Charivari
 
Depuis trois ans,
le grand Charivari
de Clermont-Fd,
rassemble quelques 500 joyeux lurons pour une cavalcade sonore et colorée dans les rues de la vieille ville.
Le charivari, c'est aussi la découverte du sonore...
   
 
OBJECTIFS


A partir du constat qu'aucune manifestation ne marque d'une façon originale la période des carnavals à Clermont Fd, l'association Païs'Art a désirée instaurer un rituel participatif à Clermont Fd pendant la période des carnavals.
Le concept de charivari été préféré à celui de carnaval, car plus original et moins difficile à mettre en place dans une ville comme Clermont fd peu sensibilisée au carnaval.

Le charivari c'est quatre objectifs incontournables, réaffirmés fin 99:
- Un thème, le sonore et le coloré,
- La participation du plus grand nombre, notamment le jeune public,
- Un esprit festif et convivial propice à l'échange.

 

 

MOYENS


- L'animation:

Le Charivari ayant pour but de faire participer la population, l'association engage une véritable politique d'animation. Il ne s'agit pas de présenter des animations classiques mais de faire en sorte que les artistes présents engagent un travail avec le public afin de l'amener du stade de participant à celui d'acteur.
Les artistes sont par exemple chargés lors de la cavalcade sonore de créer une émulation, d'accompagner et de conforter les participants dans leur démarche. Les artistes sont au service des participants.

- Les ateliers:

Ils s'inscrivent directement dans la politique d'animation. Avant le Charivari, l'après midi est consacrée à des ateliers de sensibilisation. Ces ateliers permettent aux participants d'approcher le concept de la manifestation, d'acquérir les outils nécessaires à leur participation.
Ces ateliers, ayant pour thème le sonore, le coloré, l'écriture, sont mis en place par des professionnels.

- Diffusion:

Le Charivari est également un bon support de diffusion car il regroupe un public large et varié. L'après Charivari est consacré à la diffusion. Il permet aux participants de finir la manifestation dans une ambiance conviviale.
L'objectif est de mettre en avant un jeune groupe de qualité professionnelle, d'ouvrir de nouveaux horizons musicaux au public, de permettre à la population de participer à travers la danse.
Le but est aussi pédagogique, le groupe étant invité à présenter l'après midi les musiques instruments et danses pratiquées ( fonction de la musique, contexte et présentation du pays d'origine).

 

 

Article tiré du journal de l'association 'De que Fatz'

Mercredi 24 mars 1999
Il est 6h00 du mat! Les dormeurs dorment encore ; les ronfleurs ronflent encore et les rêveurs rêvent encore. Seuls les travailleurs et les oiseaux de nuit sont éveillés. Mais personne ne se doute de rien ! Les ruelles sont vides de souffle. Au loin, on nentend que le ronflement des grands axes.
Cette jeune matinée de printemps ne laisse rien présager dinhabituel.

A laube, les bennes à ordure avalent leur ptit déj dans un fracas qui fait vibrer les murs. Les rues commencent, petit à petit, à semplir de claquements de talons empressés et de toussotements de moteurs encore mal réveillés. Quelques commerçants relèvent leurs grilles avec léternel grincement qui sinfiltre jusque dans la moelle épinière. A part ça, tout paraît normal. La ville séveille dune nuit empourprée.
Pourtant, quelques individus conspirateurs préparent une insurrection. Ils veulent perturber le quotidien sonore des habitants. La veille, ils ont passé le mot à plein de complices, qui, silencieusement, se sont préparés pour lheure H du jour J du mois M de lannée A.
Ils ont récupéré des casseroles et des bidons à la retraite, ressorti le tambour tout poussiéreux de la cave, accroché des grelots à leurs fringues, retendu leur djembé, astiqué leur trompette, préparé les baguettes et le charlé, décroché du mur les castagnettes rapportées dEspagne, &
Secrètement, un artiste a passé sa nuit à peindre des Suvres dart sur des feuilles géantes.
Il est maintenant près de 17h. Des gens se sont rencardés derrière la Cathédrale. Ils portent tous des objets bizarroïdes dans leurs mains. Des enfants, les yeux pleins de malice et le sourire en coin sont prêts. Une foule dinconnus commence à sattrouper.
Des toiles de papier géantes, hissées par des ballons, sélèvent avec peine dans le ciel, à cause du vent dhumeur plutôt joyeuse. Soudain apparaissent des cochons gigantesques qui ricanent au nez des passants passeurs.
JJBAOUM ! Dans un bruit sourd, des pétards explosent ! Ca y est, cest le signal !
Les instruments encore engourdis, commencent à pousser leurs premiers cris. Les sifflets lancent la cadence, suivent les tambours venus en renfort. La locomotive est en marche. Bientôt, toute une horde de joyeux hurluberlus déguisés en expérimentateurs de sons nouveaux quitte la Place de la Bourse pour assiéger la Place du Marché Saint-Pierre.
Les passants passeurs soudain ne passent plus, mais restent figés dans leur étonnement, ou leur émerveillement & Certains viennent même grossir la cohorte. Les commerçants pointent le bout de leur nez, pour se remplir les yeux, ou les oreilles.
Cest maintenant au tour de la rue des Gras de frémir sous lassaut de ces bruits qui ne sont pas des klaxons ou des moteurs énervés !
La foule va grossissant, toujours dans la joie et la bonne humeur, et remonte lentement sur la Place de la Victoire. Certains énergumènes, pris par une frénétique envie de danser voient leurs bras et jambes se rebeller et sagiter dans tous les sens, comme des marionnettes qui ne répondent plus aux commandes de leur Gépéto. Le soleil, quant à lui, est aussi euphorique et abreuve de ses rayons régénérants les sonailleurs excités.
Les murs de la rue Pascal commencent à résonner : les sons sentrechoquent et semmêlent, tellement les parois des immeubles sont hautes. Les faiseurs de sons nouveaux sentassent dans cette ruelle et on dirait quils sont mille. Dans cette rivière de têtes délurées déambulent trois géants moqueurs, qui vont et viennent, tranquillement mais pas trop sûrement, à en juger par la rougeur de leur nez.
Petit à petit, la rue du Port est investie. De plus en plus de monde sattroupe au pas des portes. Ce cloaque na décidément rien à voir avec les sons qui habitent le quotidien clermontois.
L'euphorie gagne toute la foule. Les sonailleurs chantent, dansent, frappent, tapent, sautent partout. Et cest ainsi quils se retrouvent au point de départ, place de la Bourse, pour un apéro-bSuf endiablé autour dune buvette égarée qui sétait dit en passant par là que lendroit était pas trop mal pour se reposer. Malheureusement pour elle, cest par une horde dassoiffés quelle se retrouve assiégée et se donne corps et âme.
Opération réussie ! Linsurrection du son sest bien déroulée : les sonailleurs endiablés se sont déchaînés pour donner à la ville de nouvelles couleurs sonores.
Et les protagonistes de sécrier tous ensemble : ACARIVARIII !!!
Un seul souhait maintenant : que le prochain Charivari chante encore plus longtemps et plus fort dans les rues de la ville lannée prochaine.
Que la frénésie des sons nouveaux nous envahisse tous !!!!
ET pourvu qu'ça dure.