| Giuseppe VERDI
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Acte
1
Une salle dans le palais des Doges à Venise. Le conseil
des Dix et les membres de la Junte sont rassemblés. Une affaire importante doit être
jugée, qui concerne un de membre de la famille du Doge. Loredano, principal ennemi de
celui-ci, arrive avec son ami Barbarigo. L'un et l'autre apprennent que le Doge les a
précédés dans la chambre du Conseil, apparemment calme et tranquille. Avant d'y
pénétrer à leur tour tous les présents chantent les louanges de la justice vénitienne
et de ses secrets. Extrait de la prison d'Etat, où il a subi la torture, Jacopo, le fils
du Doge, reçoit l'ordre d'attendre le bon plaisir du Conseil. Il salue sa Venise natale
dont l'exil l'a séparé pendant si longtemps. Un officiel lui dit qu'il peut compter sur
un verdict de clémence. Mais Jacopo se récrie contre la haine dont il est la victime. Au
palais Foscari ; Lucrezia (femme de Jacopo) décide de plaider la cause de son époux
auprès du père de ce dernier. Ses suivantes tentent de la calmer. Elle prie le ciel de
l'aider. Aussitôt après, Pisana vient lui apprendre que Jacopo a été condamné à une
nouvelle période d'exil. Lucrezia donne libre cours à sa fureur. Nous sommes de nouveau
dans une salle du palais des Doges. Les Sénateurs ont prononcé leur sentence. Certes
Jacopo n'a pas parlé sous la torture mais une lettre qui a été interceptée, et qu'il
avait écrite au Duc Sforza de Milan, est considérée comme la preuve de sa culpabilité.
En conséquence, il sera renvoyé en Crète. Une fois de plus les Sénateurs mettent
l'accent sur l'impartialité de la justice vénitienne. Dans ses appartements privés, le
Doge médite amèrement sur l'autorité qu'il détient à la tête de l'état et malgré
laquelle il est impuissant à protéger son fils contre la haine de ses accusateurs.
Lucrezia supplie son beau-père de faire annuler la sentence qui frappe Jacopo. Le Doge
répond que les lois de Venise le lui interdisent. Alors, demande Lucrezia, ne peut-il
plaider la cause de son fils ? Voyant le doge en larmes, la jeune femme commence à
espérer.
Acte 2
Dépérissant au fond de sa prison d'Etat Jacopo a, dans
son délire, la vision de Carmagnola, fameux condottiere qui fut arrêté et exécute à
Venise et dont le fantôme semble, maintenant, le menacer, Jacopo s'évanouit. Revenu à
lui, il se retrouve dans les bras de Lucrezia venue lui annoncer la sentence du Conseil
des Dix. L'un et l'autre considèrent qu'un exil solitaire est pire que la mort. Le son
d'une barcarolle chantée sur la lagune leur rend courage. Entre le Doge, accueilli avec
joie par sa famille, Jacopo se lamente sur son sort. Apparition soudaine, à la prison, de
Loredano accompagné de ses gardes. Sans pitié Loredano se réjouit de la défaite des
ses ennemis. Il apprend à Jacopo que celui-ci va devoir une nouvelle fois se présenter
devant le Conseil pour entendre la condamnation prononcée contre lui. Immédiatement
après, il sera conduit à bord d'un navire qui cinglera vers la Crète. Jacopo et
Lucrezia s'opposent violemment à lui mais le Doge les exhorte au calme. Finalement,
Jacopo est emmené sous escorte. Il est de nouveau dans la salle du Conseil, devant les
Conseillers réunis sous la présidence du Doge. , pour entendre confirmation de la
sentence. Jacopo en appelle à son pire mais ce dernier ne peut que lui conseiller de se
résigner. A ce moment, arrive Lucrezia suivie par Pisana et par ses servantes, et menant
par la main ses deux enfants - deux garçons - qu'elle fait mettre à genoux devant le
Doge, Barbarigo se sent gagné par la pitié. Mais les autres Sénateurs se rangent du
côté de l'implacable Loredano, lequel insiste pour que le départ du proscrit ait lieu
dès que possible. Jacopo doit retourner en Crète et seul. A cette perspective, il sent
que sa mort est proche.
Acte 3
La scène se passe maintenant sur la Piazetta où les gens
s'agitent en un joyeux tumulte. Une régate doit de dérouler bientôt. Arrivée de
Lorendano et Barbarigo, lesquels se livrent à des commentaires sur la gaieté insouciante
de la foule. Lorendano donne des ordres pour que la course commence et l'on entend
bientôt le peuple gratifiant d'une barcarolle le gondolier vainqueur. Mais tout à coup,
on se disperse, apeuré ; car une galère d'Etat a été aperçu approchant avec le chef
de la police à son bord. Le bateau accoste et Jacopo est amené du Palais des Doges.
Avant d'embarquer, il fait tristement ses adieux à sa femme et ses enfants. Imposant sa
présence, Lorendano triomphe de nouveau. Dans ses appartements privés, le vieux Foscari
se dit que le dernier de ses fils lui a été enlevé. Arrivée à l'improviste de
Barbarigo porteur d'une lettre écrite par un certain Erizzo, et dans laquelle celui-ci
confesse avoir commis le crime imputé à Jacopo. Le vieillard remercie le ciel. Mais sa
joie sera brève car Lucrezia survient, en larmes ; Jacopo est mort dès qu'il a eut mis
le pied sur le bateau qui devait le mener en Crète. Sur ses persécuteurs, Lucrezia
appelle la colère du Ciel. Puis se précipite en dehors de la scène. Le domestique du
Doge introduit ensuite les membres du Conseil conduits par Lorendano et venus demander à
Foscari d'abandonner sa charge en raison de son age et de son deuil récent. Pour le vieux
Doge, c'est la disgrâce finale. Par deux fois, auparavant, il avait demander à abdiquer
et, par deux fois, cela lui avait été refusé. Il a juré de mourir dans l'exercice de
ses fonctions et, par conséquent, il restera fidèle à son serment. Malgré ses
supplications, le Conseil demeure inflexible. Quand Lucrezia revient, c'est pour voir son
beau-père dépouillé de sa couronne et de ses vêtements officiels. Tandis qu'elle le
mène à l'extérieur, la grande cloche de Saint-Marc commence à sonner pour Malipiero,
le successeur du Doge déchu. Entendant cela Foscari meurt, comme son fils, d'un coup au
coeur, Lorendano prend alors son carnet et, à coté du nom des Foscari, écrit :
"Payé". |