| Giuseppe VERDI
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Acte
1
Une place de Milan
Sur une place de Milan, les divers régiments de la Ligue Lombarde se
rassemblent, acclamés par une foule admirative. Ils sapprêtent à partir en
campagne contre lempereur allemand Frédéric Barberousse. Parmi les troupes venues
de Vérone se trouve le jeune Arrigo. Blessé au cours du siège de Suse et considéré
comme mort, il a pu regagner son pays natal et les soins de sa mère ont rendu la santé.
A Milan, il espère retrouver sa fiancée Lida, ne se doutant guère que celle-ci est
désormais mariée. Arrigo est alors reconnu par son ancien compagnon d'armes, Rolando,
devenu capitaine dans larmée milanaise, qui laccueille avec émotion. Deux
consuls de la ville paraissent et saluent les soldats de la Ligue, qui font tous le
serment de libérer lItalie de ses sinistres étrangers.
L'action se transporte maintenant chez Rolando, près des remparts de la ville. La femme
de Rolando, Lida, est en proie de mélancoliques pensées, sous les regards compatissants
de ses dames de compagnie, qui ne comprennent pas pourquoi elle ne partage pas la joie
générale. Lida réplique qu'elle hait la guerre qui la déjà privée de ses
parents et de son frère ; elle a souvent voulu mourir, mais ses devoirs dépouse et
de mère exigent qu'elle continue à vivre, Marcovaldo, un prisonnier de guerre à qui
Rolando, imprudemment, a accordé la liberté dans son château, s'approche de Lida et lui
déclare son amour ; Lida le repousse avec indignation. Sa servante Imelda lui apprend
alors qu'Arrigo est vivant et se trouve à Milan. Lida ne peut réprimer un mouvement de
joie, qui néchappe pas à la jalousie de Marcovaldo. Rolando arrive à présent
avec Arrigo, qui blêmit à la vue de Lida. Marcovaldo et les dames de compagnie se
retirent, bientôt suivis par Rolando, que les consuls ont fait demander. Arrigo reste
seul avec Lida. Celle-ci, en réponse à ses reproches amers, explique qu'elle la
cru mort et quelle a épousé Rolando à la demande de son père mourant. Arrigo
reste sourd à ses explications et s'en va, tout à sa fureur
Acte 2
Lhôtel de ville de Côme
A lhôtel de ville de Côme, les notables sont réunis sous la
présidence du maire. Ils ont appris que Milan a dû céder à lenvahisseur, et se
réjouissent de la déconfiture de cette cité rivale. Arrigo et Rolando, messagers de la
Ligue Lombarde, se présentent, et annoncent quune nouvelle armée a envahi le pays
par le nord ; elle se joindra au gros des forces de Barberousse, qui se trouve à Padoue,
si les gens de Côme ne se dressent pas pour lintercepter. Le maire déclare que
Côme a un traité avec Barberousse. ,Un pacte honteux", s'exclame Arrigo. ,Et vos
valeureux petits-fils rougiront de vous." Les deux amis sont cependant sur le point
de convaincre la ville de se rallier à leur cause quand Frédéric Barberousse (dont les
hommes cernent maintenant Côme) fait son apparition. Il ordonne aux deux envoyés de la
Ligue de rapporter un message à Milan : il détruira la ville une seconde fois si elle ne
se soumet pas complètement. Dans lensemble qui suit, Arrigo et Rolando expriment
leur haine pour leurs ennemis, tandis que les notables se rangent de nouveau du côté de
Barberousse.
Acte 3
La crypte de léglise Saint-Ambroise, à Milan
Dans la crypte de léglise Saint-Ambroise, à Milan, sont rassemblés
les "Chevaliers de la Mort", une confrérie de valeureux patriotes qui ont juré
de mourir pour leur pays plutôt que d'accepter défaite ou prison. Arrigo est venu
senrôler dans leurs rangs. Leur chef le fait s'agenouiller et place sur ses
épaules une écharpe noire brodée d'un crâne humain, emblème de lordre. Avant de
se dispenser, tous, dans un serment solennel, se déclarent prêts à mettre fin aux
malheurs de lItalie. Pendant ce temps, chez Rolando, Lida est au bord du désespoir
; elle a appris qu'Arrigo avait lintention de se joindre aux "Chevaliers de la
Mort" et lui a écrit une lettre (qu'elle charge lmelda de porter à son
destinataire) le suppliant de lui accorder une dernière entrevue. Rolando entre alors et
fait des adieux émus à sa femme et à leur enfant. Ceux-ci se retirent et Arrigo
paraît, répondant à une convocation de Rolando. Celui ci, en effet, ignorant
Ienrôlement d'Arrigo et croyant qu'il fait partie des troupes restant à Milan, a
décidé de confier. A son ami le soin de veiller sur sa femme pendant son absence et, le
cas échéant, après sa mort. Arrigo repart, bouleversé. Marcovaldo entre ; il a
intercepté la lettre de Lida et la montre à Rolando. Fou de rage, se croyant trahi par
sa femme et par son ami, Rolando jure de se venger cruellement de lun et de
lautre.
Beaucoup plus tard, cette nuit là, Arrigo, seul dans la tour du château de Rolando où
est situé sa chambre, écrit une lettre d'adieu à sa mère, lorsque Lida entre,
furtivement.
Elle tente de le persuader de renoncer à aller à la mort, fut-ce pour sa patrie. Il
réplique que, puisqu'elle a cessé de laimer, la vie lui est un fardeau. Lida lui
avoue alors quelle laime toujours mais qu'ils doivent vivre séparés, lui
pour sa mère, elle pour son mari et son enfant. Rolando frappe à la porte, et Lida se
réfugie sur le balcon, dont Arrigo ferme rapidement les volets. Puis il ouvre à Rolando
qui lui dit qu'ayant appris son enrôlement dans la confrérie des "Chevaliers de la
Mort", il vient le presser de se mettre en route. Arrigo objecte quil fait
encore nuit. "Tu te trompes, laube se montre déjà", réplique Rolando,
et, prenant prétexte de ces mots, il ouvre les volets et découvre Lida. Celle-ci et
Arrigo balbutient de faibles excuses, que Rolando rejette sauvagement. Arrigo supplie
Rolando de lui donner la mort, mais Rolando décide d'un châtiment pire encore : le
déshonneur, car il empêchera Arrigo de rejoindre les troupes. Il sort rapidement et
verrouille la porte, tandis que naissent les premières rumeurs des armes partant pour la
bataille. Arrigo n'arrive pas a enfoncer la porte et saute par la fenêtre, dans les
douves du château. Lida tombe évanouie
Acte 4
Une place de Milan
Sur une place de Milan, femmes, enfants et vieillards attendent anxieusement des nouvelles
de la bataille. D'une église voisine parviennent des chants religieux. lmelda murmure à
sa maîtresse que lon a vu Arrigo sortir indemne des douves et partir en courant
rejoindre les troupes. On entend des cris de triomphe lointains, puis plus proches. La
Ligue Lombarde est victorieuse et Barberousse est mort.
Un sinistre cortège fait alors son entrée portant sur un brancard un chevalier
mortellement blessé ; c'est Arrigo, qui a lui-même tué Barberousse. Derrière lui,
Rolando, silencieux et sombre. Le mourant demande à Rolando et à Lida d'approcher ; il
n'a rien fait, dit-il, qui puisse déshonorer son ami, et il ajoute ces mots, repris par
toute I'assistance : "Qui meurt pour sa patrie ne peut avoir une âme coupable."
Lida et Rolando se réconcilient. Arrigo demande que le drapeau de sa patrie lui soit
apporté, le presse sur son coeur et retombe sans vie. |