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Christine Boutin prépare sa candidature à la présidentielle de 2002

PARIS, 11 juil (AFP) - Christine Boutin, fer de lance des opposants au PACS (Pacte civil de solidarité), à la pilule du lendemain ou à l'euthanasie, a déclaré mardi qu'elle préparait sa candidature à l'élection présidentielle de 2002 où elle pourrait séduire un électorat conservateur.
Cette annonce n'a pas été commentée officiellement mais n'a pas créé la surprise dans le monde politique. Depuis plusieurs semaines, la rumeur d'une candidature de la députée des Yvelines, apparentée UDF, prenait corps.
Certains responsables faisaient valoir qu'elle était "guidée au plus haut niveau de manière à perturber l'éventuelle candidature du président de l'UDF François Bayrou" à l'élection présidentielle. M. Bayrou "ne s'en inquiète pas", a-t-on précisé dans son entourage mardi.
D'autres laissaient entendre qu'il s'agissait également de "mordre sur l'électorat" du Rassemblement pour la France (RPF) et de son vice-président Philippe de Villiers, attaché aux valeurs défendues par Mme Boutin. Ou de ceux s'étant rapprochés un moment de l'ancien ministre de la Défense Charles Millon, fondateur du mouvement traditionaliste La Droite.
Le 14 juin, Mme Boutin avait amorcé sa candidature dans un entretien à l'hebdomadaire catholique La Vie. Elle a récidivé de manière plus précise au micro de RTL mardi, précisant qu'elle réfléchissait à un projet à la fois "conservateur" et "progressiste".

Un "staff" et des "moyens financiers"

La perspective d'une candidature à la présidentielle est "excessivement difficile, importante et éprouvante", a-t-elle dit. "Mais il y a un moment où compte tenu de l'histoire, de ma propre histoire (...), il convient qu'il y ait des débats et si c'est à moi de les porter, je les porterai".
Elle a ajouté qu'elle avait autour d'elle "un staff" qui l'"aide à réfléchir" et qu'elle essayait de "regarder quels sont les moyens financiers". Elle a estimé qu'il ne lui serait "pas trop difficile" de recueillir les 500 signatures de maires nécessaires pour présenter sa candidature.
Entre-temps, elle a fait parler d'elle sur des dossiers où elle n'était pas attendue : les maisons d'arrêt ou la libération de Patrick Henry pour laquelle elle avait pris position favorablement.
Membre de la commission d'enquête parlementaire sur les prisons, elle avait aussi peu avant, dans le même esprit, souhaité "réintroduire le pardon dans la société", en effaçant au bout de quelques années la peine du casier judiciaire. Une prise de position qui a pu surprendre ses partisans attachés à son combat anti-PACS par exemple.
Il y a près d'un an, lors de l'université d'été des jeunes de l'UDF, elle avait été à son corps défendant l'objet d'une vive polémique à ce sujet : absente des débats, elle avait été publiquement attaquée par les jeunes centristes pour ses prises de position "rétrogrades" sur le PACS.