IVOIRE VEGETAL POUR SAUVER LES ELEPHANTS


Les éléphants, les plus gros animaux terrestres sont en train de disparaître.On sait très bien pourquoi: leurs défenses se vendent très cber. Et pour se les procurer, les braconniers massacrent sans pitié les élépbants. Heureusement, un palmier sud-américain produit un ivoire végétal qui permettra peut-être de sauver les derniers pachydermes.

La blancheur de 1'ivoire, sa dureté et son superbe poli ont toujours fasciné l'homme dès la préhistoire, il gravait des scènes de chasse sur des défenses de mammouth. Les Grecs et les Egyptiens utilisaient l'ivoire dans la marqueterie et en sculture, le mêlant souvent à l'or. Les Romains affectionnai:ent les statuettes d'ivoire et les chrétiens en firent un matériau de choix pour la confection de crucifix.

En fait, tous les mammifères produisent de l'ivoire, y compris,l'homme. Mais les canines ou les molaires sont rarement assez grandes pour être utilisables et seules quelques espèces ont une importance commerciale. Le narval, la "licorne marine" de l' océan Arctique, possède une dent torsadée longue de 2 mètres ou Plus. Les Esquimaux inuits en chassent chaque année plusieurs centaines et le statut du narval n'a toujours pas été examiné par la commission baleinière internationale. Le morse est menacé lui aussi. .I1 vit dans l''Atlantique et le Pacifique :nord et porte des défenses mesurant de 60 centimètres à 1 mètre, qui pèsent de 3 à 6:kilos, Pendant plus de deux cents ans, le morse fut victime d'une exploitation intensive. Au milieu du XIXe siècle, on commercialisait 50 tonnes de ses défenses par an. L'hippopotame, le "cheval de rivière" africain, est le plus grand mammifëre terrestre après les éléphants, Très commun autrefois dans les cours d'eau au sud et à l'est du Sahara, il ne se maintient plus aujourd'hui que dans quelques réserves naturelles où le braconnage se fait, néanmoins sentir..Ses dents, constituées d'un ivoire très fin,sontde plus en plus recherchées. Elles peuvent atteindre 60 centimètres de ,Iongueur Quant au cachalot, il n'y a a pas que son 'spermaceti", substance très employée dans l'industrie:des cosmétiques et des lubrifiants , qui tente les chasseurs,. Ses quarante à soixante dents disposées sur sa mâchoire inférieure peuvent peser jusqu'à un kilo chacune. Lorsqu'un cachalot est harponné, elles sont partagées entre les membres de I'ëquipage et font office de bonus. Le sculpteur local les achète parfois au prix.de 100 dollars l'une ! il les sculpte de scènes de:chasse à la baleine et vend (très cher) ces "scrimshaw" aux touristes.... Malgré les embargos sur les produits baleiniers envigueur aux Etat-Unis et en Europe, on soupçonne que d'importantes quantités d'voire de,cachalot sont exportées depuis les.Açores.
Les parcs nationaux ne suffisent pas à protéger les éléphants
Mais l'ivoire, ce sont avant tout les éléphants. Il en existe deux espèces : I'élépha:nt d'Asie mesure :jusqu'à 3 mètres de haut et pèse parfois 5 tonnes. En géiiëral, seuls les mâles sont pourvus de défenses. Il vit en Inde, au Sri Lanka, en Birmanie, en Thaïlande, au Vietnam au Cambodge, en Malaisie et à Sumatra où il en reste entre vingt mille et quarante mille. Il est souvent domestiqué pour servir d'animal de trait ou d'apparat dans les temples. Son cousin africain est plus grand .(jusqu'à 3 à 60 mètres de haut) et plus lourd (jusqu'à 7 tonnes). Mâles et femelles possèdent des défenses. Il vit dans les savanes. de la Mauritanie à l'Afrique-du-sud. Une sous-espèce plus petite, l'éléphant des forêts, se fraye facilement un chemin dans les :forêts grâce à ses défenses pointées vers le bas.Le commerce de l'ivoire fut de tout temps florissant. Au XVI siècle par exemple, les navires de l'armateur dieppois Jean Ango faisaient escale en Guinée, àjava et à Sumatra d'où ils rapportaient régulièrement des tonnes d' "or blanc". Au siècle dernier, les ports européens de Londres, de Dieppe, d'Amsterdam, de Hambourg et de Brême importaient chaque année environ 500 tonnes d'ïvoire prélevé sur quelque quatre vingt mille éléphants. La côte du golfe de Guinée était alors l'un des principaux centres de ce commerce sanguinaire, ce qui valut son nom à la Côte-d'Ivoire.Sanguinaire c'est le mot car pour récupérer les défenses, il faut tuer l'animal. lorsqu'il sagissait d'une chasse traditionnelle, où l'éléphant servait autant à nourrir le chasseur et sa famille qu'à l'enrichir par ses défenses, l'acte pouvait encore se justifier. D'autant Plus que vu la précarité de ses armes - ftèches et sagaies -l'homme risquait souvent sa vie devant ce monstre de plusieurs tonnes qui peut courir aussi vite qu'un cheval au galop. Mais depuis une vingtaine d'années, les chasseurs, armés de fusils automatiques, ne s'intéressent plus qu'à l'ivoire, Les éléphants sont souvent tués par groupes et leurs cadavres laissés sur place. Ces chasseurs sont des professionnels. Souvent guérilleros en rupture de combat ou déserteurs d'une armée régulière, ils pénètrent en bandes dans les réserves et les parcs nationaux, ou vivent les derniers élépliants. Ils n'hësitent pas à brutaliserla population, à lui voler du bétail pour se nourrir et à enrôler de force quelques jeunes pour leur servir de porteurs. Malheur à celui qui les surprend, il ne survivra pas pour le raconter. Les gardes qui patrouillent :les immenses réserves l'ont souvent appris à leurs dépens. Dans tous les pays d'Afrique où vivent encore des éléphants, des hommes sont morts .pour les protéger... malheureusement sans grand succès. Les braconniers ne reculent devant rien : en 1978, un gang déversa 22 tonnes de pesticides dans les point, .d'eau du parcours d'un troupeau d.'éléphants, Plusieurs centaines furent empoisonnés... et quelques tonnes d'ivoire promptement récupérées. Comment protéger les éléphants ? imême les parcs nationaux sont insuffisants. Ainsi, au Sénégal, le parc du Niokolo Koba (900 000 hectares) a .vu ses effectifs fondre comme neige au soleil cinq cents éléphants en 1972, deux cents en 1980, cinquante en 1984, trente cinq en 1985.En reste-t-il encore :quelques-uns aujourd'hui:?
Un écueïl au boycott: LE marché noir
Mais qui achète l'ivoire ? Pas les :populations locales, assurément. Les habitant des pavs développés asiatiques et occidentaux r(même si le Japon consomme à lui seul 40 % de l'ivoire mondial) en sont pas très friands,, collectionneurs ou simples armteurs.C'est donc là qu'il faut chercher la solution, en réglementant le commerce de l'ivoire et en proposant une alternative, à ce produit de luxe. C'est ainsi que le 20 octobre 1989, à l'issue de la septième conférence de:la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, dite aussi "Conventîon de Washington") à Lausanne, les cent trois Etats signataires ont décidé d'interdire totalement :le commerce :international de l'ivoire - ce qui n'est pas sans faire grincer des dents... Cette décision, entrée en vigueur .le 18 janvier 1990, a provoqué une flambée des prix;des objets end'ivoire alors que s'effondraient le cours clé l'ivoire brut..Mais si le boycott semble bien parti. il reste l'écueil du marché noir. Heureusement la parade existe sous la forme du fruit d'un palmier, dont la graine blanche et dure ressemble à s'y méprendre à de l'ivoire.
Un salut possible le palmier à ivoire
En 1798, les Espagnols Ruiz et Pavon, revenant d'explorer la jungle péruvienne du haut Amazone, sont les premiers à décrire le "palmier à ignorer que les Indiens utilisent pour façonner des bijoux et divers objets. Par la suite, on découvrira dans le nord-ouest de l'Amerique du Sud, entre le Panama et la Bolivie, huit espèces de ces phytelephas ou éléphants végétaux". Ces palmiers de courte taille poussent en groupes dans des forêts denses et ombragées, au flanc des vallées, entre 300 et 1200 mètres d'altitude. Lorsque les fleurs s'épanouissent, elles dégagent un parfum suave qui ernbaume toute la contrée. Avant de mûrir, le fruit contient un lait sucré que lesIndiens apprécient. Puis cet albumen se durcit pour devenir l'ivoire végétal, que l'on nomme "tagua". 'Les graines mûres sont entourées d'une pulpe jaune et agréable au goût parfois commercialisée sous forme de boisson. Les .Indiens consamment aussi le bourgeon terminal de ce palmier et se servent de ses immenses feuilles (jusqu'à 6 mètres de long) pour recouvrir.leurs huttes. Dès le moment de sa découverte par les Européens, l'ivoire végétal connaît un certain succès. On exploite quelques espèces de palmier à ivoire, en particulier le Plgytelephas macrocarpa, dont les fruits peuvent atteindre 25 centime ètres de diamètre ! Un jour de 1865, un vapeur quitte le port, d'Esmeraldas en Equateur à destination de Hambourg. Presque vide, il accepte de prendre à bord une cargaison de tagua dont la région est connue pour produire une variété d'excellente qualité. Les Allemands découvrent avec intérêt l'ivoire végétal et se mettent à en fabriquer des boutons et de petits objets d'ornement. Un courant commercial est né . Des ports de Guyaquil et d'Esmeraldas, la tagua;est emnbarquée vers l'Allemagne, I'Italie, la Grande-Bretagne, la Tchécoslovaquie et la France, puis plus tard vers l'Argentine et les Etats-Unis. En 1913, l'Équateur et la Colombie en exportaient 42 000 tonnes ! Mais, bien que l'armée américaine ait décidé de s'équiper de boutons en ivoire végétal, la seconde guerre mondiale porte un coup fatal à ce commerce. En 1952, l'Équateur ne vendait lus que 6000 tonnes, soit cinq fois moins qu'en 1913. Et la concurrence du plastique fait tomber la tagua en désuétude. Il faut dire que la récolte de l'ivoire végétal n'est pas facile. Les "tagueros" qui le récoltent doivent vivre dans la jungle humide pendant quatre mois et transporter les lourds fruits à travers la végétation inextricable jusqu'aux embarcations qui amèneront la récolte à la ville marché,la plus proche. Le déclin du caoutchouc naturel dans les années 50 n'arrange pas la situation, les deux produits étant traditionnellement, commercialisés ensemble pour réduire les côuts de transport autrement trop élevés. Et puis, bien souvent, les palmiers à ivoire ont été pillés, coutpés à 'a base pour permettre une récolte plus facile. Il est donc important de promouvoir,une exploitation rationnelle de ces arbres utiles produisant une matière à la fois précieuse et renouvelable. Grâce à l'action de quelques associations motivées, en particulier Robin des Bois en France, l'ivoire végétal a fait sa réapparition en Europe. Certains, créateurs de bijoux s'y intéressent et se montrent satisfaits de ce très beau matériau, qui présente la particularité dese ramollir si on lelaisse trempertrop longtemps dans l'eau. Mais on ne trouve à présent sur notre continent que des noix de la taille d'un oeuf au maximum. Les grosses ne nous parviennent pas et nous devons nous contenter de petits objets. C'est pourtant dans ces billes sans prétention, et surtout dans notre volonté commune que repose l'avenir des éléphants ! Le Kenya compte ses éléphants avant la reprise du commerce d'ivoire
Derniere depeche : NAIROBI, 25 jan 1999 (AFP)
- Le Kenya a lancé une vaste opération de comptage des éléphants peuplant la partie sud-est du pays, à quelques semaines d'une décision devant permettre la première vente internationale d'ivoire depuis 1989, a indiqué lundi le Service kenyan de la faune (KWS). "Nous voulons connaître exactement la population d'éléphants pour pouvoir évaluer les conséquences de la reprise du commerce", a expliqué à l'AFP Paula Kahumbu, conseillère scientifique du KWS. "Nous allons surveiller l'évolution pour voir si leur nombre baisse après la vente de l'ivoire", a-t-elle précisé. Le parc de Tsavo et toute la région sud-est du Kenya, qui abrite un tiers de la population de pachydermes du pays, compte 8.193 éléphants, contre 7.371 lors du dernier comptage, en 1994, a précisé Mme Kahumbu. "Nous avons trouvé également cinq carcasses d'éléphants morts récemment et environ 300 de bêtes mortes depuis un à dix ans", a-t-elle ajouté. Neuf avions et un hélicoptère ont participé au comptage, qui a duré une semaine et a mobilisé une soixantaine de personnes. L'opération a coûté environ 50.000 dollars, fournis par des donateurs publics et privés. Dans les années 60, le parc de Tsavo et ses environs abritaient environ 45. 000 éléphants, a indiqué Mme Kahumbu. En 1970, il en restait 21.000, dont 80 % ont été tués dans les années 80. "Depuis l'interdiction de la vente de l'ivoire, la population a commencé à se reconstituer et augmente d'environ 3 % par an", a-t-elle ajouté. En 1990, le commerce de l'ivoire dans le monde avait été totalement interdit, entrainant une nette diminution du braconnage et une augmentation des populations d'éléphants. En juin 1997 à Harare, lors d'une réunion de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), le Zimbabwe, le Botswana et la Namibie avaient obtenu l'autorisation de principe pour exporter conjointement 60 tonnes d'ivoire vers le Japon, après avoir rempli une série de conditions. Un comité doit se réunir du 8 au 12 février à Genève pour donner ou non le feu vert à cette transaction, qui pourrait alors intervenir à partir du 18 mars. Plusieurs autres pays africains, comme la Tanzanie, réclament également la possibilité de vendre leurs stocks d'ivoire et proposent d'affecter les fonds ainsi dégagés à la protection des éléphants. Au total, les stocks d'ivoire de 14 pays africains s'élèvent à 158 tonnes, dont 80 tonnes en Tanzanie, selon une source occidentale. Récemment, Richard Leakey, le directeur de KWS, a affirmé que le braconnage avait redémarré au Kenya depuis 1997, principalement dans les régions de Samburu (centre), Marsabit (nord) et Tsavo (sud-est).
Conclusion :
La Convention internationale des especes menaces d'extinstion n'a pas servi a sauver les elephants.Tout au contraire,la tuerie et le braconnage continue de plus belle. Le principal pays responsable,c'est le japon!.Tuer un elephant pour ses defences,c'est aussi degueulasse que de tuer un homme pour ses dents.Il existe une alternative a ce massacre,c'est l'ivoire vegetal...

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