Mandolinas et Bandolas du Venezuela
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Mandolines et "Bandolas" du Venezuela

La Mandoline, connue au Venezuela aussi sous le nom de Bandolina ou Bandolin est un instrument très important dans la musique folklorique de mon pays. C'est une sorte de mandoline napolitaine, c'est-à-dire à huit cordes, quatre paires, accordées en intervalles de quinte comme le violon. La différence avec la mandoline napolitaine réside dans sa caisse de résonnance à fond plat et non pas bombée.  C'est l'instrument mélodique par excellence dans les régions des andes, de l'est, centre et ouest du pays. La plupart des chanteurs de la musique vénézuélienne ont un mandoliniste dans leurs groupes musicaux. Au Venezuela sont également très importantes les "Estudiantinas", petites "orchestres à plectre" contenant généralement: mandolines premières et secondes, cuatros, guitares et basse. A part les "estudiantinas" que l'on trouve pratiquement dans chaque institut éducatif, entreprise, institution culturelle, etc. existent depuis plusieurs décennies les "orquestas típicas": orchestres symphoniques de petite dimension, qui ajoutent à leur structure de base, des mandolinas, cuatros, guitares et éventuellement autres instruments du folklore vénézuélien. Dans certains secteurs des andes vénézuéliennes, on trouve encore un instrument appelé le Bandolin Andino, qui n'a presque rien à voir avec la mandoline à huit cordes (il est apparenté plutôt à la bandola andina, - voir plus bas).

Il n'y a pas une "bandola", mais plusieurs ... il y a:
- une bandola à quatre cordes de nylon, la Bandola Llanera (voir la photo dans la page principale) originaire des grandes plaines (los llanos) et qui a eu un développement très important au cours de dernières années. Cette "bandola" est aujourd'hui la plus connue et practiquée.
- la bandola à huit cordes: connue sous les noms de Bandola Central ou Guariqueña, Oriental et Guayanesa. Composée de quatre cordes doubles, peut être montée en metal, nylon ou même en une combinaison des deux, selon la region et les musiciens qui la jouent. Sa principale caractéristique est le fait que les cordes sont montées à l'octave aux troisième et quatrième ordre. Dans le centre du pays, particulièrement dans l'état Guárico et en moindre proportion, dans l'état Miranda, on utilise la bandola à huit cordes de métal. A l'est du pays, dans les états Anzoategui, Monagas et Sucre, on rencontre la bandola à huit cordes de nylon et/ou métal. Dans chaque région ou zone elle a un répertoire et un style d'éxécution particuliers. Depuis cette région la bandola à huit cordes a été "exportée" vers  Trinité et Tobago où elle est connue sous le nom de "Bandol". Au sud-est du pays, dans la région de Guayana on trouve également cet instrument, mais malheureusement il est de plus en plus difficile d'y trouver des musiciens qui la pratiquent.
- Une autre type de bandola encore moins connue, même pour les vénézuéliens, est la Bandola Andina, instrument de 12 à 16 cordes, ordres doubles (et triples), accordée par intervalles de quarte et tierce, et qui est très importante dans la musique traditionelle de notre voisin, la Colombie.

Vers les années soixante-dix, un musicien des llanos, Anselmo López, développa une technique qui fut une révolution dans le domaine de la bandola llanera et qui aida beaucoup à sa difusion. Plus tard, grâce à des groupes comme "Un Solo Pueblo", "Convenezuela" et "Luango" pour ne citer que les plus importants, d'autres genres de bandola, tels que la central, la oriental y la guayanesa, furent présentées au grand public. Dans les "Talleres de Cultura Popular" à Caracas, ont été donnés les premiers cours de "bandola llanera", vers le début des années quatre-vingt. En 1984, Juan E. García fera du même avec la bandola central. En 1986, celui qui rédige ces lignes a commencé à enseigner la "bandola oriental". En 1990, Cheo Hurtado, le répresentant par excellence de la "bandola guayanesa", réalisa une production discographique pour "Musicarte" qui réunit, pour la première fois, les bandolas llanera, central, oriental et guayanesa: Bandolas de Venezuela, edité en disque compact en 1992. Plusieurs musiciens ont utilisé les bandolas dans une proposition musicale d'avant-garde, le projet le plus réussi étant, à mon avis, la "Banda de la Bandola" de I. Querales. Aujourd'hui la bandola llanera est un instrument qui se développe constamment et on peut espérer que le "souffle" rénovateur qu'elle a reçue profite aussi aux autres "bandolas" du Venezuela.
 

Ricardo Sandoval
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