Métro-pause
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Hier en début de soirée, je circulais dans les boyaux souterrains du métro. Je consacre une part importante de ma vie à circuler dans les boyaux souterrains du métro, en général aux heures de pointe, ce qui me donne l'occasion de fréquenter étroitement mes contemporains. Entre deux activités, entre deux rôles, entre deux rendez-vous, je me trouve à coup sur dans les boyaux souterrains du métro. C'est le liant de mon existence éparpillée, c'est son inévitable délayage, c'est la touche pause qui enclenchée entre chaque morceau de vie, en arrête provisoirement le défilement.
Voilà en quel sens le temps passé dans le réseau souterrain du métro est un temps de pause. Car je me couvrirais de ridicule en affirmant être en pause alors que je me trouve mêlé aux remous d'un intestin géant en plein travail. Je ne veux pas faire de métaphore, ça n'est pas mon style. Mais il faut une fois pour toutes reconnaître le caractère organique du métro : ses boyaux qui ne sentent pas très bon, charrient à heures fixes comme celles des repas, quantité de gens, mes contemporains, qui ont des têtes d'aliments en décomposition. Ils ont le teint blafard ou jauni, la mine déconfite, ils sont presque tous laids, ils sont poisseux, on les dirait enduits de suc gastrique. La pause naît dans l'agitation. Plus on est actif, plus on est digéré.
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O. S