II. "Fausse conversion"

Les brouillons
II. "Fausse conversion"
Jour de malheur ! J'ai avalé un fameux (verre) gorgée de poison La rage du désespoir m'emporte contre tout la nature les objets, moi, que je veux déchirer. Trois fois béni soit le conseil qui m'est arrivé. Les entrailles me brûlent la violence du venin tord mes membres, me rend difforme Je meurs de soif. J'étouffe, Je ne puis crier. C'est l'enfer l'éternité de la peine. Voilà comme le feu se relève. Va démon, va diable, va Satan, attise-le. Je brûle comme il faut C'est un bon enfer.
J'avais entrevu le salut, la conversion, le bien, le bonheur, le salut. Puis-je décrire la vision on n'est pas poète en enfer c'était I'apparition de milliers de personnes charmantes, des milliers d'Apsaras charmantes, un admirable concert spirituel, la force et la paix, les nobles ambitions, que sais-je !
Ah ! les nobles ambitions ! ma haine. Recommencer l'existence enragée : la colère dans le sang, la vie bestiale, l'abêtissement, le malheur ô mon malheur et le malheur des autres qui m'importe peu et c'est encore la vie : si la damnation est éternelle. C'est la vie encore. C'est l'exécution des lois religieuses pourquoi a-t-on semé une foi pareille dans mon esprit. Mes parents ont fait mon malheur, et le leur, ce qui m'importe peu. On a abusé de mon innocence. Oh ! I'idée du baptême. Il y en a qui ont vécu mal, qui vivent mal, et qui ne sentent rien ! C'est mon baptême et ma faiblesse dont je suis esclave. C'est la vie encore ! Plus tard les délices de la damnation seront plus profondes. Je reconnais le démon la damnation. Un homme qui veut se mutiler est bien damné n'est-ce pas. Je me crois en enfer, donc j'y suis Un crime, vite, que je tombe au néant, par la loi des hommes.
Tais-toi, mais tais-toi ! C'est la honte et le reproche à côté de moi ; c'est Satan qui me dit que son feu est ignoble, idiot, et que ma colère est affreusement laide. Assez. Tais-toi ! ce sont des erreurs qu'on me souffle à l'oreille les magies, les alchimies, les mysticismes, les parfums faux, les musiques naïves. C'est Satan qui se charge de cela. Alors les poètes sont damnés. Non, ce n'est pas cela.
Et dire que je tiens la vérité. Que j'ai un jugement sain et arrêté sur toute chose, que je suis tout prêt pour la perfection. Tais-toi, c'est I'orgueil ! à présent. Je ne suis qu'un bonhomme en bois la peau de ma tête se dessèche. O Dieu ! mon Dieu ! mon Dieu. J'ai peur, pitié. Ah ! j'ai soif, ô mon enfance, mon village, les prés, le lac sur la grève le clair de lune quand le clocher sonnait douze. Satan est au clocher que je deviens bête. O Marie, Sainte Vierge, faux sentiment, fausse prière.
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