i lombardi alla prima crociata

i lombardi alla prima crociata

I Lombardi alla Prima Crociata

Opéra en 4 actes
Livret de Temistocle Solera d'après un poème épique en 15 chants de Tommasa Grossi
Créé le 11 février 1843 au Teatro alla Scala - Milan

 

Giuseppe VERDI

 

Accueil

Compositeurs

Oeuvres

mail

Acte1
La vengeance

A Milan, sur la place de la Cathédrale Saint-Ambroise
Une musique joyeuse se fait entendre à l'intérieur de l'édifice sacré. Ainsi que nous l'apprenons, grâce aux propos échangés par la foule, on donne un service d'action de grâces pour fêter la réconciliation d'Arvino et de Pagano, tous deux fils du seigneur Folco et, naguère prétendants à la main de la belle Viclinda ; C'est Arvino qui l'a emporté. Soupirant éconduit, Pagano a tenté d'assassiner son frère, ce qui lui a valu plusieurs années d'exil. Apparemment revenu à de meilleurs sentiments, il a été autorisé à rentrer au pays. Mais tandis qu'il embrasse son rival, les assistants et Arvino lui-même s'interrogent sur la sincérité de son repentir. Seules Viclinda, femme d'Arvino et Giselda, fille de ce dernier, manifestent un enthousiasme sans mélanges. Arrivée d'un prieur avec des nouvelles de la croisade prêchée par Pierre l'Ermite pour la délivrance de Jérusalem. Arvino a été proclamé chef des Croisés lombards. Pagano ne tarde pas à nous éclairer sue ses véritables sentiments. Tandis qu'un choeur de religieuses demande au Seigneur d'inspirer la paix aux hommes, il se moque de l'inutilité d'une telle prière et ironise sur son prétendu repentir après toutes les souffrances qu'i a endurées. Il confie à Pirro, écuyer de son frère, sa ferme intention de s'approprier Viclinda. Tout prêt à l'aider ; Pirro se fait fort d'utiliser, le moment venu, une bande d'assassins en puissance qui se tient à sa disposition. C'est là qu'intervient le choeur des sicaires, personnages intrépides, du moins s'en vantent-ils, mais sans foi ni loi et toujours prêts pour quelque basse besogne.
Une galerie du Palais de Folco conduisant aux appartements principaux
Sérieusement ébranlée, la belle confiance de Viclinda et Giselda, quant à l'état d'esprit de Pagano, a fait place au doute et à la peur. Alarmé par des fruits de pas qu'il entend autour de lui, Arvino confie aux deux femmes le soin de veiller sur Folco, lequel doit justement passer la nuit chez son fils. Arvino sort pour essayer de déterminer ce qui se passe ; Viclinda et Giselda implorent la Vierge et quittent le plateau. Surgissent Pirro et Pagano. Certain que son frère s'est déjà retiré pour la nuit. Pagano pénètre chez lui, le poignard à la main et la rage criminelle au coeur. Pendant ce temps, Pirro constate avec stupéfaction que ses hommes ont mis le feu au palais. Il dégaine son épée et se précipite pour voir comment les choses évoluent. Entraînant une Viclinda qui résiste désespérément, Pagano revient et se rit des appels à l'aide de sa victime : "Il n'y a personne pour écouter". Mais voici Arvino criant : "Moi, je t'écoute !". Pagano considère, d'un air hagard, sa lame dégoulinante de sang. Arvino lui apprend qu'il vient d'assassiner son père. Pendant ce temps là, la foule s'est rassemblée. Des voix s'élèvent qui condamne le parricide à un nouvel exil. Le rideau tombe sur cette scène d'horreur et de désolation.

Acte 2
L'homme de la caverne

Une salle du Palais d'Acciano à Antioche
Les ambassadeurs informent leur maître de l'arrivée imminente des Croisés lesquels, précisent-ils, se conduisent en envahisseurs et sème la ruine sur leur passage. Mais Allah punira ces perfides et, brûlant d'une même ardeur, son peuple les détruira. Tout le monde se retire. Arrivent Sofia, femme d'Acciano, secrètement convertie au christianisme et son fils Oronte. Celui-ci évoque son amour pour Giselda, la jeune chrétienne prisonnière dans le harem du tyran. Sofia approuve cette passion car elle voit là le chemin qui mènera son fils vers la religion du Christ. Aussi exprime-t-elle sa joie lorsque Oronte lui confie qu'il a été bien des fois tenté de se convertir. Car, ajoute-t-il, il ne peut y avoir de vrai Dieu que celui que cet "ange adore".
Dans le désert, une montagne dans laquelle s'ouvre une caverne
L'Ermite qui vit en ce lieu tend l'oreille, cherchant à déceler des bruits de combat. Il a hâte d'entendre retentir le "Dieu le veut" des Croisés arrivant pour reprendre les Lieux Saints aux infidèles. Voyant approcher un musulman, l'Ermite veut disparaître au plus vite dans sa caverne mais le nouveau venu le supplie, lui dont les vertus sont connues de par le vaste monde, de lui dire quel pardon il peut espérer ici-bas. Dévoilant sa qualité de Lombard, Pirro, car c'est de lui qu'il s'agit, confesse ses crimes ; il a prêté la main à un parricide, renié sa foi par couardise et offert ses services aux infidèles. Au point que les murs d'Antioche sont confiés à sa garde. Tandis qu'au loin, mais de plus en plus rapprochées, sonnent les fanfares des Croisés, l'Ermite fait entrer Pirro dans sa caverne et lui déclare que pour le rachat de ses péchés il devra livrer la ville à ses compatriotes. Pirro jure d'ouvrir, cette nuit même, un accès dans les murailles impies. Profondément bouleversé parce que les Croisés qui arrivent appartiennent au contingent lombard, l'Ermite laisse Pirro dans sa caverne et sort, avec son casque et son épée. Pendant ce temps, l'armée des Croisés, précédée par Arvino, se déploie sur la montagne. L'Ermite boucle la courroie de son arme et abaisse sa visière. Apprenant qu'il est bien celui que l'on nomme "l'homme de la caverne", Arvino lui demande de prier pour le succès de leur cause. "Sais-tu l'homme que tu invoques ?" interroge l'Ermite. "Oui" répond Arvino car "tous parlent de toi, on raconte partout dans ce pays que Dieu se manifeste à ta foi." Arvino ajoute que sa fille a été enlevée par les musulmans et qu'il a tenté, en vain, de la délivrer. L'Ermite lui donne l'assurance qu'il la reverra. Aux soldats lombards, il annonce que cette nuit même ils pourront dresser leurs tentes à l'intérieur d'Antioche, à la seule condition de le suivre avec confiance. Anticipant sur la victoire, tous ceux présents attaquent un hymne de réjouissances.
Le harem d'Acciano
Un chœur de femmes évoque la bonne fortune de Giselda, la "belle étrangère", qui règne sur le cœur d'Oronte. Pourquoi a-t-elle quitté la maison de ses pères ? L'insensée assistera bientôt au massacre de sa famille et de ses compatriotes. Cessant brusquement chants et danses, les femmes se retirent et Giselda se met à prier. Tandis qu'elle implore sa mère au ciel, des cris de terreur se font entendre. Pourchassés par les Croisés, des soldats turcs traversent la scène. Surgissant à son tour, Sofia apprend à Giselda qu'un traître a guidé l'ennemi dans la place et que son époux et son fils ont été massacrés. "Tiens, voici le furieux qui les a tués !" s'écrie-t-elle en voyant apparaître Arvino suivi de l'Ermite et des Croisés. Arvino veut embrasser sa fille. Celle-ci le repousse avec horreur car elle aimait Oronte. Au bord de la démence, elle déclare que Dieu n'a jamais voulu un tel carnage. "Non, Dieu ne le veut pas !" hurle Giselda sui, nouvelle Cassandre, prophétise sur les malheurs futurs des peuples d'Europe. Rendu furieux par ce qu'il considère comme un sacrilège, Arvino veut tuer sa fille. Mais l'Ermite et les autres personnages le retiennent ; la pauvre n'a-t-elle pas perdu la raison ?

Acte 3
La conversion

Dans la vallée de Josaphat, entre Jérusalem et le Mont des Oliviers
Croisés et pèlerins chantent les beautés de la cité promise et rappellent les fléaux qui se sont abattus sur les Lieux Saints. En s'éloignant, ils prédisent, en outre, la venue prochaine des invincibles guerriers libérateurs. Entre Giselda, seule. Ayant fuit le camp paternel dont l'atmosphère l'oppressait, elle erre maintenant dans le désert et se lament sur ses pensées qui ne sont qu'amour. A sa grande stupéfaction, Oronte qu'elle croyait mort se présente sous le costume lombard. Il la prend dans ses bras et lui raconte que le fer d'Alvino n'a fait que l'étourdir. Animé par le seul désir de la revoir avant de mourir, il a tout abandonné pour la retrouver, Giselda lui avoue son amour et se déclare prête à partager sa destinée, quels que soient les dangers qui le menacent. Elle dit adieu aux tentes lombardes tandis qu'Oronte mais l'accent sur ce que l'un et l'autre abandonne pour satisfaire à leur mutuelle passion. Des cris de guerre retentissent au loin. Les deux amoureux s'enfuient.
Dans la tente d'Arvino
Arvino donne libre cours à sa fureur et maudit sa fille sacrilège. Des chevaliers viennent l'informer de la présence de son frère Pagano dans le camp des Croisés. Chacun se demande ce que l'infâme assassin vient y faire. Mais n'est ce pas là un signe du ciel et le temps de la vengeance n'est-il pas venu ? Emporté par la colère, Arvino se met lui-même à la recherche du parricide pour le transpercer de son épée.
Une grotte, dans le fond les rives du Jourdain
Giselda soutient Oronte blessé et l'aide à s'étendre sur une pierre. Oronte sent que sa fin est proche mais Giselda s'accroche à l'espoir insensé que les soins qu'elle lui donnera le ramèneront à la santé. Hors d'elle-même, elle invective le Dieu de son peuple et lui reproche de lui avoir ravi sa mère, de lui réserver des jours funestes et, maintenant, de lui enlever son amour, son seul réconfort. Arrive l'Ermite. "Qui accuse Dieu ?".interroge-t-il. Cet amour est un crime, ajoute-t-il, mais il peut mener à une vie nouvelle si Oronte accepte de se convertir. Oronte y consent effectivement avec enthousiasme et l'Ermite va puiser de l'eau du Jourdain. Tous les trois se réjouissent mais, sentant ses dernières forces décliner, Oronte dit à Giselda qu'il l'attendra au ciel et meurt. Pendant que le rideau tombe l'Ermite prononce des paroles d'espérance et assure à la jeune femme qu'un jour, parmi les anges, son amour trouvera sa récompense.

Acte 4
Le Saint Sépulcre

Une grotte
Giselda endormie rêve que des esprits célestes lui ordonnent d'être joyeuse parce qu'une âme est montée au Ciel. "Viens. Qu'il te soit donné de partager ces délices." Se levant, toujours endormie, elle voit Oronte et s'étonne qu'il ne lui parle pas, Oronte lui dit alors que le seigneur a entendu sa prière 'Va, dit aux tiens de garder l'espoir car le courant de Siloé leur apportera ses eaux bienfaisantes." La vision disparaît. Giselda se réveille et s'interroge sur la signification de rêve ' Ce n'est pas seulement un rêve," décide-t-elle, mais l'annonce de la victoire future des Croisés.
Le camp lombard près du tombeau de Rachel
Déprimés, épuisés, Croisés et pèlerins reprochent au Ciel de les avoir arrachés aux plaines verdoyantes de Lombardie pour les amener dans ce désert aride. Des cris retentissent au dehors; on a découvert un point d'eau. Pour Giselda qui vient d'enter, il est certain que le Seigneur a écouté la prière des affligés. Tous se désaltèrent à la source bienfaisante. Maintenant Arvino est sûr que, ayant étanché leur soif, les hommes ne seront pas les derniers à escalader les murs de Jérusalem. Ils pourront ainsi surprendre les musulmans. Le choeur chante la guerre et la victoire prochaine.
Dans la tente d'Arvino
Bruits de bataille au dehors. Arrive l'Ermite, mortellement blessé, soutenu par Giselda et Arvino. Ce dernier l'installe aussi confortablement que possible. Giselda remarque son état désespère. Dans son délire, l'Ermite interroge : "Qui êtes-vous ?" Arvino lui rappelle son nom et c'est alors que, graduellement, l'Ermite révèle qu'il est Pagano le parricide, celui qui, par deux fois, a voulu assassiner son frère. Que celui-ci ne le maudisse pas, implore-t-il. Mais au contraire, Arvino pardonne du fond du coeur. Maintenant Pagano souhaite contempler une dernière fois la ville sainte. Des rideaux s'écartent, révélant une Jérusalem baignée par le soleil du matin avec les bannières de Croisés sur les remparts. "Part heureux", dit Giselda "Tu verras, au sein du Seigneur, mon époux bien aimé et ma mère." Tandis que Pagano mourrant murmure une dernière prière au Dieu miséricordieux, un chant d'action de grâces, entonné par les Croisés victorieux, s'élève au Ciel.

En haut