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Selon la légende tout commence par
la vision par des bergers de l'apparition d'un évêque
en habits de lumière avec sa crosse et sa mire. Il se
promenait, dans la forêt d'Arvillars qui descend jusqu'au
torrent du Bens, accompagné de douze chartreux qui volent
autour de lui. De plus ils revenaient souvent.
Le Seigneur d'Arvillars crût ces apparitions et les
interpréta comme un décret céleste. Ce ne
pouvait être que Saint-Hugues de Grenoble qui désignait
l'emplacement d'un nouveau monastère chartreux. Ainsi,
vers 1170, avant de partir pour les croisades, Hugues d'Arvillars,
sa femme Audisia et son fils Hugues cédèrent à
perpétuité aux Chartreux tous les droits sur la
vallée du Bens qui prit le nom de Val de Saint-Hugon.
Une première chartreuse fut construite
près de la correrie mais elle tomba en ruines suite à
un manque d'entretien (par le fait d'une baisse de vocation)
au cours des XIVème et XVème siècles.
L'actuelle chartreuse fut reconstruite en 1670 par Dom Frèredoux.
Elle fut bâtie de façon à minimiser les risques
d'incendie et en 1752 le monastère est presque aussi grand
que celui de la Grande Chartreuse.
Durant la Révolution, après l'entrée
des troupes françaises en Savoie, les moines furent chassés
le 25 mai 1793 en donnant naissance à des légendes
d'un trésor enterré sur leur chemin. Les bâtiments
furent entièrement pillés et vendus comme bien
national. Les propriétaires associés furent MM.
Rey, Puget, Louaraz. Les affaires vont mal et les bâtiments
sont démontés: les charpentes sont transformées
en charbon de bois, les matériaux de couverture récupérés
et les vitraux sont brisés pour réutiliser le plomb...
les orages, le froid et l'humidité finissent de transformer
les murs en ruines
Durant la restauration, les religieux essayent légitimement
de rentrer dans leurs biens, mais le 27 août 1819, la vente
de St Hugon devient définitive.En 1829, monsieur Bertholus
de Prêles achète St Hugon aux enchères suite
à faillite et revend aussitôt.
En 1829 M. Leborgne de Grenoble remarque que les forges qui ont
fait la richesse de Saint-Hugon sont encore exploitables et décide
de racheter. Pendant plus de quarante ans les forges et les martinets
refonctionneront ainsi que l'exploitation des mines et des forêts
et les ouviers logeront dans l'ancienne hôtellerie (le
bâtiment que l'on connait aujourd'hui).
En 1871, monsieur Foussemagne rachète St Hugon pour
y fabriquer du matériel agricole et forestier. Au début
du XXème S., les bâtiments sont transformés
en établissement thérapeutique, principalement
pour les bains de petit lait dont la mode vient de Suisse et
en 1924 les cartonneries de La Rochette rachètent à
leur tour le monastère. |