Bref on remet en cause au mépris du respect de la parole donnée et de l'adage non bis in idem les droits acquis de l' ancien gauchiste italien Cesaré Batisti pourtant devenu paisible mais on donne dans le même temps des lauriers à des criminnels d'extreme droite dont cette fois la culpabilité ne fait aucun doute! On fait repentance pour la participation de l'Etat dans le génocide juif (et ce n'était pas trop tôt ! ) mais on ne craint pas d'affirmer comme le fait Sarkozy que les questions de mémoire atteignent le confins du ridicule dès lors qu'il s'agit de noirs ou d'arabes. Le dégoût et le ressenti sont indescriptibles et ce n'est pas que l'article 4 de la loi qui le produisent mais la loi dans son ensemble. Les auteurs de cette loi rappellent largement George Marchais qui parlait de bilan globalement positif pour les totalitarismes marxistes !
Quel culot de s'être permis de donner des leçons à la Turquie pour la non reconnaissance par son gouvernement du génocide arménien !
"LES PROGRAMMES SCOLAIRES reconnaissent en particuler le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l'histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit. »
Voilà le fameux article 4 voté le 23 février 2005 par le Parlement. Au préalable, il devait s'agir d'une énième loi technique sur l'indemnisation des rapatriés. Certes, des réactions n'ont pas tardé à naître, mais elles furent timides au regard des conséquences de l'article sur la vision que nous devons avoir de notre passé colonial. D'abord, il y a eu la fronde d'un certain nombre d'historiens qui rédigent le texte d'une pétition pour demander l'abrogation de la loi et refuser « qu'on impose une histoire officielle contraire à la neutralité scolaire et au respect de la liberté de pensée qui sont au coeur de la laïcité ». Cette pétition fait des vagues dans le milieu universitaire et reçoit beaucoup de signatures. Autre réaction, celle des officiels algériens, qui y voient une apologie de la colonisation et un coup d'arrêt dans la politique de « refondation » des relations entre l'Algérie et la France. Le gouvernement minimise l'affaire. Ainsi l'ambassadeur explique au secrétaire général du FLN qu'il s'agit d'un sous-amendement présenté tard dans la nuit en présence de peu de députés à l'Assemblée nationale - est-ce une excuse ? - et que l'intention de cette loi n'est pas de réécrire l'histoire. En gros, on se trompe sur le dessein des parlementaires et du gouvernement. Quant au ministre de l'Éducation, Gilles de Robien, il déclare que cet article n'implique aucune modification des programmes actuels d'histoire et qu'on n'a pas à dire aux professeurs ce qu' ils ont à faire. Et la classe politique française dans tout ça? Rien. Ni à droite ni à gauche, si ce n'est quelques gesticulations de-ci, dé-là. Pas de scandale médiatico-politique. D'ailleurs aucun député socialiste ou communiste - même s'ils étaient peu nombreux -n'est monté aux rideaux. Alors, s'agit-il d'une erreur de quelques parlementaires fatigués, perdus dans un hémicycle vide en pleine nuit ?
Un coup bien préparé
Le vote de cet article dans la loi sur la reconnaissance de la nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés — c'est l'intitulé exact — n'est pas le fruit d'un moment de folie de quelques parlementaires en pleine nuit qui auraient eu la gueule de bois le lendemain. Il marque, au contraire, le point d'orgue de l'action des tenants de l'idéologie révisionniste eu place au sein même des institutions de l'Etat. Reprenons la chronologie des faits. D'abord, Chirac leur accorde son feu vert le 25 septembre 2001 à l'occasion de la journée d'hommage national aux harkis. « Le moment est venu pour nous tous, Français, de porter un regard de vérité sur une histoire méconnue, une histoire déformée, une histoire effacée. » Phrase ambiguë à l'époque, sujette à différentes interprétations, mais qui, au vu des événements déroulés et repris ici, donne un signal fort à ceux à qui elle est destinée. Puis, Raffarin, alors Premier ministre, emboîte le pas du Président et crée le 22 mai 2002 uue mission interministérielle, exécutif de la volonté gouvernementale en faveur des rapatriés. Cela aboutit à la nomination de Christian Kert - député UMP des Bouches-du-Rhône - et de Michel Diefenbacher - député UMP du Lot-et-Garonne — comme rapporteurs à l'Assemblée nationale d'un projet de loi. Chirac enfonce encore le clou le 5 décembi 2002 lors de l'inauguration du mémorial national de la guerre d'Algérie, des combat du Maroc et de la Tunisie : « Quarante ans après la fin de la guerre d'Algérie, après ces déchirements terribles au terme desquels les pays d'Afrique du Nord se sont séparés de 1a France, notre République doit assumer pleinement son devoir de mémoire. » Des propos qui rassurent les tenants du lobby colonial et qui leur permettent de penser qu'ils seront soutenus dans leurs efforts. Dès lors, la voie vers une loi reconnaissant les bienfaits du colonialisme français est ouverte.
Quelque mois plus tard, le 5 mars 2003, des député UMP *, dont Douste-Blazy, présentent un proposition de loi comportant un seul article « L'oeuvre positive de l'ensemble de nos concitoyens qui ont vécu en Algérie pendant 1a période de la présence française est publiquement reconnue. »
Les mots sont lâchés, et personne pour s'insurger ni à gauche ni à droite.
Les arguments qu'ils mettent en avant sont du pur révisionnisme : « L'histoire de la présence française en Algérie se déroule entre deux conflits: la conquête coloniale de 1840 1847, et la guerre d'indépendance qui s'est terminée par les accords d'Évian en 1962 pendant cette période, la République a cependant apporté sur la terre d'Algérie son savoir faire scientifique, technique et administratif, sa culture et sa langue, et beaucoup d'hommes et de femmes, souvent de condition modeste venus de toute l'Europe et de toutes confessions, ont fondé des familles sur ce qui était alors un département français. C'est en grande partie grâce à leur courage et leur goût d'entreprendre que le pays s'est développé. [...] à cette occasion, ne pas évoquer l'oeuvre positive de nos concitoyens en Algérie serait une erreur historique. »
Un mois après, en avril 2003, Raffarin, devant le Haut Conseil des rapatriés, renchérit: « Nous devons la mémoire à nos aînés et à nos enfants. [... Nous devons rendre hommage à tous ceux qui ont contribué, au-delà des mers, à l'épanouissement de la civilisation française et au développement des territoires vers lesquels 1a République les a appelés, [...] Faire oeuvre de mémoire, c'est aussi rappeler l'oeuvre accomplie durant un siècle et demi par tous les pionniers, qui ont travaillé à la mise en valeur des territoires de la République au-delà des mers. »
La loi est alors débattue au Sénat 1e 17 décembre 2003. Jacques Peyrat de l'UMP ex-membre du FN, crache : « Cette guerre étai particulière parce que c'était une guerre où l'on fit jouer à l'armée un rôle qui n'était pas
le sien et parce que enfin, notre pays céda une partie de son territoire, de ses populations et de ses richesses, alors que ses armées étaient victorieuses sur le terrain. Nos soldats, avec le temps, finissent pour certains par apparaître comme des tortionnaires, malgré leur mission réussie, en dehors des combats, dans l'administration territoriale, l'enseignement, voire la police. »
Au tour de l'Assemblée d'examiner la proposition de loi, le 11 juin 2004. Le rninistre délégué aux Anciens Combattants, Hamiaoui Mékachéra, ancien officier harki de l' armée française pendant la guerre d'Algérie, réaffirme la position du gouvernement :
« souvent caricaturée, parfois calomniée, l'oeuvre des Français doit être source de fierté pour la nation: ce que nous avons construit avec passion et courage doit être désormais reconnu. ».
Dans les rangs de la gauche, on ne laisse pas sa part aux lions. François Uberti, député communiste, pense lui aussi aux colons : « Rendons hommage au travail considérable accompli durant 132 ans sur des terres ingrates, dit-il dans l'hémicycle. »
Et le député socialiste, Kléber Mesquida, approuve:
« Aujourd'hui, on ne parle que de la face négative de la colonisation. Mais on oublie l'oeuvre des Français d'Algérie, des autochtones qui ont dû être rapatriés et dont beaucoup étaient des gens modestes. »
L'un des deux rapporteurs de la loi, Diefenbacher, continue: « II s'agit d'affirmer notre ferme volonté que l'histoire enseignée à nos enfants garde intact le souvenir de l'épopée de la plus grande France, et qu'elle dise la vérité sur ces hommes et ces femmes qui, partis les mains nues, avaient au fond du coeur la confiance et l'espérance des peuples qui n'avaient pas encore appris à douter d'eux-mêmes. »
Lionnel Luca, député UMP des Alpes-Maritimes, affirme, quant à lui, sans vergogne: « La France, alors, allait bien de Dunkerque àTamanrasset, les populations qui la composaient étaient rassemblées sous un même drapeau. Quelles qu'aient été les erreurs ou les fautes commises, la France n'a jamais asservi les peuples qu'elle a dirigés, et l'armée française n'a jamais été une armée de tortionnaires. [...] Il faut que dans toutes les communes de France, il y ait une place, une rue de la France d'outre-mer. Nous devons écrire l'histoire et l'enseigner pour que les enfants sachent que la France n'a pas été colonialiste mais colonisatrice et qu'elle a transmis les valeurs républicaines aux élites qui aujourd'hui dirigent ces peuples. La colonisation française a pratiqué l'intégration, et notre armée s'est comportée de telle manière que nul n'a en rougir. »
Voilà des propos qui nous ramènent au XIXème siècle et que Jules Ferry n'aurait pas reniés. Finalement, l'article est adopté. Les discussions reprennent le 10 février 2005 à l'Assemblée, la loi est votée et Chirac la promulgue le 23 février 2005. ( au lieu de la déferer au Conseil Constitutionnel ! )
Le lobby révisionniste colonial
De tels propos montrent qu'aujourd'hui un lobby actif fait tout pour réhabiliter le bilan colonial de la France. Celui-ci est lié à la droite la plus classique - sans parler de l'extrême droite — et, aussi surprenant que cela puisse paraître, ne rencontre pas d'obstacle à gauche.
Ces parlementaires de la droite viennent en grande majorité du sud du pays, là où les rapatriés sont surreprésentés. Au coeur de ce lobby, on trouve les associations de rapatriés, qui poussent l'État à reconnaître le bien-fondé de leurs revendications, à savoir la commémoration des sacrifices de l'Armée d'Afrique, l'indemnisation de leurs membres et de tous tes rapatriés au nom du préjudice subi depuis 1962, la révision des programmes scolaires qui nient les bienfaits de la colonisation. Et force est de constater qu'elles ont réussi, puisque, à ce jour, elles ont obtenu la création du mémorial de la France d'outre-mer à Marseille, la création du Haut Conseil des rapatriés, une journée d'hommage national aux harkis. Comble de l'indécence, l'article 13 de la loi votée le 23 février dernier, accorde des indemnités - une retraite pour bons et loyaux services - aux anciens membres de l'OAS. Tout ça grâce à l'appui des plus hautes sphères de l'État - Elysée, Matignon, ministères. Comment en est-on arrivé là, à cette réécriture de l'Histoire ? Même si évidemment les pieds-noirs ont connu de terribles drames, ainsi que les harkis, tous ces rapatriés et ces députés n'évoquent pratiquement jamais les souffrances subies par les Algériens, les horreurs de la colonisation depuis 1830. Rien sur l'expropriation des terres par les colons, moins de 15 % seulement de la population en Algérie qui s'emparent des sols fertiles. Rien sur le pillage des richesses du pays, rien sur l'exploitation des populations musulmanes - combien sont morts de mauvais traitements dans les mines et dans les champs? Rien sur les massacres perpétrés aussi bien par l'armée, la police et les colons eux-mêmes - dans la région de Sétif en 1945 ou le 20 août 1955 à Philippeville ou le 17 octobre 1961 à Paris, par exemple. Ils ne font que défendre une mémoire tronquée.
Finalement, ce lobby révisionniste a réussi à faire sauter le couvercle que le général de Gaulle avait imposé après l'indépendance de l'Algérie, à coups de lois d'amnistie. L'Algérie, c'est simple, à droite, on ne devait plus en parler. Et la droite procoloniale s'était ralliée, avec Valéry Giscard d'Estaing, au régime de la Veme République sans trop rechigner, laissant la cause de l'Algérie française à une extrême droite ultraminoritaire. À gauche, les socialistes n'avaient pas fait mieux. Le gouvernement de Guy Mollet avait envoyé le contingent en Algérie, et les communistes n'étaient plus aussi anticolonialistes qu'auparavant. Toute la gauche fit preuve d'amnésie après l'élection de Mitterrand à la. tête de l'État, puisque le fondateur du PS avait déclaré en 1954: « L'Algérie, c'est la France » Et en 1981, le nouveau président n'hésita pas à réintégrer les généraux factieux de 1961 dans leur carrière. Or, si depuis quarante ans, on avait replacé la question coloniale au centre des débats, les antagonismes seraient aujourd'hui marginaux.
La frustration des rapatriés et des harkis qui se perçoivent comme victimes de l'Histoire, fait qu'aujourd'hui ils font pression sur les gouvernements pour obtenir réparation. Et cela fait écho chez les députés et les sénateurs, eux-mêmes acteurs des événements passés. Les imaginaires de ces femmes et de ces hommes se sont alors rencontrés avec tant de force qu'ils clament tous haut et fort leurs ignobles convictions.
L'enseignement du fait colonial en France
Après avoir longtemps exalté la « plus grande France », les programmes scolaires ont minimisé, voire occulté, cinq siècles d'histoire coloniale. Il aura fallu attendre la loi d'avril 1999, destinée à satisfaire les aspirations des anciens combattants, pour que l'expression « guerre d'Algérie » soit enfin employée dans un texte de loi à la place de « pacification », «événements » ou « maintien de l'ordre » et qu'elle apparaisse dans les éditions scolaires. Aujourd'hui, les livres d'histoire de collège et lycée reflètent l'état de la recherche actuelle et sont d'un bon niveau. La très grande majorité des profs, ayant eu une bonne formation, s'insurgent contre la loi votée cette année, demandent son abrogation et en tout cas n'ont pas l'intention de l'appliquer.
La question coloniale, depuis une vingtaine d'années est largement traitée en France, mais elle reste marginalisée dans le champ de l'Histoire. Elle n'est pas associée à l'histoire nationale. Ses travaux ne sont pas diffusés auprès d'un large public. Par ailleurs, bon nombre d'historieris du fait colonial sont catalogués soit de néocolonialistes soit de révisionnistes soit d'anticolonialistes. Ce n'est pas encore un champ historique pacifié. Comme on sort depuis quarante ans d'un relatif silence, les médias ne savent comment aborder cette question - le vocabulaire utilisé par les journalistes est à ce titre significatif. Par conséquent, cela donne l'impression qu'on redécouvre cette histoire.
Alors combattons cette loi scélérate, les propos révisionnistes en diffusant largement les productions d'histoire coloniale : livres, documentaires, films. Nous avons du pain sur la planche puisque; en juin dernier, des nostalgiques de l'OAS ont réussi à Marignane à déposer en douce une stèle à la gloire de quatre membres de l'ancienne organisation terroriste. T. P.
- Christian Vanneste, un des promoteurs de la loi et député du Nord, s'est fait aussi remarquer lors du débat à l'Assemblée sur le projet de loi de lutte contre l'homophobie. Il a affirmé: « Le comportement homosexuel est une menace pour la survie de l'humanité. »
Livres:
La Fracture coloniale, Pascal Blanchard, La découverte, 20 euros.
Le Livre noir du colonialisme, Marc Ferro, 14,50 euros.
Calendrier des crimes de la France outre-mer, Jacques Morel, L'esprit frappeur, 4,57 euros.
Marianne et les colonies. Une introduction à l'histoire coloniale de la France, Gilles Manceron, La Découverte Poche, 13,50 euros.
"N'ai-je donc pas sur cette terre autre chose à faire qu'à venger les Noirs du XVIIe siècle ?"
"Je n'ai pas le droit, moi homme de couleur, de souhaiter la cristallisation chez le Blanc d'une culpabilité envers le passé de ma race. Vais-je demander à l'homme blanc d'aujourd'hui d'être responsable des négriers du XVIIe siècle ? (…) je ne suis pas esclave de l'esclavage qui déshumanisa mes pères."
PARIS (AP) -- Une soixantaine d'organisations, partis et associations ont appelé mercredi à la tenue d'une grande manifestation le 25 février 2006 à Paris en vue de réclamer l'abrogation totale de la loi du 23 février 2005, notamment l'article 4 qui évoquant "le rôle positif" de la colonisation française. L'appel a été notamment lancé par le MRAP, le PCF, Attac et de nombreux collectifs africains, antillais et guyanais. Un défilé est prévu à partir de 15h entre la place de la République et la place Saint-Michel. D'autres, comme SOS Racisme ou le Parti socialiste, se joignent à cet appel en demandant uniquement l'abrogation de l'article 4. Cette manifestation sera précédée le 23 février par une veillée devant l'Assemblée nationale à partir de 19h au cours de laquelle seront notamment lus des textes d'Aimé Césaire sur la colonisation. A cette occasion, les signataires ont réclamé mercredi dans un communiqué à être reçus par le président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré. AP
Signer la pétition en faveur de l'abrogation de l'article 4 de la loi du 23 février 2005
L'article 4 a été supprimé:
Le 25 janvier 2006, suite aux déclarations de Jacques Chirac, le Premier ministre Dominique de Villepin a demandé au Conseil constitutionnel de constater le caractère réglementaire du 2e alinéa de l'article 4 de la loi du 23 février 2005 afin de permettre sa suppression par décret et d'éviter un débat au Parlement. Le 31 janvier 2006, le Conseil constitutionnel a constaté le caractère réglementaire dudit alinéa.
A la question "Etes-vous favorable ou opposé à ce que soit indiqué dans la loi que les programmes scolaires reconnaissent le rôle positif de la colonisation française ?" 64% des français interrogés se sont déclarés favorables à cette loi contre 29% opposés. Cette tendance se retrouve également chez les sympathisants de gauche, comme d' extrème gauche, qui sont 57% à s'y être déclarés favorables. Si 71 % des non-diplomés interrogés se déclarent favorables contre 19 % seulement d'entre eux hostiles, chez les diplomés supérieurs à bac plus 2 interrogés la part des personnes favorables tombe à 45 % contre 50 % d'opposants à l'indication dans la loi que les programmes scolaires reconnaissent un rôle positif de la colonisation française.
Témoignages croisés d'un pied noir et d'un algérien sur la colonisation française en Algérie sur fond d'images d'archive.
Cette loi elle est anti-constitutionnelle et elle doit être abrogée ou les mots unité nationale ne veulent plus rien dire ! C'est une loi qui contrevient au principe de dignité qui a lui aussi valeur constitutionnelle. Au delà de l'abrogation nécessaire de la loi scélérate du 23 février 2005 il convient d'en finir avec cette entreprise d'occultation et de récriture de l'Histoire en faisant enfin jaillir les vérités que les manuels scolaires répugnent à enseigner (code de l'indigénat, exterminations, torture courante et systématique pendant toute la présence coloniale et non pas simplement torture pendant la guerre d'Algérie et seulement en Algérie etc...)
Le colonialisme est un crime contre l'humanité, et les sondages ne valent rien puisque les gens ne connaissent pas la réalité de la présence coloniale outre mer et plus particulièrement en Algérie où l'amnésie nationale organisée depuis longtemps connaît sa plus forte expression.
Là bas la conquête s'est traduite par l'extermination du 1/3 de la population algérienne, on pouvait lire parfois à l'entrée des plages "interdit aux arabes et aux chiens" (par exemple à l'initiative du maire de Zeralda qui était particulièrement raciste) et la torture pendant toute la période coloniale était la seule forme d'instruction des affaires pénales dès lors qu'il s'agissait d'autochtones. Durant la guerre d'Algérie elle a atteint des proportions qui selon Pierre Vidal-Naquet ou encore selon la thèse de doctorat de Raphaelle Branche concerneraient des centaines de milliers d'Algériens.
Pillage, égorgements, viols, massacres, sadisme, exploitation, imbecillités, esclavage, la voila la réalité coloniale avec sa ségrégation, son racisme et ses ratonnades. L'Algérie ne fut jamais la France puisque la loi fondatrice de la République, l'égalité des citoyens devant la loi ne s'y est jamais appliquée ce n'est qu'en 1958 quand c'était trop tard que les algériens ont accédé à la citoyenneté française avant ils étaient des sous citoyens astreint à davantage de devoirs et à moins de droits que leurs frères d'armes français malgré qu'on les avait mis en première ligne servir de chaire à canon pendant la première guerre mondiale au même titre que des français métropolitains!
Avec la participation de colonisés à la 2nde guerre mondiale où on ne peut pas dire qu'ils ont servi de chaire à canon d'autant que le taux de mortalité des européens d'Algérie est d'ailleurs superieur à celui des "indigènes", force est de constater néanmoins la carrière à deux vitesses des soldats, comme l'illustre le film de Rachid Bouchareb "Indigènes" qui se garde néanmoins de préciser l'ampleur de l'enrolement forcé: les «indigènes» avaient des soldes inférieures du tiers, voire de moitié, à celles des Français, et leur progression en grade était plus lente et limitée.
Sans doute ferions nous mieux de rendre hommage à ces français qui depuis toujours ont dénoncé et combattu le colonialisme et qui l'ont parfois payé de leur vie, ce sont eux l'honneur de la France et non ceux que l'UMP tend à célébrer avec l'extrême droite d'une seule et même voix ! Il est à espérer qu'au sein même de l'UMP les vrais républicains vont se réveiller, car il ne s'agit pas de repentance mais du présent dont les français ont cette fois la pleine et entière responsabilité.
Faisons en sorte que le présent ne soit pas fait de révisionnisme !
REVISIONNISME :
M. Douste Blazy, avez vous vraiment l'intention de
voler à Bruno Gollnisch le titre de personnalité la plus
Monsieur le Président de la République, des Inspecteurs disent NON au Négationisme d’origine parlementaire
Un amendement d’initiative parlementaire à la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés » provoque un émoi légitime, non seulement dans les salles des Maîtres des Écoles, les salles des Professeurs et les cabinets d’Histoire et Géographie des Collèges et des Lycées, mais aussi chez les Inspecteurs.
Il a des implications graves et imminentes sur l’exercice de notre métier et engage les aspects pédagogiques, scientifiques et civiques de nos Missions Statutaires d’Inspection d’Évaluation et d’Animation Pédagogique en Formation Initiale et Continue [1].
L’Article 4 de cette loi du 23 février 2005 dispose en effet :
« Les programmes de recherche universitaire accordent à l’histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu’elle mérite.
Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit ... »
Si l’on conjugue cet Article 4 avec l’Article de la Loi qui crée le Haut Conseil de l’Éducation, il n’est pas interdit de penser que l’on est en présence d’une tentative de mise au pas des Professeurs des Écoles, des Collèges et des Lycées et des Inspecteurs. Cette instance, composée de neuf membres - trois désignés par le Président de la République, deux par celui de l’Assemblée nationale, deux par celui du Sénat et deux par celui du Conseil Economique et Social, le Président de ce Haut conseil étant désigné par le chef de l’Etat [2]-, est chargée par la Loi de donner au Ministre de l’Éducation Nationale « des avis sur toute question générale relative à la pédagogie, aux programmes, aux modes d’évaluation des connaissances des élèves, à l’organisation et aux résultats du système éducatif, à la politique de formation des enseignants ».
Le Haut Conseil de l’Éducation remplace le Conseil national des programmes et le Haut conseil à l’évaluation qui comptaient notamment des représentants des Organisations Syndicales et des représentants des Fédérations de Parents d’Élèves. Il s’agit donc très nettement d’une reprise en main, par le politique, des Personnels enseignants et d’Inspection d’un Ministère dont la mission essentielle est indissolublement liée à la possibilité du débat démocratique et à la vitalité de l’idée républicaine.
Bien entendu, les Députés promoteurs de cet amendement "oublient" que, le 8 mai 1945 à Sétif, c’est sur les pères les mères, les frères, les soeurs et les enfants des Combattants qui avaient délivré du joug nazi de nombreuses villes française, et notamment Marseille la plus ancienne ville de France, que les troupes françaises ont tiré à balles réelles, avant que des bandes armées de civils européens ne s’acharnent sur eux [3].
C’est donc bien à une entreprise négationniste que s’est livrée, sous l’oeil apparemment indifférent d’un Gouvernement aux abonnés absents, une poignée de Députés clientélistes nostalgiques de l’OAS et du "temps béni des colonies".
Quel peut-être le rôle positif d’une présence française qui résulte d’une entreprise de conquête sanglante, qui s’est poursuivie par une spoliation foncière condamnant à la faim et à la misère des populations entières, et qui s’est conclue par une guerre de Libération nationale particulièrement meurtrière, qui, au delà des victimes civiles, a traumatisé gravement et durablement toute une génération d’appelés confrontés aux méthodes des Commandos de Chasse, aux corvées de bois, et à la pratique généralisée de la Torture ?
Monsieur le Président, vous avez servi en Algérie, cette génération sacrifiée c’est aussi la vôtre !
Dans le cadre de cet amendement :
Devrons nous agréer comme intervenant extérieur le Général Aussaresses dans le cadre de l’Éducation à la Citoyenneté ? Devrons nous mettre la main à la pâte pour élaborer des fiches pédagogique sur la Gégène ?
Dans le domaine de l’Éducation musicale, devrons-nous ajouter aux Répertoires élaborés par nos Conseillers Pédagogiques "Le temps des Colonies " de Michel Sardou
On pense encore à toi, oh Bwana. Dis-nous ce que t’as pas, on en a. Y a pas d’café, pas de coton, pas d’essence En France, mais des idées, ça on en a. Nous on pense, On pense encore à toi, oh Bwana. Dis-nous ce que t’as pas, on en a.
...
Autrefois à Colomb-Béchar, J’avais plein de serviteurs noirs Et quatre filles dans mon lit, Au temps béni des colonies. [4]
Hier, ce n’était même pas pensable ! Aujourd’hui, c’est devenu légalement possible ! Demain, cela sera-t-il obligatoire ?
MONSIEUR LE PRÉSIDENT, IL FAUT ABROGER D’URGENCE CET AMENDEMENT !
Parce qu’il impose une histoire officielle, contraire à la neutralité et au respect de la liberté de la recherche scientifique qui sont au coeur du principe Constitutionnel de Laïcité.
Parce que, en ne retenant que le « rôle positif » de la colonisation, il impose un mensonge officiel sur les guerres de conquêtes allant parfois jusqu’au crime contre l’humanité comme la mise en place de l’économie de Plantation fondée sur l’Esclavage et la Traite négrière [5].
Parce qu’il nie le racisme et les discriminations sociales hérités de ce passé refoulé et dont, en tant qu’Inspecteurs, nous sommes quotidiennement témoins, notamment dans ces nouvelles zones tribales que risquent de devenir certaines Zones d’Éducation Prioritaires abandonnées au clientélisme communautariste et à la tentation identitaire.
Parce qu’il risque de susciter, en réaction, le communautarisme de groupes sociaux entiers de Citoyens français ainsi privés de tout passé, et de les inciter à entrer dans l’impasse de la concurrence victimaire [6].
Les Inspecteurs ont une responsabilité particulière pour promouvoir un enseignement
qui confère à la colonisation et à l’immigration toute leur place, au travers de la prise en considération des réalités sociales plurielles qui en procèdent,
qui, par la confrontation avec les acquis de la Recherche Universitaire étudiant les sociétés pré-coloniale , coloniale et post-coloniale, rende compte de la complexité de ces phénomènes, et puisse répondre aux besoins des Élèves, en les aidant à se construire comme Citoyens libres ayant conscience des impératifs éthiques, ayant les moyens intellectuels de manifester un esprit critique, et sachant faire preuve de tolérance dans une société démocratique.
On naît citoyen, on devient citoyen éclairé disaient les Instructions Officielles pour l’École Élémentaire de 1985. Les Inpecteurs ont pour tâche notamment d’aider les Professeurs à mettre à la portée des Élèves, l’explication des processus d’une réalité contemporaine complexe.
Ainsi cet amendement d’initiative parlementaire considère que la période coloniale, mis à part la conquête et la décolonisation, aurait été une période heureuse, faite de progrès et de civilisation dont le bilan serait "globalement positif".
Il faudrait rendre hommage indifféremment à tous ceux ceux qui en furent les acteurs : colons, administrateurs, militaires ...
Il faudrait oublier Louis Delgrès un de ces Jacobins Noirs qui, trahi par Bonaparte, a choisi de se faire sauter à Matouba avec 200 de ces compagnons.
"Osons le dire, les maximes de la tyrannie la plus atroce sont surpassées aujourd’hui. Nos anciens tyrans permettaient à un maître d’affranchir son esclave, et tout nous annonce que, dans le siècle de la philosophie, il existe des hommes, malheureusement trop puissants par leur éloignement de l’autorité dont ils émanent, qui ne veulent voir d’hommes noirs ou tirant leur origine de cette couleur, que dans les fers de l’esclavage."
Louis Delgrès [7]
Il faudrait retirer des ouvrages étudiés au Collège Tamango de Prosper Mérimée dont toute la première partie fait le procès, impitoyable par sa froide ironie, de l’armement négrier ?
Il faudrait oublier les aspects les plus répugnants de cette période coloniale en Algérie longtemps occultés et aujourd’hui avérés : torture, justice partiale, développement de la prostitution ...
Il faudrait renvoyer aux oubliettes de l’Histoire la dimension raciste de l’imaginaire colonial désormais bien documentée dont témoignent les Zoos humains de l’Exposition Coloniale.
Devrons-nous retirer des Bibliothèques des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres Le livre noir du colonialisme ?
Comment est-il possible d’enjoindre aux Enseignants de pratiquer un semblable négationnisme ?
Faut-il considérer que le travail forcé dans les colonies d’Afrique et d’Asie, la banalisation de la torture dans les commissariats et gendarmeries d’Algérie, même en dehors des guerres, le statut de l’indigénat, le double collège électoral, l’oppression économique, les déplacements de populations, le paternalisme généralisé, le pillage des biens culturels, faut-il considérer donc que tout cela doive être salué ou plutôt oublié, effacé, nié ?
Même si certaines réalisations de l’Administration Coloniale amenèrent des progrès incontestables (construction de voies de communication routes, hôpitaux, écoles ...), même si l’Ethnologie s’est développé à partir de l’Études des Sociétés Indigènes et si l’entreprise coloniale a permis à la France de découvrir la richesse des Arts Premiers, tous ces faits ne justifient pas une vision hagiographique et unilatérale de la colonisation.
Nous savons pertinemment que des Administrateurs Coloniaux, des Religieux, des Médecins, des Enseignants et des Militaires fidèles à l’Honneur et à la pureté des Armes .... se sont dressés souvent violemment contre ce qui n’était pas des excès mais bien des conséquences structurelles d’un système d’exploitation qui avait pour principe de "faire suer le burnous" - il convient de leur rendre hommage.
Cet amendement doit être abrogé !
Parce qu’il impose une histoire officielle, contraire à la neutralité scolaire et au respect de la liberté de pensée qui sont au coeur de la laïcité.
Parce que, en ne retenant le “ rôle positif ” de la colonisation, il impose un mensonge officiel sur des crimes, sur des massacres allant parfois jusqu’au génocide, sur l’esclavage, sur le racisme hérité de ce passé.
Parce qu’il suscite en Algérie des réactions excessives (...)
Ces réactions excessives ne peuvent que contribuer à porter atteinte à la cohésion nationale et au pacte républicain si, comme cela est malheureusement prévisible, elles trouvent un large écho chez des adolescents et des jeunes adultes en butte aux discriminations mutiples aggravées par les difficultés sociales et économiques que nous ne connaissons que trop bien dans un contexte international marqué par le conflit Israélo-Palestinien et la guerre civile irakienne [8].
En attendant cette abrogation, en tant qu’Inspecteur, garant du maintien des valeurs de l’École Républicaine et notamment du caractère scientifique non dogmatique et non partisan de l’enseignement dispensé au sein des Établissements Publics relevant de l’Enseignement Scolaire, je m’engage à ne pas conseiller d’enseigner cette histoire officielle et négationniste, et à continuer dans le cadre des Cours, des Stages et des Animations Pédagogiques, tant en Formation Initiale que Continue, à utiliser et à recommander les Travaux des Historiens, des Économistes, des Sociologues ... dont le sérieux est attesté par la Communauté Scientifique pour présenter aux enseignants le bilan le plus proche possible de la réalité de la colonisation.
Monsieur le Président de la République,
Vous avez été élu par plus de 8o % des Électeurs de la République. Beaucoup d’entre eux, qui n’avaient pas voté pour vous le 21 avril 2002, ont, dans un sursaut républicain, rejeté vigoureusement un nostalgique de la Bataille d’Alger, partisan en son temps de l’Algérie Française au nom de laquelle les Commandos de l’OAS ont assassiné le 15 mars 1962 à Alger nos collègues Max Marchand, Inspecteur d’Académie en Algérie, Chef du Service des Centres sociaux, Marcel Basset, Robert Aimard, Salah Ould Aoudia, Mouloud Feraoun, Ali Hammoutène [9].
Vous avez publiquement reconnu la responsabilité de la France dans l’entreprise nazie de destruction des Juifs d’Europe.
Vous ne pouvez pas laisser agir impunément les assasins de la mémoire !
Le silence commençait à devenir pesant. Plus d’une semaine après le premier tour, aucun joueur de l’équipe de France de football - symbole, qu’elle le veuille ou pas, d’une certaine idée de la France - n’avait encore donné son avis de citoyen. Comme souvent sur le terrain, c’est Zinedine Zidane qui a tracé, hier, la voie. Et, comme toujours, dans la simplicité et la force. " Je ne veux pas entrer dans un débat ni m’étendre, mais je donne mon sentiment comme beaucoup de monde peut le faire ", a indiqué le numéro 10 des Bleus. Son sentiment ?
" Il faut dire aux gens qu’ils votent. C’est très important et surtout qu’ils pensent aux conséquences de voter pour un parti qui ne correspond pas du tout aux valeurs de la France. Cela peut avoir des conséquences très graves (...). C’est sûr que je suis fier d’être Français mais c’est vrai que l’on ne peut pas être content de ce qui se passe. C’est grave quand on voit qu’il y a 30 % d’abstention et qu’à l’arrivée cela fait un deuxième tour entre Chirac et... l’autre. Ce n’est pas jouable. "
Il a aussi rectifié les propos tenus notamment par Bruno Gollnisch : " Je tiens à préciser une fois pour toutes : mon père n’est pas un harki (...). Parce que j’entends partout qu’on dit qu’il est harki (...). Moi, je n’ai rien contre les harkis, je ne veux pas me mêler de ce qui se passe mais simplement mon père n’était pas un harki, mon père était un Algérien, fier de l’être et je suis fier que mon père soit un Algérien (...). Le seul truc, c’est que mon père, il n’a pas combattu contre son pays. "
Les émeutes des banlieues ont profité politiquement a Sarkozy, mais également à Villepin et plus généralement à tous ceux qui, à droite, ont surenchéri dans le discours securitaire et raciste. (...) Sarkozy a traité de racaille les jeunes de banlieue. On devrait dire, dans ce cas précis, " le " jeune de banlieue. Sarkozy ne dénonçait pas des individus, mais une entité monstrueuse, un fantasme. Il y a "le" jeune de banlieue comme à d'autres époques il y a eu « le » juif ou bien « le » sauvage. Le concept de sauvage est d'ailleurs remis au goût du jour par l'Assemblée et son incroyable loi affirmant que la colonisation française a eu des « aspects positifs ».
Comme si un crime pouvait avoir des aspects positifs. On a massacré, exploité et déporté des milliers et des milliers de Nègres, mais les survivants ont eu le bonheur d'apprendre le français (...) On a coupé la tête de ce type, d'accord, mais le bon côté, c'est que maintenant il ne souffrira plus des dents. C'est à la fois absurde et terrorisant. Ce qui est terrorisant également, c'est l'absence de réaction de la part de la population. Aucune grande manifestation n'est venue secouer les grilles de l'Assemblée pour signifier aux députés nostalgiques des colonies que le peuple français ne voulait pas vivre dans la même cave qu'eux.
Heureusement qu'Aimé Césaire et avec lui de nombreux autres Antillais ont manifesté leur hostilité à la venue de Sarkozy en Martinique. Sarkozy. le candidat à la présidentielle provocateur de désordre public qui déclare, à la suite des propos odieux de Finkieikraut, que celui-ci "fait honneur à l'intelligence française" Sarkozy. le ministre de l'Intérieur d'un gouvernement qui a institué la chasse à l'immigré en sport, Sarkozy, président d'un parti qui révise l'histoire de telle sorte que le passé colonial de la France passe pour un épisode de La Petite Maison dans la prairie. Sarkozy, la sainte trinité de la haine, a reporté son voyage parce qu'un homme de quatre-vingt-treize ans, auteur en 1950 du Discours sur le colonialisme, lui a fait connaître son intention de ne pas le rencontrer. Sarkozy peut provoquer des gamins anonymes au c½ur de banlieue déglinguées, des gamins à qui le pouvoir ne reconnaît ni pays. ni culture, ni langage, ni pensée. mais il ne peut pas se permettre de foutre le feu aux Antilles. A-t-il peur de ne pas être cette fois-ci suivi par l'opinion et par son gouvernement? C'est qu'il n'y a pas d'ambiguïté en France sur le fait que les Antillais sont des Français. Ils sont évidemment des Français quand ils vivent aux Antilles, cependant que leurs enfants font y partie de la racaille lorsqu'ils vivent en France... Si les banlieues n'ont pas de porte-paro!e, les Antilles ont Aimé Césaire. Aimé Césaire a bien compris que si Sarkozy voulait lui serrer la main, c'était avant tout pour essuyer les cendres des banlieues qu'il a sur la sienne. Aimé Césaire ne servira pas de caution au petit Napoléon à gros cul. Le monument Aimé Césaire ne s'abaissera pas à être le Azouz Begag des Antilles.
Pour les besoins de sa campagne présidentielle, Sarkozy devra nécessairement se rendre aux Antilles, dans les DOM-TOM, pour séduire quelques électeurs. Comment pourra-t-il aborder ses côtes en restant fidèle à ses propos et à la loi qui reconnaît au colonialisme des aspects positifs ? Le vieux Césaire finira bien par calan-cher, et Sarkozy pourra lui rendre un vibrant hommage sans être interrompu par le vieux rebelle. Les télés garderont cette image déguelasse.
Extrait de charlie hebdo décembre 2005
"Arno klarsfel dérape" Envoyé par douxeur le 24 décembre à 16:18 sur le forum au feminin.com
Le célèbre avocat qui se déplace en rollers et connu pour son engagement dans la chasse aux nazis dérape.
Chargé par le bras droit caché de le pen de réfléchir sur la fameuse loi sur les bienfaits de la colonisation, il déclare qu'il faudrait modifier cet article en ajoutant "la reconnaissance des bienfaits et des méfaits de la colonisation".
Ah bon, il y aurait donc des bienfaits dans la colonisation.
Lesquels ? Construction de route pour mieux transporter les richesses volés aux pauvres ?
En fait, sa réponse ne surprend personne. Si il avait déclaré que la colonisation est mauvaise donc la loi mauvaise, il se mettait à dos le dernier pays colonisateur au monde, à savoir israel.
" colonisation : sarko en appelle a arno klarsfeld " Envoyé par stevinio le 23 décembre à 20:19 sur le forum au feminin.com
colonisation : sarko en appelle a arno klarsfeld
ce matin j'ai lu sur libé que sarkozy a missionné arno klarsfeld pour mener un "travail approfondi sur la loi,, l'histoire et devoir de memoire"
arno klarsfeld un avocat sioniste extremiste , ardent defenseur de sharon il fut un temps porte parole du tsahal et se dit lui meme israelien plus que francais
apres avoir fait l'eloge de finkielkraut , enroler klarsfeld et solliciter l'expertise de policiers israeliens pour les banlieues a quoi devrons s'attendre ? sharon ministre de la defense du futur gouvernement de sarko peut etre lol
« Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viet Nam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent."(...)
« Oui, il vaudrait la peine d'étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d'Hitler et de l'hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu'il porte en lui un Hitler qui s'ignore, qu'Hitler l'habite, qu'Hitler est son démon, que s'il le vitupère, c'est par manque de logique, et qu'au fond, ce qu'il ne pardonne pas à Hitler, ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est pas l'humiliation de l'homme en soi, c'est le crime contre l'homme blanc, c'est l'humiliation contre l'homme blanc, et d'avoir appliqué à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les arabes d'Algérie, les coolies de l'Inde et les nègres d'Afrique [...] »
Du colonialisme et de ses prétendus « aspects positifs », par BHL
vendredi 9 décembre 2005
On nous avait fait le coup des aspects positifs de Vichy (bouclier, moindre mal, grandes réformes économiques et sociales...).
Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy, dans Le Point du 8 décembre 2005
Voilà qu’on nous refait celui du rôle positif, voire de l’oeuvre humaniste, de la présence française en Afrique (équipements, santé, Savorgnan de Brazza, Lyautey, nos ancêtres les Gaulois, l’école de la République...).
Je passe sur la méthode.
Je passe sur cette façon, toujours détestable, de demander au législateur et, demain, probablement au juge de dicter à l’historien les canons de la vérité.
Et je passe sur le pénible spectacle offert, en pleine Assemblée nationale ou régionale, par ces responsables politiques rivalisant d’éloquence pour vitupérer, l’un la vague de racisme anti-Blancs qui déferlerait sur le pays, l’autre l’inconséquence de Bouteflika trop content de profiter de l’ancien colonisateur quand il s’agit de se faire accueillir dans un hôpital militaire parisien, l’autre encore (socialiste !) la dictature d’une pensée unique qui ne va quand même pas l’empêcher (et qui, de fait, ne l’empêcha pas) d’entonner, en plein hémicycle, face à un Front national d’abord éberlué puis ravi, le célèbre et fétide « C’est nous les Africains qui revenons de loin... » - fétide, oui, inexcusablement vulgaire, je n’insiste pas...
Quant au fond - car il y a une question de fond - il faut revenir à des considérations simples.
Le projet colonial, même s’il n’est pas le seul en cause et si les peuples d’Afrique n’ont pas attendu les négriers occidentaux pour pratiquer la traite des personnes et l’esclavage, est un projet pervers, fondé sur des règles qui font, en tant que telles, honte à une démocratie : Code de l’indigénat, racisme d’Etat, droit des races dites supérieures à gouverner les inférieures.
L’idéologie coloniale, le corps de convictions et de fantasmes qui ont rendu possible la conquête militaire d’une partie du monde par une autre, n’est pas une idéologie génocidaire (le génocide est venu plus tard : voir le Rwanda) mais c’est incontestablement, en revanche, une idéologie criminelle (et tant pis si, comme le fou qui dit, à midi, qu’il fait jour, tel idéologue néotiers-mondiste le dit aussi) : ainsi les 700 000 morts de la conquête de l’Algérie par Bugeaud et Pélissier ; ainsi les 45 000 morts de Sétif ; ainsi les 90 000 victimes de la pacification de Madagascar ; j’en passe.
On peut dire et répéter, en d’autres termes, que l’Histoire est complexe, tragique, etc. ; on peut gloser à l’infini sur la délicate alchimie qui s’opère quand deux peuples et deux cultures sont mis au contact l’un de l’autre ; on peut rêver sur la ruse hégélienne de l’Histoire (encore que... je doute que ce soit Hegel qu’aient eu en tête ceux qui ont souhaité voir la nation « exprimer sa reconnaissance aux femmes et hommes qui ont participé à l’oeuvre accomplie » dans les anciens départements d’outre-mer...), on peut rêver sur la « ruse », donc, qui veut que le meilleur sorte aussi, parfois, du pire et que les nationalismes africains se soient formés dans le miroir tendu, bien malgré elle, par la nation dominante : l’idée coloniale était, en soi, une idée perverse ; l’aventure coloniale a été, en son principe, une page sombre de notre Histoire ; et il y a dans le geste de ceux qui veulent réviser cette évidence, il y a dans leur aplomb, leur passion, leur enthousiasme repu de beaufs qui se lâchent, un parfum de bond en arrière que l’on n’avait pas senti depuis longtemps.
Je comprends - je partage - le souci de ne plus voir les Français « se flageller en permanence ».
Je comprends - en cette heure de vertige identitaire, elle est non seulement respectable, mais opportune - la volonté d’aider les Français à retrouver « un minimum d’estime de soi ».
Mais que ne célèbre-t-on, alors, ces autres hommes et femmes qui ne représentent pas moins la France et qui, pendant que Mollet et Lacoste pacifiaient les djebels au lance-flammes, prenaient, eux, le parti inverse ?
Que ne dresse-t-on des statues à ces autres Français qui, humbles ou fameux, venus de tous les milieux, issus de familles politiques et spirituelles diverses, ont compris, certains aussitôt, certains petit à petit, que c’est à un formidable dévoiement des Lumières et de l’esprit que correspondait l’idée coloniale ?
L’estime de soi ne serait-elle pas plus vive si, au lieu du petit Blanc qui a fait « du bon boulot », l’on donnait à admirer les syndicalistes et les prêtres, les appelés, les fonctionnaires contre la torture, parfois les écrivains, qui ont dit et crié, souvent au péril de leur vie, qu’un peuple libre ne peut sans déshonneur en opprimer un autre ?
Puisque l’on cherche de quoi nourrir la bonne image narcissique sans laquelle il est probable, en effet, qu’une nation périt, que ne va-t-on voir du côté de Mendès plutôt que de Mollet ? de Sartre et d’Aron plutôt que de Soustelle ? ou encore d’un François Mauriac qui, contre toute raison, contre les préjugés de sa classe et de son milieu, contre lui-même enfin, choisit la décolonisation ?
Voilà, oui. De même que le « côté positif » des années 1940-1944 fut l’insoumission des Français libres derrière l’homme du 18 Juin, de même la seule part de grandeur de cette sombre époque coloniale tint, finalement, dans un nom : celui du catholique bordelais François Mauriac.