attila

attila

Attila

Drame lyrique en 1 prologue et 3 actes
Livret de Témistocle Solera
d'après "Attila, König der Hunnen" de Zacharias Werner
Créé le 17 mars 1846 au Teatro La Fenice - Venise

 

Giuseppe VERDI

 

Accueil

Compositeurs

Oeuvres

mail

Prologue
En l'an 452 après Jésus-Christ, Attila (le "fléau de Dieu") a envahi l'Italie et pillé la ville d'Aquilée; Parmi les ruines encore fumantes de la ville, les Huns et les Ostrogoths, débordants de joie, font la fête et chantent les louanges d'Odin et de leur roi, Attila fait une entrée triomphale en char, les félicite, et en retour tous l'accueillent comme le ministre et prophète d'Odin. Son esclave breton, Uldino, contrairement aux ordres d'Attila de n'épargner personne sauvé un groupe de femmes qui avaient participé à la bataille, et les offre au roi comme comme prix. Odabella, la fille su seigneur d'Aquilée tué par Attila, est à leur tête et lorsqu'Attila s'étonne de son courage, elle déclare que les femmes italiennes contrairement à celles des Huns sont toujours prêtes à défendre leur pays, impressionné par son ardeur, Attila propose de lui accorder une faveur : elle lui demande une épée et il lui donne la sienne, ce qu'elle accepte avec joie, jurant de se venger contre lui. Après son départ, Attila envoie chercher l'envoyé de Rome, le général Ezio (Aetius qui l'a vaincu l'année précédente en Gaule à la bataille de Chalons) qu'il accueille en tant que vaillant soldat et noble adversaire. Ezio demande à lui parler en privé. L'empereur de Constantinople, dit-il, est âgé et faible ; Valentinien qui règne sur l'Occident n'est encore qu'un enfant ; il suggère donc un accord secret : Attila pourra lui-même conserver le monde entier à la seule condition qu'Ezio puisse garder l'Italie. Attila considère cette offre comme un acte de trahison et refuse : un peuple aussi lâche mérite le fléau d'Odin. Ezio tente de reprendre son rôle en tant qu'envoyé de Rome mais Attila qu'il va raser la superbe cité et Ezio le met au défi de le faire.
Suit un changement de scène avec une laisse de vase dans les lagunes de l'Adriatique. Peu avant l'aube, une tempête fait rage. Lorsqu'elle se calme, des ermites sortent de leur hutte et glorifient Dieu à un autel tout simple fait de pierres. Le ciel s'éclaircit et des bateaux arrivent avec à leur bord des réfugiés d'Aquilée.Foresto est à leur tête et ils le saluent comme leur sauveur ; mais Odabella, sa fiancée, lui inspire beaucoup d'inquiétude ; mieux vaut qu'elle soit morte plutôt qu'en les mains des Huns. Un peu plus tard, le soleil se met à briller et les Aquiléiens invitent Foresto à considérer cela comme une marque d'espoir. Celui-ci leur conseille vivement de construire une belle ville nouvelle à cet endroit, entre la mer et le ciel, afin qu'elle s'élève des cendres comme un phénix.

Acte 1
Scène 1

Au clair de lune, dans un bois à coté du camp établi par Attila près de Rome. Odabella pleure la mort de son père, dont elle semble voir l'image parmi les nuages qui passent ; mais son visage devient celui de Foresto, son fiancé, qu'elle croit également mort. Tout à coup Foresto déguisé en barbare, apparaît devant elle ; au comble de la joie, elle s'élance à sa rencontre mais il la repousse dans une colère froide. Il l'accuse de trahison, il a affronté des périls indescriptibles pour la rejoindre et voila qu'il la trouve souriante devant l'assassin de son propre père. Odabella lui rappelant l'histoire de Judith et Holopherne, le convainc qu'elle est innocente et bien résolue à se venger. Foresto lui demande pardon, et ils tombent dans les bras l'un de l'autre.
Scène 2
Plus tard dans sa tente Attila se réveille et raconte à son esclave Uldino un rêve terrifiant qu'il a fait : aux portes de Rome, un grand vieillard lui a coupé la route, en criant, "Ta seule tâche jusqu'alors a été de châtier les mortels. Replie-toi...maintenant, le passage est barré ; ce sol est le royaume des Dieux ! " Attila reprend son calme, honteux de ses craintes, et sur-le-champ il rassemble ses forces armées ; au son des trompettes elles avanceront sur Rome. Le choeur chante les louanges d'Odin, mais au loin on entend un hymne très différent ; une procession de jeunes filles et d'enfants chrétiens vêtus de blanc et portant des palmes approche, avec à leur tête Léo, l'évêque romain, le vieillard du rêve d'Attila. Lorsqu'il prononce les mêmes paroles, Attila croit apercevoir les silhouettes de Saint Pierre et Saint Paul qui lui barrent le passage avec des épées en flammes et il est pris de panique ; il se prosterne à terre à la grande surprise de Huns tandis que les Chrétiens louent la puissance du Dieu éternel.

Acte 2
Dans le camp romain, Ezio est en train de lire une dépêche de l'empereur l'informant qu'une trêve a été déclarée avec les Huns et lui ordonnant de revenir à Rome. Ezio est outré de ce traitement péremptoire venant de la part d'un enfant qui semble avoir plus peur de ses troupes que celles d'Attila et il songe avec amertume à la décadence actuelle de Rome et à sa gloire passée. Un groupe d'esclaves d'Attila fait son entée et invite Ezio et ses capitaines à un banquet ; l'un d'eux reste en arrière, il s'agit de Foresto, qui enjoint à Ezio de tenir ses hommes prêts à attaquer les Huns pendant le fête, dès un signal lumineux venant des montagnes ; Ezio est très excité à l'idée de venger son pays ; même s'il tombe sur le champ d'honneur, on se souviendra au moins de son comme celui du dernier des Romains. Lors du banquet, dans le camp d'Attila, les Huns sont déjà en train d'acclamer leur roi lorsque des trompettes annoncent l'arrivée des invités romains. Tandis qu'Attila s'approche pour les accueillir, un groupe de Druides lui murmure qu'Odin les a prévenus de ne pas s'asseoir à la table des ses anciens ennemis. ; mais il les repousse avec impatience. Il ordonne aux prêtresses de chanter et de danser, mais à peine ont-elles fini leur chant qu'une soudaine et violente rafale de vent éteint la plupart des brandons qui illuminent le banquet. Dans la confusion qui suit, Ezio renouvelle sa proposition à Attila mais, de nouveau, il se heurte au mépris de celui-ci ; et Foresto révèle à Odabella qu'Uldino va très bientôt offrir à Attila une coupe de vin empoisonné, procédé qu'Odabella n'apprécie pas beaucoup puisque cela l'empêche de se venger elle-même. Le ciel s'éclaircit et les brandons se rallument. Attila est sur le point de porter un toast à Odin lorsque Odabella l'arrête et lui dit que sa coupe est empoisonnée. Furieux, le roi demande à savoir qui est responsable, et Foresto se fait connaître ; D'un air méprisant, il se moque de la menace de mort qu'Attila à portée contre lui, et Odabella demande que la vie de Foresto lui soit accordée comme récompense pour avoir sauvé la vie du roi. Attila accepte et comme témoignage de sa reconnaissance, il jure d'en faire sa reine. Elle pousse Foresto à s'enfuir, et celui-ci fait le serment de se venger de son apparente perfidie, tandis sue les Huns demande à leur roi de reprendre la guerre contre les perfides romains.

Acte 3
Foresto se trouve seul dans le bois au petit matin, attendant d'apprendre par Uldino quand aura lieu le mariage d'Attila et d'Odabella. Il apprend que la procession est déjà proche, et il est torturé par l'idée qu'une jeune fille si pure et si belle l'ait trahi. Ezio entre en hâte et vient dire à Foresto que ses hommes attendent le signal pour attaquer les Huns. On entend au loin l'hymne de mariage. Mais apparaît ensuite Odabella, affolée, priant le fantôme de son père de pardonner son mariage avec l'homme qui l'a tué. Foresto déclare qu'il est trop tard pour se repentir, mais elle proteste qu'elle l'a toujours aimé. Arrive maintenant Attila lui-même à la recherche de son épouse. En la trouvant avec Ezio et Foresto, il les accuse tous de trahison : Odabella dont il a fait sa reine, Foresto dont il a épargné la vie et Ezio par qui Rome fur sauvée. Tous lui répondent avec haine, et au moment où il entend les cris des Romains qui attaquent les Huns par surprise, Odabella poignarde Attila. "Toi aussi, Odabella," murmure-t-il ; mais ses paroles sont emportées par les Romains qui se réjouissent car ils sont enfin vengés.

En haut