WILLI UNGER ![]()

Willi Unger fut l’un des pilotes des Sturmgruppen
de la Luftwaffe qui ont engagé les vagues de bombardiers alliés. Leur
mission était simple : abattre l’ennemi par n’importe quel moyen…en
l’éperonnant si nécessaire !
Willi Unger est né le 27 mars 1920 à Warstein, petit village de Westphalie situé à une soixantaine de kilomètres de Dortmund. Il passe une enfance heureuse malgré les difficultés financières rencontrées par ses parents comme beaucoup d’Allemands dans les années 20. Agé de sept ans il entre à la Volksschule (l’école du peuple). Sa rapide passion pour l’aéronautique le pousse à rejoindre un groupe d’adolescents qui construit des modèles de planeurs dans une vieille usine désaffectée. En 1934, Willi incorpore la section vol des jeunesses nationales socialistes, formée un an plus tôt avec l’avènement d’Hitler. Il passe avec mention tous les examens et obtient son brevet en avril 1939. L’expérience du vol à voile constitue, certes, une base de départ. Mais seulement une base. Entre le planeur et l’avion à moteur, la différence est au moins aussi grande qu’entre un voilier et un canot à moteur.
Le jeune homme est employé pendant trois ans comme employé en tant qu’ajusteur dans une entreprise de Warstein, puis il reprend les cours au mois d’avril 39, et en ressort avec un diplôme de technicien. Lorsque l’invasion de la Pologne commence, Unger se porte volontaire dans la Luftwaffe. A l’issue de l’entraînement du conscrit il est posté en mai 1940 à Kaufbeuren dans une équipe de maintenance des avions. Mais Unger désire avant tout voler. Sa demande de transfert est reçue en décembre 1941 et il débute un entraînement intensif d’abord à Stettin, ensuite à Warnemünde.
La première partie de son instruction se clôturant le 29 avril 1943, le jeune pilote est envoyé à l’école de chasse de la Jagdeschwader 104, basée à Herzogenaurach, près de Nuremberg. Là-bas, il apprend à voler en formation sur biplan Heinkel 51, un appareil d’assaut utilisé lors de la guerre civile en Espagne. Il doit ensuite se familiariser aux monoplans Bf 108 et 109 (D et E). Au terme de l’ instruction, il est promu Unteroffizier et il consolide sa formation à la fin de l’année avec un Ergänzungsgruppe, près de Laleu, en France. Le néophyte peut enfin rejoindre la Jagdgeschwader 3 ‘Udet’ en janvier 1944 et vole sur Bf 106 G.
Au cours des premiers mois de l’année 1944, l’offensive de bombardements menée par l’US Air Force contre l’Allemagne entre dans une nouvelle phase, plus dévastatrice. Des formations de plusieurs centaines de bombardiers lourds, escortées par des nuées de chasseurs Mustang, Thunderbolt et Lightning, sont à même d’atteindre n’importe quel secteur du Reich à partir d’aérodromes situés en Angleterre et en Italie. Par ailleurs les unités affectées à la défense du Reich sont surclassées par le nombre. C’est à cette période très difficile pour la Luftwaffe que Willi Unger rejoint le IV./JG 3, le 10 mars 1944 à Salzwedel, dans le nord de l’Allemagne. C’est un groupe qui s’est déjà forgé une solide réputation sous le commandement du major Friedrich-Karl ‘Tutti’ Müller, un vétéran qui avait combattu en France, pendant la bataille d’Angleterre mais aussi en U.R.S.S. Ce nouveau Gruppenkommandeur est déjà titulaire de 122 victoires et porte la Croix de Chevalier avec Feuille de Chêne. Unger, lui, effectue son baptême du feu avec le 11 Staffel, le 8 avril 44. Le Gruppe surprend une force de B-24 américains qui attaque l’usine de production d’avions de Brunswick. Le duel s’engage au nord-ouest de la ville et le IV./JG 3 revendique neuf des trente bombardiers de la 2nd Bombardment Division perdus durant l’assaut. Le lendemain, l’Unteroffizier Unger abat un B-24 au-dessus de la Baltique, près de l’île de Rügen mais, faute de témoins, cette victoire ne lui est pas confirmée. Il doit donc patienter jusqu’au 11 avril pour décrocher un premier succès officiel. Willi décolle avec son unité à 12h40 au commande d’un Bf 109G-6 pour intercepter une formation de cent septante-deux B-17 appartenant à la 3rd Bombardment Division qui se dirige vers Rostock : « vers 13h15 j’ai établi le contact visuel avec l’ennemi dans la région de Warnemünde. J’ai attaqué une formation de Boeing par dessus et par derrière afin d’obliger l’avion qui se trouvait en queue de peloton à abandonner le reste du groupe. Celui-ci avait perdu de l’altitude et je l’ai à nouveau attaqué à 3 reprises par derrière. Les deux moteurs tribord ont pris feu, tout comme le moteur extérieur gauche et la partie inférieure de l’aile bâbord. J’ai aperçu six ou huit parachutes se déployer de l’avion. Le Boeing s’est ensuite déporté sur son aile gauche avant de plonger vers le sol et s’écraser à 13h30. »
Le 13 avril 44, la 8th Air Force reprend ses attaques contre le sud de l’Allemagne. Six cents bombardiers prennent l’air pour déverser leurs cargaisons mortelles sur Schweinfurt, Augsburg et Oberpfaffenhofen, sous la couverture d’une impressionnante escorte de neuf cents P-38, P-47 et P-51. Pour affronter cet adversaire on envoie le Sturmstaffel I : une escadrille de FW 190 à l’armement et au blindage renforcés, pratiquant des attaques à bout portant dénommées Sturm (assaut). Ce chasseur, surnommé Sturmbock (bélier d’assaut), engage les « lourds » américains, non par une passe frontale, mais par l’arrière, même si le feu défensif des bombardiers est plus puissant sous cet angle. Le Sturmstaffel 1 (escadrille d’assaut 1) avait été mis sur pied en octobre 1943. Ses chasseurs ne doivent plus engager les bombardiers ennemis par paires mais attaquer par groupe d’une douzaine d’appareils volant aile dans aile dans une formation en flèche pour concentrer leur attaque sur une section de la force de bombardement ennemie et obtenir ainsi un effet de choc maximum. Les Sturmbock sont accompagnés le 13 avril par les chasseurs Bf 109 du IV./JG 3. A 14 heures les chasseurs allemands vont attaquer cent cinquante-quatre B-17 entre Francfort/Main et Würzbourg. Quatorze quadrimoteurs de la 1st Bombardment Division sont détruits par les pilotes allemands. Unger fait partie des lauréats du jour ! Le 18 avril, il « poivre » deux autres B-17 en moins de cinq minutes lors d’une attaque sur Berlin et vingt-quatre heures plus tard, il devient un as en dominant un cinquième « Viermot » qui se désintègre littéralement dans les airs à 10h47 au-dessus de Raum Kassel. A la fin du mois, Willi en est à huit Luftsiegen !
Le 29 avril le IV./JG 3 et le Sturmstaffel I qui opèrent tous deux depuis l’aérodrome de Salzwedel sont réunis en une seule et même unité rebaptisée IV.(Sturm)/JG 3. Le Gruppenkpmmandeur est le Hauptmann Wilhelm Moritz, un as aux trente-cinq victoires. Le 8 mai, la nouvelle entité attaque une force de bombardement venant d’Angleterre pour bombarder Brunswick et Berlin. Le IV./(Sturm)/JG 3 décolle à 08h40 et une heure trente plus tard détecte une formation de B-24 sans escorte à cinquante kilomètres au nord-ouest de Hanovre. Durant la bataille, Unger descend l’une des machines ennemies mais il doit ensuite se poser en catastrophe : « Durant l’attaque j’ai ouvert le feu sur un Liberator se trouvant au milieu de la formation. J’ai touché à plusieurs reprises les deux moteurs gauches, le cockpit et le moteur intérieur droit. De larges flammes s’échappaient des moteurs gauches et la partie supérieure de l’aile était sérieusement endommagée. A l’instant où je rompais le combat le Liberator est parti en flammes vers le sol. A cause de l’importante masse nuageuse je ne l’ai pas vu s’écraser. Je rentrai à Salzwedel à basse altitude soudain, pris sous le feu de chasseurs adverses mon coucou a été touché. Le moteur s’est arrêté mais j’ai pu garder le contrôle de la machine. J’ai dépassé un terrain clôturé où se trouvait un troupeau de gros bétails pour finalement me poser sur le ventre dans un champ de maïs. J’ai eu beaucoup de chance car un de mes camarades qui volait juste derrière moi n’a pas survécu à cette attaque foudroyante(…) Un passant me prêta sa bicyclette pour me permettre d’atteindre rapidement le premier village sur la route. Le médecin local devait soigner mes blessures sur place. »
Après une courte période de convalescence, Willi rejoint son unité le 17 mai et se reconvertit sur Focke Wulf 190 A 8, un appareil spécialement étudié pour les attaques rapprochées contre les grosses formations de bombardiers alliés. En moyenne, trois obus tirés des deux nouveaux canons Mk 108 de 30mm suffisaient pour abattre un « lourd » . Cet avion d’attaque blindé allait remporter des succès notoires jusqu’à la fin du conflit.

Willi
Unger dans le cockpit d’un Bf 109 G-6 avant une mission.
Le IV./JG 3 continue à infliger des pertes aux formations de bombardement. Le 7 juillet, l’USSAF envoie 1129 Forteresses Volantes et Liberator de la 8th Air Force bombarder plusieurs cibles stratégiques dans la région de Leipzig. Le contrôleur au sol de la Luftwaffe transmet immédiatement les coordonnées d’interception au Major Walter Dahl qui se trouve à la tête d’une formation comprenant le Sturmgruppe du JG 3 et deux Gruppen de Bf 109 de la JG 300, soit une centaine d’appareils. Dahl mène son unité dans la queue d’une formation de bombardiers de Liberator du 429th bombardement Group, qui par chance se trouve sans couverture de chasse. Les pilotes du Sturmgruppe dirigé par l’Hauptmann Wilhelm Möritz déclenchent alors un tir dévastateur sur leurs victimes. Un Squadron de onze appareils du 492nd Bombardment Group est bientôt anéanti, deux B-24 tombant sous les balles de Willi Unger, promu Feldwebel le même jour : « L’attaque a débuté à 9h35 dans la région de Oschersleben. A 9h42 le Gruppe s’est placé derrière un box de Liberator, et j’ai ouvert le feu à une distance de 600 mètres sur l’un des quadrimoteurs volant au milieu de la formation. Suite à ma première rafale le feu s’est déclenché au niveau de l’aile droite ainsi que dans les deux moteurs tribord. J’ai continué à appuyer sur le pressoir jusqu’à ce que je me sois approché à 350 mètres de la cible. A cet instant, la partie gauche de l’avion s’est détachée. Une véritable boule de feu a entouré le fuselage et l’aile tribord. La machine ennemie a basculé et est tombé en flammes. Je n’ai pas regardé la suite car déjà je chargeai un second Liberator qui volait à droite de la formation. Je calquai ma vitesse sur celle de l’Américain pour pouvoir l’attaquer. A une distance de 300 mètres j’ai ouvert le feu de manière continue. Les obus des mes canons ont frappés le milieu du fuselage et le gouvernail de direction. Le mitrailleur arrière a directement été mis hors de combat alors que des pièces de l’empennage se détachaient de la masse. Dans la logique des choses le Liberator est descendu en spirale. J’amorçai un léger piqué et en passant près de mon adversaire, j’ai pu voir quatre parachutes s’ouvrir. Là non plus je n’ai pas observé l’impact au sol car il me fallait atterrir en raison du manque de carburant. »
Il s’agit des victoires onze et douze de notre as. Au total vingt-huit bombardiers ne rentreront pas à la maison dont vingt-trois sont à mettre à l’actif des pilotes du IV.(Sturm)/JG 3. Celui-ci déménage à nouveau et se retrouve quelques jours plus tard à Memmingen, une base nettement mieux équipée. Tout au long de l’été, le Sturmgruppe inflige des pertes sévères à l’US Air Force. Mais ces succès ont un prix, Willi Unger doit ainsi évacuer son appareil et sauter en parachute le 18 juillet après avoir obtenu son 12ème Luftsiege (un B-17) lors d’un raid de la 15th Air Force. La base de Memmingen subira une attaque en règle, cent septante personnes ont été tuées par les bombardements américains, dont quinze mécaniciens du IV.(Sturm)/JG 3. Le Gruppe a également perdu quatorze appareils et six pilotes sans compter une bonne vingtaine de machines endommagées au sol. En contrepartie, l’ennemi déplore la perte de trente-quatre bombardiers et deux P-51. Selon les critères de l’époque, c’est une action héroïque très profitable pour la Luftwaffe ! Willi et ses compagnons sont ensuite envoyés à Schongau, près de la frontière autrichienne pour mieux intervenir face à ce nouvel adversaire qu’est la 15th Air Force. La veille, Willi avait envoyé au tapis un B-17 près de Nurembreg. Il fera mieux encore le 3 août. Une imposante force de B-17 et B-24 dévaste Friedrichshafen en matinée. Le IV.(Sturm)/JG 3 intervient avant que les Viermots ne franchissent les trois frontières (Allemagne-Autriche-Suisse) lors du vol retour vers l’Italie. Le combat est spectaculaire et Willi Unger qui dirige un Schwarm, épingle deux Liberator en soixante secondes avant d’être touché pour la troisième fois dans sa fulgurante carrière : « A 11h30 le contact visuel est établi avec une force de bombardement qui volait en direction du sud-est vers l’Italie. Altitude : 6.500 mètres. Tandis que le gros du groupe était parti à l’assaut d’une imposante formation je dirigeai mon Schwarm contre un plus petit box composé de neuf appareils volant plus à droite. Par derrière et à une hauteur légèrement supérieure, j’appuyai sur le pressoir de mes armes de bord à 500 mètres de l’avion qui menait la dernière section touchant l’aile gauche, le fuselage et le gouvernail. Plusieurs pièces se détachèrent et le ‘ lourd’ finit par chuter verticalement. Je me dirigeai ensuite vers la section de tête et me plaçai en position de tir derrière un second Liberator. Ses deux moteurs droits furent bientôt en flammes. Une épaisse fumée noire, des fragments d’aile, du fuselage, du moteur et de l’empennage frôlèrent mon FW 190 A8 « 7 jaune +~ » . Deux membres d’équipage ne passèrent pas loin non plus ! L’avion piqua du nez en traînant un panache de fumée. Au cours du combat j’ai également subi le feu du mitrailleur arrière et mon réservoir d’huile a été touché. J’ai donc dû sauter en parachute à 4.000 mètres pour toucher terre à Knittelkarspitze dans les Alpes. »
De retour au terrain d’aviation de Schongau, il apprend la mort au combat de deux équipiers de son Schwarm : les Unteroffiziers Scholz et Zimkeit. Le bilan est de six chasseurs allemands tués ; la 15th USAAF a de son côté perdu onze B-24 ce 3 août 1944. Toujours au mois d’août, Willi Unger est promu Oberfeldwebel et se voit octroyer la Croix Allemande en Or pour les quinze « Abschüsse » obtenus en seulement dix-huit combats. Le dix-neuvième se déroule le 29 août à l’occasion d’un nouveau clash entre IV.(Sturm)/JG 3 et des B-17 au-dessus de la Tchécoslovaquie. Unger est crédité d’un des trois quadrimoteurs de la 15th Air Force abattu pendant la mission. Sa seizième victime tombe à 10h46 à proximité de la ville de Trentschin dans les Montagnes Blanches.

Willi
pose sur son Focke-Wulf 190 A-8 (17 jaune) équipé de canons de 20mm MG 151/20
dans les ailes
Le groupe de Unger poursuit sa « nomadisation » en atterrissant tout d’abord à Jüterborg (26/8) et ensuite à Schafstädt (30/8). Les combats sont fréquents à la fin de l’été 1944. En effet, le 11 septembre, le Sturmgruppe balaye du ciel treize « lourds », principalement du 92nd Bombardment Group, et détruit encore sept autre B-17 en moins de cinq minutes. Willi en profite pour gonfler son tableau de chasse à dix-huit victoires. Il explique la tactique utilisée par le IV.(Sturm)/JG 3 : « Avec les Bf 109G nous ouvrions le feu de face sur l’ennemi. Après être passé à l’intérieur de la vague, nous nous reformions aussitôt pour effectuer une seconde passe. Au commande de nos FW 190 nous avions pris l’habitude de nous placer derrière les bombardiers. Lorsqu’un Sturmstaffel se trouvait en bonne position à environ 1.000 m derrière ‘ son’ squadron de bombardiers, le chef de Staffel ordonnait à ses appareils de se disposer en ligne de front. Au cours de l’approche, chaque homme choisissait un bombardier et se dirigeait vers lui. Nous nous placions à environ 100 m avant d’ouvrir le feu. A cette distance, nous ne pouvions manquer la cible. Malgré des succès probants, nous avons du déplorer de lourdes pertes. Lors d’attaques frontales nos appareils devaient soutenir le feu roulant des bombardiers et derrière l’ennemi ils représentaient des proies faciles pour les chasseurs adverses. » C’est de cette façon qu’Unger obtient son dernier succès du « Reichsverteidigung » (Défense du Reich), le 7 octobre. Après avoir descendu un B-17 il échappe à la poursuite de deux chasseurs adverses et rentre indemne à Schafstadt. Le 23 octobre, le natif de Wartsein se voir remettre la très convoitée Croix de Chevalier par le Gruppenkommandeur, le Major Wilhelm Moritz. Malgré d’autres succès obtenus par le IV.(Sturm)/JG 3 durant l’automne et l’hiver 1944, les vastes formations de chasseurs qui balaient le ciel autour des bombardiers rendent les missions de plus en plus coûteuses et on finit par y mettre un terme. Les chasseurs allemands sont désormais attaqués sur leurs propres bases, et la pénurie d’essence commence à se faire sentir. Le destin de l’Allemagne est scellé, mais la Luftwaffe va se battre jusqu’au dernier jour.
Willi profite d’une permission pour rentrer à Warstein et épouser sa fiancée, Anni le 24 décembre. Le désormais Leutnant Unger doit ensuite se rendre à Königsberg Neumarkt, à l’est de l’Oder, afin de suivre un stage de perfectionnement. A l’issue de deux semaines d’entraînement il retrouve son unité à Prenlau pour affronter un nouvel ennemi : l’aviation soviétique. « Durant le ‘ Reichversteidigung’, nous avons opéré en escadrille ou en groupe, par contre nous avons mené des vols en petite formation sur le front de l’Oder. Des petites unités comme la Rotte (paire) ou le Schwarm (quatre appareils) s’y prêtaient mieux en raison de la liberté de manœuvres qu’elles offraient. Nous avons effectué des Freie Jagd (chasse libre), des attaques à basse altitude mais aussi le parachutage de caisses contenant des mines anti-personnel ou encore des missions d’escorte de stukas. Les vols en rase motte étaient particulièrement dangereux car les troupes soviétiques au sol n’hésitaient pas à répliquer. Même si les pilotes de l’Armée Rouge et leurs machines n’avaient rien à nous envier, j’affirme que les combats au cours de la défense du Reich étaient bien plus ardus. Je suis convaincu que les plus grands duels aériens ne se sont pas déroulés sur le front, mais bien en Allemagne. »

Willi
Unger et son fidèle FW 190 A-8 doté d’un tube lance roquette sous le fuselage,
mai 1944.
Unger en tant que Staffelführer de la 14ème escadrille participe à de nombreuses opérations d’attaque au sol en soutient de l’armée. Le 15 mars 1945, il descend deux Pe-2 au-dessus de Greifenberg, en Poméranie. S’en suit une reconversion sur Messerschmitt 262, le premier chasseur à réaction, sur l’aérodrome de Lechfeld avec un Ergänzungruppe dirigé par le Major Heinz Bär, le pilote ayant remporté le plus grands nombres de victoires sur jet. Willi n’a pas le temps d’effectuer une mission au commande du Me 262 car déjà les troupes américaines envahissent Lechfeld. En mai, Unger et des compagnons des 3ème et 7ème escadres sont arrêtés et internés dans un camps de Regensburg. Compte tenu du chaos régnant à l’époque, des mauvaises conditions climatiques et surtout de la pénurie d’eau et de nourriture, les conditions de détention sont précaires. Heureusement le calvaire ne dure que quelques jours, le 28 mai 1945, Willi Unger est libre. Il rentre à Warstein en compagnie d’Anni et est engagé dans une exploitation de carrières pour laquelle il travaillera jusqu’à sa retraite, le 31 décembre 1981. Au début des années 50, il poursuit sa passion en participant à des compétitions de planeurs. Il a ainsi effectué 8.000 sorties pour 3.100 heures de vol. Disponible, Willi a toujours répondu aux sollicitations concernant sa carrière avec le Sturmgruppe. Il est à signaler que les pilotes du IV.(Sturm)/JG 3 ont évité que 30.000 tonnes de bombes supplémentaires ne tombent sur leur pays, sauvant ainsi de nombreuses vies humaines.
Remerciements : Willi et
Andrea Unger
A Lire sur le sujet :
« Day
Fighters » David P. Williams, 2002, Cerberus

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