HORST PETZSCHLER

 

  

HORST PETZSCHLER

Horst Petzschler a entamé sa carrière de pilote de chasse sur le front Est avec la JG 51. Après un bref passage dans la JG 3 « Udet » au cours du Reichsverteidigung, il combat jusqu’à la défaite finale contre le rouleau compresseur de l’armée Rouge.

Horst Petzschler est né le 1er septembre 1921 à Berlin. Son père, Walter Karl-Gustav s’était distingué durant la Grande Guerre en devenant le premier soldat Allemand à mettre hors d’usage un char britannique. L’intérêt de Horst pour l’aviation s’est éveillé dès ses treize ans, un an après l’accession de Hitler au pouvoir. Son premier acte consiste à devenir membre de la Jungvolk de Berlin, mouvement avec lequel il participe à de nombreuses activités sportives. Le jeune adolescent participe surtout à la construction de planeurs durant les week-end et, effectue son premier voyage dans le ciel au commande d’un Grunau 9 en 1935.  Trois ans plus tard il entame un stage à l’usine aéronautique Henschel Flugzeugwerle AG dans les faubourgs de la capitale allemande, tout en poursuivant ses études. Son travail consiste à dessiner des plans pour des composants d’avion. Diplômé en 1941, Horst Petzschler projette de rentrer dans la Luftwaffe alors que son pays est entré en guerre depuis près de deux ans. Il suit l’entraînement du parfait soldat d’infanterie à Deblin, en Pologne. Quelques semaines plus tard, il étudie à la Kriegschule de Reims, en France puis à celle de Neisse, en Silésie Orientale pour devenir sous-officier. D’autres cours théoriques suivent à Paris et Breslau. Son apprentissage de pilote se fait à Grottkau. C’est là que le Gefreiter Petzschler se forme dans le cockpit d’un biplan FockeWulf 44 en octobre 1941. Les premiers vols sont mouvementés, Horst se montrant un élève très moyen. Celui-ci est même consigné dans ses quartiers pendant trois jours pour avoir brisé le train d’atterrissage d’un FW 58 un jour de mauvaise visibilité. Pourtant à force de persévérance, il reçoit ses « ailes » au début de l’été suivant. Promu Unteroffizier, Petzschler est envoyé à l’école d’entraînement de Prenzlau comme instructeur. Il effectue aussi des déplacements vers le front oriental. Lors d’un de ces vols, il parvient à transférer à temps des blessés de guerre devant être hospitalisés d’urgence dans un hôpital de Varsovie. Malgré des conditions météos catastrophiques, Horst pose joliment son Junkers 52 sur l’aérodrome local, sauvant ainsi la vie de tous ses passagers. En novembre 1942, il s’entraîne sur bimoteur Heinkel afin d’obtenir le brevet C.

 

 

L’ élève aviateur Petzschler en septembre 1941 à l’école de Neisse (Silésie).

 

La carrière de chasseur de Petzschler est résumée sur ce panneau.

 

Agé de 21 ans, le sergent Pertzschler est affecté au 1. Staffel de la Jagdgeschwader 105 à  Villacoublay, près de Paris, le 7 mars 1943. 

Du 6 juin au 22 août 1943, il complète sa formation sur FW 190A-2 à Toulouse-Blagnac avec l’Ergänzung Jagdgruppe, une unité qui forme les futurs pilotes de chasse en partance sur le front de l’Est. Elle est commandée par le Major Hermann Graf, détenteur de la Croix de Chevalier avec Feuille de Chêne, Glaives et Diamants.

Notre aviateur effectue surtout des exercices de tirs et des vols à basse altitude. Il manque de se tuer au commande d’un Fw 190 au-dessus des Pyrenées. En plein orage, il rencontre une panne électrique et doit poser son coucou sur le ventre dans une vigne. Choqué, Horst fraternise pourtant avec un vieux couple de français qui lui offre une bouteille de vin à sa descente d’avion ! Le Focke-Wulf étant irréparable, le pilote rentrera finalement à Toulouse à bord d’un… side-car !

Le 23 août, Hortz Petzschler est finalement versé dans le Stabstaffel de la JG 51 ‘Mölders» à Smolensk. Elle fonctionne comme une unité semi-autonome, renforçant au besoin le Stabschwarm (les quatre appareils normalement affectés à l’état-major) ou déployée sous le contrôle  direct du commandant d’escadre. Le 7 septembre, le nouvel arrivant prend part à sa première mission de guerre, une Freie Jagd (chasse libre) au-dessus du front où les chars soviétiques sont entrain d’enfoncer les positions allemandes. A 11 heures, il décolle sur FW-190 A-4 en compagnie de son Rottenflieger  Anton ‘Toni’ Hafner. Celui-ci abat promptement deux Airacobra. Lors du vol retour, Petzchler commet une erreur propre aux débutants en volant de manière rectiligne à 600 mètres du sol. Son avion devient vite la cible de la D.C.A. soviétique. Touché par un coup direct dans le moteur, le néophyte doit se résoudre à sauter en parachute. L’aviateur a à peine le temps de toucher le sol qu’il est pilonné par l’équipage d’un char allemand de la 3ème Panzer Division SS qui le prend de toute évidence pour un ennemi. Heureusement il sera identifié avant le drame et ramené à son aérodrome. Horst est accueilli par le Geschwaderkommodore, le colonel Karl-Gottfried Nordmann (un Experte qui terminera la guerre avec 78 victoires confirmées) à qui il demande de pouvoir voler sur un appareil plus approprié car le précédent « ne valait pas mieux qu’une vieille rose dans une étable » ajoute-t-il  non sans humour !

Quelques jours plus tard Petzschler accompagne le chef du Stab./JG 51, le célèbre Hptm. Von Eischel-Streiber (96 victoires, dont 94 sur le front de l’Est) lorsque celui-ci détruit un Yak au cours de la patrouille dans la région de Smolensk. Un incident émaille toutefois ce vol, Horst croit apercevoir des tôles se détacher de l’avion de son leader mais il s’agit en fait  de simples douilles de munition projetées après la fulgurante attaque contre l’appareil soviétique. Von Eischel-Streiber n’accepte pas qu’un de ses ailiers puissent faire une telle confusion et refuse de se voir encore associé au jeune Petzschler. Celui-ci ne s’offusque pas. Au contraire, il va démontrer en quelques semaines qu’il est un bon pilote de chasse. Le 05 novembre 1943 il envoie au tapis un Yak-7 au sud de Nevel.. Les conseils de son ami le Leutnant Toni Hafner, qui   déjà remporté plus de cent victoires en Russie et vingt autres en Méditerranée, permettent à Petzschler de s’affirmer dans le ciel : « ‘Pour survivre il faut se montrer prudent ! Prends le temps d’apprendre. Tu n’obtiendras pas rapidement de nombreuses victoires alors écoutes attentivement les gars qui savent ! Il y en a certains qui prétendent savoir et d’autres qui savent réellement. Je fais partie de ceux qui prétendent savoir mais tu peux tout de même me faire confiance !’ Toni avait toujours une blague pour chaque chose. Dès le départ c’était le type d’homme avec lequel il était bon de faire équipe. Il était plutôt petit, il mesurait environ  1m65, mais était coriace et plein de cran ! »

Horst rencontre pour la première fois des Stormovik près de Nevel, le 10 novembre 1943. La tactique utilisée par les pilotes de la Luftwaffe consiste à débuter par un piqué pour arriver sur l’Il-2 par l'arrière et en- dessous. Ensuite, ils s’approchent suffisamment de la cible pour placer un coup au but dans le radiateur d'huile, la talon d’Achille de cet appareil. Grâce aux leçons d’Hafner, le Berlinois détruit deux de ces avions d’assaut de la VVS qui attaquaient des positions allemandes. Pour ses victoires n° 2 et 3, l’Unteroffizier Petzschler reçoit la Croix de fer, 2ème classe. Cette décoration lui est décernée le 17 novembre 1943 non seulement en récompense de ses victoires aériennes, mais également pour la destruction de plusieurs chars et d’un pont près de Velikije Luki.

 

La plupart des missions qu’Horst a effectué avec le Stabstaffel de la Jagdgeschwader 51 ont été des attaques au sol dans le but de stopper l’avancée rapide des blindés ennemis en Ukraine et pour couvrir l’infanterie. Il avait épinglé la Croix de fer, 1ère classe (19 mars 1944) et effectué plus de 110 sorties lors de sa mutation à l’Ouest.

La défense du Reich (Reichsverteidigung) devient un objectif prioritaire pour la Luftwaffe. Le 13 avril, un ordre venu du chef de la chasse, Adolf Galland, affecte Horst Petzschler et plusieurs vétérans du front de l’Est au JG 3 « Udet » à Burg, près de Maldeburg. Il  quitte provisoirement le secteur oriental où il avait connu de grandes joies en dépit des dangers croissants et des conditions de vie particulièrement pénibles.

 

Le Focke-Wulf 190 « 6 Noir » de Horst Petzschler après un atterrissage d’urgence  à Stara-Bychow

 

Il ne fallu pas longtemps à l’Unteroffizier Petzschler pour comprendre la guerre à l’Ouest. Il se retrouve désormais opposé aux redoutables bombardiers et leur escorte de la 8th Air Force. Sa première mission contre les Américains avec la 2./JG 3 le 12 mai 1944, débute par une interception à 9.000 mètres et par ciel clair. Il est au commande d’un Bf 109 G10, au moteur gonflé pour le rendre plus performant face aux chasseurs américains. Les pilotes volant sur Messerchmitt 109 doivent protéger les Focke Wulf 190, à l’armement et au blindage renforcés, lors d’attaques massives contre les quadrimoteurs US. Horst aura le souffle coupé par les dimensions de la formation ennemie. Des centaines de bombardiers étalés sur des dizaines de kilomètres. Ce jour-là, la 8th Air Force avait fait décoller 621 B-17, 265 B-24 et 735 chasseurs pour frapper les zones industrielles situées dans le secteur Frankfort/Hanau. 

Faisant feu de ses canons, Petzschler effectue une attaque frontale « à douze heures » sur un trio de B-17 au-dessus de Francfort sur Main. L’un des moteurs d’un B-17 explose et le « lourd » plonge immédiatement vers le sol – l’équipage aura le temps de sauter en parachute. L’Allemand se jette ensuite sur une formation de P-51, explose l’appareil de tête et évite au passage une collision avant de se mettre en piqué. Poursuivi par quatre Mustang, il réussit à poser son avion sur le ventre. La Flak dissuadera les poursuivants de l’ « arroser » au sol.

Avec cinq victoires à son actif, Horst entre de plein pied dans le cerce très prisé des Experten tandis que les batailles aériennes du 12 mai 1944 se soldent par une victoire sans appel des Alliés : ils ne perdirent que 62 des 1621 avions qu’ils engagèrent, dont seulement sept chasseurs !

L’infériorité numérique des pilotes de chasse de la Luftwaffe (il n’en restait plus que 680) se confirme deux jours plus tard lors d’un nouveau raid mené sur Berlin. La 2/JG 3 conduit par le Leutnant Walter Bohatsch décolle de Burg dans la matinée et ne va pas tarder à voir les traînées de condensation des bombardiers arrivant d’Angleterre. Durant l’assaut Horst Petzschler poivre un B-24, au nord de Braunchwig.

Les combats se multiplient. Ainsi le 28 mai, 1282 bombardiers escortés par 1200 chasseurs affrontent 300 FW 190, Bf 109 et Messerchmitt 410 au-dessus de Maldeburg. A 10.000 mètres, Petzschler distingue une paire de Fock-Wulf 190A-8 amorcer un piqué pour attaquer un B-17 volant plus bas mais il ne voit pas en revanche des chasseurs portant la grande étoile blanche fondre sur lui. Bénéficiant de l’avantage tant au niveau de la hauteur que de la vitesse, les P-51 conduits par le 1st/Lt. Morton A. Kammerlohr, attaquent Horst et son Kaczmarek : « Mon ailier a été touché. Je l’ai entendu lancer un appel de détresse à la radio. Le système de dégivrage n’était pas efficace ce qui rendait la visibilité pratiquement nulle. Je n’ai pas vu ce qui nous tombait dessus. En revanche mon ailier à remarqué les agresseurs. Au moment de m’avertir, son avion est parti en spirale vers le sol avec des impacts dans les ailes et le cockpit. L’élément de surprise passé, Petzchler distingue le museau bleu d’un Mustang passer au-dessus de lui. Emporté par sa vitesse, l’appareil qui vient d’abattre son ailier le dépasse. Horst manœuvre alors adroitement son Bf 109G-6 « 14 Noir ». Une fois dans la queue de l’agresseur, il  appuie sur le pressoir : « Je lui ai expédié une longue rafale avec mes canons de 3cm et mes mitrailleuses de 13 mm ».

 

Le réservoir du P-51 piloté par le Lt. Feodor Clemowitz est touché de plein fouet. Perdant du glycol, l’appareil est rapidement recouvert d’un épais nuage blanc. Clemowitz n’a pas le choix. A 14h25, il saute en parachute. Alors que la machine en détresse s’écrase à Schackensleben, à quatorze kilomètres au nord-ouest de Magdeburg, le pilote américain atterrit à Eichenbarleben, un peu plus au sud. Il sera fait prisonnier. Quant à Horst Petzschler : « Alors que je me dirigeai vers le sud, je fus touché à mon tour par un Mustang. Un troisième arrivant sur mon aile gauche s’apprêtait à porter l’estocade finale. Je tirai sur le manche pour décrocher et sauter en parachute. La verrière se détacha mais le vent me poussait à l’intérieur. Finalement je me suis retrouvé dehors, frôlant au passage la dérive. J’ai eu de la chance sur ce coup là ! »

Le Bf 109 (WNr. 412179) est détruit mais la caméra embarquée Leica est récupérée et confirmera la septième victoire de Horst. Flottant au nord-ouest de Magdeburg, celui-ci touche le sol au milieu d’un équipage de B-17 qui avait lui aussi sauté en parachute quelques instants plus tôt. Physiquement indemne, l’aviateur allemand est néanmoins touché moralement : « Quant vous voyez des milliers de bombardiers et leur escorte il n’y avait rien que vous puissiez faire, vous ne pouviez pas les stopper. A l’Ouest mon moral en a pris un fameux coup lors des duels contre les Américains. J’aurai pu en abattre d’avantage mais tout cela était futile. »

 

Deux jours après le débarquement Allié en Normandie, l’as retrouve son ancienne escadrille en Ukraine. La JG 51 avait atteint 8.000 victoires en avril 1944 et le Stabstaffel avait conservé ses Focke-Wulf 190. De Bobruisk, sur la Bérésina, Petzchler va détruire six avions soviétiques en juin et juillet 1944 tout en participant à de nombreuses attaques en rase-motte. De nombreux aviateurs expérimentés de la Luftwaffe payeront un lourd tribut au cours de ce type de missions. C’est le cas du nouveau commandant du Stabstaffel de la JG 51, l’Hptm Edwin Thiel tué par la D.C.A. au-dessus de Kobryn, en Pologne, le 14 juillet 1944. Avant lui, le mentor de Horst,  Tony Hafner avait perdu la vie au cours d’un combat à basse altitude contre des Yak 9. Il avait remporté 204 victoires, un score qui ne fut jamais égalé au sein de la JG 51, et qui demeure d’autant plus extraordinaire qu’Hafner disparut près d’un an avant la fin du conflit. En août, la Stabstaffel perdit quatre de ses pilotes, dont l’Ofw Fritz Lüddecke, un Experte titulaire de cinquante victoires, victime lui aussi de la DCA, le 10 août dans la région de Wilkowischken (Vilkaviskis), à proximité de la frontière entre la Lituanie et la Prusse orientale. Des pertes qui illustrent l’ampleur de la retraite à laquelle la JG 51 avait été contrainte au cours de l’année 1944.  De Bobruisk, où elle était arrivée au printemps, la Stabstaffel s’était repliée sur Téresopol, puis sur Memel, sur les côtes de la Baltique, en septembre. A ce moment Horst Petzchler comptabilise treize Luftsiegen.

Le 7 septembre, il décolle de Memel avec un équipier afin de survoler le secteur de la Courlande où la Kriegsmarine procède à l’évacuation des troupes allemandes. Au-dessus de la Baltique il repère seul un appareil de reconnaissance soviétique Pe-2 photographiant le mouvement des troupes et de la marine. Petzschler amorce son attaque de très près et ne peut éviter des morceaux de tôles de sa quatorzième victime : « Mon avion était recouvert de débris provenant de l’appareil adverse. Je ramenais suffisamment de preuves pour me voir confirmer ma victoire sans témoin oculaire. Cette victoire a visiblement fait plaisir aux  gens de la marine puisqu’ils m’ont fait parvenir  une énorme boîte contenant tout de sorte de produits exotiques. Ils voulaient remercier la force aérienne pour cette belle journée ! ». Le Pe-2 s’est écrasé dans la baltique, à quarante kilomètres à l’ouest de Memel. Quelques jours plus tard, Petzschler abat un nouveau Pe-2 avant d’ajouter à son palmarès un IL-2, un chasseur Lavochkin 5 et un bombardier Boston, toujours durant le mois de septembre.

Face à la terrible avancée de l’armée Rouge, la JG 51 va bientôt franchir les frontières du Reich lui-même pour s’installer à Insterburg, au centre de la Prusse orientale. Petzschler l’a précédée depuis sa nomination comme instructeur à l’école de chasse de Liegnitz, près de Breslau, le 23 octobre 1943.  Il a notamment l’occasion de voler deux fois à bord d’un Messerchmitt 262 biplace : « A chacune de mes sorties, j’ai été stupéfait par les performances de ce coucou et surtout de sa vitesse. Je ne voulais plus voler sur le vieux Fw 190. J’ai compris que nous avions enfin ce que nous attendions tous. Je comprends pourquoi Galland (le général de la chasse) était frustré par le fait que l’on ne l’ai pas déployé dès le début. Il a dû se battre âprement pour avoir gain de cause. »

 

Deus appareils de la Stabstaffel de la JG 51 à Varsovie-Okecie à la fin de l’année 1944

 

Sur le Front Est la pression ne se relâche pas. La JG 51 continue à affronter les armadas aériennes soviétiques venant frapper un Reich sur la défensive et qui ne peut plus guère « rendre les coups ». Le Feldwebel Petzschler va vivre les derniers mois de l’existence de la Geschwader Mölders. Il rejoint le 10 Staffel de l’Oblt. Anton Lindner le 13 février 1945 à Junkertroylhof, à l’est de Danzig. L’escadrille est équipée du dernier modèle de chez Messerchmitt, le  Bf 109 G-10 ! Une fois encore la JG 51 assure une couverture pour la Kriegsmarine lors de l’évacuation de civils. Elle protège aussi les navires qui forcent le blocus soviétique. Le 27 février, Petzchler remporte sa dix-neuvième victoire (un La-5) près de Graudenz, en Pologne. S’ensuivent des combats désespérés entre la multitude d’appareils de la VVS et la poignée de chasseurs allemands. C’est tout à l’honneur de Horst Petzschler d’avoir pu revendiquer six nouvelles victoires en mars lors des attaques puissantes durant la défense des ports de la Courlande. Le 27 avril 1945, il  clôture son palmarès de vingt-six victoires confirmées en abattant un Pe-2 près de Libau : « J’ai attaqué avec mon Schwarm une formation de vingt-deux bombardiers Pe-2 à une altitude de 2.000 mètres. Le brouillard matinal s’étant  dissipé, nos adversaires avaient pris l’air en nombre. Ayant repéré notre approche, ceux-ci larguèrent leurs bombes avant de tourner vers l’est pour atteindre Königsberg, le sanctuaire des batteries antiaériennes.  Poussant le manche en avant, j’ai très vite rejoint et attaqué le bombardier le plus lent. Le moteur du Pe-2 et le réservoir situé à bâbord  ont été touchés. L’avion en  feu commença à se disloquer. Des parachutes se sont déployés mais je n’ai pas compté le nombre exact – probablement deux ou trois. Une aile en moins, ma victime termina sa course dans  la mer. » 

Au sol la sixième et dernière offensive des soviétiques est à nouveau contenue et stoppée. Toutefois avec la mort de Hitler, le 30 avril, toute idée d’utiliser la « forteresse » de Courlande comme tremplin pour une contre-offensive de dernière heure s’évapore. La capitulation de l’Allemagne et la reddition de l’ensemble de ses forces armées est désormais une question de jours. Pour les unités de la Luftwaffe basées en Courlande, cela ne signifie plus qu’une chose : il faut s’échapper vers l’ouest. L’ordre est donné au personnel de la JG 51 de rejoindre Copenhague afin de se rendre aux Anglais. A cause de problèmes de navigation et d’un réservoir défectueux, Horst Petzschler atterrit à Bulltofta, un aérodrome suédois, situé à quarante kilomètres de sa destination finale. C’est le début des ennuis.

L’internement à Grunnebo ressemble à un camp de vacances comparé avec ce qui va suivre. Un accord passé entre le gouvernement suédois et les autorités soviétiques condamne les prisonniers Allemands ayant combattus sur le front Est  à un transfert vers l’URSS, le 22 janvier 1946. Certains détenus préféreront se mutiler plutôt que d’être livrés aux Russes. Horst aura lui tout le temps d’apprendre à connaître la mentalité de ses nouveaux gardiens. Il est interné à Libau (Lettonie) puis à Mariupol (Sud de l’Ukraine). Trois ans et demi de privations au total. Les formalités accomplies, il peut rentrer en train à Berlin Ouest, le 22 septembre 1949 où il retrouve sa mère et sa sœur. Il apprend alors la mort de son père Walter, tué par les Soviétiques à la fin du conflit.

Il mettra six mois pour se remettre des épouvantes conditions à l’Est. En 1951, il retrouve un emploi de mécanicien dans une compagnie aéronautique anglaise. Après la séparation de l’Allemagne deux ans plus tard, il déménage à Toronto au Canada. Petzschler travaillera treize années dans le secteur automobile avant d’être engagé par le célèbre constructeur d’avions McDonnel Douglas à Fort Frie près de Buffalo (frontière entre le Canada et les USA). Après avoir participé à la construction du DC-9, l’ancien pilote de chasse rejoint la société Lockheed à Atlanta, en Georgie. Long Beach il travaille plus tard sur le Boeing 747 et vivote encore quelques années avant de poser définitivement ses bagages à Wichita, au Kansas.

Pensionné depuis 1988, Horst Petzschler vit aujourd’hui avec sa troisième épouse, Mélissa et leurs enfants. Durant la guerre il a participé à  297 vols de combat, principalement comme pilote d’assaut. Il est crédité de 26 victoires et a été touché à treize reprises (douze fois par la D.CA. et une fois par un Mustang).

 

Photos :

Collection Horst Petzschler

Sources :

« Day Fighters » David P. Williams, 2002, Cerberus

“WWII Combatants - Horst Petzschler » Stephen J. Bathy, 1999, Prince George Plastic Modellers.

Correspondance avec Mr. Horst Petzschler, 2004.

Le Focke-Wulf de Horst Petzchler vient d’administrer une rafale mortelle dans le moteur d’un appareil soviétique