Archibois. Présentation du tribunal de Bordeaux : site, concept de R. Rogers  
 
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Présentation du tribunal de Bordeaux



Le site
Concept de Richard Rogers

Réalisé en 1998 par Richard Rogers partnership, cette grande extension du Palais de justice de Bordeaux a demandé l'usage de technologie très perfectionnée, en particulier pour la construction des sept coques de forme conique contenant les salles d'audience. Le projet comprend, outre la construction du TGI, une restructuration et une extension de l'école de la magistrature par l'architecte Emmanuel Lajus et une réhabilitation des anciennes tours médiévales par Jean-Pierre Errath, architecte des bâtiments de France.

Le site

Le tribunal de Bordeaux est placé au cœur de la partie historique de la ville, non loin de la cathédrale Saint-André, de l'hôtel de ville et du palais de Rohan. Il se place au sein d'une véritable cité judiciaire comprenant l'ancien palais de justice de style néoclassique au sud, l'école de la magistrature à l'est et un nouveau restaurant inter administratif dans l'angle nord-est de la parcelle.

Le site est traversé par un pan de l'ancienne enceinte médiévale, bordée de douves et de trois tours, vestiges du fort du Hâ. Celles-ci ont été réhabilitées afin d'unifier la fonction judiciaire de l'îlot. La tour des Sorcières, accolée au tribunal de grande instance, accueille deux salles de réception, et la troisième tour, faisant l'angle nord-est, des salles de cours liées à l'école de la magistrature. Ce rempart définit les limites d'un jardin en cœur d'îlot.

Richard Rogers a utilisé la muraille, qui n'est pas parallèle à la parcelle, afin de définir une relation contextuelle entre le tribunal et la ville. En effet, il a choisi de laisser le plus de place possible pour l'espace public. Un vaste parvis en pierre de Chandoré, bordé de tilleuls, entoure deux côtés de la parcelle, principalement du côté de la rue des frères Bonie. Cela permet donc une forte relation visuelle entre le tribunal et la cathédrale. De plus, un vaste bassin a été placé contre le rempart, l'eau étant un élément qui convient bien à la symbolique de la ville du fait de son statut portuaire. Il permet d'agrandir l'espace et surtout de consolider le statut de bâtiment public du tribunal par le jeu des reflets. Il met également en valeur les restes du fort du Hâ. Pour parachever ce travail sur le site une passerelle piétonnière longe le rempart, ce qui permet une découverte en séquence du site, en partant de la cathédrale. Ainsi la modernité du bâtiment choque moins en ce contexte. Cet espace constitue une transition entre le patrimoine et une image contemporaine de la ville.

 
Plan masse


Concept de Richard Rogers

L'idée première de Richard Rogers était de symboliser une justice transparente. C'est pourquoi il a choisi comme forme première un grand parallélépipède entièrement vitré, solidement ancrée au sol par un socle massif en pierre. De même, l'espace public est prépondérant, les visiteurs sont libres de se déplacer et d'assister aux audiences, ce qui correspond également à la notion de justice transparente que veut faire exister Richard Rogers.

Le tribunal se présente comme une enveloppe qui contient les différentes fonctions du bâtiment. On y accède par un escalier monumental, partant du parvis et surplombant le bassin, qui conduit directement à une loggia qui est le prolongement de la salle des pas-perdus, au deuxième niveau.

A l'intérieur de cette structure vitrée se font face les deux éléments qui organisent le projet : l'aile des bureaux donnant sur le cours d'Albret comprenant quatre étages de bureaux encloisonnés et un de bureaux paysagés, séparé par un atrium des sept coques de bois contenant les neuf salles d'audience. Ces coques s'élancent vers le ciel, perçant le toit de la structure, rappelant vaguement la forme de bouteilles de vins. Ces sept cônes tronqués font échos à la fois aux tours du fort du Hâ et aussi aux flèches de la cathédrale Saint-André. Richard Rogers a aussi une approche écologique du projet. D'une part, il s'est résolu à utiliser des matériaux naturels en ce qui concerne les salles d'audience, entièrement composées de bois, et pour le cuivre de la toiture. D'autre part, toute la climatisation du bâtiment est dû à une ventilation naturelle, refroidie par un système de cascade venant du bassin. Ce système évite les nuisances de bruits et de pollution dans les bureaux donnant sur la rue.






 
 
 
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