| Giuseppe VERDI
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Acte
1
Dans le Kent, au château d'Egberto, un vieux chevalier
La fille d'Egberto, Mina, est mariée à un croisé, Aroldo, qui vient juste de revenir de
Palestine. Egberto donne un banquet en l'honneur d'Aroldo. Le choeur chante les louanges
du croisé, qui a aidé à la défaite des infidèles Sarrasins. Mina entre, en grande
agitation. Pendant qu'Aroldo était à la croisade, elle lui a été infidèle, se
laissant séduire par Godvino, l'un des invités au château de son père. Elle est pleine
de remords, de sentiments de culpabilité et, regrettant son comportement, prie afin
d'oublier sa faute. Aroldo paraît, accompagné par Briano, un homme de Dieu, devenu le
compagnon dAroldo depuis qu'il lui a sauvé la vie. Briano laisse seul Aroldo et
Mina. Aroldo raconte à Mina comment, sous le soleil ardent de Syrie, il pensait
constamment à elle. Même blessé à mort, dit-il, la pensée de sa femme laurait
aide à supporter la douleur. Cela ne fait quaccroître le sentiment de culpabilité
et les remords de Mina et ses larmes commencent à couler). Aroldo la supplie de parler
et, comme elle refuse, il fait état de leur mariage. Prenant la main de Mina, il remarque
quelle ne porte pas la bague de sa mère et demande où se trouve cet anneau, mais
Mina ne répond pas. Briano entre. Il vient chercher Aroldo pour les réjouissances
données en son honneur. Mina reste seule, la tête entre ses mains. Son père, Egberto,
survient sans bruit et reste un moment à la regarder. Il comprend que ses soupçons
étaient fondés et que Godvino a souillé lhonneur de sa maison. Mina prend une
plume et commence à écrire, mais Egberto linterrompt "Ecris-tu à Godvino
?" interroge-t-il. Il saisit le feuillet et lit ; "Aroldo, je ne suis
plus digne de vous."; Dans un long duo, le vieil homme dissuade sa fille de
remettre la lettre car, dit-il, Aroldo ne pourrait supporter un tel coup
La grande salle du château d'Egberto
Godvino entre avec circonspection. Se parlant à haute voix, il remarque
que Mina l'ignore tandis que lui laime passionnément. Il sait un livre pourvu
dun fermoir, louvre avec une clé et place à lintérieur une lettre.
Son geste est surpris par Briano qui sen étonne et pense reconnaître en Godvino un
ami dAroldo. La salle semplit dinvités parmi lesquels on trouve Enrico,
cousin de Mina, que Briano soupçonné dêtre celui quelle a vu un instant
plus tôt. Briano raconte à Aroldo la scène dont il a été témoin et lui indique
Enrico comme étant la personne concernée. Les invités congratulent Aroldo et Egberto
lui demande de lui raconter ses exploits aux croisades. Au lieu de cela, Aroldo leur
raconte l'histoire du livre et de la lettre. Il saisit le livre et demande à Mina de
louvrir. Les invités sont intrigués Aroldo brise le fermoir du livre et la lettre
tome à terre. Egberto la ramasse mais refuse de la remettre à Aroldo. Au cours du final
de cet acte, Aroldo donne libre cours à sa colère, tandis quEgberto demande à
Godvino de le rencontrer dans le cimetière.
Acte 2
Le vieux cimetière du château
Au milieu une croix et, dans la faible lueur de la lune, on peut distinguer
des tombes et des cyprès. Le prélude orchestral crée une atmosphère surnaturelle. Mina
apparaît en grand désarroi "Où suis-je ? Quest-ce qui ma attiré
ici ? C'est le royaume de la mort ! Sur chaque tombale, je lis mon crime." ;
Elle se trouve soudain sur la tombe de sa mère et, dans le plus bel air de l'opéra. lui
demande de l'aider en intercédant auprès de Dieu pour son pardon("Ah, dagli scanni
eterei'). Le cri de "Mina !" l'interrompt et Godvino s'avance; en
dépit de la réponse fâchée de Mina qui ''exhorte à ne pas profaner un tel lieu, il
lui déclare son amour. Dans la cabaletta de son air, Mina lui révèle: "Maudit
soit l'instant où je t'ai écouté." Godvino refuse de partir. Egbero arrive,
portant deux épées. Il ordonne à Mina de les laisser. "Choisis,"
dit-il à Godvino en lui tendant les deux armes. "Un duel ?" demande ce
dernier. "Oui, et à mort." Godvino refuse le défi, déclarant que
Egberto est trop vieux, mais finalement il est poussé au u combat. Le bruit des épées
est entendu par Aroldo qui, voyant les deux hommes ordonne de cesser le combat dans un
lieu saint. "Allons ailleurs," dit Egberto. Aroldo tente de les
réconcilier et prend leur main. Egberto rétorque à Godvino; "Oserais-tu
étreindre la main de celui que tu as trahi ?" Aroldo est stupéfait. Puis Mina
sort de l'ombre et son mari lui demande de démentir l'accusation portée par son père.
Dans un quatuor saisissant, les quatre personnages expriment leurs sentiments respectifs.
Soudain, Aroldo arrache son épée à Egberto et dit à Godvino de se défendre. Godvino
refuse. Briano survient et rappelle à Aroldo qu'un chrétien a le devoir de pardonner.
"Sur cette croix, le Sauveur a pardonné à tous les hommes." Aroldo se
traîne jusqu'au pied de la croix et se prosterne.
Acte 3
Une antichambre du château
Egberto entre dans la pièce et saisit son épée. "O, épée de
lhonneur, toi qui depuis de longues années pend au côté du vieux guerrier. Je
suis déshonoré ! Quest-ce que la vie sans honneur !". Il songe au
suicide et porte une bague à ses lèvres puis, arrêtant son geste, il évoque sa fille,
Mina. Briano entre et apprend à Egberto que Godvino a été capturé. Le vieil homme
laisse éclater sa joie à cette pensée. " Vendetta!...Ah, vieni, affrettati,
rinascero per te". A la scène suivante, Aroldo et Godvino sont ensemble. Aroldo
veut savoir si Godvino attribue plus dimportance à sa propre vie et sa liberté
quà lavenir de Mina. Il ordonne à Godvino de se tenir dans la pièce
voisine. Puis, il fait venir Mina et lui tend une feuille de papier. "Un divorce"
demande Mina "Oui" répond Aroldo "Je lai déjà signé".
Il insiste pour que Mina ajoute sa signature, ce quelle fait, le cur brisé.
Il lui demande de le quitter mais elle tente de le convaincre de son amour inchangé.
Egberto survient, portant une épée tachée de sang. Il a tué Godvino. "Il
nest plus." annonce-t-il. "Un meurtre ?" interroge
Briano. "Un duel ?" demande Aroldo. "Une expiation."
répond Egberto. Briano et Aroldo vont prier à léglise tandis que Mina demande à
nouveau à Dieu de la pardonner.
Acte 4
A quelques temps de là, en Ecosse
On peut voir les rives du Loch Lomond, surmontées de collines boisées.
Une petite maison. On entend des bergers chanter en descendant des hauteurs. Aroldo et
Briano font route vers leur demeure. La cloche de l'église d'un village voisin tinte et
les deux hommes s'agenouillent en prière, puis entrent dans la maison. Le soir descend
maintenant et la nuit est proche. Le vent se lève et un orage se prépare, soulevant les
vagues du lac. On entend des voix qui appellent "Au lac !" et les
villageois accourent au bord de leau où un bateau a été rejeté par la tempête,
un bateau transportant Mina et Egberto. Le vieil homme et sa fille aperçoivent la maison
d'Aroldo et frappent à la porte. Aroldo ouvre et reconnaît sa femme se tenant devant
lui. Il tente de la repousser mais Mina le supplie de pardonner. Egberto, lui aussi,
demande à Aroldo davoir pitié. Une fois encore, Briano rappelle Aroldo à ses
devoirs de chrétien. "Que celui qui na jamais pêché jette la première
pierre.". Aroldo pardonne à Mina "Trionfi la legge divina damor". |