Historique
Choix des essences
Classes d'utilisation
Encollage
Le lamellé-collé est le procédé le plus utilisé dans la construction
bois. C'est une technique dérivée du sciage, qui consiste en un aboutage de
grande longueur de lamelles ayant des caractéristiques hygrométriques et une
densité proche. Le lamellé-collé peut atteindre des portées très importantes,
jusqu'à 180 mètres, contrairement au bois massif dont les portées sont limitées
à la hauteur de l'arbre.
Historique
C'est au XIVème siècle que Phillibert Delorme utilisa pour la
première fois le concept du lamellé-collé en assemblant des bois entre eux pour
réaliser des fermes en arc.
Au XIXème, le colonel Amy, directeur des Fortifications de Bayonne
réalise des assemblages de lamelles en bois fixées entre elles par des boulons
et des brides métalliques.
Mais la forme moderne du lamellé-collé est née de l'initiative du suisse Otto
Hetzer, en 1900, qui remplace les assemblages métalliques par de la colle
caséine.
| Classe d'utilisation du bois
lamellé-collé en fonction des risques biologiques en situation de
service |
|
Classes de risques
|
Situation générale en service |
Exposition à l'humidification |
Apparition des agents
biologiques |
| Champignons |
Coléoptères (1) |
Termites |
| I1 |
| 1 |
Hors sol, à l'abri (sec) |
Aucune |
- |
U |
L |
| I2 |
| 2 |
Hors sol, à l'abri (risque d'humidifi- cation) |
Occasionnelle |
U |
U |
L |
| H3 |
| 3 |
Hors sol, non abrité |
Fréquente |
U |
U |
L |
| H4 |
| 4 |
En contact avec le sol, ou eau douce |
Permanente |
U |
U |
L |
U = Universellement présent en Europe
L = Localement présent en Europe
(1) Le risque d'attaque peut être
insignifiant en fonction des situations en service spécifiques
tableau 2
: Classe d'utilisation du bois lamellé-collé en fonction des risques
biologiques en situation de service.
Choix des essences
La plupart des bois utilisé pour le lamellé-collé sont des résineux. Le pin
sylvestre et l'épicéas sont les deux espèces les plus utilisées avec le sapin et
le douglas. Leurs
caractéristiques sont totalement connues et conviennent parfaitement à cet
usage. Cependant, d'autres essences, moins conventionnelles, peuvent évidemment
être utilisées selon leurs propriétés. Ainsi, l'Iroko a été choisi pour la
construction des cases du centre Jean-Marie Tjibaou. Mais un certain
nombred'études et de tests doivent être réalisés afin de s'assurer, entre
autres, de la compatibilité du bois et de la colle.
Les facteurs principaux qui déterminent si une essence peut être employée
sont la disponibilité du bois, sa qualité, le temps de séchage, qui doit être
régulier. Les classes de résistance doivent être connues et régulières. Enfin,
il faut que le bois soit facile à usiner et que l'aboutage soit possible.
Dans le cas du centre Jean-Marie Tjibaou, l'entreprise Mathis a été confronté
au problème de l'iroko, presque jamais utilisé. En effet, la densité de ce bois
se révélait trop irrégulière : elle peut aller de 400 kg/m3 à 800 kg/m3. Le fait
de le poser tel quel, aurait pu entraîner des décollements. Ainsi, le bois brut
a été classé en trois catégories de densité, elles-même subdivisées en trois
autres classes de siccité. Ainsi, le bois était homogène à l'intérieur de
chacune de ces neuf catégories, permettant le collage. Cependant, la colle, à
base de résorcine, a dû être légèrement modifiée.
Classes d'utilisation
Il existe cinq classes de risques d'attaques biologiques, qui permettent de
classer le bois lamellé-collé en deux catégories principales d'utilisation :
(tableau 2)
Classe I
La classe d'utilisation I (Intérieur) se subdivise en deux sous-classes I1 et
I2 correspondant aux classes de risque 1 et 2.
- La classe I1 comprend les bois lamellé-collé soumis à une humidité
inférieure à 18 % et aux attaques des insectes xylophages selon la situation
géographique. Il n'y a pas de risque d'attaque par champignons ou moisissure.
- La classe I2 comprend les bois lamellé-collé soumis la plupart du temps à
une humidité inférieure à 18 %, mais qui peut occasionnellement monter jusqu'à
20 %. Il peut y avoir des risque d'attaque par des champignons lignivores en
superfiçie.
| type de colle à
utiliser |
| Hbois<18 % |
Hbois
≅ 18 % |
exposition en atmosphère chimique /
intempéries |
|
Température élevée |
| Résorcine
Caséine |
Résorcine |
Résorcine |
| Température normale |
| Résorcine
Urée - Formol
Caséine |
Urée -
Formol |
Résorcine |
tableau 3 : Type de colle à utiliser selon la température et l'hygrométrie du
bois.
Classe H
La classe d'utilisation H (Humide) se subdivise en deux sous-classes H3 et H4
correspondant aux classes de risque 3 et 4 :
- La classe H3 comprend les bois lamellé-collé soumis aux intempéries, sans
être en contact avec le sol, et pouvant souvent dépasser une humidité de 20 %.
Les risques biologiques sont comme les classes précédentes.
- La classe H4 comprend les bois lamellé-collé soumis aux intempéries, étant
en contact avec le sol, et dépassant en permanence une humidité de 20 %. Les
risques biologiques sont comme les classes précédentes.
La cinquième classe comprend les bois lamellé-collés exposés à l'eau de mer.
Les classes qui sont décrites ci-dessus sont celles de la certification
ACERBOIS-GLULAM.
Encollage
Le choix de la colle dépend des condition d'utilisation de la charpente, du
milieu dans lequel elle se trouve, qu'il soit en atmosphère neutre, agressive ou
extérieure, et de l'hygrométrie de l'air ambiant. (tableau 3)
Pour que l'encollage ait lieu dans des conditions idéales, il faut que la
température dans l'atelier soit supérieure à 16° C et que le degré hygrométrique
de l'air soit proche de 60 %.
Avant l'encollage, le bois doit rester 48 heures dans l'atelier. Les pièces
sont ensuite rabotées afin d'offrir une surface de collage propre et plane. La
siccité du bois doit être vérifiée en fonction de celle de la colle. On peut
tolérer plus ou moins 2 % de variation de taux d'humidité du bois entre deux
lamelles voisines avec un écart maximum de 4 %.
La colle est disposée à l'aide d'une encolleuse à rouleaux ou à rideaux, 48
heures maximum après le rabotage. Le serrage est la dernière étape et doit avoir
une pression minimale de 5 à 7 bars. Le temps de serrage dépend du type de
colle, de la température et de l'hygrométrie de l'air ambiant.
On peut trouver trois types de joint d'aboutage : les joints à enfourchement,
rares, les joints scarfés et les joints à entures multiples (de 5 à 50
millimètres).
