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Rapport de Mars 2008 : (Reproduction du courrier adressé aux donateurs) Bessamorel, le 7 Mars 2 008 Madame, Monsieur, Mademoiselle, Chers Amis L’année 2 008 a malheureusement débuté par une note très triste pour notre association puisqu’elle a perdu son inspirateur en la personne du Père François CHANIAC, décédé le 27 Janvier dernier. Le Père François nous avait communiqué l’amour de l’Afrique et des Africains dont il savait parler mieux que quiconque, après plus de cinquante ans de vie missionnaire en Afrique de l’Ouest. Son corps repose désormais au cimetière de BOBO DIOULASSO, comme il l’avait souhaité. Pour nos amis de Nassan, l’année écoulée s’est achevée tristement elle aussi ; en effet, par suite d’inondations dramatiques durant la saison humide, une maison du village s’est effondrée sur ses habitants, tuant un enfant et laissant la mère de famille avec la colonne vertébrale fracturée. L’association doit naturellement se préoccuper du sort de cette famille frappée durement par le destin. Le prochain voyage de Franck, qui part au Burkina Faso le 12 Mars prochain, , permettra sans doute d’y apporter une réponse. Les dernières récoltes de mil n’ont pas été bonnes par suite de pluies trop violentes qui ont endommagé les cultures. De surcroît, la saison des pluies a été plus courte qu’à l’accoutumée, ce dont a souffert particulièrement le maïs. Les micro-crédits qui ont été concédés l’an dernier constituent un réel succès. Ils sont en effet un moyen efficace pour gagner son indépendance économique et combattre la disette ou la famine. Il convient cependant de distinguer entre les micro-crédits concédés aux femmes, qui sont remarquablement et ponctuellement remboursés, de ceux dont ont bénéficié les hommes, lesquels sont loin, à ce jour, d’être remboursés. Nous avons donc accordé sans hésiter de nouvelles lignes de crédit à 50 femmes qui désiraient engraisser des moutons suivant le principe suivant : une femme achète un agneau au prix de 25 000 Francs CFA environ ( soit 38 Euros ). Elle engraisse cette bête pendant un an pour le revendre au moment de la fête du mouton ( fête de l’Aïd que l’on nomme Tabaski en Afrique noire ), soit lorsque le cours de l’animal est le plus élevé, lequel peut atteindre 65 000 à 75 000 Francs ( 100 à 115 Euros ). Le remboursement s’effectue après la vente de l’animal. Quant aux emprunteurs qui semblent peu pressés de rembourser, nous avons clairement indiqué que le remboursement total des micro-crédits en cours était la condition de l’octroi de nouveaux micro-crédits. Les villageois qui avaient décidé de faire du jardinage nous ont demandé un nouveau crédit pour acquérir des nouvelles semences, celles que nous avions apporté n’ayant pas levé convenablement. Nous avons donc accordé un crédit de 445 000 Francs CFA, soit 670 Euros. L’école du village comprend à l’heure actuelle 5 classes alors qu’il y a 6 niveaux ( CP1, CP2, CE1, CE2, CM1 et CM2 ). Comme il manque une salle, les CM1 sont installés dans un bâtiment éloigné de l’école, bâtiment qui devrait servir aux cours d’alphabétisation. Aussi avons-nous décidé d’accepter la demande des parents d’élèves de construire une sixième salle de classe à proximité des autres classes. Son coût s’élève à 2 463 000 Francs CFA, soit 3 703 Euros. Nous espérons ainsi que l’alphabétisation pourra reprendre. Il nous a été demandé de permettre la constitution d’une bibliothèque au village. L’initiative nous a paru intéressante et nous nous sommes engagés à apporter des livres à chaque passage au village. Les deux équipes de football de NASSAN ont été pourvus de nouveaux maillots, blancs et verts. La confection de ces maillots a été confiée à Gosso BORO, lequel a été rémunéré à cet effet. Les instituteurs et parents d’élèves nous ont demandé de distinguer les meilleurs élèves de leurs classes en leur offrant des tea-shirts sur lesquels serait portée l’inscription suivante : « Excellence Nassan 2 008 ». L’idée paraissant intéressante pour motiver les enfants, nous avons fait confectionner ces tee-shirts pour les remettre au directeur de l’école. Durant l’année 2 007, nous avions financé l’opération de Sali BORO, femme d’une quarantaine d’années qui souffrait d’incontinence chronique suite à ses accouchements. L’opération s’est bien passée, et nous avons le plaisir de vous dire que Sali a enfin retrouvé sa place dans la société villageoise, qu’elle n’est plus mise à l’écart. J’aurais voulu vous montrer le visage de cette femme, illuminé de bonheur, lorsqu’elle est venue nous remercier, vous remercier. Le fauteuil roulant de Souhabou arrive maintenant en bout de course et il faut envisager de la remplacer. La table d’accouchement qui a été donnée à l’association va arriver à NASSAN grâce aux pompiers du Puy en Velay qui ont eu la gentillesse de l’acheminer gratuitement . Les futures accouchées auront ainsi un peu plus de confort. Rappelons que jusqu’à ce jour, l’accouchement s’effectuait sur une planche en bois. Nous envisageons en outre de faire carreler la case-maternité pour des raisons d’hygiène. Pour en finir avec le village, sachez que les crédits habituels ont été reconduits pour la pharmacie, les nécessiteux, et les fournitures scolaires. A BOBO DIOULASSO, la pouponnière DEN KANU continue d’entourer de ses bons soins les 45 bébés qui y séjournent. Les 23 femmes qui y travaillent avec dévouement ont reçu de l’association, en sus de leur salaire, une aide en nourriture : 100 kg de riz, un peu d’huile, de savon et de thé pour chacune d’elle. Le plaisir est toujours le même à vivre au milieu de toute la communauté dirigée par Maria KEITA. Celle-ci nous a demandé de remercier les donateurs pour leur générosité et leur constance à nous soutenir. Nous associons également à ces remerciements ceux, très nombreux, qui nous ont été adressés à votre intention par les habitants du village de NASSAN A notre tour de vous remercier de votre soutien et de vous adresser toute notre reconnaissance.
Rapport de Juillet 2007 : (Reproduction du courrier adressé aux donateurs) Bessamorel , le 3 Juillet 2007 Madame, Mademoiselle, Monsieur, Chers amis, Nous avons bien tardé à vous adresser les présentes et nous vous prions de nous en excuser . Franck est parti au Burkina au mois de Janvier dernier, Pascale et Agnès y sont allées en Février. Tout dernièrement, nous avons reçu la visite de notre ami et correspondant burkinabé Adama, lequel nous a transmis les dernières nouvelles du village de Nassan et de la pouponnière Den Kanu. En ce qui concerne la pouponnière, il y avait lors de notre dernier passage 49 enfants pour 23 femmes s’occupant d’eux . Les salaires de celles – ci ; auxquels il faut ajouter celui du gardien, du jardinier et du médecin s’est élevé à 10500 Euros pour l ‘année écoulée. L’association a pris en charge une partie des frais médicaux auxquels le personnel de la pouponnière a été contraint de faire face . Toutefois, nous avons laissé un quart du montant à leur charge. Notre passage a été l’occasion de laisser à chaque membre du personnel un cadeau constitué d’un sac de riz de 50 kg, un morceau de savon, une bouteille d’huile et du thé. Au Burkina, à la différence de chez nous, on n’offre à ses amis que des produits nécessaires, voire indispensables ; il serait hors de propos d’offrir des fleurs, des gâteaux ou autres cadeaux habituels chez nous . Quant au village, sachez d’abord que Nassan s’est donné un nouveau chef, le précédent, très âgé ,étant décédé l’année dernière. Les discussions avec les villageois nous ont permis de saisir l’importance , et partant l’urgence , de réaliser une aire de jardinage d’une surface suffisante pour permettre à la population d’avoir des légumes en quantité suffisante pour permettre à la population d’avoir des légumes en quantité suffisante pour leur alimentation ( qui souffre de fortes carences en vitamines) mais aussi pour vendre sur le marché de Tougan, la ville voisine située à 10 kms environ. Une clôture étant nécessaire pour protéger les cultures ( les zébus étant totalement libres de leur mouvements durant toute la saison sèche pour pouvoir se nourrir) nous avons fait l’acquisition de piquets, rouleaux de fil de fer et quelques jours plus tard une parcelle de 5000 m² environ était opérationnelle. Encore fallait-il creuser deux puits, ce qui est à ce jour réalisé ; et disposer des graines en quantité suffisante , ce qui nous a été possible grâce à des dons de commerçants et des maraîchers d’Yssingeaux. Voilà donc les jeunes du village au travail pendant la saison sèche, laquelle dure près de huit mois. Cette réalisation nous tenait particulièrement à cœur et voilà plusieurs années que nous réfléchissions avec les villageois aux modalités de ce projet. Si celui-ci devait rencontrer le succès escompté, nous n’excluons pas de réaliser un autre jardin potager qui, comme le premier, serait partagé en plusieurs parcelles attribuées à des familles du village qui en font la demande. Toujours dans le cadre du développement économique du village, nous avons mis en place de nouveaux micro-crédits dont le financement est assuré par le remboursement des micro-crédits venant à terme. Sur le plan sanitaire, il nous a fallu prendre en charge le lait nécessaire à l’alimentation d’un bébé dont la mère a contracté le virus du sida ( on ne prononce jamais ce mot maudit, on parle seulement de la maladie). En effet, la maman ne pourrait donner le sein à son bébé sans risquer de lui transmettre sa maladie. Et comme la famille de l’enfant ne dispose pas de l’argent nécessaire pour acheter du lait, l’association prend en charge cette dépense. Il s’agit du premier cas de sida enregistré à Nassan. Nous avons appris dernièrement que la jeune maman était décédée le 14 Mai. La grand-mère s’occupera désormais de l’enfant. Les villageois nous ont présenté à une femme souffrant d’incontinence grave à la suite d’un accouchement et générant des odeurs évidemment très désagréables. Sans ressources et depuis une quinzaine d’années, cette personne vit à l’écart du reste de la population seule avec son père lui aussi indigent puisque le mari et l’enfant sont décédés.. Suite à une visite chez l’urologue, nous avons pris en charge son opération. Celle-ci doit avoir lieu incessamment. Le stock de médicaments ; anti paludéens pour l’essentiel a été reconstitué. Le fauteuil roulant d’Abou, désormais inutilisable, a été remplacé de même qu’ont été acheté deux autres fauteuils : l’un pour Jean-Pierre Boro, atteint de myopathie et qui a beaucoup de peine à se déplacer et l’autre pour Gosso qui a perdu l’usage de ses jambes dans un accident de travail. Les nécessiteux du village, au nombre d'une petite vingtaine, ont également reçu leur dotation semi-annuelle de farine de mil. Cette année, la case d’accouchement s’est agrandie d’un petit dispensaire qui abritera les réserves de médicaments et permettra à l’infirmier de disposer d’un lieu pour prodiguer les soins aux villageois. A proximité un puits est en construction qui permettra aux accouchées de prendre une douche. Les travaux sont assumés par les villageois et les fournitures prises en charge par l’association. Le comité des femmes de Nassan nous a fait part de son souhait de créer une case dans laquelle les femmes pourraient fabriquer des produits artisanaux (savon, couture, tissage…) Ce lieu serait aussi un centre d’apprentissage, la formation faisant partie du projet de développement du village. Et comme nous le dit Elisabeth, notre référente au village, aider la femme, c’est aider toute la famille, car dans la société africaine, les charges reposent essentiellement sur les épaules de la femme. L’association continue d’assumer la prise en charge des fournitures scolaires à hauteur de 90% de leur montant, le reste étant réglé par les familles. Actuellement, ce sont près de 70% des enfants en âge scolaire qui sont scolarisés. A notre départ de Nassan, nous avons rendu visite au Frère Michel, responsable du dispensaire Saint Camille à Ouagadougou, qui inlassablement continue de soigner des centaines de personnes par semaine et traque le virus du sida. Une somme de 3000 Euros lui a été remise pour lui permettre de faire face à ses dépenses. Voici sommairement exposé les faits et projets les plus marquants depuis notre dernier courrier. Pour ceux d’entre vous qui seraient intéressés par un parrainage d’enfant, nous vous indiquons qu’une nouvelle association a été créée dont nous vous donnons les coordonnées : Association TOUBABOU PARRAINAGE Marie-Hélène Giroud 83 quai Charles de Gaulle 69006 LYON Tél : 06 33 17 64 60 site : http://toubabouparrainage.free.fr courriel : toubabouparrainage@free.fr Nous tenons à vous transmettre les remerciements les plus touchants et les plus sincères de l’ensemble des personnes qui, grâce à vos dons, parviennent à avoir une vie moins difficile . Avec toute notre reconnaissance pour votre générosité , nous vous assurons de toute notre amitié.
Rapport de Mars 2006 : (Reproduction du courrier adressé aux donateurs) Le 7 mars 2006 Madame, Mademoiselle, Monsieur, Chers Amis, Voilà plus d'un an que je ne me suis pas manifesté à vous pour vous rendre compte des activités de l'association BOBO-BEBE. Cette année a été particulièrement riche tant au niveau de la Pouponnière DEN KANU de Bobo Dioulasso qu'à celui du village de NASSAN. S'agissant de ce dernier, nous avons eu l'occasion d'octroyer deux séries de micro-crédits à une vingtaine de villageois. Ces prêts sont accordés par l'association en vue de la création d'une activité économique. Ils sont consentis sans intérêt et doivent être remboursés au plus tard trois ans après le déblocage des fonds. En l'espèce, l'association a accordé ces micro-crédits pour permettre aux bénéficiaires de faire de l'élevage de poulets. L'argent sert à l'acquisition des animaux mais aussi des produits phytosanitaires nécessaires aux soins des poules et des poussins. L'argent que cette activité permettra de dégager constituera une réserve dans laquelle il sera possible de puiser dans l'hypothèse d'une disette, toujours récurrente dans la province où se trouve NASSAN. Les sommes ainsi versées se sont élevées à 1 300 000 F CFA soit environ 2 000 euros. Par ailleurs, nous avons pu visiter la nouvelle maternité, construite grâce à l'association. Elle a été inaugurée en ce début d'année. Deux des trois puits financés par vos dons ont été creusés, le troisième devant l'être durant la présente saison sèche. La population est particulièrement satisfaite de pouvoir compter sur la possibilité d'acquérir des médicaments à prix réduits. Il nous a été indiqué que pour la seconde année consécutive, aucune personne n'est décédée à NASSAN par suite d'une crise de paludisme. Cette aide représente une somme annuelle de 600 000 F CFA, soit environ 915 euros. L'octroi par l'association des fournitures scolaires aux enfants du village (avec une contribution de 10 % par les parents) a eu un effet immédiat sur le taux de scolarisation puisque les instituteurs et les représentants des parents d'élèves nous ont dit que le nombre d'élèves avait augmenté à la dernière rentrée, ce que nous confirmons pour avoir dû payer des fournitures pour quinze élèves de plus que l'année précédente. Notre contribution cette année pour ce poste budgétaire s'est élevée à 1 050 000 F ce qui représente environ 1 600 euros. Nous nous proposons maintenant de permettre à la population de se donner les moyens matériels de pourvoir par elle-même au paiement des sommes consacrées aux médicaments et aux fournitures scolaires. Pour y parvenir, nous envisageons de créer avec les villageois des parcelles destinées au jardinage. Les produits récoltés pouvant être vendus à la ville voisine engendreraient des ressources financières nécessaires au paiement par les familles de leurs dépenses scolaires et de santé. En développant les activités de jardinage et d'élevage, nous avons l'ambition de permettre aux habitants d'être auto-suffisants. Si nous y parvenons, nous aurons réalisé notre objectif et pourrons laisser désormais ce village se développer par lui-même, sans aide extérieure. Et c'est bien là notre but et notre raison d'être : aider afin que, par la suite, l'aide extérieure ne soit plus nécessaire. Il va sans dire que si nous réalisons cet objectif ambitieux, nous ne délaisserons pas NASSAN. Les liens affectifs avec les familles de ce village sont bien trop forts pour qu'il en soit autrement. La pouponnière DEN KANU a vu arriver les soeurs Thérèse, Agathe et Pascaline aux côtés de Maria KEITA. Quarante huit enfants sont actuellement accueillis et soignés. Pendant les trois premiers mois de l'année 2006, deux jeunes infirmières de notre département sont venus aider gratuitement les soeurs. Merci de tout coeur à elles. Vingt trois femmes travaillent à la pouponnière, ce qui représente un montant annuel de salaires de 7 000 000 F CFA, soit 10 700 euros. D'autres associations ont eu la généreuse idée de financer une crèche et un jardin d'enfants afin de permettre aux enfants de rester à DEN KANU si nécessaire. La réalisation est en cours. A Ouagadougou, le frère Michel continue, jour après jour, d'accorder des consultations médicales aux populations déshéritées qui le voisinent, à raison de 150 à 250 consultations par jour. Nous continuons naturellement notre aide en octroyant 3000 euros par an au frère Michel. (site du dispensaire : http://toubabouparrainage.free.fr/dispensaire.htm) A la fin de notre voyage, nous avons rendu visite à Yacouba et Awa, un couple de paysans auquel nous avions accordé il y a trois ans un micro-crédit de 250 000 F, soit 380 euros. Nous avons pu constater que les engagements pris avaient été respectés et que l'argent prêté avait été utilisé comme convenu à la construction d'un poulailler. Le remboursement du prêt va donc s'effectuer incessamment comme prévu initialement. Ce micro-crédit a semble-t-il permis à cette famille d'améliorer sa situation matérielle de façon significative : l'effectif de la basse-cour s'est accru de façon importante, des brebis ont été achetées, Yacouba confectionne quelques vêtements en plus de son activité principale et toute la famille semble beaucoup mieux nourrie que précédemment. Voici brièvement rapporté, Chers Amis, ce qui a fait la vie de l'association BOBO-BEBE depuis notre dernier courrier. Nous vous remercions de votre générosité et surtout de votre constance à nous soutenir, car notre action s'inscrivant dans la durée, c'est également dans la durée que votre aide nous est la plus utile. Le village de NASSAN, les Soeurs de DEN KANU, les femmes travaillant à la Pouponnière et le frère Michel se joignent aux membres de l'association pour vous assurer de leur fraternelle reconnaissance. Franck FABRY
Rapport de novembre 2004 : (Reproduction du courrier adressé aux donateurs) Le 30 Novembre 2004 Madame, Mademoiselle, Monsieur, Chers Amis, J’ai plaisir à prendre contact avec vous pour porter à votre connaissance les nouvelles de notre association que vous aidez si généreusement. Nos amis africains nous ont demandé de vous remercier de tout cœur pour tout ce qui peut être fait pour eux. « Anikié » (merci en langue dioula) à tous. Notre prochain voyage s’annonce pour bientôt puisque nous serons au Burkina Faso du 15 Décembre au 6 Janvier prochain. Noël se passera à la pouponnière en compagnie de Maria Keita, de ses sœurs, des nounous et des 48 enfants. Nous fêterons le jour de l’an à Nassan avec les villageois. Le précédent voyage a eu lieu début juin. Il a permis de constater que les projets ont été en tout ou partie réalisés. A Nassan, par exemple, nous avons constaté que les douze premières latrines avaient été installées. La troisième salle de classe de l’école est à ce jour opérationnelle. Mais nous avons tenu cette fois à témoigner une attention particulière en direction des représentants des différentes confessions religieuses. C’est la raison pour laquelle nous avons rendu visite à l’imam, au pasteur, au catéchiste catholique (qui supplée le prêtre) et au chef de terre. Ce dernier dirige la communauté animiste, c’est à dire la religion traditionnelle. Ces entrevues sont essentielles si l’on veut participer à la vie du village, si l’on veut comprendre les réactions des habitants et si l’on veut soi- même éviter de commettre trop d’erreurs dans nos rapports avec eux. Dans la mesure où un projet s’inscrit dans la durée, que celui-ci soit au Burkina où ailleurs, il est indispensable de connaître la cosmogonie des personnes avec lesquelles on a mis en place un partenariat. Dès lors, il convenait de cerner les traits les plus essentiels de la religion animiste qui était celle des religions dont nous n’avions qu’une connaissance très approximative. Notre contact avec le chef de terre a été un des moments forts de notre voyage. Celui-ci nous a dévoilé les fondements de sa religion au cours d’une discussion particulièrement chaleureuse. Nous aurons l’occasion ultérieurement de revenir de façon plus approfondie sur ce sujet, une fois que nous aurons pu étudier plus encore la matière. En tout état de cause, nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper, que chacun, dans le village, quelle que soit sa religion est animiste à un degré ou à un autre. En somme l’animiste constitue le fonds culturel commun à tous sur lequel se surajoute une autre religion (islam, catholicisme, protestantisme). Quant à notre ami Gosso, dont nous vous avions parlé dans notre dernier courrier pour vous dire qu’il devait être opéré prochainement, il n’a toujours pas pu l’être. L’hôpital de Nanoro, dans lequel nous nous sommes rendus nous a promis d’appeler notre chauffeur dès qu’une place serait disponible pour Gosso. A ce jour, rien n’a été fait si ce n’est que les radios ont été prises. Mais nous pouvons vous dire que nous ferons tout ce qui sera en notre pouvoir lors de notre prochain séjour au Faso pour que cette personne puisse être opéré dans les meilleurs délais. A Ouagadougou, les sœurs de l’Annonciation nous ont demandé de les aider à trouver des personnes acceptant de parrainer les études d’enfants qui devraient quitter l’école faute de moyens financiers pour les poursuivre. La même demande émane également du lycée Saint Viateur de Ouagadougou avec lequel nous entretenons de très bonnes relations. A Bobo-Dioulasso, des parrainages de ce type sont déjà en place. Si certains d’entre vous étaient intéressés par ces parrainages, nous vous mettrions en contact direct avec les sœurs ou le lycée . Nous tenons en effet à ce que ces enfants soient suivis sur place par des personnes de confiance. Toujours à Ouagadougou, le Frère Michel continue infatigablement son travail ô combien utile en direction des personnes atteintes du VIH. Le Frère Eloi, avec lequel il travaillait jusque là est parti déployer son énergie au Chili. Nous envisageons bien évidemment de reconduire l’aide qui avait été apportée au Frère Michel au mois de Mars dernier. La pouponnière Den Kanu de BOBO-Dioulasso a reçu au mois de mai dernier un fort lot de draps, de vêtements pour enfants et pour adultes que nous avions collecté depuis quelque temps et qui a été convoyé par camion par Jean Pierre Barthélémy et ses amis pompiers. Nous assurons toujours à la pouponnière un actif soutien. Les salaires des femmes y travaillant doivent encore être relevés un peu (de 7 euros par mois et par femme) pour permettre à leur famille de disposer du minimum. C’est un effort de plus qu’il convient de consentir car de l’avis de Maria Kéita, la supérieure , leur salaire actuel, malgré les augmentations déjà accordées, ne permet pas à ces femmes, souvent confrontées à une situation familiale difficile (veuvage, sans mari, avec un mari sans travail, avec un mari handicapé etc….) d’assurer la subsistance de leur nombreuse famille. Nous vous remercions de votre aide pour réaliser ce pas supplémentaire. Le dernier projet en gestation consiste à permettre la création de jardins potagers chez les familles qui en exprimeraient le souhait à Nassan. Pour les besoins de l’irrigation nécessaire, il serait fait l’acquisition de tonne à eau disposant d’un goutte à goutte. Un dispositif de cette nature, dont nous avons pu apprécier la valeur dans une foire artisanale à Ougadougou coûte environ 150 euros. L’association ferait l’avance des fonds aux acquéreurs potentiels et un micro –crédit leur serait consenti sur une durée restant à définir. Vous vous rappelez sans doute que dans un précédent courrier, nous avions évoqué un projet de jardin potager collectif devant être géré par les instituteurs. Ce projet a dû être abandonné, au moins pour l’instant, car l’entretien du matériel par une structure collective est beaucoup trop aléatoire.. Nous lui préférons la création de jardins potagers privés, qui présentent de meilleures potentialités de succès. Comme vous le voyez, les projets ne manquent pas . Votre aide nous est bien entendu primordiale puisque sans vous, nous ne pourrions réaliser tout ce qui a été fait et tout ce qui sera fait demain. Avant de repartir au Burkina, nous voulions également vous souhaiter à toutes et tous de très bonnes f^tes de fin d’année. Avec nos fraternelles salutations.
Rapport du voyage de mars 2004 : (Reproduction du courrier adressé aux donateurs) le 31 mars 2004, Madame, Mademoiselle, Monsieur, Chers Amis, Nous voici depuis plus d’un mois revenus du Burkina Faso et il est grand temps de vous rapporter les évènements les plus saillants de ce dernier voyage. Lors de notre arrivée à OUAGADOUGOU, nous avons décidé de rendre visite une nouvelle fois à deux religieux, l’un français, l’autre italien, qui s’occupent activement d’un dispensaire et d’un centre d’accueil et de traitement de malades du SIDA. Nous avons immédiatement compris, à la vue de ces malades, quelle était la détresse de ces personnes. Il convient de savoir qu’en Afrique, le SIDA constitue un tabou absolu : il est même inconcevable de prononcer son nom. Si l’un de vos proches est atteint de cette maladie, on dira seulement qu’il est malade. De surcroît, ces malades sont rejetés par leur famille et leur entourage ; or la solitude est bien la pire des choses qui puisse arriver à un Africain. Le Frère Michel et le Père Eloi, aidés d’une équipe de 25 personnes, travaillent sept jours sur sept à dépister et à soigner cette peste du XXIème siècle qu’est le SIDA. Et que dire des moyens dont ils disposent : sans électricité mais avec des piles solaires qui ne fonctionnent qu’une partie de la journée, il faut faire face à tout : environ 150 à 200 consultations par jour pour le seul Frère Michel (oui, vous avez bien lu, 150 à 200 consultations !), les analyses de sang, d’urines, de selles, sans oublier l’accompagnement humain et spirituel des malades qui compte autant que le traitement purement technique de la maladie. Afin de vous permettre d’avoir une meilleure connaissance de cette initiative absolument époustouflante, j’avais demandé au Père Eloi de m’adresser une note à ce sujet, chose qu’il a bien voulu faire. J’ai donc plaisir à joindre aux présentes son texte : « Tu souffres ? il y a une place pour toi ». Le problème majeur étant de disposer des moyens financiers nécessaires pour acheter les médicaments nécessaires au traitement des enfants infectés par le virus du SIDA, nous avons assuré le Frère Michel et le Père Eloi que nous mettrions tout en œuvre pour leur venir en aide. Nous comptons naturellement sur votre générosité mais aussi sur votre force de conviction pour qu’autour de vous un mouvement de générosité se dessine en faveur de ce Centre d’Accueil Notre Dame de Fatima de OUAGADOUGOU. Nous avons laissé le Frère Michel et son grand sourire pour retrouver les rires des sœurs de la pouponnière DEN KANU à BOBO DIOULASSO, à près de quatre cents kilomètres de là. A la pouponnière, tout va bien : « Ba si tè » dit-on en dioula. Quarante neuf enfants soignés, nourris, et aimés par toute l’équipe réunie autour de Maria Keita. Nous avons tenu à augmenter les salaires des femmes travaillant à la pouponnière : 5 000 CFA de plus par mois pour chacune d’entre elles, soit environ 7.6 €uros. C’est encore peu, mais nos moyens ne nous permettent pas davantage et d’autre part il convient de rester en phase avec les salaires pratiqués dans le pays. Nous avons en outre assuré les femmes que leur famille et elles-mêmes pourraient désormais acheter les médicaments nécessaires à des prix réduits, l’Association BOBO BEBE prenant en charge une partie de leur coût. Le village de NASSAN nous a accueilli comme à son habitude avec ses manifestations de joie à notre endroit. Le lendemain de notre arrivée fut une journée de fête dans tout le village : spectacle de luttes traditionnelles entre les jeunes gens de Nassan et des villages voisins et bal populaire en soirée. Notre visite a été l’occasion de concrétiser nombre de projets. En premier lieu, nous avons réglé la facture relative à la construction de trente latrines avec un couvercle en ciment dans différents points du village. Nous avons également réglé la somme nécessaire à la formation de deux femmes chargées d’informer la population des moyens de lutte contre le SIDA. Bien entendu, nous avons reconduit notre aide concernant les acquisitions de médicaments antipaludéens et antidiarrhéiques. Quant aux réticences de quelques parents au sujet de la nécessaire contribution de tous au paiement des fournitures scolaires, sachez que celles-ci sont définitivement levées. Les visites rendues aux différentes familles ont été l’occasion pour nous de découvrir le cas de notre ami GOSSO. Cet homme d’une trentaine d’années est aujourd’hui immobilisé sur sa paillasse, dans sa case, suite à une chute qu’il a faite dans un puits perdu, laquelle chute lui a brisé les deux jambes. Celles-ci son horriblement déformées et le pauvre homme est désormais dans l’incapacité de pouvoir nourrir sa femme et ses six enfants. Nous avons donc débloqué aussitôt une aide d’urgence sous forme de 100 kg de mil et de 50 kg de riz. Mais il fallait faire quelque chose pour cet homme : le soigner et tenter de sauver ses membres inférieurs. Gosso a donc été conduit dans un hôpital à 100 km de son domicile et des radios lui ont été faites. Il sera opéré lorsqu’un chirurgien orthopédiste passera dans cet hôpital, soit dans un à trois mois environ. Cette histoire démontre s’il était besoin combien sont nécessaires de construire des latrines sécurisées : en effet, avec un couvercle en ciment au-dessus du puits perdu, le risque d’effondrement du couvercle en terre battue à la saison des pluies n’existe plus. Si les latrines que nous venons de réaliser avaient été faites plus tôt, notre ami Gosso serait sur ses deux jambes et pourrait nourrir sa famille. Le voyage s’est terminé par l’octroi de deux micro crédits. L’un, de 380 €uros soit 250 000 F CFA, a été consenti à Yacouba TRAORE et à ses deux femmes pour réaliser un poulailler. Le détail du projet a été envisagé sur place avec Yacouba. Le remboursement s’effectuera sur trois ans, sans intérêt. La garantie donnée n’est rien de moins que l’honneur des trois emprunteurs. Les prêts sur l’honneur existent donc encore. L’autre a été débloqué en faveur de l’artiste du village de Nassan, Mathieu BORO. Ce dernier confectionne avec des moyens de fortune des objets aussi typiques que réussis sur le plan esthétique. Mais sans moyens, il est bien difficile d’acquérir les outils et les matériaux nécessaires à la réalisation de ces objets. Une somme de 225 €uros, soit 150 000 F CFA, lui a été octroyée à cet effet. Le remboursement s’effectuera de la façon suivante : les objets seront vendus par nos soins en France et le produit de la vente sera affecté pour moitié à ce remboursement. Pour l’autre moitié, il ira grossir la caisse du village pour l’acquisition de médicaments. Voilà, chers Amis, quelles ont été les dernières réalisations de l’association BOBO BEBE. Votre aide a été déterminante : nous vous en remercions de tout cœur. Nos amis africains ne manquent jamais de nous demander de vous transmettre leurs remerciements pour votre générosité, ce que nous faisons par les présentes. Toute l’équipe de BOBO BEBE vous adresse ses sincères et fraternelles salutations.
Rapport du voyage de novembre 2003 : Yssingeaux, le 26 novembre 2003 Madame, Mademoiselle, Monsieur, Chers Amis, Il a plu beaucoup au Burkina Faso cette année. Du coup, les récoltes ont été bonnes, voire très bonnes selon les provinces : les tiges de mil étaient tellement hautes qu'elles masquaient les habitations qui se trouvaient là, à quelques mètres derrière. Inutile de vous dire quelle était la joie des villageois à l'idée d'engranger une pareille récolte ! Comme vous le constatez, en terrien que je suis, j'ai commencé le récit de nos derniers voyages par la campagne, par les villages, comme on dit au Burkina Faso. Et ce village, situé aux confins du Burkina, à proximité de la frontière malienne, c'est Nassan. Ne cherchez pas cette bourgade sur une carte : comme de nombreux village, Nassan n'y figure pas. Nous y avons retrouvé nos amis, vaquant à leurs occupations habituelles. C'était le temps de sarcler pour obtenir de beaux et voluptueux épis de petit mil ou de sorgho, et, dès le lever du jour, toute la famille, vieillards exceptés, était au travail. Rude tâche qui était accomplie tous les jours jusqu'à une heure avancée de la matinée par 40° à l'ombre ! Notre arrivée fut ponctuée par les traditionnels "Bonne arrivée" que nous lançaient les villageois venus de toute part à notre rencontre. Et puis, très vite, à peine descendus de voiture, les accolades, les salutations, les rires, oh oui, mon Dieu, les rires ! Et le parler fort des gens heureux de se retrouver ; on se tape dans les mains, on se regarde, et puis le regard se fait trouble. Quelques larmes d'émotion, le bonheur de rencontrer de nouveau Alphonse Boro, l'infatigable traducteur, remarquable organisateur et orateur, Jean Paul, le discret mais efficace président des parents d'élèves, Alphonse Pamousso, un colosse de près de deux mètres dont la bonté et la générosité réconcilieraient un misanthrope avec le genre humain, et puis Elisabeth, la passionaria du village, à l'origine du mouvement d'alphabétisation des adultes, pionnière de l'amélioration de la situation de la femme, ouverte à toutes les innovations et toujours prête à enfourcher son vélo pour se rendre à un stage de formation à quelques dizaines de kilomètres du village avant de reprendre en soirée ses activités de mère de famille. Arrêtons-là la liste car ce sont bientôt tous les habitants que nous apprenons à connaître. La salutations laissent bientôt place à la lecture du programme de notre séjour par notre ami Alphonse, lequel nous fit part préalablement de sa préoccupation du moment : "Voyez, chers amis, ce qui reste de la toiture de l'école que vous nous aviez permis d'installer : la tempête est passée, et la toiture a été arrachée. Nous avons seulement pu mettre à l'abri quelques tôles qui pourront être réutilisées." Mais après le découragement, voici l'espoir : Bobo Bébé fournira aux villageois l'aide nécessaire pour remonter la toiture. Et à notre voyage suivant, trois mois plus tard, la toiture était en place, et cette fois, nous l'espérons, résistante à l'épreuve de la prochaine tempête. N'oubliez pas, chers amis donateurs, 10 % du prix des fournitures et matériaux nécessaires ont été payés par les habitants de Nassan. C'est toujours l'application de notre principe : "AIDER, NE PAS SE SUBSTITUER". De la toiture de l'école aux fournitures scolaires, il n'y avait qu'un pas qui fut vite franchi. Nous avions indiqué lors de notre passage de Mars 2003 que l'association assurerait la prise en charge de 90 % du prix des fournitures. Il restait donc aux villageois à réunir pour notre prochaine visite, en août 2003, les 10 % restant, soit environ 150 €uros. "Comment cela s'est-il passé ?" ai-je demandé à Elisabeth et à Jean Paul. "Bien", répondit Elisabeth en regardant le président des parents d'élèves. "La plupart des parents d'élèves ont accepté bien volontiers d'apporter cette contribution bénéficiant à leurs propres enfants. Mais quelques-uns ont refusé" ajouta-t-elle. Silence et sourires crispés chez les "toubabous" que nous sommes. "Ah ! bon et alors ?" rétorqua Agnès. Jean, le président des jeunes du village, lui-même père de quatre enfants, nous expliqua alors : "Ils ne veulent pas payer car ils ne peuvent pas croire que les fournitures scolaires leur seront fournies s'ils apportent 10 % du prix de celle-ci. Ils veulent voir les cahiers et les crayons." Ah ! Saint Thomas, quand tu nous tiens ! Aussitôt dit, aussitôt fait. Adama, Elisabeth et nous-mêmes sommes allés à Tougan, la ville voisine, pour commander les fournitures scolaires nécessaires aux 320 enfants en âge scolaire que compte le village de Nassan, avec une liste spécifique pour chaque classe, dressée par les instituteurs. Les marchands de Tougan furent invités à s'occuper de fournir les marchandises en question, ce qu'ils firent de bonne grâce, en consentant au passage un joli rabais sur le prix initialement prévu. Et voilà, un mois plus tard, deux valeureux ânes gris tirant une charrette remplie à souhait des cahiers, stylos, ardoises, gommes, craies, crayons pour arriver devant l'école de Nassan, encouragés par plusieurs centaines de villageois, hommes, femmes et enfants. « Les cahiers étaient là, et bien là » constatèrent les parents d'élèves jusque-là rétifs à l'idée de payer. « Mais, me direz vous, amis de Bobo-bébé et de Nassan, tout cela est fort bien, les principes bien établis et semble-t-il très bien respectés. Mais vous n'allez tout de même pas nous faire croire que tout le monde, sans exception, a spontanément payé sa contribution au vu de votre bonne mine bien blanche et de vos crayons et autres cahiers ! » Eh bien oui, quelques-uns, il est vrai, s'y sont refusés, pensant que les Blancs pouvaient tout payer. Notre attitude ? Après réflexion, mais sans hésitation, nous avons décidé de ne pas infléchir une position qui était nôtre et qui rencontrait surtout celle des habitants : la contribution des villageois était absolument nécessaire pour bénéficier de l'aide. Il nous fut raconté à ce sujet que certaines familles étaient allées en forêt chercher du bois pour le revendre à Tougan afin de disposer de la somme nécessaire au règlement des 10 % du prix des fournitures scolaires de leurs enfants. Il n'était pas possible, sans mépriser ceux qui avaient consenti un tel effort, de pratiquer la politique du tout gratuit. Mais le village à trancher la question : « Seuls ceux qui donnent leur obole recevront des fournitures scolaires. Les autres se débrouilleront par eux-mêmes, comme les années précédentes. » Ces fournitures, distribuées par les instituteurs à leurs élèves, sont désormais dans le sac des enfants de Nassan. Cela a représenté une dépense de 1350 EUR environ. À propos de sacs, qu'il me soit permis de vous raconter comment nous avons fourni aux 320 élèves un cartable digne de ce nom. Mais n'imaginez pas qu'il s'agisse d'un sac à l'occidentale, d'une marque célèbre ou figurant la tête de je ne sais quelle vedette télévisée ou autre ! Il s'agit de sacs confectionnés à partir des gros sacs en plastique de 100 kilos dans lesquels on transporte le riz où le maïs. Coût de l'opération : 0,3 EUR le cartable, soit environ 100 EUR pour les 320 sacs. Et deux artisans se sont employés pour les confectionner : « c'est bon pour le travail, c'est bon pour le Burkina ! ». « Et la santé, les amis, comment ça va la santé ? » Sempiternelle question à l'occasion de chaque salutation au point que les voyageurs se rendant au Faso pour la première fois trouve cela irritant à force d'être répété. Mais c'est tellement important la santé. Et tellement plus encore lorsqu'on n'a pas de sécurité sociale, lorsqu'il n'existe pas de remboursement ni pour les soins, ni pour les médicaments, ni même pour les visites chez le médecin ! Les problèmes de santé au village sont essentiellement liés au paludisme. C'est la raison pour laquelle nous tenons tellement à ce que les villageois puissent disposer des médicaments nécessaires à la lutte contre ce fléau qui fait encore plus de ravages que le sida. Depuis le mois de mars, nous avons donc acheter sur place 9000 comprimés de chloroquine (de la quinine) et de paracétamol pour un coût global de 300 EUR environ. Mais il faut que vous sachiez que la maudite maladie à la vie dure à Nassan : il nous a été indiqué par Élisabeth que la mortalité infantile avait déjà baissé dans des proportions très importantes depuis que l'association permet aux villageois d'acheter des médicaments à prix réduit. Cette année, aucun bébé ne serait mort du paludisme et aucune mère n'est décédée lors de l'accouchement, nous a-t-on dit. Autre fait notable, les habitants de Nassan ont décidé par eux mêmes d'imposer aux leurs une contribution supérieure aux 10 % que l'association laisse à leur charge. Ils ont voulu que toute personne achetant le médicament paie 50 % de la valeur totale de celui-ci ; ainsi, l'assemblée villageoise, qui perçoit ses 50 %, disposera d'une somme plus importante pour acquérir plus de médicaments. Les gens n'en seront de ce fait que mieux soignés. Bien vu Nassan ! C'est ça aussi l'esprit de responsabilité. À 350 km au sud de Nassan, en empruntant une piste dans un état déplorable, on arrive à Bobo Dioulasso. C'est là que se trouve la pouponnière Den Kanu (mot qui signifie en dioula, la langue locale, amour de l'enfant) animée par nos quatre soeurs Maria, Laurence, Sidonie et Rosine. Les enfants sont actuellement au nombre de 45. Ils sont soignés par 21 femmes. À leur sujet, il a été décidé de relever les salaires mensuels de 7,5 EUR par mois. Cette augmentation peut paraître modeste mais il faut tenir compte avec le niveau de vie moyen au Burkina. Par ailleurs, les ressources de l'association ne sont pas sans limites. Enfin, il est maintenant d'usage qu'à l'occasion de chaque passage d'un membre de l'association à la pouponnière, on donne à chaque femme y travaillant un ou deux sacs de riz et de maïs, ce qui permet d'améliorer l'ordinaire. En outre, la santé de ces femmes, la scolarité de leurs enfants font également l'objet de l'attention de l'association qui donne une aide ponctuelle en fonction des besoins. Toutes les femmes ainsi que leurs soeurs nous ont demandées de vous transmettre leurs chaleureux remerciements pour les dons qui leur profitent, à elles et aux enfants. Nous voudrions que vous puissiez constater la formidable fraternité qui existe entre les personnes de la pouponnière et les membres de l'association : nous sommes maintenant pour ainsi dire chez nous lorsque nous arrivons à Bobo Dioulasso et nous sommes accueillis comme des parents. Ces liens ne sont d'ailleurs pas interrompus après notre départ car nous tenons à les maintenir toujours vivants en téléphonant ou en écrivant très régulièrement à la pouponnière. Voilà, chers Amis, ce qu'il en est de la vie de l'association depuis notre dernier courrier. Je voudrais encore attirer votre attention sur deux initiatives que nous avons prises et qui peuvent être d'un précieux secours dans l'avenir. En premier lieu, nous avons constaté que suite aux trois sécheresses consécutives des années 2000, 2001, et 2002, certains paysans avaient été amenés à vendre une partie importante de leur cheptel pour acquérir la quantité de mil nécessaire à leur subsistance. Afin de leur permettre de reconstituer ce cheptel, l’association a fait l’acquisition d’un troupeau de moutons et de deux ânes. Ces bêtes sont prêtées durant trois années entières à un paysan, lequel doit l’entretenir et restituer au terme des trois années des animaux d’âge identique à ceux prêtés au départ. La totalité des bêtes qui seront nées au cours de cette période reviendront en pleine propriété au paysan qui se sera occupé du troupeau. Ainsi, et grâce à son travail, le villageois aura reconstitué son cheptel. C’est bon pour le travail ! C’est bon pour le Burkina ! En second lieu, nous avons eu l’occasion de constater sur place que nombreuses étaient les initiatives individuelles qui ne pouvaient éclore en raison d’absence de liquidités suffisantes au départ pour acquérir les produits ou matériaux nécessaires au décollage de l’opération. Un exemple l’illustrera mieux. Yacouba habite Banfora, dans le sud du pays. Son métier consiste à parcourir les campagnes environnantes, à vélo, pour acheter des poules et poulets qu’il revend ensuite. Il peut revenir avec environ 100 poulets qu’il enferme dans des cages disposées sur son vélo comme seuls les Africains savent le faire. Une fois revenu dans sa case, il est contraint de laisser ces poules enfermées dans leur cage jusqu’à ce qu’il les ait vendues. Or, avec la chaleur écrasante qui règne ici, les maladies se développent vite dans un milieu confiné et les pertes sont importantes. Yacouba est de ce fait obligé de revendre ses poules rapidement, et donc avec une faible marge bénéficiaire. Il a donc imaginé de construire un poulailler pour conserver ses bêtes chez lui plus longtemps et en retirer un meilleur prix. Nous étudions actuellement ce projet et y donnerons une suite favorable si l’investissement est proportionné aux facultés financières du demandeur. D’autres projets sont également approuvés et doivent prochainement se concrétiser. Citons par exemple celui de construire à Nassan des latrines à proximité des habitations pour améliorer l’état sanitaire du village. La création du jardin potager à proximité de l’école mérite également d’être signalé. Ce jardin permettra aux élèves de manger des légumes à midi. Enfin, pour éviter la propagation du SIDA au village et afin de donner à tous l’information nécessaire, il a été décidé de permettre à deux personnes de bénéficier d’un stage de formation dans le centre médical le plus proche. Toute l’équipe de l’association reste naturellement à votre écoute pour les suggestions que vous pourriez former. Le prochain voyage au Burkina est prévu pour le début février 2004 et nous ne manquerons pas de vous donner à notre retour des nouvelles concernant les réalisations et les projets de BOBO BEBE. Nos amis de Nassan, les sœurs et les femmes de la Pouponnière Den Kanu, et tous les membres de BOBO BEBE vous adressons du fond du cœur nos remerciements les plus sincères pour votre aide si précieuse. Avec nos très fraternelles salutations, Franck FABRY Rapport du voyage de mars 2003 : Yssingeaux, le 3 avril 2003 Madame, Mademoiselle, Monsieur, Chers Amis, Beaucoup d'évènements ont surgi, beaucoup de sentiments sont nés et ont grandi depuis notre dernière correspondance. Notre voyage du mois de novembre a tout d'abord été l'occasion de découvrir le village de notre guide et ami, Adama. Ce village de NASSAN se trouve à quelques kilomètres de la frontière malienne, en pays samo, près de la ville de TOUGAN. La région est aride, semi désertique : quelques grands arbres (baobabs notamment) égaient une maigre savane, des champs de mil voisinent les cases en terre battue et recouvertes de paille. On se rend au village par une piste difficilement praticable : le 4X4 est ici absolument indispensable. Notre voiture est la seule : personne n'en possède une ; les plus aisés, au nombre de six, possèdent une mobylette. Le vélo est donc le moyen de locomotion le plus utilisé après la marche à pied bien sûr. Pas l'électricité. L'eau, quant à elle, se puise à quinze mètres sous terre. La population est agricole à 100 %. Sur les 1 500 habitants environ, on compte 380 enfants en âge scolaire et presque tous scolarisés. Ah ! l'école ! On nous la présente : un bâtiment de deux classes et un autre, identique, mais en ruine. Les parents d'élèves se sont cotisés pour construire un autre bâtiment : chacun d'eux a donné dix pierres ou en a payé le prix. Mais pour la toiture, c'était un autre problème : le village ne disposait pas d'argent pour acquérir les tôles ondulées nécessaires à la couverture. Ce bâtiment était donc là mais inachevé, inoccupé. Après une brève concertation, nous avons décidé de financer les 80 tôles nécessaires que notre ami Adama convoya ultérieurement. Le coût total de l'opération transport compris fut de 5 000 F français. Notre visite du début mars 2003 nous a permis de constater que les tôles avaient été posées. On nous fit remarquer cependant qu'en l'absence de ciment entre les murs et les tôles, le vent risquait à l'avenir d'arracher les tôles. Afin d'éviter que de telles mésaventures ne se produisent, il fut décidé d'acheter six sacs de ciment pour un prix de 300 F., les villageois se chargeant de réaliser les travaux. L'état des livres d'apprentissage de la lecture, particulièrement vétuste, chiffonné, nous interpella. Il n'est pas impossible que l'association aide à sa reconstitution. Le coût des fournitures scolaires (cahiers et stylos) par enfant pose également un problème : 1000F. CFA (soit 10 F. français) par enfant peut paraître une somme modeste mais dans une famille de quatre, voire cinq ou six enfants en âge scolaire, cela constitue une somme importante que nombre de parents ne parviennent pas à réunir. La poursuite de la visite du village nous amena devant un bâtiment dont nous avons appris qu'il était celui où les femmes accouchaient. (vous trouverez des photos dans la page : photos de Nassan) La porte ouverte, nous avons découvert une première pièce ne comprenant qu'une table en bois : c'était la table d'accouchement. Dans l'autre pièce, voisine, se trouvait un lit de repos, fait d'une natte en bambous. Ni bassine pour recueillir le bébé et le laver, aucun produit désinfectant, pas même une paire de ciseaux pour couper le cordon ombilical. Face à une telle indigence, Agnès, infirmière, nous indiqua qu'il était plus que souhaitable d'équiper cette structure d'un minimum de produits désinfectants, de bassines, de ciseaux adaptés, de quelques analgésiques et de quelques autres produits indispensables. Au terme d'une discussion avec les femmes venues présenter le local, Agnès décela chez deux d'entre elles une volonté d'effectuer une formation d'accoucheuse. Nous lui accordèrent que financer une telle formation constituait à n'en pas douter une nécessité pour que les petits puissent venir au monde dans des conditions un tout petit peu meilleures. Les stages se sont effectués depuis et Elisabeth, l'une d'elles, nous en a parlé longuement lors de notre dernier voyage. Et que de remerciements nous ont été adressés par toutes les femmes du village. Ces remerciements, chers amis, ils vous sont adressés. Le coût de l'ensemble de ces réalisations en direction des femmes s'est élevé à 4 500 F. français environ. Les femmes ont proposé elles-mêmes de constituer une cagnotte au moyen du versement par chaque accouchée d'une somme de 2 500 F. CFA, soit 25 F. français, pour bénéficier de ces éléments d'équipement. Lors de notre prochain voyage, nous nous proposons d'apporter à NASSAN un système ultra-moderne de stérilisation pour les quelques instruments utilisés par les femmes : une cocotte minute ! Après de chaleureuses salutations, nous avons pris congé de nos hôtes pour nous rendre à la Pouponnière DEN KANU à BOBO DIOULASSO, 250 Kms au sud. Vos dons nous ayant permis de réunir de nombreux médicaments, nous avons transmis ces derniers à l'infirmière de la Pouponnière. Mais le paludisme fait des ravages et faute de moyens, pas de médicaments. Sans médicaments, c'est la souffrance et bien sûr, trop souvent, la mort. Nous avons donc acquis 3 000 comprimés de choloroquine (de la quinine en médicament générique) dont moitié a été donné au village de NASSAN et l'autre moitié à la Pouponnière pour soigner les Soeurs, les employés et leurs enfants. Coût de l'opération : 450 F. avec le traitement complémentaire de paracétamol. A la Pouponnière, nous avions laissé 40 enfants l'année dernière, nous en avons trouvé 44 lors de notre passage de novembre, devenus 46 à notre voyage de mars. Ces enfants qui, comme vous le savez, ont perdu leur mère lors de l'accouchement, sont soignés, lavés et nourris par 21 employées qu'on appelle affectueusement les "mamans". Les salaires de ces dernières, qui oscillent entre 100 F. et 230 F. français par mois, sont très bas, même si toute comparaison avec de telles sommes en France est impossible et trompeuse. Compte tenu de ce niveau de rémunération, il fut décidé à l'unanimité de leur attribuer à chacune 100 kg de maïs et 50 Kg de riz. Ce geste, nous l'avons répété à notre passage en mars, tellement cette aide alimentaire nous paraît importante. Le coût de l'opération s'est élevé au total à 10 000 F français. Les comptes de la Pouponnière nous ont été présentés par la Soeur Maria Keita et sont dans l'ensemble bien tenus. Nous avons versé 60 000 F. français, ce qui représente environ 2/5èmes du budget de fonctionnement de la Pouponnière. Les soeurs, mais aussi les "mamans" nous ont chaleureusement remercié pour les présents que nous leur avons transmis au nom de l'association. Des cadeaux nous ont été offerts qui constituent le trésor affectif de BOBO BEBE. Quelles leçons tirer de ces évènements ?
Voici, chers Amis, ce que nous croyons nécessaire de vous dire suite à nos deux derniers voyages au BURKINA FASO. Nous nous devons enfin de vous présenter l'état des comptes de l'association. Cette comptabilité est très simple puisqu'elle ne comprend que des encaissements de chèques de dons et des décaissements de chèques pour les aides consenties. A la fin 2001, le solde créditeur était de 18271 Frs. L'année 2002 nous a permis de collecter 103910 F. Il a été versé au cours de cette année 64208 F. pour les aides allouées à la Pouponnière et au village de NASSAN. Depuis le début de l'année 2003, il a été encaissé 37665F. Nous avons versé à la Pouponnière 41379 F. Ce chiffre comprend le coût des sacs de riz et de maïs donnés au personnel de la Pouponnière et l'aide à la Pouponnière elle-même, y compris les frais de réparation du véhicule des Soeurs, fort mal en point lors de notre dernier passage (amortisseurs à changer, pneus, batterie HS, etc...). Nous vous précisons que nous avons du renoncer à ouvrir un compte bancaire au BURKINA. En effet, les frais qui nous ont été demandés pour ouvrir un compte nous ont paru tout à fait exagérés (environ 80 F. par mois) et nous préférons utiliser une telle somme à d'autres fins. En revanche, l'argent collecté en France est périodiquement placé sur un compte à terme : le capital est ainsi garanti et il en ressort quelques intérêts (à un taux variant entre 2 et 3 % l'an). Nous rappelons si besoin est que l'association n'a pas de poste pour les frais divers de gestion puisque BOBO BEBE n'a aucun frais de gestion. Tous les frais de déplacement, de voyage, de nourriture, de communication (téléphone, courriers) sont supportés par les membres de l'association. Les souvenirs (statues en bronze, en bois, souvenirs divers) achetés sur place pour être revendus en France au profit de l'association sont également achetés au BURKINA par les membres de l'association sur leurs deniers personnels. N'hésitez pas à nous faire part de vos observations, critiques, souhaits, questions. Nous vous répondrons dans les meilleurs délais. L'ensemble de nos amis burkinabés se joignent à nous pour vous envoyer nos chaleureuses et fraternelles salutations. Franck FABRY
Courriers divers (plus anciens): Voici quelques nouvelles de la pouponnière Den Kanu, courrier du 13 décembre 2002 de la Directrice, Soeur Maria : "...Tout d'abord, permettez nous d'exprimer à chacun de vous notre sincère reconnaissance pour son apport personnel au bien-être et à l'épanouissement des bébés. Oui, merci à tous ceux qui, de loin ou de près, ont prêté l'oreille et entendu les cris d'appel des bébés, ceux qui ont ouvert les yeux et vu les besoins de notre structure, ceux qui ont tendu les mains pour concrètement toucher du doigt les réalités de travail à l'intérieur de la pouponnière, enfin merci à tous pour avoir su laisser parler votre coeur et venir en aide à ces tous petits... ...Au cours de cette année écoulée, nous avons pu accueillir 91 bébés orphelins de mère abandonnés et autres cas sociaux : (maladies mentales ou physiques des mamans) de 2 jours à 24 mois. En fin 2001, début 2002, 19 enfants ayant atteint l'âge requis (18 mois ou plus) ont réintégrer les familles respectives ; les uns sont heureux d'accueillir leurs enfants, d'autres les reçoivent avec beaucoup d'inquiétude pour leur réinsertion surtout pour leur nourriture et les petits soins d'attention. Cependant, ils sont rassurés par nos conseils. Parmi ces bébés, 10 sont décédés par suite de maladie, certains au centre, d'autres à domicile.... ....présentement, les bébés sont au nombre de 44 de 7 jours à 22 mois. Les santés sont bonnes. En nous unissant à tous ces bébés, trouvez dans notre expression, toutes notre gratitude pour ce que vous ne cessez de réaliser au coeur de la pouponnière. Au début de cette nouvelle année 2003, nous vous présentons nos meilleurs voeux de bonne fête de Noël 2002 et de bonne Année 2003. Nos souhaits de paix, de santé, de joie à tous..."
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La dernière mise à jour de ce site date du lundi, 31. mars 2008