Le projet d'Exposition internationale, évoqué lors de la campagne pour les élections municipales de 1999, a été validé en 2004 par le Bureau International des Expositions. L'exposition débutera, pour une durée de 3 mois, à partir de juin 2008. Cet évènement majeur pour la capitale aragonaise joue un rôle de catalyseur pour la plupart des opérations actuelles d'aménagement.
A l'intérieur des limites de la ville, au-delà du seul site de l'exposition (25 ha), c'est à une réconciliation avec son fleuve qu'en appellent les promoteurs des aménagements en cours. Alors que Saragosse s'est longtemps protégée du cours tempétueux de l'Ebre, les réalisations urbanistiques et autres ouvrages d'art s'efforcent de faciliter l'intégration du fleuve au sein des différents tissus urbains.
Si le thème de l'eau et du développement durable a été choisi par les promoteurs du projet, les impacts majeurs actuels ont d'abord concerné les infrastructures de transport. Certes la création d'une ligne à haute vitesse entre Barcelone et Saragosse, puis entre Saragosse et Madrid, tout comme l'amélioration des infrastructures autoroutières en direction du Pays Basque et de la Catalogne ne sont pas directement liées à l'Expo 2008. Mais elle a servi de véritable accélérateur et permis de dépasser un certain nombre d'antagonismes qui retardaient la réalisation de tels équipements.
L'Exposition apparaît comme le moteur d'un modèle de développement dont l'objectif est d'accroître l'attractivité de Saragosse en améliorant son degré de connectivité avec des réseaux de communications à grande vitesse dont l'échelle est maintenant européenne. Barycentre d'un polygone dont les sommets seraient Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Barcelone, Madrid et Bilbao, Saragosse revendique ainsi une place majeure dans le domaine de la logistique.
Cette impulsion se retrouve dans les initiatives portées par les acteurs privés et publics à l'origine de parcs d'activités ou de programmes immobiliers dont les dimensions témoignent d'une belle confiance dans l'avenir.
Cependant, cette vague d'optimisme n'écarte pas l'existence de paradoxes qui pourront se révéler douloureux une fois les feux de la rampe éteints. Ainsi l'extension géographique très rapide de la zone urbanisée sur le modèle des lotissements américains paraît peu compatible avec le thème de la protection d'une ressource rare, notamment en Aragon : l'eau.
Angel PUEYO CAMPOS
Département de géographie et d'aménagement
Université de SARAGOSSE
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