Chronologie des événements aux Petites Coudraies
1900 à 1957 : La Société Nouvelle du Radium (SNR), créée par Jacques Danne, collaborateur de Pierre et Marie Curie, a développé les applications, notamment médicales, du Radium. A cet effet, Jacques Danne crée deux entités : une usine de production de radium, à partir de Pechblende et un laboratoire situé aux Coudraies. La SNR est mise en liquidation judiciaire en 1957.
1957 à 1959 : la contamination des lieux est avérée, mais le CEA considère que les travaux nécessaires sont trop importants pour qu'il les prenne en charge. Le 15 décembre 1959, le maire de Gif diffuse un arrêté interdisant l'accès et l'utilisation des bâtiments et terrains de la SNR.
1960 à 1969 : recherches de solutions pour la décontamination
du site.
Finalement, le 16 juin 1969, mise en demeure de Mme Danne par le Préfet
de l'Essonne de faire procéder à la décontamination dans
un délai d'un mois. Le CEN (Saclay) avec qui le contrat est signé,
termine une première phase de travaux le 17 août. 400 fûts
de déchets sont évacués vers le CEN-S.
Une deuxième phase de travaux se termine en novembre 1969 -décontamination
de la bibliothèque, de la piscine et de canalisations. Un contrôle
est fait le 4 12 1969.
1970 : le SCPRI (ancien OPRI) adresse au Préfet des Yvelines une lettre dans laquelle il se déclare favorable à la levée des arrêtés qui frappent la propriété sous réserve que les bâtiments contaminés soient détruits et qu'une partie de la terre du jardin soit enlevée dans les conditions définies par le SCPRI.
1974 à 1975 : démolition des bâtiments et évacuation des déchets par le SPR. Ces travaux permettent la réalisation du lotissement de la Petite Coudraie. Dans le même temps, mise en évidence de contamination et de fortes présomptions de contamination dans les terrains avoisinants -MM. Morvan, Garcia et Lecomte-
1975 à 1983 : après décontamination chez
M. Morvan et travaux chez M. Garcia, 39 autres propriétés présentent
des traces de contamination. Il est à noter que la réalisation
du diagnostic est élargi au Clos Rose à Gif.
En 1976, le SPR, mandaté par la Préfecture procéde à
des contrôles et élimine un certain nombre de contaminations ponctuelles.
En août 1977, le CEN-S adresse au Sous-Préfet de Palaiseau un dossier
portant sur l'ensemble des mesures et qui propose des niveaux limites d'irradiation
et des consignes de décontamination ainsi qu'une estimation du coût
des travaux. Aucune suite officielle n'est donnée à ce document.
Quelques assainissements ponctuels sont effectués (propriétés
Dizier et Peltier)
1984 : Suite à l'intervention de M. Tavernier, Député de l'Essonne, une réunion est organisée au CEN-S avec le SPR et le SCPRI. Il est conclu qu'il n'existe pas, dans les conditions actuelles de risque sanitaire et qu'une décontamination complète rencontrerait des difficultés techniques considérables et entraînerait des dépenses sans commune mesure avec le risque encouru. Il estime toutefois que le moindre usage imposé aux propriétaires et la moindre value des propriétés constituent un problème qu'il serait anormal de faire supporter aux propriétaires ou à la commune. Il se propose d'en saisir le gouvernement par une question écrite.
1990 : 26 novembre, compte rendu d'une réunion (SCPRI, CEA et Préfecture de l'Essonne) : les autorités préfectorales n'ont pris aucune disposition depuis 1977 pour réglementer l'utilisation des terrains dans cette zone. Le SCPRI considère qu'il ne pouvait pas imposer des décontaminations ou des servitudes lourdes car il ne disposait à l'époque d'aucune réglementation concernant la radioactivité naturelle.
1997 : M. Destot, député de l'Essonne, intervient sur la demande de M. Garcia auprès du médiateur de la République, M. Pelletier.
1998 : lettre du Préfet de l'Essonne à M. Garcia lui demandant de prendre contact avec la DDASS et l'OPRI. Le 12 octobre 1998, l'OPRI effectue des mesures chez M. Garcia.
1999 : les événements se précipitent. M. Garcia découvre que les résultats réels pratiqués sur ses enfants en 1976 par le SCPRI lui ont été cachés. Dans la foulée, les 8 et 9 novembre, M. Garcia demande l'intervention de la CRII-RAD. La presse intervient. M. Garcia porte plainte au tribunal administratif.
2000 : suite à ce scandale, le Sous-Préfet de
l'Essonne, M. Marzoratti lance une campagne de mesures sur tout le quartier.
Un groupe de travail technique est constitué de membres de l'Institut
de Protection et de Sûreté Nucléaire (IPSN), de l'Office
contre les Rayonnements Ionisants (OPRI) de l'Institut de Veille Sanitaire (INVS)
et de la DDASS. A propos de l'affaire Garcia, l'opri pense qu'il y a eu faute
et demande au Procureur de la République de le confirmer.
Parallèlement, M. Garcia, ses enfants et la CRII-RAD portent plainte
contre X auprès du tribunal d'Evry avec constitution de partie civile.
Juin 2000 : création de l'Association pour la Valorisation du Périmètre
Vert.
2001 : en janvier, les résultats définitifs de
la campagne sont prêts et communiqués. Les déclarations
publiques données par les autorités font état de 23 propriétés
comportant dans les sols une radioactivité supérieure à
la normale, 8 propriétés comportant une contamination au radium
à l'intérieur des maisons (d'ordres de grandeur respectifs très
différents), 4 maisons doivent subir un diagnostic radon, afin de corriger
une teneur en radon trop élevée dans les pièces à
vivre : la prise en charge financière des travaux à venir doit
être assurée par l'Etat.
En ce qui concerne la décontamination radium à l'intérieur
des maisons, les travaux supervisés par l'ANDRA restent à la charge
des propriétaires (un fonds radium est en discussion pour leur venir
en aide).
La décontamination des terres ne trouve pas encore de solution (servitudes,
enlèvement, recouvrement ???.....)
De son côté M. Lasbordes, Député de l'Essonne, pose
à plusieurs reprises des questions orales ou écrites à
Mme Voynet afin d'attirer son attention sur l'inquiétude des habitants
du quartier d'ordres sanitaire comme patrimonial.
Sources :
-D. CENS/SPR n° 84-305 HV/dl juillet 1984
-IPSN étude historique du site de la SNR de sa création à
nos jours février 2001
-AVPV