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Les
Hiéroglyphes



Voilà un bien vaste sujet. Les hiéroglyphes, l'écriture des anciens égyptiens. Une écriture que nous avons eu tant de mal à déchiffrer et dont certains symboles nous sont encore inconnus... C'est pour cela que je vais vous parler plus de celui qui a permis d'en déchiffrer la plus grande partie, que de cette écriture en elle même. Le sujet est tellement vaste et complexe qu'une seule page n'y suffirait pas.
Je me contenterais de généralités sur cette écriture qui devait à la fois être belle et servir à transmettre les prières, les poèmes, les récits, etc... Les hiéroglyphes les plus élaborés étant réservés aux temples et aux tombeaux, aux pharaons. Pour les personnes de moindre importance, les égyptiens utilisaient une écriture hiéroglyphique simplifiée appelée "hiératique".

THOT patron des scribes
- LA COMPRÉHENSION D'UN MYSTÈRE -
Jean-François CHAMPOLLION

Jean-François Champollion est né le 23 décembre 1790 à Figeac, dans le département actuel du Lot en France. A l'âge de 8 ans, il apprend seul à lire avec un missel et des auteurs classiques. Puis, fasciné par l'antiquité, il apprend également seul l'hébreu, l'arabe et le copte (l'égyptien ancien), ce qui lui sera très utile dans la découverte et la compréhension de l'écriture hiéroglyphique. Il devient ensuite à 16 ans le plus jeune membre de l'Académie Delphinale.

Dans un courrier envoyé à son frère Jacques-François en 1806, on peut lire : "Je travaille, et je me livre entièrement au Copte. Je veux savoir l'égyptien comme mon français. Parce que sur cette langue sera basé mon plus grand travail sur les papyrus égyptiens."
En 1807, il monte à Paris pour poursuivre des études de langues orientales. Il consacre beaucoup de son temps libre à l'étude des documents égyptiens et il veut apprendre l'écriture égyptienne. Jean-François Champollion est nommé professeur d'université à Grenoble à l'âge de 19 ans. Il étudie ainsi pendant 14 ans les anciens écrits égyptiens et essaie de les comprendre. Il fonde son approche de la traduction sur trois intuitions :
1) Le Copte : Il soupçonnait que c'était le stade ultime du développement de la langue égyptienne.
2) Les hiéroglyphes pouvaient avoir une double valeur, idéographique et phonétique.
3) Les hiéroglyphes enfermés dans des cartouches transcrivaient phonétiquement les noms des Pharaons.

cartouches de Ramsès 2 cartouches de Toutankhamon
En 1814, il écrit "L'Égypte sous les pharaons" en 2 tomes. Il se marie en 1818 avec Rosine Blanc dont il a une fille qu'il prénomme Zoraide.
Avec la découverte de la pierre de Rosette, il sent que la compréhension des hiéroglyphes va faire un bon en avant. En 1821, il analyse donc le texte de la pierre de Rosette qui comporte un texte en hiéroglyphes, en démotique et en grec. Il vient de l'époque de Ptolémée, le cartouche de celui-ci figurant sur la pierre. Il examine également des bandelettes de momies et des papyrus, ainsi qu'un texte bilingue ( en hiéroglyphes et en grec) d'un obélisque découvert par Belzoni sur l'île de Philae. Il avait été transporté en Angleterre. Jean-François Champollion réussit à y lire le nom de Cléopâtre et ainsi, obtenir la valeur alphabétique d'une bonne douzaine de signes. En appliquant cette méthode à de nombreux autres cartouches, il découvre la valeur de bon nombre de hiéroglyphes...

Stèle du Pharaon Amenhotep
Ses études démontrent que les scribes pouvaient utiliser plusieurs signes pour décrire un même nom. Par exemple, le L peut être traduit par le signe du lion ou celui de la bouche. En comparant les textes grecs et hiéroglyphiques, il se rend compte que les égyptiens utilisent trois fois plus de signes que les grecs, ce qui confirme sa théorie de signes multiples : Alphabétiques, idéographiques et phonétiques.
Il avance donc l'hypothèse que la pierre de Rosette comporte 1419 hiéroglyphes pour environ 486 mots grecs. Cela montre donc que les hiéroglyphes ne sont pas des mots. En 1822, il fait connaître le résultat de ses recherches dans la fameuse "lettre à Monsieur Dacier" qui était secrétaire à l'Académie des inscriptions de belles lettres.

C'est de là qu'il expose sa thèse qu'il existe une différence entre la langue égyptienne et son usage pour décrire les sons : l'écriture hiéroglyphique à la fois alphabétique et idéographique. Il sera aidé de son frère pour rédiger cette célèbre lettre.
En 1824, il publie aux frais de l'état Français "Le précis du système hiéroglyphique des anciens égyptiens", dans lequel il expose la base des hiéroglyphes. De 1824 à 1825, il séjourne à Turin en Italie pour classer les pièces de la collection Dovetti. Il va y découvrir un papyrus relatant la chronologie pharaonique. Ce papyrus est connu aujourd'hui sous le nom de "canon royal de Turin". Il va ainsi rétablir les dates des dynasties. Et grâce à son excellent travail, il est élu en 1826 Conservateur de la division des monuments égyptiens et orientaux au musée du Louvres à Paris.

L'obélisque, situé place de la Concorde à Paris
Jean-François Champollion va réaliser son rêve en 1828, celui de partir pour l'égypte. C'est avec l'aide du roi de France, Charles X et du grand Duc Léopold II de Toscane, qu'il organise une expédition Franco-Toscane au pays des pharaons.
Il est accompagné de son meilleur disciple : le Pisan Ippolito Rossellini. Pendant 18 mois, il va remonter le Nil jusqu'à Abou Simbel pour récupérer le plus de renseignements possible. C'est lors de ce voyage qu'il obtient du vice-roi d'égypte, Mehemet Ali, la promesse du don de l'Égypte à la France d'un des obélisques de Louxor. Au cours de son voyage égyptien, il pu confirmer sa découverte qui redonnait vie à la langue de l'ancienne égypte. Il fut à l'origine d'une nouvelle discipline : L'égyptologie.

C'est en 1829 qu'il rentre en France avec toutes ses découvertes mais il est très fatigué. En 1831, il sera élu à l'Académie des inscriptions de belles lettres. Sa santé est très fragile et il meurt le 4 mars 1832 âgé seulement de 42 ans. On peut voir sa tombe au cimetière du Père Lachaise à Paris. Il laisse son oeuvre, et un énorme travail inachevé...
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Jean-François Champollion 1790 - 1832
La Pierre de Rosette

En 1799, alors que l'expédition française touche à sa fin, le lieutenant Pierre-François Xavier Bouchard (1772 - 1832) découvre cette pierre par le plus grand des hasards. Ce lieutenant appartenant aux services de Napoléon Bonaparte à Fort Julien, près de Rosette, c'est ce qui donna son nom à la pierre : Pierre de Rosette.
C'est en faisant des rénovations de bâtiments qu'il découvrit cette stèle de basalte noir au pied d'un mur de Fort Rashid. C'est un bloc assez lourd d'un mètre 74 sur 72 centimètres. Le lieutenant doute de sa valeur et la remet au général Menou qui la fait ramener à l'institut du Caire.

La pierre de Rosette se compose de trois parties, les unes en dessous de autres, avec trois écritures différentes. Le haut de la pierre est endommagé, sur la partie contenant les hiéroglyphes. Au centre, on peut voir une écriture démotique (écriture qui deviendra officielle à partir du VIIème siècle de notre ère) et enfin, la dernière partie est écrite en grec, qui peut donc être facilement traduite.
Le texte de cette pierre est un décret datant de 196 avant Jésus Christ, d'un synode de prêtres égyptiens instituant le culte en l'honneur du Pharaon Ptolémée V.
Les savants avaient donc en leur possession une partie de la clé pour déchiffrer les hiéroglyphes car sur la pierre, ceux-ci étaient traduits dans une langue connue : le grec.
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La pierre de Rosette fut saisie avec d'autres objets par les Anglais en 1801, comme butin de guerre pour leur victoire sur les Français à Alexandrie. Heureusement, les Français en avaient fait des estampes (par frottage) ce qui leur permit de poursuivre leurs recherches. La pierre de Rosette se trouve aujourd'hui au British Muséum de Londres mais un moulage fidèle est exposé à l'hôtel de la monnaie de Figeac, ville natale de Jean-François Champollion.
Les hiéroglyphes, écriture sacrée

Extrait du livre des morts
Les hiéroglyphes servaient principalement pour les temples, les monuments, les pharaons et le clergé, et bien sûr pour tout ce qui touchaient aux rituels de passage vers l'autre monde. Voici ci-dessous un exemple de texte, traduit, connu sous le nom de formule 118 du texte des sarcophages. Les égyptiens inscrivaient des formules de ce genre dans les tombeaux, sur les sarcophages et sur les momies.

"Je suis celui qui revient comme les deux lions, qui sort de la barque du soir et qui revient dans la barque du matin, dans laquelle je dis le droit parmi l'équipage de Rê dans ces soirées.
Vois, toi qui viens glorifié et bien équipé ! Sur quel chemin avances-tu ?
Sur le grand chemin, l'héritage de l'Unique, que les humains ne connaissent pas, sur lequel les dieux ne sont pas allés, sur lequel les premiers sont allés lorsqu'ils parcouraient le chemin vers le grand dieu.
Vois, toi qui viens glorifié et bien équipé ! Sur quel chemin avances-tu ?
Sur le grand chemin, l'héritage de l'Unique, sur lequel Seth ne peut venir après le combat.
Vois, toi qui viens glorifié et bien équipé ! Sur quel chemin avances-tu ?"

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