Le Druidisme

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Bienvenue à toi promeneur solitaire. Que cherches-tu en ces lieux? Non, ne répond pas, je sais ce que tu es venu chercher... Tu es venu chercher la connaissance... Tu veux apprendre mon art et accéder à mon savoir... Tu veux apprendre à être druide. Et bien soit, mais en premier lieu, laisse-moi te raconter une partie de l'histoire de mon peuple, afin que tu puisses mieux comprendre mon rôle au sein des miens. Entends ici un fragment de l'histoire du peuple celte.



Origines du peuple celte


"Le plus important est que nous soyons libres.
Libres de pensée, de corps, et d'âme.
Ce n'est désormais plus le sang, mais l'esprit
qui fait de nous ce que nous sommes.
Nous sommes les celtes."


Il y a bien longtemps, dans les montagnes de l'Europe de l'est, vivait un peuple dont l'arme de prédilection était la hache. On les appellait le peuple de la hache de guerre.
En Europe de l'ouest vivait une tribu nomadique qui elle se servait de l'arc pour chasser. Ils portaient toujours leurs réserve d'eau dans des gobelets, ainsi les nommait-on en conséquence: les Beakers. Ce peuple errant voyageait beaucoup et aussi ces deux peuples se sont-ils rencontrés et se sont lié pour former les débuts des tribus keltiques. Les premiers kelts étaient pour la plupart grands avec des cheveux blonds ou roux, et des yeux bleus ou verts. Poursuivons maintenant en nous concentrant sur le peuple Gaulois.


Ils travaillaient le bronze, l'or et l'argent. Autant leur culture grandissait, autant leur commerce fleurissait. Ils sont à l'origine de l'invention de bien des produits que nous utilisons régulièrement encore aujourd'hui tel que le savon, le shampoing, et le concept de la jachère en agriculture. Ils furent le premier peuple européen à forger l'acier. Comme leur renommée augmentait au rythme de leurs avancements, un autre groupe de gens, les Scythiens, se joignirent au Kelts. Les Kelts furent émerveillés par les chevaux que les Scythiens avaient avec eux, car ils n'avaient jamais vu pareilles bêtes auparavant. Avec les chevaux désormais en leur possession, les Kelts migrèrent vers l'ouest et s'établirent en Gaulles et en Ibérie et un peu plus tard dans les îles bretonnes. Le mélange du sang keltique et du sang Scythien a introduit des couleurs de cheveux et de yeux plus foncées dans l'héritage keltique.

"Voici des milliers d'années, les Celtes apparurent en Europe centrale comme un ensemble de peuples se distinguant par une langue, une mythologie et un art propres. Ils migrèrent dans toutes les directions depuis leurs terres d'origine, se battant et commerçant avec les cultures qu'ils rencontraient. Ils ont laissé dans leur sillage des armes, des bijoux et des objets quotidiens superbement travaillés. Ces magnifiques réalisations nous permettent aujourd'hui de suivre leurs déplacements mais aussi d'apprécier la splendeur de leur art et leur vision du monde très élaborée. À son apogée, la civilisation celtique s'étendit de l'Irlande à la Turquie."

(Juliette Wood, Les Celtes peuples et cultures, éd. Gründ 1999)

 

La civilisation celte: généralités

Il faut savoir que le peuple celte n'a pas de morphologie commune, n'est pas semblable d'un point de vue anthropologique. Être celte, ce n'est pas faire partie d'une race, mais plutôt faire partie d'une unité linguistique, religieuse, socioculturelle, artistique et d'état d'esprit. Ceci se confirme lorsque l'on comprends que les celtes originaux, les pionniers, n'étaient qu'une petite élite guerrière et intellectuelle qui à un moment donné a submergé ses voisins et les a "celtisé". Ce peuple originel si on peut dire a converti les aborigènes qui les entouraient, les a entraînés dans sa culture politique et religieuse. Ainsi naquirent les civilisations celtiques. À l'origine, on prétend que cette élite venait de la région de Harz, noyau duquel se sont détaché, au fil du temps, des tribus autonomes allant vers l'ouest pour trouver des régions où s'établir. (idée avancée par Jean Markale)

Donc l'accroissement de la population a provoqué cette dispersion du peuple celte vers l'ouest. Pourquoi l'ouest? La plus plausible hypothèse est celle qui veut qu'ils ont choisi l'ouest puisque dans leur mythologie, l'autre monde se trouve à l'extrémité ouest du monde, et le peuple cherchait à se rapprocher de ce "paradis", ils allaient du côté où le soleil se couche.

  "Suivant la marche du soleil, des populations de langue celtique, parties probablement dès le IIe millénaire avant Jésus Christ, des régions centrales de l'Europe, arrivèrent aux îles de l'Océan, à l'extrémité occidentale du monde reconnu par les habitants de l'Europe ancienne. Situées dans le prolongement de la péninsule de Dingle (Co Kerry), les îles Blasket constituaient l'avancée la plus occidentale des terres habitées par les Celtes. Au-delà n'existait plus pour eux que l'étendue d'eau sans fin où venait mourir le soleil et où se trouvaient les Îles bienheureuses de l'Autre Monde, séjour paradisiaque des élus."

Venceslas Kruta, Les Celtes en occident, éd. Atlas, 1985.

 


Les techniques de métallurgie se perfectionnant graduellement les forgerons et les orfèvre devinrent de véritables artisans, produisant des bijoux, des ornements religieux ou guerriers et surtout des armes d'une qualité exceptionnelle et inégalée. Ces artisans créèrent des instruments agricoles de plus en plus performants, ce qui permit également le développement de l'agriculture, ceci notamment grâce à l'invention de la charrue a soc de fer. Les celtes avait tellement progressé dans leur technologie que certains de leurs outils ont été en usage jusqu'à l'arrivée des machines et de l'industrialisation. C'est aux celtes que l'on doit l'invention de la cotte de maille, du tonneau, de plusieurs techniques de construction navale et de la forme de casque des légionnaires romains ( oui oui, les romains ont piqué plein d'inventions aux celtes! Les celtes avaient celtisé les romains bien avant que ceux-ci ne les romanisent!!! ). La richesse et la prospérité du peuple hallstattien a fait que la population c'est accrue et a migré. Au 5ième siècle avant notre ère les celtes occupaient la moitié de l'Europe.


On ne sait pas vraiment comment cette deuxième vague d'expansion s'est produite; si elle fut pacifique ou militaire. Mais il faut dire que les peuples autochtones, quoique plus nombreux que les celtes, n'ont pas pu résister aux celtes bien longtemps vu leur supériorité technique écrasante. Les celtes avaient des épées de fer (beaucoup plus solide que celles en bronze) et ils maîtrisaient l'équitation tel des virtuoses. La cavalerie celte consistait en fait à des chars légers tirés par deux chevaux. Bref cette invasion fut rapide (à peine quelques décennies) et elle a imprégné la mémoire collective quant à la terreur inspirée par les guerriers gaulois. Les celtes n'ont pas massacré les populations qu'ils croisaient sur leur passage, ils les ont colonisées en leur imposant leur langue, leur religion et leur structure socioculturelle; ils les ont "celtisés".

Ce que nous savons des Celtes nous a principalement été transmis grâce aux écrits des peuples de l'Antiquité tels les Grecs et le Romains, qui décrivaient le caractère du peuple celte comme "belliqueux", "fier", "franc", "insolent", "vaniteux", "vantard" et "fougueux". Certains vont même jusqu'à les prétendre superstitieux, irrationnels, se livrant à des rites cruels tel que le sacrifice; mais il faut détecter et discerner dans ces propos une propagande politique émise par les peuples rivaux contre lesquels ils furent en guerre, mais avec un fond de vérité qui serait par exemple la bravoure interprétée et transmise comme de la vanité ou de l'irrationalité; ou alors leur sens de l'honneur pris pour de la fierté ou de la vanité vantarde. Ils les décrivaient comme des gens primitifs et barbares, un peuple uni par une cause commune, la guerre.  Mais en cela ils se trompaient. Au contraire, le peuple celte prisait l'art de la parole autant que celui de la guerre, seulement les peuples de l'Antiquité ne comprenaient pas la langue celte et ne déchiffraient pas leurs écrits, la logique et la beauté des manuscrits celtes leurs échappaient. Une preuve de la propagande négative faite contre les Celtes par les autre peuple est l'exemple de César, qui, après sa victoire contre les Celtes, se mit à vanter leur courage et leur talent guerrier, pour faire reluire d'avantage sa propre victoire. En réalité, les Celtes étaient d'habiles mineurs, des métallurgistes hors pairs, des bâtisseurs; ils portèrent l'agriculture à un niveau insurpassé pendant deux millénaires, leur art était fin et subtile et certaines de leur pièces d'orfèvrerie sont encore des prodiges inégalés par les orfèvre actuels, on n'a qu'à penser à leur émaux ou leur pièce en métaux précieux. Ils étaient également d'excellents brasseurs et vignobles, et de grands buveurs, mais une fois sur les effets de la boisson, ils devenaient querelleurs et violents.

Voyez ces deux exemples de chef d'oeuvres qui parlent d'eux-même et répondent quant à moi aux débats qui opposent ceux qui voient les celtes comme des barbares et ceux qui les voient comme un peuple très civilisé à qui le destin n'a pas laissé la chance d'évoluer jusqu'à nos jours sans diluer sa culture aux fil des siècles. Ci-haut un casque guerrier d'apparat retrouvé dans la tombe d'un chef dans la région actuelle de Charente (IVième siècle av. J.-C.) et ci-bas la célèbre broche de Tara retrouvée dans une boîte sur la plage de Bettystown, dans le compté de Meath, en Irlande (VIIIième siècle apr. J.-C.). C'est éblouissant, à couper le souffle, tant de détails... Et je pourrais afficher ici tellement d'autres photos d'objets tout autant incroyables. Si vous êtes en Europe, voyez tous ces objets dans les musées en vrai et soyez à jamais imprégné du sentiment de la possible perfection... Malheureusement, je suis québécoise, je dois donc me contenter des photos, mais vous... Allez-y! C'est mon rêve!

 

Les origines de la culture celte à l'âge du bronze

Les métaux comme l'or et le cuivre furent utilisés en Europe dès le IVième millénaire avant notre ère pour la fabrication de bijoux et d'ornements. Ces métaux étant trop tendres et fragiles, les pierres servaient toujours à la fabrication des outils et des armes. Ce n'est qu'avec la découverte du bronze, alliage de cuivre et d'étain, qu'apparurent les outils et les armes de métal. La première culture européenne utilisant le bronze est celle d'Unetice, qui se développa dans les bassins de l'Elbe et de l'Oder vers 2500 av. J.-C. Dans le millénaire qui suivit, le travail du bronze se répandit dans toute l'Europe. C'est avec l'émergence de cette technique que coïncide l'apparition des grands axes commerciaux, ceci étant du au fait que les métaux, surtout l'étain, ne se retrouvaient pas partout et devaient être acquis par commerce de nations lointaines. Le développement du commerce favorisa le voyage des idées et par conséquent entraîna l'uniformisation des cultures. À la fin de l'âge du bronze, toute les cultures avaient convergé en une seule, la culture des champs d'urnes.

Les classe dirigeante, par le contrôle qu'elles exerçaient sur le commerce, accrurent de plus en plus leur pouvoir, ce qui donna naissance à une aristocratie émergeante dont la puissance et l'autorité croissaient. Les sociétés se firent plus hiérarchisées, des élites guerrières virent le jour, des fortifications de types citadelles se multiplièrent, bref, une grande partie de se qui allait caractériser l'âge du fer se mit en place.

Amphore de l'âge du bronze moyen (vers 1300 av. J.-C.) décorée d'un char, provenant d'un champs d'urne à Vel'ke Raskovce (Slovaquie).

Collier en or provenant de Shannongrove (Comté de Limerick, Irlande), datant de l'âge du bronze tardif (VII ième siècle av. J.-C.).

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Notes à la carte ci-haut:

1: Le plus ancien centre métallurgique européen se trouvait dans les montagnes des Balkans. Le cuivre était extrait dès 4500 av. J.-C.

2: La civilisation des gobelets en entonnoir, largement diffusée, tire son nom de la coutume de placer dans les tombes des gobelets de céramique de forme caractéristique. Ces cultures s'étendent de la fin du néolithique au début de l'âge du bronze.

3: La culture d'Unetice, de l'âge du bronze ancien, tire son nom d'une nécropole près de Prague (République Tchèque).

 

Introduction à la civilisation celte

Les celtes sont apparus dans l'histoire en tant que civilisation au 5ième siècle avant notre ère. Ils étaient présents bien avant ces temps, mais on ne pouvait pas alors parler de civilisation. Les découvertes archéologiques les plus récentes ont trouvé la trace de leur civilisation en certaines régions de l'Europe dès la fin de l'âge du bronze, c'est à dire entre 900 et 700 av. J.-C. Les Celtes sont donc apparus avec l'âge du fer (en fait un peu avant mais plus près du fer que du début du bronze), ce qui fait que l'on confond souvent la civilisation celtique avec la civilisation de l'âge du fer. Mais les celtes n'étaient pas les seuls à faire cette découverte. On peut distinguer deux époques dans l'âge de fer celtique: la période de Hallstatt (nom tiré d'un site autrichien) et la période de La Tène (site en suisse sur les bords du la Neuchâtel). La période de La Tène dure en certain lieu jusqu'à l'ère chrétienne et au moyen âge dans les îles britanniques.


(tiré du livre "Atlas Historique de la préhistoire à nos jours" éd. Anders Rohr 1991)


(tiré du livre "Atlas Historique de la préhistoire à nos jours" éd. Anders Rohr 1991)


La zone foncée représente le territoire celte avant 400 av. J.-C. et les zones plus pâles sont les différentes expansions de la civilisation celte de La Tène qui se sont échelonnées de 400 à 200 av. J.-C.
 

poignard de bronze provenant de la ville de Hallstatt, 6ieme siècle av. J.C.
(tiré du livre "Atlas Historique de la préhistoire à nos jours" éd. Anders Rohr 1991)

 

La civilisation celte intermédiaire: Hallstatt

Tout comme le laissait présager la fin de l'époque de bronze, la civilisation de Hallstatt se caractérise par de grande citadelles, un artisanat de qualité, des produits exotiques importés des pays méditerranéens et des tombes au riche mobilier funéraire. Elle débute à la fin de l'âge du bronze et fait partie de la civilisation des champs d'urnes. On la divise en quatre périodes, Hallstatt A (1200-1000 av. J.-C.), Hallstatt B (1000-800 av. J.-C.), tous deux appartenant à l'âge du bronze, Hallstatt C (800-600 av. J.-C.) et Hallstatt D (600-450 av. J.-C.), du début de l'âge de fer. Le début de Hallstatt, comme les autres cultures de l'âge du bronze tardif en Europe, est une société de petites chefferies. Le paysage est dominé de fermes isolées, de villages et de petits forts.  L'arrivée de l'âge du fer apporte des changements majeurs au paysage, en introduisant les citadelles qui se multiplient, l'apparition des nécropoles aux tumulus aux riches mobilier funéraire, dont certaines contenaient même des chars funéraires à quatre roues. Ces richesses traduisent l'émergence de chefferies beaucoup plus hiérarchisées et centralisées. Les grands axes commerciaux emportent des nouveaux produits de luxe comme le vin, et tous ces nouveaux biens de luxe ne se retrouvent que dans les citadelles ou dans les tombes, se qui traduit leur caractère élitiste. C'est probablement grâce aux récits des marchands que les civilisations méditerranéennes prirent conscience de l'existence des celtes.

C'est vers le VII ième ou le VI ième siècle av. J.-C. que les celtes franchirent les Pyrénées et pénétrèrent dans la péninsule Ibérique pour se mêler au peuple Ibérique autochtone et fonder la culture celtibère. Cette migration et celles qui suivirent était le moyen de gérer les pressions causées par l'expansion démographique et le manque des terres. Les différentes chefferies celtiques étant divisées par une intense rivalité, émigrer était la solution pacifique logique à adopter lorsque les pressions menaçaient de causer des guerres internes.

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Dans la région montagneuse du Salzkammergut en Autriche, au bord du lac Hallstatt dans la première moitié du 1er millénaire av. J.-C., afin d'exploiter le sel gemme qui était assez abondant pour l'exploitation de mines pendant plus d'un siècle. Hallstatt serait le terme celte pour le mot sel. D'ailleurs, Georg Ramsauer, qui, en 1846, effectua les premières fouilles archéologiques sur le site de Hallstatt, était le directeur d'une mine de sel de Hallstatt. Il fouilla les mines pendant 17 ans, mis à jour une nécropole de 980 tombes et 19497 objets divers, dont il établit le catalogue précis et qu'il fit représenter avec beaucoup de précision par l'aquarelliste Isidore Engel. L'empereur François Joseph vint lui-même assister, en 1856, à l'ouverture de la tombe 507. Dans la mine même, bien conservés par le sel, de nombreux objets furent découverts, grâce auxquels on peut se faire une idée du travail qui était exécuté: vêtements en peau retournée, chaussures, bonnets, sacs à dos en cuir, pics et baquets en bois, etc. Le plus beau et le plus étonnant des objets recueillis du début des fouilles à 1939 est un fourreau d'épée en bronze au décor gravé qui figure différentes scènes d'inspiration vraisemblablement mythologiques, parmi lesquelles on remarque quatre cavaliers et un arbre de vie gardé par deux dragons. L'archéologue suédois B.F. Hildebrand, en 1872, baptisa du nom de Hallstatt le premier âge du fer (VIIIè s. au milieu du Vè s. av. J.-C.)

 

La civilisation celte à l'âge de fer: La Tène

La culture de La Tène s'est développée dans la partie ouest de l'Europe centrale au milieu du Vième siècle av. J.-C. Elle doit son nom à un hameau et un sanctuaire découverts en 1857 sur le site du lac de Neuchâtel, en Suisse. Vers 300 av. J.-C., La Tène était devenue la principale culture de la côte atlantique française aux Carpates. Son influence s'étend jusqu'en Espagne et en Gaule cisalpine. Au premier siècle av. J.-C. elle atteint les îles Britanniques où son art caractéristique reçut une orientation nouvelle. Suite aux conquêtes romaines, la culture de La Tène disparut du continent et de la Grande Bretagne, mais son style artistique survécut en Irlande et fût réintroduit en Grande Bretagne au début du Moyen Âge.

L'art de La Tène a des motifs beaucoup plus curvilignes que celui de plus géométrique Hallstatt, ceci à cause de l'influence des motifs végétaux grecs et étrusques qui décoraient la vaisselle importée. L'influence méditerranéenne se traduit aussi par l'apparition de techniques artisanales tel la céramique peinte. L'art atteint son plus haut degré d'expression sur les armes et autres objets de luxe en métal, devenant ainsi plus aristocratique et militaire. De nombreuses tombes de guerriers à riche mobilier dont certaines contiennent des chars et de nombreux équipements militaire sont une nouveauté comparativement aux tombes de la période de Hallstatt qui contenaient rarement des équipements militaires. L'art de La Tène est essentiellement destiné à une élite : les coupes. les bijoux, les armes et armures splendides qu'il produisait étaient des objets de prestige à exhiber lors de festins et de parades militaires.

Donc le peuple celte devient beaucoup plus militarisé lors de La Tène qu'il ne l'était dans la période de Hallstatt, ce qui favorise l'expansion par migration. Le premier déplacement des Celtes de La Tène les conduisit en Italie. Ils se répandirent dans la vallée du Pô en franchissant les Alpes, affaiblissant les Étrusques, qui furent ensuite une proie facile pour l'expansionnisme romain. En 390 av. J.-C. ils pillèrent Rome, qui n'était encore qu'une petite puissance. Certains groupes atteignirent même le sud de l'Italie et s'engagèrent comme mercenaires au service des souverains grecs locaux.

Aux IV ième et III ième siècle av. J.-C., les migrations se font vers l'est. Vers 300 av. J.-C., les celtes pénètrent dans les Carpates. Une inscription isolée mentionne que les Celtes et les Scythes attaquèrent le royaume du Bosphore, et des objets de style La Tène disséminés dans les steppes méridionales indiquent que certains Celtes atteignirent le Don. En 279 av. J.-C., une expédition Celte en Grèce se solda par un échec. Certains survivants fondèrent un royaume de brigands à Tylis, sur la mer noire, d'autres s'établirent en Anatolie, d'autres se firent mercenaires en Syrie et en Égypte, amenant le monde celtique à son expansion maximale.

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Les Celtes envoyaient des députations en Grèce auprès d'Alexandre le Grand régulièrement et amicalement, dont une en 323 av. J.-C. à sa cour de Babylone. Mais, encouragés par l'anarchie qui régnait en Grèce à la mort d'Alexandre, ils entreprirent des razzias en Thrace et en Macédoine à partir de 298 av. J.-C. En 281 av. J.-C., Bolgios vainquit et tua le roi de Macédoine, Ptolémée Kéraunos. La grande expédition contre la Grèce fût, comme nous l'avons mentionné ci-haut, un échec coûteux. Les Grecs s'unirent contre les Celtes, les Galatai, comme ils les appelaient, et les chassèrent en quelques mois en leur infligeant de lourdes pertes. Les survivants, poursuivant leur route, s'établirent en Thrace et en Anatolie. Ce succès entraîna les Celtes à mener une expédition de grande envergure contre la Grèce en 279 av. J.-C. sous le commandement de Brennos (sans doute un personnage légendaire) et d'Akichorios. Mais on connaît le caractère celte, les troupes se divisèrent à cause de dissensions internes avant même d'atteindre la Grèce. Une armée commandée par Léonorios et Lutorios pénétra en Thrace et atteignît l'Anatolie. Les Celtes rencontrèrent peu de résistance avant de parvenir au défilé des Thermopyles.  L'objectif des Celtes, tout comme celui des Perses deux siècles plus tôt, était la ville sacrée de Delphes. On ne sait pas trop la suite des évènements car les circonstances demeurent nébuleuses, des versions contradictoires étant toujours en vigueur. Une version raconte une intervention divine en faveur des grecs se traduisant par des chutes de neige et de rochers hors saisons qui prirent de court les guerriers celtes, alors qu'une autre version raconte plutôt que les Celtes pillèrent la cité et qu'une partie du trésor fût portée en Gaule, où il tomba plus tard aux mains des Romains. Quoi qu'il en soit, la ville de Delphes ne subit pas de grands dommages, les Celtes se retirèrent en désordre, et Brennos mourut des suites du combat. Certains des survivants restèrent en Grèce et s'engagèrent comme mercenaires auprès du roi de Macédoine. D'autres retournèrent dans la vallée du Danube et se joignirent aux Scordisques. D'autres encore fondèrent le royaume de Tylis et firent régner la terreur dans les cités grecques du littoral avant d'être conquis par les Thraces . L'invasion celte de la Grèce et des Balkans n'a laissé pratiquement aucune trace archéologique, et resterait inconnue sans les sources écrites.



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(tiré du livre "Les Celtes" éd. Tallandier coll. les dossiers historia 1998)

La carte ci-haut représente le schéma de l'expansion du peuple celte à partir de son noyau d'origine. On y voit noté la localisation et le nom des principales tribus celtes telles qu'elles étaient répandues vers leur apogée, avant les invasions romaines.

(tiré du livre "Les Celtes, histoire et dictionnaire" de Venceslas Kruta, collection Bouquins, ed. Robert Laffont,dépôt légal novembre 2000.)

 

Suivent deux chronologies de sources différentes et citées pour vous permettre d'en apprendre d'avantage par la comparaison, l'étude et les recherches que susciteront les différences entre celles-ci.

(Atlas historique des Celtes, John Haywood, éd Autrement, Paris 2002)

 


Je vous suggère ici de lire ces petits textes qui pourraient vous démêler dans la terminologie, ne vous en passez pas, c'est dans les appendices qu'on comprend le sens des choses!:


Terminologie: Gaulois, Gallois, Galates, Gaels...

Terminologie: Celtes et Galates

Terminologie: Celtes, Galates et Gaulois


Et cette petite légende d'un auteur grec sur la provenance du mot Galate.


Origines du mot Galate, la légende d'Héraklès



Voici quelques textes complémentaires en anglais, pourvus de copyrights, alors je les vous les rends disponibles ici dans leur version intégrale. Ces textes proviennent de l'ADF et sont bien entendu empli de l'opinion et des avis de cette organisation, et non des miens.

Introduction à l'ADF Texte tiré du premier numéro du magazine de l'ADF, ceci explique comment a été bâti l'ADF et sa philosophie, ainsi que quelques préceptes de druidisme.

Histoire du peuple Celte 1 Première partie de l'histoire celte selon l'ADF.

Histoire du peuple Celte 2 Deuxième partie de l'histoire celte selon l'ADF.

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