LE TEMPS : Vie et Mort des AmiZ | ||
|
A la suite d'intenses délibérations au cours de quelques fêtes bien arrosées, nos experts en Etudes Socio-Psychologiques Appliquées à la Réunion Festive ont pondu un magnifique rapport faisant état de la vanité profonde de notre système temporel actuel. Les jours de fêtes
On sait combien les jours fériés sont un moment d'intense réjouissance pour tous. Premier mai, 14 juillet, Pâques, Noël, Armistice de 18, Victoire de 45... Ce sont des congés qui ne disent pas leur nom, hérités pour la plupart — en France — de l'histoire Chrétienne ou Républicaine du pays. Qui ne disent pas leur nom ? Voilà déjà une raison suffisante pour les supprimer, au risque de déplaire aux traditionnalistes. Remplaçons les fêtes chômées par de véritables jours de congés, ne succombons pas à ce simulacre de célébration.
Quant à la célébration... Pourquoi préserver Noël, une absurdité chronologique qui ment sur la vie du Christ et ne sert qu'aux intérêts des têtes blondes ? Pourquoi préserver le 14 juillet, jour de glorification d'un patriotisme guerroyant ? Cet héritage, pour précieux qu'il soit, ne peut pas demeurer l'objet d'une commémoration de la sorte puisque :
Il est évident que le même principe s'applique également aux anniversaires, par exemple. Quel Ami, ayant un peu réfléchi, osera continuer à offrir des cadeaux lors de l'anniversaire de quelque semblable ? S'il est besoin d'une occasion pareille pour prouver ses sentiments, valent-ils encore quelque chose ? Non ! L'Amitié n'a pas besoin d'une date pour se prouver, et elle a encore moins besoin de cadeaux. Néammoins si le besoin d'offrir se fait violemment sentir, il conviendra de le faire à un moment où ce n'est pas attendu, et où il n'y aura pas de concurrence entre les offrants. Du reste, au risque de sortir du sujet, rien ne vaut plus cher qu'un cadeau qui constitue un investissement de soi (une longue recherche, un dessin, un poème) : l'idée que le cadeau le plus coûteux (en argent) sera le plus heureux est une idiotie de gens mal-aimants. ![]() Révolutionnons la pendule !
La division horaire sexagésimale et le calendrier chrétien ont fait leur temps. Quoi de plus malaisé, finalement, que de compter avec des heures de 60 minutes, des jours de 24 heures, des semaines de 7 jours et des mois qui en comptent 28, 29, 30 ou 31 ? Le système décimal s'est depuis longtemps imposé dans les esprits, usons de sa simplicité. L'ensemble du calendrier peut-être résumé aux mesures suivantes :
Mais le grand bond en avant (que l'on ne voie pas dans cette expression l'idée que ce projet est voué à l'échec) ce sera la suppression totale et définitive du temps. Qu'est-ce, en effet que le temps ? Rien, juste une unité de mesure inventée par l'homme pour situer les choses dans son intellect peu doué. Lorsque les AmiZ seront parvenus à la Sagesse, que l'oeuvre associale aura établi le Bien ©, alors il n'y aura plus d'histoire, comme Hegel* le pressentait fort justement. * c'est un ami Evènements de la vie : le Mariage
Le mariage est une institution dépassée et totalement absurde. Comment peut-on augurer de ses propres sentiments au point de s'engager ad vitam eternam dans l'amour de l'autre ? Preuve en est faite aujourd'hui, avec le nombre croissant (et déjà astronomique : plus de 30% des couples) de divorces provoqués, sans compter les situations où les époux demeurent ensemble pour les enfants, leur proposant l'exemple ô combien plus rassurant d'un désamour qui peut aller jusqu'à la haine. L'argument des défenseurs du mariage, c'est la famille, c'est l'éducation. Fort bien, mais l'exemple que fournissent les AmiZ touchés par la Sagesse n'est-il pas bénéfique ? La sagesse déterminera par leur propre entendement les couples d'AmiZ capables de servir de père et de mère à un enfant, de même qu'elle convaincra les couples qui n'en sont pas (ou plus) capables de léguer la progéniture à des AmiZ. Il est grand temps (et pas plus néfaste que l'actuelle disparition parentale) de briser le hiatus entre les parents géniteurs et les parents spirituels. Tout enfant est un Ami-à-être, et il mérite pour cela l'attention de tous les AmiZ. Puisque le mariage va disparaître, certains éructent déjà en imaginant la légalisation de l'alliance à plusieurs sous une forme institutionnalisée. Que nenni, nous n'allons pas supprimer la monogamie pour réinstaurer la polygamie, mais bien au contraire égaliser le traitement des couples, qui ne bénéficieront plus de la durée de leur relation. Ainsi la séparation aura un caractère beaucoup moins éprouvant. Il est évident par ailleurs qu'aucun interdit n'entravera la liberté sexuelle des AmiZ passé l'âge de sagesse sexuelle (16 ans). Au sujet du sexe, d'ailleurs, l'une de nos prérogatives sera de lever le tabou qui pèse sur ce sujet. N'entendons pas là, bien au contraire, la médiatisation outrancière et la généralisation de la pornographie, qui sont des conséquences du tabou institué par une religion castratrice, mais bien une banalisation de la sexualité. Cette part de l'Ami qui relève tout autant de l'animalité que la plus haute spiritualité devrait pouvoir être mise en question, sans perversion, comme le sont la nourriture ou l'art. L'ambiguité de la question devrait être l'occasion d'une prochaine page sur ce site, puisque nos experts sont d'ores et déjà en réflexion sur le sujet. ![]() La Mort d'un Ami
C'est dur à dire, mais on y passe tous (désolé du choc pour ceux à qui je l'apprends), et il n'y a plus rien après. Plus rien qu'un tas de chair que le temps dépècera jusqu'à l'os sans souci des autres AmiZ. Le gâchis a assez duré ! A-t-on réfléchi à la quantité d'énergie qu'auraient pu dégager tous ceux qui encombrent les cimetières s'ils avaient été brûlés dans un incinérateur-générateur ? L'enterrement est dépassé, lourd et inutilement coûteux. Chacun des AmiZ, grâce à Associal, pourra offrir son corps à l'associalité. Les plus gras, même, seront recyclés en engrais et nourriront la terre pour les générations futures. Las des cérémonies où l'on se lamente jusqu'à n'en plus finir : la mort est un bienfait, et de même qu'on sourit pour l'artiste récompensé, on doit sourire pour l'Ami qui a accompli l'oeuvre finale qu'est son propre suicide ou sa mort naturelle. Nous refusons volontairement d'approfondir ici le sujet, d'une part parce qu'il est amplement discuté dans d'autres parties du site, d'autre part parce que c'est à vous, AmiZ de la Liberté, de vous forcer à émettre des idées pour enrichir l'associalité, et peut-être faire qu'un jour, un beau jour lointain, la mort sera l'accomplissement dont tout le monde rêvera. |
|
LE TEMPS : C'est fini | ||