sauvage". Il décide alors d'aller aux noces
en hôte inopportun et de s'y venger terriblement.
Troisième tableau
Dans le palais du gouverneur, la noce bat son plein. Les femmes incas essayent de voir le
côté positif de la chose et elles chantent leur espoir en ce mariage qui apportera la
paix entre deux mondes. En uniforme de gal, Gusmano fait son apparition dans la fête et
annonce fièrement à ses soldats sa victoire sur les "sauvages". Il leur
présente officiellement sa future femme et affirme que sa joie de posséder Alzira est
plus grande que s'il avait remporté cents victoires. Le coeur brisé, Alzira est à ses
côtés et ne souhaite plus qu'un fin proche. Quand Gusmano veut prendre sa main, Zamoro
qui s'était mêlé aux hôtes en uniforme espagnol, se précipite subitement et lui
plonge un poignard dans le coeur. Fou de colère, il ordonne aux soldats, qui aussitôt
l'entoure en dirigeant leurs armes contre lui, de le tuer afin que sa fiancée infidèle
puisse boire son sang. En face de la mort, Gusmano se souvient soudainement de ses vertus
chrétiennes et donne une leçon de morale au "barbare" Zamoro ainsi qu'aux
dieux de vengeance ; par charité chrétienne, il pardonne à son assassin. Il veut
qu'Alzira devienne enfin heureuse avec Zamoro. A la fin, tous se réunissent en chantant
la gloire et la bonté de Gusmano et de son Dieu. Gusmano meurt en paix dans les bras de
son père. |