| Giuseppe VERDI
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Acte
1
Nous sommes près de Salzbourg, au château du Comte Stankar. Stiffelio,
gendre de ce dernier et chef d'une secte protestante autrefois persécutée, y est
impatiemment attendu par sa famille et ses amis. Le pasteur Jorg, son compagnon, exalte
son zèle religieux mais craint que celui-ci ne soit émoussé par l'amour que Stifellio
éprouve pour sa femme Lina. Stifellio arrive, ce qui provoque des réjouissances
générales. Cousine de Lina, Dorotea lui dit qu'un batelier a, plusieurs fois, manifesté
son désir de le voir. Ce doit être, pense Stifellio, ce Walter qui l'a consulté à
propos d'un incident dont il avait été témoin ; un jeune homme s'échappant
subrepticement de la chambre d'une dame, au petit matin, et plongeant dans le fleuve. Ce
faisant, l'inconnu a perdu un portefeuille que le batelier a ramassé, donné à Stifellio
et que celui-ci se prépare, maintenant, à jeter au feu, désireux qu'il est de ne pas
approfondir davantage ce qui apparaît clairement comme une histoire d'adultère. Chacun
loue la magnanimité de Stifellio dont l'histoire a grandement alarmé Lina et Rafaele.
Car c'est de leur propre aventure qu'il s'agit. Stankar, lui, se doute de quelque chose.
Seul avec Lina dont il observe la détresse, Stifellio essaie de consoler son épouse.
Remarquent soudain qu'elle ne porte plus son alliance, il se met à lui poser des
questions soupçonneuses, interrompues par Stankar venu le prier de rejoindre ses
invités. Stifellio et Stankar quittent la pièce. Lina commence par prier puis décide
d'écrire, à son mari, une lettre de confession. Stankar revient alors, silencieusement,
voit ce qu'elle rédige et lui fait déchirer le papier. Il faut dit-il, que la faute
reste secrète. S'il l'apprenait, Stifellio en mourrait. Pendant ce temps Rafaele essaie
de fixer un rendez-vous à Lina. Pour cela, il glisse un message dans un gros volume
relié de la "Messiade" de Klopstock qui se trouve sur une table et bloque le
fermoir du livre avec une clé dont Lina possède le double. Federico, cousin de celle-ci,
arrive comme par hasard, emprunte le livre et l'emporte. Au vu de cette scène qu'il a
observée partiellement à distance, Jorg se persuade que Federico est le séducteur.
C'est en tout cas ce qu'il laisse entendre à Stifellio pendant la fête donnée pour ce
dernier. Aussi, lorsqu'il demande innocemment à Stiffelio quel sera le thème de son
prochain sermon, Federico reçoit une réponse cinglante : ce sera la dénonciation de
tous ceux qui violent l'honneur du foyer qui les accueille. Des mains de Federico,
Stiffelio prend l'ouvrage de Klopstock, constate qu'il est fermé et demande à Lina de
l'ouvrir avec sa propre clé. Une lettre en tombe, que Stankar subtilise et déchire. A la
consternation générale, Stiffelio invective son beau-père. Lina le supplie de respecter
l'age de Stankar. Secrètement, celui-ci provoque Stiffelio en duel.
Acte 2
Plus tard, au cours de la même nuit. Dans l'ancien cimetière du château,
Lina cherche le réconfort en priant su la tombe de sa mère. Fafaele, qui la surprend et
qu'elle n'arrive pas à persuader qu'elle est en danger, proteste qu'il l'aimera toujours
et refuse de lui rendre sa bague. Elle menace de tout dévoiler à son mari mais Stankar,
intervient pour la seconde fois alors qu'on ne l'attendait pas, le lui interdit
formellement. Offrant une épée à Fafaele ; il vainc la répugnance que ce dernier
éprouve de se battre avec un vieillard en le traitant d'enfant trouvé. Le bruit du
combat fait revenir Stiffelio, lequel ordonne aux deux hommes de remettre, au nom de leur
foi, leur épée au fourreau. Etant le plus jeune, Fafaele doit, ajoute-t-il, effectuer le
premier pas vers la réconciliation. Puis il lui prend la main. Ce en est trop pour
Stankar qui révèle la vérité sur la conduite de Fafaele. D'abord stupéfait, Stiffelio
conjure Lina de prononcer au moins un mot pour sa défense. Ne recevant aucune réponse,
il cherche à s'emparer de l'épée de Stankar pour se mesurer avec Fafaele. C'est alors
que retentit, à une certaine distance, le psaume de pénitence entonné par le choeur de
sa congrégation. Jorg apparaît et invite Stiffelio à rejoindre ses fidèles dans
l'église. Déchiré par des sentiments contradictoires, Stiffelio s'affaisse,
défaillant, sous une effigie de la Croix.
Acte 3
La scène est, de nouveau, dans une salle du château de Stankar. Celui-ci
a appris que Fafaele avait fui non sans laisser un message par lequel il demandait à Lina
de venir le rejoindre. Plutôt que de passer le reste de sa vie dans la honte, Stankar
préfère se détruire. Alors qu'il va le faire, Jorg lui apporte la nouvelle suivante
Fafaele va revenir très prochainement au château comme Stiffelio le lui a demandé.
L'idée de pouvoir exercer une vengeance personnelle sur le séducteur le remplit
d'allégresse. Il part très excité. Arrivent Stiffelio, puis Fafaele dûment introduit.
Stiffelio lui demande ce qu'il ferait si, retrouvant sa liberté, Lina avait la
possibilité de l'épouser. Fafaele refuse de croire à une telle possibilité. Stiffelio
lui ordonne alors de passer dans la pièce voisine. Il y entendra la conversation que les
deux époux vont avoir maintenant. A Lina qu'il a fait venir, Stiffelio rappelle qu'il l'a
épousée sous le nom d'emprunt de Miller et que, par conséquent, leur mariage n'est pas
établi sur des bases légales. Puis il lui rend un acte de divorce et lui demande de le
signer. En larmes, Lina commence par protester. Puis piquée au vif par les reproches
amers qui lui sont adressés, elle appose son nom sur le document. Maintenant qu'elle ne
peut plus en appeler à l'époux, elle a au moins le droit de prier le ministre du culte
de l'entendre en confession. Solennellement, Lina déclare que c'est la trahison de son
séducteur qui lui a fait commettre le péché d'adultère et, que dans son coeur, elle
est toujours demeurée fidèle à son mari. Très surpris, Stiffelio se demande s'il a
vraiment le droit de prendre la vie de Fafaele. A la vue de Stankar, sortant de la pièce
voisine, une épée dégouttante de sang à la main, il comprend que c'est de toute façon
trop tard. Horrifié, il se laisse conduire par Jorg à l'église.
C'est à l'intérieur de celle-ci que se passe la scène finale. La congrégation y chante
encore un psaume de pénitence. Parmi les fidèles, Stankar qui lance un appel à la
miséricorde et Lina dont la figure est dissimulée par un voile. Stiffelio monte en
chaire avec Jorg. Le voyant encore pale et bouleversé, celui-ci lui conseille de puiser
son inspiration dans la Bible. Stiffelio ouvre le Livre Saint à la page relatant
l'histoire de la femme adultère. Il lit à haute voix, proclamant publiquement, du même
coup le pardon qu'il accorde à son épouse. |