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LES TRANSFORMATIONS ECONOMIQUES ET
J. MARSEILLE.
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I/ La transformation des "pays
industrialisés" II/ Des mutations sociales sans précédent. III/ Quel avenir? |
I/ La transformation des "pays industrialisés"
A/ La distinction traditionnelle croissance/crise n'a pas de sens. En effet le phénomène de croissance l'emporte de 1945 à nos jours.
1-On peut s'appuyer sur le concept de PIB Le PIB mesure les
richesses créées par les agents économiques (marchands
et non marchands pour les services).
La valeur ajoutée, différence entre le chiffre d'affaires et
l'ensemble des consommations intermédiaires, s'est massivement
transformée, cela "gomme" la crise.
Il est nécessaire de maîtriser un deuxième concept, le
PIB en dollars constants qui, en éliminant l'effet de l'inflation,
permet de comparer les chiffres et de mettre en évidence un processus
de croissance continue.
Entre 1945 et 1990
| Etat | multiplication du P.I.B. en $ constants |
| Etats-Unis | 3,3 |
| Royaume-Uni | 2,8 |
| Allemagne | 6 |
| France | 9,9 |
| Japon | 23,3 |
Un phénomène de convergence des niveaux de vie se produit dans les pays industrialisés.
2- La reconstitution du pouvoir d'achat du salaire ouvrier recalculé en francs d'aujourdhui montre une croissance énorme entre 1950 et nos jours, un quadruplement en une trentaine d'années, un ralentissement à partir de 1981.
3- Y a-t-il eu un recul de la production d'une année sur l'autre, entre 1947 et nos jours?
En France, une année seulement de recul du PIB (1975).
Au Japon, deux ans (1974, 1984).
En Allemagne, trois ans (1967, 1975, 1982).
Aux Etats-Unis, six ans (1954, 1958, 1974, 1975, 1983, 1991).
Au Royaume -Uni, sept ans (1952, 1958, 1974, 1975, 1980, 1981, 1991).
On ne peut pas parler de crise économique.
Si on raisonne en taux de croissance, ils oscillent entre 4-5% et 2%, c'est
au moins le double de la croissance du XIXème siècle (environ
1%).
Cependant il ne faut pas trop raisonner sur les taux, car plus le volume
créé est important, plus le taux baisse. Par exemple, en France
en 1955 un taux de 4,8% crée une valeur ajoutée par habitant
de 289 dollars, en 1994 un taux de 1,6% crée une valeur ajoutée
par habitant de 288 dollars.
B/ Après avoir présenté les transformations économiques dans leurs manifestations (croissance des richesses et des niveaux de vie), il faut chercher des explications majeures. Pourquoi une rupture forte vers la croissance?
Les facteurs techniques sont peu convaincants. L'Etat joue un rôle
mais les différences sont trop importantes entre les pays. Aujourd'hui
on met surtout l'accent sur le capital humain.
La croissance de la population s'est accompagnée d'une éducation
masssive de la main-d'oeuvre.
La solidarité entre les pays industrialisés est un deuxième
phénomène majeur (on peut prendre comme repère l'annonce
du prêt-bail par Roosevelt en 1941).
Beaucoup de richesses créées mais aussi un constat de problèmes sociaux: c'est l'articulation du sujet.
II/ Des mutations sociales sans précédent.
En France, on assiste à une disparition des paysans. En 1946 ils sont
6 millions, en 1950 il y a encore plus de paysans que d'ouvriers, aujourd'hui
on en compte moins de un million.
La disparition des ouvriers est annoncée. Leur nombre est passé
de 8,2 millions en 1984 à 6,7 aujourd'hui, soit 26,3% de la population
active. Simultanément éclatent le monde ouvrier et
l'iden-tité de classe. La grande usine devient progressivement lieu
de mémoire.
Une immense classe moyenne émerge. Elle représente 70% de la
population active des pays industrialisés.
Les femmes sont massivement actives: 41,5% des 25-39 ans travaillent en 1962,
79,8% aujourd'hui.
La démographie, marquée par le vieillissement de la population (les plus de 60 ans sont 9,5 millions en France aujourd'hui), entraine l'augmentation des dépenses de santé et pose le problème de l'avenir de l'état providence.
Comment le chômage et l'emploi vont-ils évoluer? Aujourd'hui,
beaucoup d'emplois sont créés, beaucoup détruits, mutation
phénoménale productrice de chômage, comparable aux
années 1880.
Deux modèles se dessinent pour ce dernier: le modèle
américain et anglo-saxon est caractérisé par un taux
faible mais une forte inégalité sociale (l'écart
interdécile, c'est à dire entre les 10% des salaires les plus
élevés et les 10% moins élevés est passé
de 2,2 à 4,5 entre 1973 et nos jours).
Dans le modèle français et allemand, l'inégalité
est plus faible (en France, l'écart interdécile passe de 3,7
à 3,2) mais le chômage élevé.
L'immense classe moyenne n'a pas de conscience de classe, c'est une somme d'individus atomisés, sans "masses de granit" structurantes.
La société de consommation s'est transformée en société de consommateurs.
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