la forza del destino - la force du destin

la forza del destino

La Forza del Destino

Opéra en 4 actes
Livret de Francesco Maria Piave
Créé le 10 novembre 1862 au Théâtre Marie
Saint-Pétersbourg

 

Giuseppe VERDI

 

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Acte 1
Dans son château des environs de Séville, le vieux marquis de Calatrava rend visite à sa fille, la comtesse Leonora de Vargas, pour lui souhaiter le bonsoir. Il ignore qu'elle n'attend que son départ pour fuir avec I'homme qu'elle aime, don Alvaro, un Péruvien que sa race - il a du sang inca - exclut de la noblesse espagnole. Le marquis ayant enfin regagné ses appartements, Leonora confie à sa suivante, Curra, le remords qu'elle éprouve à rompre avec sa famille. Telles sont ses dispositions quand parait don Alvaro. Leonora lui propose timidement de remettre I'enlèvement à la nuit suivante, afin qu'elle puisse revoir une fois encore son père. Le jeune homme croit comprendre qu'elle ne I'aime plus et se drape dans sa dignité, ce qui conduit Leonora à protester de ses sentiments. Mais il est écrit qu'elle ne pourra pas "le suivre au bout du monde". Le marquis, peut-être alerté par tous ces éclats de voix, revient inopinément et surprend les amoureux. il accuse Alvaro de séduire sa fille et tient sur ses origines des propos outrageants. L'infortuné métis se borne à jurer que, ses intentions sont pures et, en signe de soumission, quitte ses armes. Mais un pistolet, en tombant sur le sol, part accidentellement et blesse mortellement le marquis, lequel, avant d'expirer, trouve tout juste le temps de maudire Leonora.

Acte 2
Dans une auberge de campagne, Leonora, déguisée en homme et accompagné du muletier Trabuco, reconnaît parmi les autres convives son frère don Carlos de Vargas, lui-même travesti en étudiant. Elle a profité de la confusion qui a suivi la mort de son père pour prendre la fuite, non pas avec Alvaro qu'elle a perdu de vue, mais dans I'intention de gagner un couvent où elle finira ses jours. Don Carlos de son côté s'est mis en chasse pour venger le marquis et I'honneur de la famille. Tandis que Leonora se cache, Carlos et ses compagnons écoutent les propos de la bohémienne Preziosilla qui, à ses talents de diseuse de bonne aventure, joint un petit négoce d'agent recruteur. Après avoir dépeint sous les plus riantes couleurs la guerre qui vient d'éclater en Italie, elle lit dans la main de Carlos qu'il n'est pas étudiant et que son avenir n'est pas des plus enviables. Un groupe de pèlerins vient à passer, et chacun se joint à leurs prières. Carlos ne se laisse pas pour autant détourner de son obsession justicière. Troublé par l'apparition de Leonora qu'il a aperçue tout à I'heure, sans toutefois la reconnaître, il essaie de questionner à son sujet son compagnon le muletier. Mais Trabuco reste évasif et interroge à son tour "Je suis Pereda, riche d'honneur ...", répond le faux étudiant Pereda, ajoutant qu'il a quitté I'université de Salamanque pour aider son ami Vargas à rechercher et châtier le misérable qui a tué son père et déshonoré sa soeur. Leonora, qui s'est bien gardée de se montrer, apprend ainsi qu'Alvaro est toujours en vie et pense qu'il I'abandonne à son sort.Il fait à peine jour quand Leonora arrive à la porte du couvent. La course depuis I'auberge I'a épuisé. Elle adresse à la Vierge une ardente prière avant de sonner à I'huis. Le Frère Melitone trouve fort mauvais d'être dérangé à pareille heure et invite le visiteur, d'un ton fort bourru, à revenir plus tard. Il finit pourtant par se laisser fléchir et conduit Leonora auprès du Père Supérieur, prieur du couvent. Celui-ci s'effraie d'abord en découvrant qu'il a affaire une femme et, qui plus est, à Leonora de Vargas. Mais la jeune fille le supplie de ne voir en elle qu'une pénitente, dont le seul désir est de rester cloîtrée pour toujours dans une cellule isolée dépendant du monastère. Le Père Supérieur convoque tous les moines dans le choeur de la chapelle et leur fait jurer, sous peine de damnation, de ne jamais s'approcher de l'ermitage de Leonora. En cas d'extrême nécessité, la recluse pourra faire tinter une clochette qui alertera le prieur. L'acte s'achève sur ne prière générale, dominée par la voix de Leonora.

Acte 3
Alvaro, devenu capitaine sous un nom emprunt dans les forces espagnoles qui guerroient en Italie, médite sur sa destinée tout en faisant les cent pas entre les tentes du camp de Velletri. "La vie est un enfer pour le malheureux ..." crie-t-il, contant comment son père, un Espagnol, qui épousa une princesse inca et tenta de fonder au Pérou un état indépendant; comment lui-même naquit en prison peu avant I'exécution de ses parents, et comment le malheur le poursuivit dans ses amours avec Leonora, qu'il croit morte. Un cri I'arrache à ses réflexions. il se précipite et sauve la vie d'un officier mêlé à une rixe: Carlos en personne! Les deux hommes, ne se connaissant pas, se jurent une amitié éternelle. Le branle-bas de combat met fin à cette scène touchante et t ils courent ensemble aux avant postes. Grièvement blessé, Aivaro a été transporté dans la tente de Carlos. qui le félicite sur sa bravoure et lui promet l'Ordre de Calatrava. Alvaro, en entendant prononcer ce nom, ne peut se défendre de tressaillir. Pris d'un funeste pressentiment, il confie à son ami la clé d'un coffret, en le priant d'en brûler le contenu s'il venait à mourir. Carlos s'y engage. Les infirmiers ayant emport Alvaro sur sa civière, Carlos resté seul examine curieusement la cassette, et diverses associations d'idées I'incitent à violer sa promesse. Il ouvre le coffret, d'où tombe un portrait de Leonora. Son flair ne I'avait donc pas trompé! Son compagnon d'armes est bien le "satané Inca" qu'il recherche depuis si longtemps. Pourvu qu'il en réchappe, et ne meure pas d'une autre main que la sienne! Le chirurgien, heureusement, est optimiste. Don Carlos donne fibre cours à sa joie. Deux mois ont passé. Sur une place de Velletri où défilent pêle-mêle des militaires espagnols et italiens, des moines et des civils. Alvaro tout juste guéri rencontre Carlos qui lui demande s'il se sent assez bien pour se battre en duel. "Avec qui ? " questionne Alvaro. Mis au courant de la véritable identité de son ami, et apprenant que Leonora vit toujours, il refuse d'abord de tirer l'épée. Quelques insultes I'y décident, mais d'autres soldats séparent les combattants. Alvaro désespéré décide de se retirer, lui aussi, dans un couvent. Des scènes pittoresques où reparaissent le Frère Melitone, Preziosilia et Trabuco devenu colporteur, complètent ce troisième acte jusqu'à la chute du rideau.

Acte 4
Cinq ans plus tard, une foule de mendiants est rassemble dans la cour du monastère, attendant la distribution de la soupe. C'est Melitone, toujours aussi maussade, qui est chargé de I'opération, et les indigents ne se privent pas de comparer ses mauvaises manières à celles du doux et pieux Frère Raphaël. Melitone furieux les chasse à coups de gamelle; cela lui vaut une semonce du Prieur qui l'invite plus de charité chrétienne.La cloche de I'entrée sonne et don Carlos parait, demandant le Frère Raphaël. Après quelques palabres, Melitone va chercher ...Alvaro, et Carlos triomphe. C'est en vain que "le métis" s'est caché! Alvaro refuse l'épée que l'autre lui tend, demandant grâce, jusqu'à ce que Carlos le frappe au visage en observant que les sang-mêlé sont tous des lâches. Ils sortent pour se battre. Leonora, sur le seuil de son ermitage, prie pour la paix. Un bruit confus qui se rapproche I'oblige à rentrer précipitamment dans sa cellule. Ce sont Carlos et Alvaro qui ferraillent. Carlos tombe, mortellement atteint, et réclame le secours d'un prêtre. Tandis que son adversaire se désespéré d'avoir, une fois encore, tu malgré lui, Leonora agite sa cloche d'alarme et sort. Elle reconnaît Alvaro, qui en quelques mots la met au courant de ce qui vient de se passer, se précipite au secours du blessé, et pousse un cri. Son ferre a rassemblé ses dernières forces pour la poignarder.Alvaro accuse le Ciel des malheurs qui I'accablent. Il faut pour le ramener à la raison les exhortations du Prieur, auxquelles Leonora expirante joint la voix de I'amour et de la résignation.

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