| Giuseppe VERDI
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L'action
se déroule à Windsor sous le règne d'Henry IV (1399-1413)
Acte 1
A l'auberge de la Jarretière
Le Dr Caïus accuse Sir John Falstaff, vieux libertin, d'être entré chez lui par
effraction et ses deux acolytes Bardolph et Pistol, de lui avoir vidé les poches.
Commandant tranquillement à l'aubergiste une bouteille de Xérès, Falstaff refuse de
réparer ses torts. Quant à Bardolph et Pistol, ils nient tout. Sans avoir obtenu
satisfaction le Dr Caïus quitte l'auberge en pestant. Falstaff examine la note et
reproche à ses serviteurs de gaspiller à tout va. Après avoir déchargé sa bile,
Falstaff leur fait part d'un nouveau plan pour améliorer ses finances. Il doit, en effet,
subvenir à sa superbe bedaine, dont le royaume va en s'agrandissant. Il projette de
séduire Alice Ford et Meg Page, l'une et l'autre épouses de riches bourgeois de Windsor.
Prétextant des principes d'honneur Bardolph et Pistol refusent de porter les lettres
d'amour de Sir John aux deux dames. Falstaff confie les lettres à un page et renvoie les
deux scélérats, non sans leur avoir fait d'abord un long sermon sur la faillite de
l'honneur.
Un jardin
Meg Page et Mrs. Quickly retrouvent dans le jardin de la maison de Ford sa femme Alice et
sa fille Nanette. Alice et Meg se montrent les lettres "scélérates" de
Falstaff et découvrent qu'elles sont identiques. De concert avec Mistress Quickly et
Nanette, elles expriment leur emportement dans un bref quatuor sans accompagnement et jure
de mystifier Falstaff. Tandis qu'elles s'éloignent, entrent Ford, Caïus et le jeune
Fenton, Bardolph et Pistol. Ford est révolté ; les deux larrons renvoyés par Falstaff
viennent de lui révéler les intentions de leur ancien maître. Bardolph et Pistol
mettent les points sur les "i" ; Alice et Ford décident chacun de faire preuve
de prudence dans cette affaire. Dans un interlude, les jeunes amoureux, Fenton et Nanette
profitent de la confusion générale pour échanger furtivement quelques baisers. Les
femmes réapparaissent momentanément en scène pour mettre au point leur plan ; MQ se
rendra à l'Auberge de la Jarretière auprès de Sir John afin d'arranger un rendez-vous
galant entre Alice et lui. Un deuxième flirt de Nanette et Fenton est interrompu par
l'arrivée des hommes. Ignorant ce que trament les femmes, les hommes mettent au point
leur propre plan : sous un faux nom, Ford ira trouver Falstaff pour le compromettre dans
un complot. Dans un ensemble, les femmes et les hommes joignent leurs voix pour exprimer
leurs sentiments ; puis les hommes quittent les lieux et les femmes se moquent en riant
aux éclats de la présomption de Falstaff. Seul, Fenton tout occupé par ses amours, voit
l'affaire avec recul.
Acte 2
A l'auberge de la Jarretière
Feignant de se repentir, Bardolph et Pistol reprennent leur service auprès de
Falstaff. Et font entrer Mrs. Quickly qui, en recourrant à la flatterie, arrange des
rendez-vous entre Falstaff et Alice pour le jour même "entre deux et trois".
Quickly partie, Falstaff se réjouit d'être toujours aussi irrésistible. Quelques
instants plus tard arrive un second visiteur, "Signor Fontana", Ford déguisé,
qui fait une offre alléchante. Prétendant éprouver un amour non partagé pour Alice,
demande à Falstaff, bourreau des coeurs pliens d'expérience, de séduire l'épouse de
Ford, et ainsi de lui préparer le terrain. Falstaff accepte, révélant qu'Alice lui a
déjà donné un rendez-vous. Ford en est abasourdi. Sir John étant parti pour se changer
pour le rendez-vous, Ford laisse progressivement libre cours à sa rage ; il a désormais
perdu toute confiance en sa femme, l'idée d'être trompé lui est insupportable et il
jure de se venger de l'insulte qui lui est faite. Fa revient et les deux hommes quittent
l'auberge.
Une grande salle dans la maison des Ford
Alice et Meg sont encore en train de rire aux dépends du gros Falstaff quand arrive
Mrs. Quickly, venue donner des nouvelles de son entrevue avec Falstaff. Après qu'Alice a
rassuré la pauvre Nanette en lui promettant qu'elle n'aura pas à épouser le Dr Caïus
comme le veut son père, les femmes arrangent la pièce pour la visite de Falstaff et
préparent leur coup. Falstaff ne tarde pas à se présenter et s'empresse de faire la
cour à Alice. Il est cependant interrompu par l'irruption de Mrs. Quickly, venue
prévenir que Meg arrive ; Falstaff est forcé de se cacher derrière un paravent. Meg
annonce à son tour que Ford est en route vers chez lui avec une bande d'hommes jurant
vengeance. Entre Ford, qui hors de lui, fouille vainement les lieux à la recherche de
Falstaff, il va même jusqu'à aider à sortir le contenu d'une corbeille à linge.
Lorsqu'il sort pour continuer ses recherches, les femmes font rentrer Falstaff,
terrorisé, dans la corbeille pour lui permettre d'échapper à ses poursuivants. Tandis
qu'elles le recouvrent de linge sale, Fenton et Nanette se glissent derrière le paravent
pour s'étreindre en secret. C'est alors que Ford et ses hommes reviennent et, entendant
soudain le bruit d'un baiser, ils sont persuadés qu'Alice et Falstaff se trouvent
derrière le paravent. D'un lent mouvement convergent, ils s'en approchent pour
découvrir
Fenton et Nanette ! Cela ne fait naturellement qu'augmenter la fureur de
Ford. Les hommes s'éloignent et les femmes chargent les serviteurs de jeter le contenu de
la corbeille à linge par la fenêtre, c'est à dire dans la Tamise. Alice fait venir Ford
pour qu'il assiste au spectacle de Falstaff pataugeant dans le fleuve.
Acte 3
Une grande salle dans la maison des Ford
Trempé, Falstaff commande un verre de vin chaud qui le fait passer progressivement de
ronchonnements de désolation à une humeur joviale. Survient Mrs. Quickly qui affirme
(tandis que les autres l'observe Falstaff à son insu) qu'Alice désire le rencontrer de
nouveau, cette fois à minuit, dans la forêt de Windsor ; pour que le secret soit bien
gardé, Falstaff devra porter les cornes du mystérieux "chasseur noir". Tandis
que Quickly et Falstaff, qui se montre à nouveau intéressé, rentrent dans l'auberge
pour poursuivre leur conversation, Alice raconte la fin de la légende du "chasseur
noir" et prépare les autres personnages à la mascarade nocturne, l'ultime farce que
l'on s'apprête de jouer à Sir John. En aparté, Ford promet à Caïus qu'il pourra
épouser sa fille le soir même et lui rappelle qu'il devra porter le déguisement
convenu. Quickly épie la conversation sans être aperçue des deux hommes.
Le parc de Windsor
Dans ce décor nocturne, Fenton chante un sonnet pour Nanette, comparant la musique à des
baisers. Falstaff fait son apparition avec les bois de cerf fixés sur la tête. Il compte
avec appréhension les douze coups de minuit ; puis il retrouve Alice et entreprend
aussitôt ses manoeuvres de séduction. On entend soudain Meg crier au secours et Falstaff
croit entendre des voix de fées. Pour se protéger, il s'étend de tout son long par
terre. Survient Nanette, déguisée en Reine des fées, entourées de jeunes filles du
voisinage portant des costumes semblables. Elle chante une belle mélodie féerique. Les
autres personnages arrivent à leur tour, eux aussi déguisés. Bardolph trébuche sur
Falstaff allongé par terre et les autres le tourment en l'insultant, le pinçant et le
battant. Devant cet assaut, Falstaff se repent. Il ne tarde pas à découvrir que ses
bourreaux ne sont pas des êtres surnaturels, mais des humains ; il accepte finalement son
châtiment de bonne grâce, Ford annonce l'approche de la procession nuptiale et consent
à marier un second couple, semblablement déguisé. Après avoir procédé au mariage, il
réalise qu'il a marié malgré lui Nanette à Fenton et Caïus à Bardolph. Ford admet
lui aussi avoir été berné et bénit le mariage de sa fille. Tous les participants
unissent leurs voix dans une fugue de réconciliation. |