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- OBJECTIFS
A partir du constat qu'aucune manifestation ne marque d'une façon
originale la période des carnavals à Clermont Fd,
l'association Païs'Art a désirée instaurer
un rituel participatif à Clermont Fd pendant la période
des carnavals.
Le concept de charivari été préféré
à celui de carnaval, car plus original et moins difficile
à mettre en place dans une ville comme Clermont fd peu
sensibilisée au carnaval.
Le charivari c'est quatre objectifs incontournables,
réaffirmés fin 99:
- Un thème, le sonore et le coloré,
- La participation du plus grand nombre, notamment le jeune public,
- Un esprit festif et convivial propice à l'échange.
MOYENS
- L'animation:
Le Charivari ayant pour but de faire participer
la population, l'association engage une véritable politique
d'animation. Il ne s'agit pas de présenter des animations
classiques mais de faire en sorte que les artistes présents
engagent un travail avec le public afin de l'amener du stade de
participant à celui d'acteur.
Les artistes sont par exemple chargés lors de la cavalcade
sonore de créer une émulation, d'accompagner et
de conforter les participants dans leur démarche. Les artistes
sont au service des participants.
- Les ateliers:
Ils s'inscrivent directement dans la politique
d'animation. Avant le Charivari, l'après midi est consacrée
à des ateliers de sensibilisation. Ces ateliers permettent
aux participants d'approcher le concept de la manifestation, d'acquérir
les outils nécessaires à leur participation.
Ces ateliers, ayant pour thème le sonore, le coloré,
l'écriture, sont mis en place par des professionnels.
- Diffusion:
Le Charivari est également un bon
support de diffusion car il regroupe un public large et varié.
L'après Charivari est consacré à la diffusion.
Il permet aux participants de finir la manifestation dans une
ambiance conviviale.
L'objectif est de mettre en avant un jeune groupe de qualité
professionnelle, d'ouvrir de nouveaux horizons musicaux au public,
de permettre à la population de participer à travers
la danse.
Le but est aussi pédagogique, le groupe étant invité
à présenter l'après midi les musiques instruments
et danses pratiquées ( fonction de la musique, contexte
et présentation du pays d'origine).
Article tiré du journal de l'association 'De que Fatz'
Mercredi 24 mars 1999
Il est 6h00 du mat! Les dormeurs dorment encore ; les ronfleurs
ronflent encore et les rêveurs rêvent encore. Seuls
les travailleurs et les oiseaux de nuit sont éveillés.
Mais personne ne se doute de rien ! Les ruelles sont vides de
souffle. Au loin, on nentend que le ronflement des grands axes.
Cette jeune matinée de printemps ne laisse rien présager
dinhabituel.
A laube, les bennes à ordure avalent leur ptit déj
dans un fracas qui fait vibrer les murs. Les rues commencent,
petit à petit, à semplir de claquements de talons
empressés et de toussotements de moteurs encore mal réveillés.
Quelques commerçants relèvent leurs grilles avec
léternel grincement qui sinfiltre jusque dans la moelle
épinière. A part ça, tout paraît normal.
La ville séveille dune nuit empourprée.
Pourtant, quelques individus conspirateurs préparent une
insurrection. Ils veulent perturber le quotidien sonore des habitants.
La veille, ils ont passé le mot à plein de complices,
qui, silencieusement, se sont préparés pour lheure
H du jour J du mois M de lannée A.
Ils ont récupéré des casseroles et des bidons
à la retraite, ressorti le tambour tout poussiéreux
de la cave, accroché des grelots à leurs fringues,
retendu leur djembé, astiqué leur trompette, préparé
les baguettes et le charlé, décroché du mur
les castagnettes rapportées dEspagne, &
Secrètement, un artiste a passé sa nuit à
peindre des Suvres dart sur des feuilles géantes.
Il est maintenant près de 17h. Des gens se sont rencardés
derrière la Cathédrale. Ils portent tous des objets
bizarroïdes dans leurs mains. Des enfants, les yeux pleins
de malice et le sourire en coin sont prêts. Une foule dinconnus
commence à sattrouper.
Des toiles de papier géantes, hissées par des ballons,
sélèvent avec peine dans le ciel, à cause
du vent dhumeur plutôt joyeuse. Soudain apparaissent des
cochons gigantesques qui ricanent au nez des passants passeurs.
JJBAOUM ! Dans un bruit sourd, des pétards explosent !
Ca y est, cest le signal !
Les instruments encore engourdis, commencent à pousser
leurs premiers cris. Les sifflets lancent la cadence, suivent
les tambours venus en renfort. La locomotive est en marche. Bientôt,
toute une horde de joyeux hurluberlus déguisés en
expérimentateurs de sons nouveaux quitte la Place de la
Bourse pour assiéger la Place du Marché Saint-Pierre.
Les passants passeurs soudain ne passent plus, mais restent figés
dans leur étonnement, ou leur émerveillement &
Certains viennent même grossir la cohorte. Les commerçants
pointent le bout de leur nez, pour se remplir les yeux, ou les
oreilles.
Cest maintenant au tour de la rue des Gras de frémir sous
lassaut de ces bruits qui ne sont pas des klaxons ou des moteurs
énervés !
La foule va grossissant, toujours dans la joie et la bonne humeur,
et remonte lentement sur la Place de la Victoire. Certains énergumènes,
pris par une frénétique envie de danser voient leurs
bras et jambes se rebeller et sagiter dans tous les sens, comme
des marionnettes qui ne répondent plus aux commandes de
leur Gépéto. Le soleil, quant à lui, est
aussi euphorique et abreuve de ses rayons régénérants
les sonailleurs excités.
Les murs de la rue Pascal commencent à résonner
: les sons sentrechoquent et semmêlent, tellement les parois
des immeubles sont hautes. Les faiseurs de sons nouveaux sentassent
dans cette ruelle et on dirait quils sont mille. Dans cette rivière
de têtes délurées déambulent trois
géants moqueurs, qui vont et viennent, tranquillement mais
pas trop sûrement, à en juger par la rougeur de leur
nez.
Petit à petit, la rue du Port est investie. De plus en
plus de monde sattroupe au pas des portes. Ce cloaque na décidément
rien à voir avec les sons qui habitent le quotidien clermontois.
L'euphorie
gagne toute la foule. Les sonailleurs chantent, dansent, frappent,
tapent, sautent partout. Et cest ainsi quils se retrouvent au
point de départ, place de la Bourse, pour un apéro-bSuf
endiablé autour dune buvette égarée qui sétait
dit en passant par là que lendroit était pas trop
mal pour se reposer. Malheureusement pour elle, cest par une horde
dassoiffés quelle se retrouve assiégée et
se donne corps et âme.
Opération réussie ! Linsurrection du son sest bien
déroulée : les sonailleurs endiablés se sont
déchaînés pour donner à la ville de
nouvelles couleurs sonores.
Et les protagonistes de sécrier tous ensemble : ACARIVARIII
!!!
Un seul souhait maintenant : que le prochain Charivari chante
encore plus longtemps et plus fort dans les rues de la ville lannée
prochaine.
Que la frénésie des sons nouveaux nous envahisse
tous !!!!
ET pourvu qu'ça dure.
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