L'homme voyageait par mer et par terre à la recherche constante de marchandises à rapporter vers la vieille Europe ; dès la fin du XVIIe siècle, on rapportait régulièrement des canaris et des perroquets de grande taille.
La perruche était encore inconnue ; elle fut découverte par l'homme blanc en 1789, lors d'une expédition en Australie.
La première description concernant les perruches remonte à 1794, et pourtant elles n'avaient pas été importées en Europe.

En 1831, un spécimen de perruche fut exposé au musée de Linnaean Society de Londres, alors que les premiers spécimens vivants ne touchèrent le sol anglais qu'en 1840 grâce au grand naturaliste John Gould. En 1862, le zoo de Londres hébergea une perruche pour la première fois. Des milliers de perruches furent capturées depuis pour être vendues. Transportées dans des conditions toujours très précaires, elles furent d'abord diffusées uniquement en Angleterre, ensuite dans le reste de l'Europe.
Rq : En 1805, les naturalistes Nodder et Shaw furent les premiers à classifier la perruche, lui donnant le nom scientifique melopsittacus Undulatus
A l'époque, on les capturait au filet ou à la glu près des lieux de nidification ou des cours d'eau, et les animaux étaient enfermés par centaines dans des cages rudimentaires en bois où ils étaient privés de nourriture et d'eau. Bien entendu, la plupart ne survivaient pas à leur long voyage vers l'Europe et les quelques oiseaux qui en sortaient vivants étaient vendus à très haut prix.
Les exportations vers l'Allemagne commencèrent en 1850, là aussi, l'intérêt pour ces oiseaux exotiques sucita un engouement sans pareil.
On remarqua tout de suite que les perruches étaient des animaux sociaux qui appréciaient la compagnie ; c'est pourquoi on les élevait en couples même s'ils ne se reproduisaient pas.
Cet échec à la reproduction était dû, pensait-on, au type de nid "en coupe" utilisé par ceux qui connaissaient et élevaient des canaris.
Rq : Pendant les longs voyages d'Australie vers l'Europe, les marins purent observer que les perruches survivaient en plus grand nombre si les cages n'étaient pas alimentées enn eau. La raison en est que les perruches, même si elles avaient besoin d'eau pour survivre, empoisonnaient probablement cet eau avec leurs déjéctions. Elle devenait alors source et moyen de diffusion des maladies mortelles.
La première reproduction en captivité advint en 1855, grâce à une dame berlinoise qui, pour rendre plus agréable et plus plaisante leur vie en captivité, fournit à son couple de perruche une noix de coco vide. La chose fut immédiatement appréciée par la femelle qui y pondit et couva ses oeufs, réussissant à élever sa progéniture sans problème. C'est précisemant à ce moment-là que la diffusion des perruches s'intensifia car, de ce jour, elles furent élevées par millier pour satisfaire une demande toujours plus croissante.
Elles devinrent dès lors les oiseaux de cage et de volière les plus répandus.
Très vite, surtout dans le Sud de la France, de nombreux établissements d'élevage s'installèrent et la production de milliers de sujets était destinée au marché européen. Malheureusement, ces élevages intensifs conduisirent à une diminution de la taille, de la prolificité et eurent pour effet un rachitisme chez ces oiseaux, sans oublier l'apparition de certains défauts, la mue française par exemple. En revanche, les élevages d'amateurs ne connurent pas ces problèmes car les sujets y étaient suivis avec tout le soin nécessaire.
Ces élevages intensifs eurent aussi leur utilité puisque, vers 1900, le gouvernement australien confronté à un saccage sans discrimination, interdit l'exportation des perruches pour la sauvegarde de sa faune.
cette interdiction, encore en vigueur de nos jours, n'eut pourtant aucune repercussion sur le commerce de ces oiseaux qui étaient désormais élevés avec succés, non seulement en Europe mais encore en Amérique, rivalisant en popularité avec les canaris.
Rq : Il semblerait que, de source sûre, un certain Monsieur Bastide de Toulouse ait possédé aux environs de 1890, un élevage de près de 20000 perrruches et que son activité prospéra à tel point qu'en 1913 le nombre de sujets éleés atteignit les 100 000 sujets. Quant aux installations, elles recouvraient une superficie de deux hectares.

Elles eurent lieu au plumage avec l'élevage en captivité. La couleur originelle est le vert qui, cela est certifié, devint jaune après une première mutation ayant eu lieu aux alentours de 1870-1875. Elle fut suivie par le bleu une dizaine d'années plus tard. Les autres changements de couleur sont tous plus ou moins modernes: la série commence en fait à partir de 1915 et continue de nos jours, surprenant jusqu'aux meilleurs éleveurs par la multiplicité de ces variétés.
On a également augmenté la taille - avec la reproduction par séléction - qui passa de 18cm de l'espèce à l'état sauvage aux 22-23cm des sujets de taille dites "anglaises". Enfin, en plus de 150 ans, depuis qu'elles furent importées pour la première fois, les perruches ont acquis une place respectable dans l'Olympe des animaux.
