Les oiseaux

 

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LES OISEAUX

 

Mois de JANVIER

Des vagues d'oiseaux occasionnels désertent leur séjour habituel par manque de subsistance dû au froid et se réfugient dans des vasières. Ce sont des oies, des cygnes sauvages, des bécasseaux, des chevaliers, des pluviers ou des curlis. Parfois aussi des grands cormorans, des canards, des foulques, des étourneaux, des grives, des alouettes ou des rouges-gorges se joignent à eux. Mais, dès que le temps s'améliore, tous ces oiseaux repartent dans l'autre sens.

Mois de FEVRIER

Les oiseaux, petites bêtes, à la température corporelle de 42 degrés, absorbent environ la moitié de leur poids en nourriture, chaque jour.

Les mésanges bleues ou charbonnières pillent les mangeoires.

Les sitelles , les troglodytes et les rouges-gorges plus individualistes, repartent aussitôt avec leur butin.

Les pinsons picorent les parterres. Les verdiers et les oiseaux granivores volètent pour récolter les rares graines de culture ou sauvages qui restent.

Les moyens-ducs, les buses variables, les hérons cendrés s'apprêtent à nicher. Les jeux nuptiaux des rapaces commencent avec les vols onduleux des aigles royaux . Les grands-ducs s'élèvent à une hauteur inhabituelle, planent au crépuscule et s'expriment d'un son rauque.

Les grands corbeaux exécutent sur le dos des vols nuptiaux pour montrer qu'ils sont prêts à la nidification et les corbeaux freux sédentaires retravaillent leur nid de l'année précédente.

Les merles répètent leurs mélodies, les grives s'accordent à l'unisson et les alouettes des champs se reprennent.

Les chouettes hulottes mâles font des offrandes de proies à la femelle et virent en spirale, plus haut que d'habitude pour séduire les femelles. Séduites, celles-ci déposeront avant la fin de l'hiver, leurs quatre oeufs au maximum dans un creux d'arbre, choisi par elles.

Enfin, quelques oiseaux reviennent d'Afrique: les cigognes sont de retour avant la fin de février.

Mois de MARS

Les petits oiseaux qui s'étaient rapproché des maisons, s'en éloignent à nouveau car les larves deviennent plus accessibles pour les rouges-gorges et les mésanges.

Les huppes arrivent dans les régions méridionales. Les vautours fauves nichent encore dans les Pyrénées françaises où ils ont effectué leur ponte. Les oeufs mettront sept semaines avant d'éclore.

Les canards colverts font leur nid dans les hautes herbes ou les roseaux et y déposent huit oeufs verdâtres. Les foulques ont construit de gros assemblage de plantes aquatiques pour y déposer les dix oeufs de la ponte et les poules d'eau couvent leur abondante ponte.

Les vanneaux huppés, les hérons cendrés couvent. Les hérons aiment vivre en groupe mais se querellent souvent. Les bécasses mâles exécutent des vols avec des appels aigus.

Les corbeaux choucas nichent sur les vieilles tours, les ruines ou les falaises.

Les merles noirs pondent des oeufs brun verdâtre dans un nid établi sur un mur, dans un buisson, dans l'enchevêtrement d'une plante ou dans un arbre pas trop haut. C'est le mâle qui construit le nid pendant que la femellle lui apporte les matériaux nécessaires. Puis elle couve et lui la ravitaille.

Les pigeons ramiers ou palombes, les bisets, les tourterelles construisent leur nid. Les pies et les corneilles nourriront leurs oisillons en pillant les nids des plus petits qu'elles.

Les passereaux reviennent en Europe; les pouillots véloces précèdent de quelques jours le printemps. Ils aiment retrouver les aulnes, les saules, les peupliers dans les vallons humides ou les jardins.

Puis les fauvettes à têre noire, enfin les hirondelles , de plus en plus nombreuses, qui retournent dans leur village.

Mois d'AVRIL

Dans les zones forestières, les passereaux s'éparpillent et rompent avec la vie en société qu'ils ont l'hiver. Tous les passereaux sédentaires observent des rites prénuptiaux et cherchent à plaire par la voix, les artifices des parades. Les poursuites, les vols séducteurs des mâles sont entrepris et annoncent la ponte des oeufs.Partout la reproduction des oiseaux a lieu.

Les rapaces, en plaine ou en montagne, couvent sur la corniche d'une falaise. L'incubation des trois oeufs des faucons pélerins réclame près d'un mois comme ceux de la chouette chevêche dans les bocages ou les vergers. Les hiboux des marais ont leur ponte proportionnelle aux portées des campagnols dont ils se nourrissent. Les oisillons des alouettes des champs, précoces, naissent déjà.

Les bergeronnettes grises, familières du bord de l'eau, pondent leurs oeufs mi-avril dans une plante qui grimpe ou qui rampe. Mais les bergeronnettes printanières qui reviennent en Europe, nicheront le mois prochain dans l'herbe haute ou dans un creux du sol. En attendant, elles vont dans les champs ou les paturâges et se nourrissent d'insectes.

C'est le retour des torcols fourmiliers, sortes de pics, qui reviennent d'Afrique à la recherche d' un creux d'arbre satisfaisant. Pour cela, ils effectuent de nombreux vols de reconnaissance et peuvent profiter de l'absence d'un occupant pour s'attribuer l'endroit. Alors, ils vident complètement le nid et pondent leurs oeufs.

Les grands coqs de bruyère se montrent solennels, la queue en éventail comme le paon, pour plaire aux femelles et lancent des gloussements intermittents.

Le coucou, qui a franchi des milliers de kilomètres depuis l'Afrique lance son appel pour indiquer son droit d'occupation et sa présence aux femelles. Celles-ci observent le va- et-vient des passereaux et localisent leurs nids. Le moment venu, elles sauront où se débarasser de leurs oeufs. En l'absence provisoire des oiseaux couveurs, elles déposeront chacune un oeuf dans chaque nid sélectionné, tout en retirant un oeuf de l'espèce pondue. Au bout de douze jours d'incubation, le coucou nouveau-né se fera nourrir, et, dix heures après l'éclosion, il trouvera des forces pour projeter les oeufs voisins ou les oisillons nés avant lui, de manière à rester seul dans le nid, à se faire nourrir par ses parents adoptifs que sont les rouges-gorges, les bergeronnettes grises ou les troglodytes. Mais certaines espèces d'oiseaux procurent aux jeunes coucous une alimentation inadéquate provoquant son dépérissement accéléré ou d'autres espèces ne se soucient pas de lui.

Les fauvettes à tête noire dans les buisson de genêts, les pouillots véloces, les traquets motteux sur une crevasse rocheuse, les rouge-queue noirs dans une fente de rocher ou dans une ruine, les roitelets huppés suspendus avec des anses, tous confectionnent leur nid.

Les mouettes rieuses, les poules faisanes, les perdrix, les bécasses des bois, les gélinottes se cachent pour couver. Les sitelles nichent dans le trou d'un arbre, les verdiers dans les haies, les étourneaux dans des cavités et les milans noirs occupent des nids de corneilles désaffectés. Ces derniers couvent un bon mois, et un autre mois sera nécessaire avant l'autonomie des petits.

Les faucons crécerelles, à la période d'élevage plus courte, saisiront des mulots , des campagnols, de gros coléoptères après les avoir repérer grâce à un vol immobile.

Les chouettes hulottes chassant les mêmes rongeurs aux heures sombres, ont une progéniture beaucoup plus avancée: leurs poussins, nés aveugles et restés douze jours sous leur mère, bien enplumés maintenant attendent parfois,seuls au nid, le ravitaillement des parents.

Au bord de la mer, les cormorans huppés et les grands cormorans, couvent sur les récifs ou à flanc de falaise, les avocettes empilent des tas de végétaux sur les plages désertes, les goélands argentés pondent sur des lits de varech.

Les busards cendrés, les milans noirs, les fauvettes grisettes, les pouillots siffleurs, les pipits des arbres, les gobemouches noirs reviennent d'Afrique. Les hirondelles revenues, se répartissent sur le territoire et s'activent.

Mois de MAI

Les martinets, infatigables chasseurs d'insectes, gobés à la course en vol, reviennent, ainsi que les tourterelles des bois qui ont hiverné en Afrique.

La bondrée apivore, un curieux rapace, revient aussi d'Afrique, et se nourrit du contenu des nids de guêpes ou de bourdons (oeufs, larves, nymphes)qu'elle repère et détache. Elle capture des hannetons, des fourmis et aussi de petits reptiles. Dès son arrivée, elle construit son nid dans des arbres assez hauts.

Le hobereau, le plus petit des faucons de France, s'installe de préférence à proximité d'une étendue d'eau, et vole au-dessus des roseaux où il happe des insectes ou pique pour saisir un passereau lors d'un passage d'une troupe d'oiseaux.

Le loriot et le rossignol se font entendre. Mais, ce dernier, courant juin, deviendra beaucoup plus silencieux.

Toutes les espèces d'oiseaux nichent et couvent:les pics, les piverts, les chardonnerets et les oiseaux migrateurs, après un repos bien mérité, suite à leur éprouvant voyage.

Les hirondelles construisent ou consolident leur nid, les bergeronnettes, les fauvettes des jardins, les pouillots siffleurs, les rouges-queues, les canards,les sternes et les busards des roseaux se préparent à nicher.

Mois de JUIN

En Bretagne,les fous de Bassan, couvent côte à côte sur des rudiments de varech. Chaque couple ne s'occupe que d'un oeuf unique. Les rolliers d'Europe apportent à leurs oisillons des sauterelles, des criquets,des hannetons pour les nourrir.

Les oeufs des guêpiers approchent de l'éclosion dans des trous percés à flanc de dunes. Les jeunes pie-grièchese cachent dans des buissons d'épines.

La buse variable, sortant ses petits du nid, les entraîne au vol et à la capture des proies, des serpents, la plupart du temps.

La bondrée apivore couvent ses deux oeufs et capture des couleuvres, des insectes divers, des orvets et des lézards en attendant de piller des guêpiers.

La première couvée des bécasses passée, la seconde peut commencer.

Mois de JUILLET

Les jeunes oiseaux de proie (faucons crécerelles) s'émancipent et chassent de petits rongeurs et de gros insectes. Pour cela, ils pratiquent des vols d'observation pour parvenir à distinguer des proies au sol.

Les jeunes chouettes hulottes commencent à capturer des vers puis des insectes de bonne dimension avant de saisir dans leur serres de petits vertébrés.

Les jeunes hirondelles attendent d'être nourris, d'autres oisillons comme les mésanges, privés de nourriture, s'échappent du nid.

Les jeunes martin-pêcheurs chassé par ses parents exploitent un coin de pêche non occupé et se nourrissent de poissons et les jeunes pics épeiches s'adonnent au vagabondage, chassés par leurs parents.

Les moineaux, entreprennent leur troisième couvée (ils pondent et couvent jusqu'au début de l'automne). Les couples assurent la subsistance de la famille. Les conjoints restent unis pour la vie malgré leurs chamailleries.

Certains oiseaux (courlis, huîtriers-pies, macreuse noires se rassemblent sur des estuaires.Ils répondent déjà à l'attirance africaine et descendent un peu plus au cours d'une nuit propice.

Les cigognes regagnent l'Afrique accompagnées de leurs jeunes. Elles font de fréquentes haltes sur les prairies humides. Les cigognes les plus au nord, partent les premières auxquelles se joignent les autres à leur passage.

Mois d 'AOUT

Les milans noirs quittent le ciel d'Europe pour neuf mois. Les loriots repartent successivement vers le tropique africain.

Les jeunes martinets savent se nourrir et se préparent à un lointain repli.

Les jeunes piverts,interdits de retourner au trou foré dans le tronc par leurs parents,cherchent un endroit disponible bien pourvu en feuillage.

Les tourterelles des bois se rassemblent pour retourner vers l'Afrique. Les bondrées apivores (rapaces) arrivés en mai,se sont reproduits et se préparent à repartir, dès que les jeunes quittent l'aire familiale.

Certains échassiers, les barges à queue noire, se concentrent sur les grèves, les vasières ou les prairies humides où ils attrapent des vers avec leur long bec. Parfois, ils se mêlent à d'autres oiseaux (courlis cendrés, bécasseaux).

Les jeunes poules d'eau rament entre les plantes aquatiques mais si un vol de busard des roseaux ou un autre prédateur se présente,elles se cachent aussitôt.

Dans le midi, les jeunes foulques macroules (échassiers)sortent des herbes. Les huppes, les premières arrivées, se regroupent pour leur départ.

Mois de SEPTEMBRE

Les buses et les éperviers reviennent des régions plus nordiques ou plus rudes que le nôtre. Des bandes d'oiseaux (bruants,verdiers moineaux friquets)se forment.

Les hérons pourprés n'attendent pas et partent par petites unités, jusqu'au delà du Sahara durant les heures sombres.

Les guêpiers, très friands de guêpes, de bourdons, de libellules et de papillons partent vers l'Afrique.

D'autres oiseaux migrateurs se préparent à partir (hirondelles,gobemouches, traquets motteux). Ils se regroupent et leurs départs s'étalent sur des semaines.

Un rapace, le Balbuzard, s'arrête quelques jours au-dessus d'un étang ou d'un estuaire et pratique la pêche au vol. Des bécassines, venues d'Europe du nord, se regroupent dans des marais avant de poursuivre leur chemin.

Des passereaux et des mésanges huppées trouvent avantage à chercher leur nourriture en solidarité avec des grimpereaux, des roitelets, des sittelles.

Les jeunes chouettes effraies qui résident dans les greniers et les clochers, gavées de campagnols, de musaraignes et de mulots, recherchent un coin personnel pour habiter et pour chasser.

Mois d' OCTOBRE

Des bandes d'oiseaux continuent à passer ( hirondelles, bergeronnettes, traquets motteux, pipits, pouillots, grives).

Les migrations des grues cendrées se poursuivent vers l'Afrique du Nord à une vitesse de croisière de 50 km/h.

Des corbeaux et des pigeons ramiers s'envolent.

Mois de NOVEMBRE

Les passereaux (corneilles, corbeaux ) se nourrissent différemment selon les saisons: ils pillent les nids au printemps, ils se régalent des graines après les semailles et d'épis en germination, cueillent des fruits, gobent des limaces et avalent les vers et les larves des sillons en automne. En toute saison, ils se servent sur les animaux morts .Les passereaux granivores (bruants, linottes,pinsons, verdiers) se contentent de la nourriture dédaignée par les autres.

Les mouettes rieuses volent par bandes et grouillent autour des tracteurs. Beaucoup d'entre elles nichent loin du littoral, d'autres remontent le cours des fleuves. Même les goélands argentés sont attirés par les labours.

Des étourneaux se nourrissent de larves et de graines mais laissent des restes que les alouettes des champs exploitent. Les rouges-gorges se régalent des larves qui restent.

Des échassiers, les vanneaux, se réunissent. Les nouveaux venus, issus du nord, prennent place dans les troupes existantes ou repartent, à leur gré.

Les plus petits des canards, les sarcelles d'hiver vagabondent sur les étangs. Mais, la sarcelle d'été, elle, s'est retiré depuis deux mois pour rejoindre l'Afrique et reviendra en mars.

Les rapaces exécutent des survols immobiles au-dessus des labours dans l'attente d'une souris des moissons, d'un campagnol ou d'un mulot. Ils profitent des dernières sorties de ces petits rongeurs, en prévision de leurs futurs repas.

La buse, elle, a besoin d'un perchoir. Vigilante, dès qu'elle aperçoit une proie, elle déploie ses ailes, rejoint sa proie et à coups de griffes, elle la dévore sur place.

 

Mois de DECEMBRE

Les jeunes martins-pêcheurs, restés chez nous, ont trouvé un endroit, à l'écart des lieux habités, au bord d'un étang ou d'un canal. Ils apprécient le saule, le tilleul ou le peuplier. Ils se nourrissent de petits poissons, de larves de coléoptères aquatiques, de petits crustacés. Mais un hiver rigoureux peut lui être fatal en gelant la surface de l'eau.

Les linottes, les verdiers, les bruants, les friquets et les chardonnerets vagabondent dans les campagnes, atterrissenr dans les champs, espérant trouver des restes de chanvre, de colza, d'avoine, du plantain ou du millet. Puis, ils repartent vers d'autres lieux.

Un passereau de la montagne, le cincle plongeur, se jette à l'eau et y prélève des petits crustacés et des larves d'insectes.

Les mésanges à longue queue se tiennent proches les unes des autres sur un perchoir et les busards Saint-Martin, qui n'ont pas migré, louvoient au dessus des labours.

Les milans royaux, revenus de Russie, planent, tournoient ou virevoltent pour saisir leurs proies et les faucons pélerins, perchés sur quelques récifs, n'ont pas de difficulté à se nourrir, grâce à la concentration de beaucoup d' oiseaux et de la remontée des harengs.

Les canards colverts se nourrissent la nuit et se reposent le jour. Les couples déjà formés en automne ne sont pas remis en question. Les canards siffleurs , s'alimentent surtout la nuit sur de petits canaux communiquant avec la mer ou dans les marais côtiers. Ils se joignent aux tadornes, aux grèbes, aux petits échassiers, aux barges, aux courlis, aux vanneaux et aux grandes cormorans.

Et tous les cris de ces oiseaux se mêlent. Les étendues de vase découvertes par les marées, sont le lieu de rassemblement des bernaches cravants, espèces d'oies, qui y retournent pour nidifier. Elles se nourrissent volontiers d' algues vertes et vivent au gré des marées. A marée haute , elles font leur toilette le jour ou dorment la nuit.

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