| Gustave CHARPENTIER
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Acte
1
La scène a lieu dans une mansarde simplement meublée chez
un ouvrier L'entrée est à l'arrière rit 'a scène, la cuisine sur la droite et la porte
de la chambre de Louise encore plus à droite. A gauche se trouve le balcon donnant sur
une vue des toits de Paris. En face, à gauche de chez Louise, se trouve une maison
voisine également avec un balcon, appartenant à Julien, un poète. Nous sommes au mois
d'avril, en début de soirée.
Julien, de son balcon, donne une sérénade à Louise. Elle écoute avec curiosité puis
jette un coup d'oeil à travers ses rideaux avant de les ouvrir et de sortirsur son
balcon. Nous apprenons que Julien donne tous les jours la sérénade à Louise (et a
également écrit à son père) dans l'espoir d'obtenir sa main. Elle a dit à Julien que
si son père refuse qu'ils se marient, elle s'enfuira avec lui. Julien dit à Louise qu'il
l'observe depuis très longtemps et qu'il veut qu'elle partage son avenir avec lui.
Louise rappelle aussi à Julien comment elle le remarqua pour la première fois, mais sa
mère interrompt les amants et, perdant patience, entraîne Louise dans la cuisine.
Julien éclate d'un rire moqueur quand la mère de Louise exige d'un ton menaçant
quil se tienne à l'écart. Louise revient toutefois sur le balcon et Julien lui
montre qu'il a écrit une autre lettre à ses parents. Louise rentre dans la cuisine.
Louise arrange sur le buffet la nourriture que sa mère a rapportée à la maison. La
mère imite avec mépris les déclarations d'amour de Julien. Les deux femmes se disputent
au sujet de Julien et Louise met sa mère an défi d'expliquer la raison pour laquelle
elle ne veut pas qu'ils se marient. Sa mère continue à insulter Julien.
Le père de Louise rentre alors, tenant la lettre de Julien à la main. Tandis qu'il la
lit, Louise met le couvert Pour le repas du soir. Il ne fait aucun commentaire au sujet de
la lettre, mais ils échangent des regards puis s'étreignent en silence. La mère revient
avec la soupe et la famille s'assied pour manger. Ils mangent tous en silence et Louise
est gênée par la manière dont la regardent ses parents.
Le père de Louise fait remarquer comme il lui faut travailler durement pour nourrir sa
famille, et sa mère, faisant allusion à Julie, dit avec cynisme qu'il y a des gens qui
n'ont rien de mieux à faire que d'écrire des poèmes pendant toute la journée. Si
seulement ils avaient seulement une fortune personnelle.
Le père fait remarquer avec philosophie que seul compte le bonheur au foyer et en
famille. Il tente de dérider la mère, mais elle ne veut rien savoir. Tout en desservant,
Louise encourage son père à relire la lettre de Julien. Le père suggère à la mère
qu'ils ont été trop sévères avec le jeune couple et qu'il est évident qu'ils
s'aiment. La mère ne veut rien entendre, dit qu'elle s'en ira si Julien met les pieds
chez elle et gifle même Louise lorsque celle ci tente d'intervenir. Le père est
évidemment très contrarié et console Louise. Il lui dit qu'elle est trop jeune et
dépourvue d'expérience pour distinguer ce qui est le mieux pour elle. La mère fait des
commentaires tout en repassant. Le père dit à Louise que c'est l'expérience qui lui
manque, et insiste pour qu'elle oublie Julien. Louise n'est pas d'accord mais respecte les
souhaits de son père. Sa mère se moque de leur amour. Tandis que le soir tombe, la mère
se met à coudre et le père demande à Louise de lui lire le journal. Mais elle fond en
larmes en lisant un article évoquant la brillante saison parisienne de printemps.
Acte 2
Tableau 1
Au carrefour de la Butte Montmartre, à l'extérieur du bâtiment où travaille Louise
comme couturière. A l'aube.Tandis que le rideau se lève, diverses personnes vaquent à
leurs occupations - une crémière prépare son étalage, une jeune fille plie des
journaux tandis que des chiffonniers et des mendiants font les poubelles dans la rue. Le
Noctambule, un minable en tenue de soirée, passe par-là et taquine les jeunes filles. Il
se sent très à l'aise au milieu de toute cette souffrance. Il se dit être "le
Plaisir de Paris" et exécute son numéro devant une foule croissante de spectateurs.
Il annonce qu'il a pour mission de donner du plaisir à ceux qui ont perdu le goût de
vivre. A peine est-il sorti que le Chiffonnier le couvre d'injures. Il raconte comment le
Noctambule incita sa fille à s'enfuir avec lui. Le Bricoleur dit d'un ton songeur que
c'est la même chose dans toutes les familles, et que les enfants seront toujours amenés
à explorer une vie loin de chez eux, où que cela puisse les mener.
Le jour se lève et la place se remplit peu à peu. Des ouvriers échangent quelques mots
avec deux Gardiens de la Paix. La Balayeuse raconte comment, il y a vingt ans de cela,
elle était la vedette de Paris, quel changement de circonstances maintenant ! Néanmoins,
elle ne regrette rien.
Julien arrive avec quelques-uns uns de ses compagnons de bohème. Il leur parle de Louise
et leur explique qu'il veut l'attendre pour la revoir une fois encore. Il veut qu'elle
s'enfuie avec lui. Ses amis improvisent une sérénade moqueuse à la "Muse" de
Julien. De plus en plus agité, Julien leur dit que Louise va arriver et leur demande de
le laisser seul. Ils s'en vont en riant.
Julien reste là à attendre Louise et se demande, avec une agitation mélancolique, ce
qui va leur advenir aujourd'hui. Julien se persuade que les cris des rues des ouvriers de
Paris pourraient être le chant de victoire de leur amour triomphant.
Tandis que Julien se cache dans une remise, les collègues de Louise font leur apparition.
Elles se disent bonjour et entrent dans l'atelier, en potinant.
Louise arrive avec sa mère qui lui demande pourquoi elle se retourne sans cesse pour
regarder derrière elle peut être le cherche-t-elle ? A ce moment précis, Julien laisse
Louise l'apercevoir, mais s'assure que la mère de celle-ci ne puisse pas remarquer sa
présence. La mère dit à Louise qu'elle va demander à son père la permission pour sa
fille de travailler à la maison afin qu'elle ne s'attire pas d'ennuis. La mère retourne
chez elle après s'être assurée que Louise est hors d'atteinte.
Julien réapparaît et entraîne Louise à l'écart ; elle tente en vain de se dégager de
son étreinte. Il réalise que les parents de Louise ont refusé de la laisser partir. Il
tente de persuader Louise de venir avec lui après tout, c'est désormais une femme et
elle est libre, de prendre ses propres décisions.
Il déclare qu'elle partirait avec lui si elle l'aimait vraiment. Louise est déconcertée
et partagée entre soi amour pour Julien et l'amour qu'elle éprouve pour son père, mais
elle finit par accepter de suivre Julien. Ils s'étreignent et s'embrassent tandis que
l'on entend au loin une flûte de chevrier. Louise rentre dans l'atelier et les deux
amants s'envoient des baisers.
Un Fripier passe maintenant dans la rue déserte l'on entend à nouveau les cris de Paris
dans le lointain.
Tableau 2
Dans l'atelier de couture. Toutes les jeunes filles sont au travail à leur table et l'on
entend le ronronnement des machines à coudre.
Toutes bavardent entre elles et le contremaître doit constamment leur rappeler qu'elles
sont là pour travailler. Louise, cependant, est assise à l'écart et réfléchit en
silence.
Les jeunes filles font des remarques concernant le comportement distant de Louise, et Irma
soupçonne, Louise d'être amoureuse. Louise commence par tout nier. Les autres continuent
à parler entre elles.
Elles sont interrompues par une musique qui vient de la rue. C'est Julien et ses amis qui
sont venus donner la sérénade à Louise. Les jeunes filles font les remarques sur le
beau jeune homme et lui envoient des baisers. Les jeunes filles ne réalisent pas que
c'est Louise qu'aime le jeune homme. Louise est gênée par la situation. Tandis que le
chant de Julien se fait plu ardent, les jeunes filles commencent à se moquer le lui.
Louise va prendre son chapeau et se prépare à partir, expliquant qu'elle ne se sent pas
bien et qu'elle veut rentrer chez elle. Les jeunes filles lui proposent de l'aider mais
elle part en hâte.
Les jeunes filles ne savent que penser, et sont stupéfaites et très amusées de voir par
la fenêtre Julien et Louise s'en aller main dans la main.
Acte 3
La scène se passe dans un jardinet au faîte de la Butte
Montmartre. Il y a une petite maison sur la gauche. Le soir commence à tomber et à
l'arrière-plan s'étend une vue de Paris. Julien et Louise vivent désormais ensemble.
Julien est assis en train de lire et Louise le regarde.
Dans l'air le plus célèbre de tout l'opéra, Louise chante le bonheur que lui a apporté
leur amour (Depuis le jour). Julien lui demande si elle regrette quoi que ce soit. Louise
lui demande ce qu'elle pourrait bien regretter. Le dur travail de l'atelier ? Ses parents
la traitant sans cesse comme une petite fille ? Tout le monde a le droit de choisir sa
voie vers le bonheur. Julien compare Louise à Paris. Il lui dit qu'aucun d'entre eux ne
serait le même sans l'autre et tous deux saluent la cite qui les a réunis. Tandis que
les deux amants s'agenouillent, immobiles, la cité s'illumine peu à peu. Ils se font
l'écho de voix lointaines qui proclament la liberté éternelle. Louise et Julien
chantent un duo passionné, s'étreignent avec extase, et au son éloigné des trompettes
rentrent chez eux.
La bohème entre dans le jardin, lève les yeux vers la fenêtre éclairée née et fait
retentir un appel de trompette vers la ville. Le jardin se remplit peu à peu de citoyens
de Montmartre qui viennent décorer la façade de la maison. Tous chantent les louanges de
Paris et le Noctambule, déguisé en Pape des Fous et accompagné de prostituées, fait
son entrée sur un char. Louise et Julien paraissent sur le seuil de leur maison et tous
leurs amis les entourent.
Le couronnement de la "Muse de Montmartre". Le Pape des Fous ouvre une
cérémonie destinée à choisir celle qui sera couronnée "Muse de Montmartre".
On choisit Louise. Celle-ci accepte et on lui présente une couronne et un châle
argenté. Une fois de plus, Julien déclare passionnément son amour pour Louise tandis
que l'assemblée fait Léloge de Louise, de la jeunesse et de la joie.
Larrivée de la mère de Louise met un terme aux festivités. Louise se jette dans
les bras de Julien et celui ci fait signe aux autres de les laisser seuls avec la
mère. La mère dit au couple qu'elle n'est pas venue en ennemie. Elle avait, tout comme
le père de Louise, accepté la perte de leur enfant, mais le père est maintenant très
malade. Il réclame Louise toute la journée. Elle leur dit que seule une grande joie
pourrait le sauver, le retour de Louise. On entend au loin le Chiffonnier chanter
l'histoire d'un père à qui la cité a pris sa fille.
Julien demande à la mère de promettre de lui rendre Louise, ce qu'elle fait. Après de
tendres adieux à Julien, Louise part à contrecoeur avec sa mère. Julien se précipite
à l'intérieur.
Acte 4
La scène se passe au même endroit que dans le premier
acte. La maison de Julien n'est plus là. Louise travaille près de la fenêtre, sa mère
est dans la cuisine et son père est assis à la table.
La mère dit au père qu'ils ont maintenant une meilleure vue de la ville depuis que la
maison de Julien a été démolie, mais il refuse de se laisser réconforter. Il compare
le soutien d'une famille au travail d'une bête de somme.
Le père se plaint qu'il est déjà assez dur d'élever un enfant sans avoir, en plus, à
supporter son ingratitude quand elle le quitte et le laisse seul. Il maudit Julien qui lui
a enlevé Louise.
La mère appelle Louise pour qu'elle l'aide dans la cuisine. Peu après elles se disputent
et la mère, méprisant l'amour libre, dit à Louise qu'elle ne lui permettra pas de
retourner vivre avec Julien.
Louise va dire bonsoir à son père. Ils s'étreignent pendant un long moment et il chante
une des berceuses qu'il lui chantait lorsqu'elle était enfant. Le père et la mère font
comprendre à Louise que la seule manière d'être libre serait de renoncer à ses
stupides rêves de liberté et de revenir vivre avec eux pour toujours.
Agir ainsi, se plaint Louise, serait l'emprisonner et lui faire renoncer à la vie. Mais
le père revendique ses droits envers sa fille.
Louise se met de plus en plus en colère et déclare que tout le monde a le droit à la
liberté et à l'amour. Le père dit que ce n'est pas elle qui dit ses choses-là mais une
mauvaise influence qui parle à travers elle. Louise s'énerve encore plus et,
accompagnée de voix lointaines, prend Paris à témoin et appelle la ville à son aide.
Ses parents la croient devenue folle.
Louise appelle Julien et le supplie de venir la chercher une fois de plus. Son père est
sur le point de la frapper mais se ravise au dernier moment. Il ouvre toute grande la
porte, et malgré les protestations de la mère, ordonne à Louise de quitter la maison.
Celle-ci est d'abord terrifiée, mais elle s'enfuie quand son père fait mine de lui jeter
une chaise à la figure.
Les lumières de la ville s'éteignent tout d'un coup et le père revient rapidement à la
raison. Il se précipite à la porte et appelle Louise, mais en vain. Il est accablé de
tristesse et de désespoir et ne peut que menacer du poing la ville qui lui a enlevé sa
seule fille. |