
JULIUS MEIMBERG![]()

![]()
Voici la biographie de Julius "Jule" Meimberg
un brillant pilote qui a commencé sa carrière pendant les batailles de France
et d'Angleterre, a combattu par la suite en Tunisie où il a été gravement
blessé. Il est revenu en France lors du débarquement alliés à la tête du
II./JG53 et terminera la guerre avec 53 victoires !
Julius Meimberg est né le 11 janvier 1917 à Muenster en Wesphalie. Déjà amateur de vol à voile, il ne tarde pas à suivre les cours à l'école de chasse de Schleissheim. Promu Leutnant le 27 août 1939, il est affecté à la toute nouvelle 4./JG2 "Richthofen" au mois de novembre. Le II./JG2 (Second Groupe) est en formation à cette époque et les effectifs sont fournis par les I.JG2 et I./JG3.
Julius parachève son entraînement avant d'être envoyé à Nordholz avec le II./JG2 pour participer à la défense de la Baie d'Allemagne contre toute intrusion de la RAF. Lorsque la Westfeldzug est déclenchée le 10 mai, les Bf109 volent sur Rotterdam en appui des troupes aéroportées larguées sur l'important port néerlandais. Dès le 11, le II./JG2 est à Haminkeln et opère sur les Pays-Bas et le Nord de la Belgique. Le Gruppe suit alors l'avance des troupes au sol et se rend le 13 mai sur le champ d'aviation de Peer en Belgique. Meimberg vole comme ailier du chef d'escadrille, Assi Hahn, un pilote compétent qui ouvre le score de la 4./JG2 en abattant un Hurricane près de Gembloux. Le 17, le II./JG2 a continué son avance jusqu'à l'aérodrome de fortune d'Attenrond. 2 jours plus tard, Hansi Hahn et Julius Meimberg revendiquent vers midi 2 Hurricane à la frontière française après une attaque à basse altitude.
Le 25, on retrouve le II.
Gruppe à Grandglise non loin du secteur Dunkerke/La Panne. Les combats se font
de plus en plus rares, il faut attendre le 3 juin pour assister à un nouveau
duel entre les Tommies et les pilotes du 4./JG2 lors de l'offensive
"Paula" qui vise les aérodromes autour de Paris. L'escadrille
allemande rencontre en effet une formation de Curtiss H-75-A dont 2 sont
revendiqués à 14h50 par l' Oblt. Hans Hahn et le Lt. Julius Meimberg (N°49 et
85 du GC I/5) dans la région d'Epernay.
La JG2 termine la Campagne de France à Oulchy-le-Château, puis à Marigny. L'unité de Julius gagne ensuite Beaumont-le-Roger pour opérer sur l'Angleterre. Le 28 août 40, le second Gruppe est transféré en entier sur l'aérodrome de Mardyck (Calais). Après sa 5ème victoire, "Jule" Meimberg reçoit la Croix de Fer, 1ère Classe et commence à se révéler comme un as de haut niveau. Les 28 et 29 novembre, il détruit respectivement un Spitfire et un bombardier Blenheim, clôturant ainsi son tableau de chasse pour l'année 1940. Durant l'hiver (période d'accalmie) l'escadre assure la protection de ses aérodromes, escorte les convois de la Kriegsmarine, prépare l'offensive du printemps et se réentraîne sur le Bf109 F. Le 15 avril 1941, Julius Meimberg est promu Oberleutnant et Kapitän de la 3./JG 2. Le 24 juillet les avions du Bomber Command effectuent une sortie massive contre les ports bretons de Brest et La Pallice. La réception est à la hauteur de l’attaque. A l’issue du combat où il revendique trois bombardiers près de Brest, Meimberg pose son Bf 109 E7 Z (WNr. 7671) « 1 Jaune » en pleine campagne
Le blessé ne rejoindra son escadrille que le 4 mai 1942 : "J'ai alors volé pendant quelques temps sur Fw 190 - un avion très moderne - je pense qu'il devait y avoir 13 fonctions , dont les volets, le système d'équilibrage et la mise en marche du moteur, qui fonctionnaient électriquement alors qu'avec le Bf 109 tout se faisait manuellement. Les performances en combat des deux appareils étaient sensiblement les mêmes. Un jour j'ai pris mon Bf 109 G1 et mon ami Egon Mayer décolla aux commandes d’un Fw 190, nous avons simulé un combat aérien en tournoyant et en Zigzagant comme des abeilles mais l’exercice se clôtura par un match nul. Néanmoins, le moteur à deux étoiles à refroidissement par air (BMW 801)» du Fock-Wulf était plus résistant que le moteur du Messerchmitt. Le Fw 190 s’est rapidement acquis la réputation d’un adversaire redoutable surtout sur les côtes de la Manche, où volaient les meilleurs chasseurs anglais. » La prise en main est rapide. Notre ‘Jule’ revendique cinq Spit MK V lui entre le 17 mai et le 11 juillet. Le 28 juillet, il se voit attribuer son 20ème « Abschuss », le dernier sur le Fw 190 A-2 (W.Kn.13020). Trois jours plus tard, il remplace l’Oberleutnant Rudolf Planz (*) à la tête de la 11 (Höhe) JG 2, une escadrille équipée de Bf 109 G-1 à cabine pressurisée pour l’interception à haute altitude. Une aubaine pour Julius Meimberg qui a toujours préféré le Bf 109 au Fw 190. En août, il prend le commandement de la 11./JG2 qui va être incorporé 3 mois plus tard dans la JG53 "Les as de piques" en Tunisie au moment où les Alliés débarquent. Le II./JG53 se trouve sous l'autorité de l'Oberst Günther von Maltzahn "Le meilleur leader que j'ai connu !" déclare Meimberg. L'étonnante opérationalité de cette unité est effectivement due a la qualité de ce chef qui est avant tout soucieux d'organiser son unité plutôt que de courir après les victoires.
Meimberg vole à bord du
Bf109 G-1 (WNr 14 063). Sa grande expérience est requise sur le théâtre
africain et il ne tarde pas à prouver son talent lors des missions de soutien à
l'Afrika Korps du Général Rommel, contre les forces britanniques. Julius
est constamment en vol, escortant les Ju 88 et Ju 87 du "Fliegerführer
Tunesien" qui doivent enrayer la progression de la 8ème armée de
Montgomery vers la frontière tunisienne. Son score s'accroît, il porte ainsi
son total à 32 succès le 1er février 1943 mais son "11 blanc" est
également abattu en flamme entre 13h10 et 13h20 près de Pont-du-Fahs par un
bombardier alors qu'il luttait contre les chasseurs d'escorte "Au
moment ou je venais d'abattre l'avion de tête à 600 km/h, un B-17 causa de gros
dégât à mon Bf109. Le réservoir avait été touché et j'étais aspergés d'essence.
Les flammes commençaient à lécher la carlingue et rapidement je fus brûlé sur
tout le corps. Par chance, je pu m'éjecter et être recueillis par trois
Tunisiens dont une jeune femme. Je voulais avoir la certitude d’être tombé dans
nos lignes. J’interrogeai les trois autochtones en français et je me vis
confirmer que le secteur était bien tenu par les Allemands. Ce fut un vrai
soulagement ! Ces braves gens m'aidèrent ensuite à monter dans une Citroën où j’ai fini par m’évanouir sur la
banquette arrière. Je me suis réveillé
quelques heures plus tard à l'hôpital de Tunis".
"Jule" doit observer une période de repos avant d'être posté à
l'état-major de la JG 53 à Naples. Le 1er septembre, les armées alliées
débarquent sur la pointe de la botte italienne et l'Italie accepte de se
rendre. Ce sont désormais les unités de chasseurs P-47 et P-38 ainsi que les
bombardiers B24 de l'USAAF qui apparaissent dans le viseur de Julius et ses
camarades de la II./JG 53. Depuis la capitulation des forces de l’Axe en Tunisie,
le Gruppe doit assurer l'appui aérien aux troupes se battant autour
d'Anzio et de Cassino.
Le 20 avril 1944, Meimberg devient le nouveau Gruppenkommandeur du II./JG53 qui est basé à Echsborn près de Francfort, pour participer à la défense du Reich. Le 6 juin, jour du débarquement sur les plages de Normandie, le groupe est envoyé en France sur des terrains de campagne en très mauvais état : « A notre arrivée le premier jour, l’aérodrome du Mans bourdonnait d’avions. Le ravitaillement en carburant de nos machines n’allait pas pouvoir se faire, ni en soirée, ni pendant la nuit. Tout au long de la matinée suivante, nous avons attendu avec impatience d’être ravitaillé pour pouvoir partir au plus tôt. Je fus appelé au téléphone : on m’annonça qu’une formation ennemie approchait du terrain. Mon interlocuteur ne pouvait bien évidemment pas m’ordonner de décoller, mais il essaya de savoir si nous pouvions pas tout de même nous opposer à l’ennemi ! J’ai répondu que j’avais des instructions strictes, m’enjoignant de ne as intervenir et de rejoindre dès que possible l’aérodrome qui m’avait été assigné. La conversation n’était pas encore finie que l’attaque se déclencha. Bombes et obus explosèrent au milieu des appareils stationnés sur le terrain, touchant trois ou quatre JU 52 qui s’embrasèrent. L’un d’entre eux contenait tout mon paquetage ! Plusieurs Messerschmitt de mon groupe furent aussi endommagés. »
Le 17 juin Julius « descend » à Barneville un P-38 qui tombe autour de 19h30, vers Lessay. Le 5 juillet, il obtient ses 38 et 39ème victoires en envoyant au tapis deux P-47, respectivement à Dreux et Chartres. Après cinq semaines de combat ininterrompus le II./JG 53 est rapatrié en Allemagne pour être rééquipé de Bf 109 G-6 . Le 17 août, le Gruppenkommandeur Julius meimberg prend pour la deuxième fois en moins de trois mois les dispositions pour assurer le transfert immédiat de son unité qui doit quitter le lendemain Dortmund pour Achery, un terrain aménagé dans la vallée de l’Oise, au nord de la Fère. Dans le ciel, les Alliés ont rassemblé des forces aériennes jusqu'ici jamais égalées, comptant plus de 3100 bombardiers et 5400 chasseurs. Le 22 août, une vingtaine de Lightning attaquent 25 Messserschmitt du II./JG 53 en approche de leur terrain. Les Allemands se retrouvent très vite dans une situation inconfortable et perdent 5 pilotes dont un as aux 26 victoires, l’Oblt. Karl Passhaus : «C’était un officier volontaire, ambitieux, souvent brillant, et un très bon chef d’escadrille. Il n’était pas un subordonné facile et avait l’habitude d’appeler les choses par leur nom. En tout cas je l’estimais beaucoup. » Trois jours pus tard, Meimberg venge son compagnon en abattant un Typhoon à 19h25 – sa 40ème victoire.En moins de dix jours, le groupe va largement perdre son potentiel offensif - 9 pilotes et 13 machines sont inscrits sur la liste des pertes alors que 13 victoires aériennes ont été enregistrées durant la même période. Particulièrement marqué par ces combats en Normandie, Julius Meimberg évoque avec émotions : « Je ne garde que peu de souvenirs de ces temps où nous étions si fébriles, si tendus : nous n’avons vécu alors que l’heure du moment, et vraiment rien d’autre ! »
Mais l'étau se referme, les tragiques semaines de l'été 44 ont laissé comme autant de cicatrices des centaines d'épaves d'appareils aux croix noires sur le sol de France. La 44ème victoire obtenue le 24 octobre 1944 est synonyme de "Ritterkreuz" pour le jeune Hauptmann Julius Meimberg qui va lutter avec son groupe contre les hordes de chasseurs et de bombardiers alliés, ajoutant de nouveaux succès à son palmarès au-dessus du Reich. Julius Meimberg terminera le conflit comme Major. En 6 ans et demi de combats, il a effectué 600 missions de guerre et remporté 53 victoires.
Photo
1 : Julius Meimberg portant la Croix de
Chevalier; Photo 2 : "Jule" meimberg pose devant la dérive de
son camarade Hans Hahn qui porte la barre des 5 victoires; Photo 3 :
Meimberg se repose à côté de son "11 Blanc" alors qu'un mécanicien
procède à une vérification du cockpit.

Bf 109G-1 "11 blanc", piloté par Julius Meimberg
depuis Bizerte, Tunisie, novembre 1942 © Ofsprey Aviation
Remerciements : Julius
Meimberg, Jean-Louis Roba (infos) et Josef Charita (photos)

![]()