| Giuseppe VERDI
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Acte
1
Le comte Massimiliano Moor, un homme d'âge
respectable, a deux fils : Carlo, un jeune homme séduisant et impétueux que
l'originalité a entraîné vers des compagnons d'université aux moeurs douteuses et
Francesco, que la nature a nettement moins favorisé, farouchement jaloux de son frère
aîné, le favori de son père. Mû par l'espoir secret de briguer la succession,
Francesco, s'étant acharné à ternir la réputation de Carlo auprès des siens, a écrit
à son frère, au nom de son père, une lettre, n'accordant nullement le pardon que le
noble vieillard avait fini par lui consentir à condition que Carlo s'amendât mais, au
contraire, une lettre lui signifiant, en termes acerbes, sa répudiation, voire le
menaçant d'un emprisonnement éventuel s'il prenait le chemin du retour. Bouleversé par
cette missive, Carlo, pourtant repentant et désirant ardemment retrouver le foyer
familial et la femme qu'il aime, Amalia, laisse se déchaîner sa fureur. Cherchant plus
que jamais à se venger de la société, il accepte la proposition que lui font ses
compagnons de s'organiser en bande de brigands dont il serait lui-même le chef. Tous
prêtent serment d'allégeance mutuelle. Non content d'avoir déshérité Carlo, Francesco
attend impatiemment le moment propice de déchoir son père et, par là même, de devenir
le maître. Il contraint Arminio à se présenter, sous un déguisement, au vieux comte et
à lui annoncer une nouvelle erronée. Carlo, las d'attendre le pardon de son père, se
serait, selon lui, résigné à combattre sur le champ de bataille de Prague où,
finalement, il aurait été tué : le choc, espère Francesco, aurait raison de lui. Ce
complot diabolique porte ses fruits. A cette nouvelle, qu'Arminio, pour en appuyer
l'authenticité, est venu lui transmettre, armé d'une épée sur laquelle un message
gravé au sang libère Amalia de son serment d'amour éternel à l'égard de Carlo et la
prie d'épouser Francesco, Massimiliano s'effondre.
Acte 2
Tandis que Francesco célèbre sa succession par des
festivités et des réjouissances, Amalia s'isole discrètement pour pleurer sur la tombe
de Massimiliano. Bien que ce dernier ait été responsable de la perte de l'homme qu'elle
aime, Carlo, elle n'a jamais cessé d'éprouver une tendresse infinie pour le vieillard.
Arminio, rongé de remords, réussit à lui faire entendre à demi-mot que tous deux, en
fait, sont encore en vie. Mais l'explosion de joie d'Amalia est éphémère car, sur ces
entrefaites, Francesco apparaît et la demande en mariage. Révoltée, indignée, elle lui
oppose un refus méprisant. Aussitôt, Francesco la menace des pires infortunes et
s'apprête à l'entraîner de force. Mais Amalia, usant soudain d'une ruse fort habile,
s'empare de son poignard et le maintient à distance. Dans le même temps, Carlo a
fomenté un coup de théâtre spectaculaire : il a fait échapper l'un des brigands de la
pendaison et, à titre de représailles, a incendié la ville de Prague. Néanmoins, les
sarcasmes de ses partisans lui font encore plus ressentir l'amertume de se voir rejeté
par ciel et terre. Toutefois, en apprenant que le bois se trouve soudainement cerné par
des soldats, il reprend de l'allant et range sa troupe.
Acte 3
Amalia s'est enfuie du château et a regagné un bois
où, comme par hasard, Carlo et les survivants de sa bande de brigands se sont aussi
réfugiés. Au son de leurs voix, elle prend peur. Mais, en entendant l'un d'entre eux
prononcer son nom et, reconnaissant la voix de Carlo, une surprise mêlée de joie intense
l'inonde. Amalia annonce à Carlo la mort présumée de Massimiliano et les desseins
ignobles de Francesco. Carlo lui parle avec une infinie tendresse, mais n'ose pas lui
avouer être devenu le chef d'une bande de brigands. Il rejoint ses hommes et, montant la
garde pendant leur sommeil, il songe au suicide. Ce projet, cependant, lui semble vain et
il le rejette. Dans les ténèbres, on entend quelqu'un s'approcher d'un donjon en ruines
: c'est Arminio qui glisse, derrière les barreaux du cachot, quelques aliments à
quelqu'un qui s'y trouve terré. Quand Carlo le défie, Arminio le prend pour Francesco et
balbutie qu'il n'a pas eu le coeur de suivre ses ordres. Carlo pénètre dans le cachot
d'où il ressort Massimiliano, réduit pour ainsi dire à l'état de squelette. Le vieil
homme fragile, ne reconnaissant pas son fils, relate comment Francesco, s'étant aperçu
que son père s'était simplement évanoui en apprenant la mort de Carlo, l'avait jeté
dans ce cachot oÙ il n'avait subsisté que grâce aux visites clandestines d'Arminio. Le
vieillard perd à nouveau connaissance et Carlo, rassemblant ses hommes, leur fait jurer
de le venger et de châtier l'impitoyable Francesco pour sa traîtrise.
Acte 4
Francesco a eu un rêve terrifiant : le jour du Jugement Dernier, les morts
sont ressortis de leurs tombes et la balance qui doit décider de son salut ou de sa
damnation est faussée par l'addition d'une boucle de cheveux blancs provenant de la tête
d'un vieillard. Il envoie chercher le prêtre local. Ce dernier lui annonce que seuls deux
crimes quasi inconcevables ne méritent aucun pardon : le parricide et le fratricide. Sur
ces entrefaites, la nouvelle court que le château est assiégé. Francesco craignant pour
sa vie, demande l'absolution mais se heurtant au refus du prêtre, se met, pour la
première fois de sa vie, à prier, histoire de donner le change "L'enfer ne doit
pas se rire de moi" s'écrie-t-il. Dans le bois, Massimiliano, toujours aussi
débonnaire, insiste pour que Francesco ne soit pas puni et se lamente sur la disparition
de Carlo. Ce dernier, ne dévoilant toujours pas son identité demande et reçoit le
pardon du vieil homme comme prix de sa rançon. Quant les brigands, dès leur retour, lui
annoncent avoir laissé échappé Francesco, Carlo éprouve un immense soulagement.
D'autres membres de la bande ont capturé, par contre, une personne de choix : Amalia. A
la vue de Carlo, elle appelle "son époux" à son secours. Se voyant reconnu,
Carlo sombre dans le désespoir : désormais, son père et l'élue de son coeur
connaissent le monde infâme dans lequel il s'est laissé déchoir. Aussi se résigne-t-il
à l'idée de passer le reste de ses jours en prison. Amalia lui avoue n'avoir pas cessé
de l'aimer, en dépit de ses méfaits et, pendant quelques instants, Carlo rêve d'un
avenir bienheureux à ses côtés. Mais les brigands lui rappellent son serment de
fidélité éternelle. Plutôt que d'entraîner Amalia dans l'infamie ou que de
l'abandonner ce que, déclare-t-elle, elle ne saurait supporter, il lui transperce le
coeur et s'éloigne pour se constituer prisonnier |