François Bayrou, Président  
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idées générales

"Que disons-nous avec la “ France humaine ” ? 
Dans un monde inhumain, nous rêvons que la France soit le pays le plus humain. 
Dans un monde où trop souvent on laisse croire que la seule valeur est financière,
nous voulons que la première valeur reconnue, protégée et honorée soit la valeur
humaine. 
Dans un monde où les pouvoirs sont si souvent aveugles, sourds et lointains, nous
voulons que la démocratie soit à échelle humaine. 
La “ France humaine ”, c’est un projet pour les Français et cela parle aussi à notre
Europe et à toute l’humanité.
Et si vraiment nous partons de l’humain, alors tout s’ordonne et tout prend sa place."

contre l'impuissance et l'indifférence

“Même si ce n'est pas à la mode, je suis de ceux qui pensent qu'on a besoin d'une réflexion morale sur la société et la morale, ce n'est pas seulement les droits de l'homme et les bons sentiments, c'est aussi essayer d'affirmer un certain nombre de repères dans lesquels les gens retrouvent des raisons de vivre.” 
 

"si Jacques Chirac avait été à mes yeux, depuis six ans maintenant, le président de la République qu'il faut à la France, je serais avec lui, je le soutiendrais. Si je trace un autre chemin, c'est que je pense qu'il n'a pas été, depuis six ans, celui qui a une vision et permet d'offrir des repères à la France.
Jacques Chirac a, comment dire ?, une plasticité... Il est très "plastique" sur beaucoup de sujets. Ce n'est pas en étant toujours dans le sens du vent qu'on exprime une vision qui permette d'offrir des repères à un peuple, aux concitoyens qui forment ce peuple. Alors, ce n'est pas facile, en effet, d'avoir des convictions que, sur tous les grands sujets, on maintienne, même quand les vents ne sont pas favorables ! Mais je pense qu'on le doit à son pays.
     "De même, je ne reconnais pas dans Lionel Jospin l'ouverture d'esprit, la modernité, le courage et le réalisme nécessaires dans le monde dans lequel nous allons. Il défend des positions qui sont, sur beaucoup de sujets, idéologiques et dépassées, même si on voit bien qu'il bat en retraite. On n'a pas le sentiment d'une dynamique qui va permettre à la France de relever chacun des défis qu'elle a en face d'elle."

“La France mérite aujourd´hui qu´on lui propose un avenir plus enthousiasmant, plus clair, plus
cohérent que ce qu´on a vu dans les dernières années.”

"Une démocratie nouvelle, honnête, imaginative, claire, juste et courageuse, c’est ce que nous avons l’intention de soutenir en 2001 et de proposer aux Français."

“la politique française depuis vingt ans, c'est RPR et PS aller-retour : on prend les mêmes et on
recommence. L'UDF, qu'est-ce que c'est ? Pour moi, c'est l'opposition nouvelle…”
 
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les institutions
Notre projet ce sont des institutions plus claires et qui fonctionnent que j'appelle " régime présidentiel équilibré ", d'abord un vrai Président avec une réforme toute simple qui change tout, qu'il puisse nommer et mettre fin aux fonctions du 1er Ministre, un vrai Parlement dont la composition équilibre élections de terrains (scrutins de circonscriptions) et proportionnelle comme en Allemagne. 
Notre projet, c'est une vraie décentralisation et des pouvoirs lisibles et compréhensibles par tous, réorganisation de tous les pouvoirs en deux échelons fédérés, l'échelon local, où les communes se fédèrent en inter-communalités et l'échelon régional, où les départements se fédèrent en régions. 
Notre projet, c'est de débarrasser les citoyens de la paperasse, d'en débarrasser les familles, les artisans, les commerçants. Au siècle de l'électronique, c'est une contrainte dont on peut sortir. 

sur le dossier corse
"L'ambiguïté règne sur ce dossier, du fait de la démarche choisie par le gouvernement. Première ambiguïté : s'agit-il d'un statut spécifique pour la Corse, ou du premier pas vers l'organisation administrative future de la France ? Deuxième ambiguïté : s'il s'agit de la Corse, ce statut est-il le résultat d'un débat serein ou une concession face aux menaces et aux actes violents des organisations les plus radicales ? Et si c'est le cas, où est la renonciation à la violence et sa condamnation pour l'avenir ? Troisième ambiguïté : quelle est, face à ce statut nouveau, l'attitude de la société corse ? Ces ambiguïtés contaminent les idées les plus justes. C'est en effet une idée juste de penser que l'essentiel des décisions d'aménagement d'un territoire, de l'organisation de la vie d'une communauté, ne doit plus se prendre à Paris mais sur le terrain. Et c'est une idée juste de défendre par l'enseignement une langue régionale en danger de disparition.
     "J'aurais voulu que l'on dise clairement, pour la France toute entière, ce qu'est une loi. Car le principe même d'une loi, c'est qu'elle s'applique partout. Même dans un Etat fédéral. En France, on fait des lois sur tout et n'importe quoi. Il aurait été infiniment plus sain de donner une définition nouvelle, plus exigeante, du périmètre de la loi, pour tous les Français et pas  seulement pour les Corses."
 
 
 
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l'Europe
Notre projet c'est de faire maintenant l'Europe politique avec Constitution, Président et dirigeants élus... 

"L'Europe n'est pas faite pour supprimer ou les nations, mais pour leur donner les moyens de se faire entendre. Il y a, à la surface de la planète, une superpuissance, les Etats-Unis. Demain, il aura la Chine, ou l'Inde, et les superpuissances financières. La question est de savoir si nous voulons, nous aussi, être assis autour de la table, pour faire entendre notre voix. Regardez la monnaie : hier, le franc ne comptait pas face au dollar et même au mark. Demain, l'euro sera l'une des deux monnaies refuges de la planète. Y avons-nous gagné, ou perdu ? Je soutiens que nous y avons gagné. Que l'Europe ne s'occupe pas de tout ! Qu'elle s'occupe même de moins de sujets ! La Constitution européenne fixera de nouvelles limites. Il y aura des domaines d'harmonisation, la fiscalité par exemple : comment en rester aux disparités qui existent aujourd'hui, par exemple en matière de fiscalité des entreprises ? Mais l'éducation, entre autres, demeurera nationale. Et heureusement !"
 
 
 
 
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Economie/Social
Notre projet c'est que le travail soit plus considéré et mieux récompensé. Je propose comme objectif le SMIC à 1000 Euros net, sans coûter plus cher à l'employeur, par la baisse des charges
Notre projet, c'est que les 35 heures obligatoires pour tous soient remplacées par la liberté du temps de travail négociée, par l'assouplissement des heures supplémentaires. 
Notre projet, c'est que le Revenu minimum d'insertion devienne un revenu minimum d'activité
Notre projet, c'est que tous les Français aient un accès garanti au meilleur soin et à la meilleure
 prévention dès le plus jeune âge. Et si nous devons augmenter les dépenses que ce soit un choix des Français et non l'effet d'une dérive. 

Sur le plan social, que préconisez-vous?
La France doit conduire une révolution culturelle dans l'univers des relations sociales. Cette révolution est difficile. Mais elle a commencé. Il s'agit de passer du temps de la confrontation systématique, chacun dans son camp, et un camp contre l'autre, à une autre approche, celle de la responsabilité. Je crois à la société de la co-responsabilité. Le mot est plus juste que " cogestion ". C'est pourquoi j'ai soutenu la démarche de refondation sociale du Medef et des syndicats réformistes, la CFDT en particulier.
 

Vous sentez-vous en phase avec ce nouveau syndicalisme de proposition ?
C'est la seule chance de la société française dans le domaine social. Et c'est la première fois depuis longtemps que des dirigeants syndicaux, je pense en particulier à Mme Notat, prennent le risque, avec courage et lucidité, d'une nouvelle approche. Cette démarche sociale et réformiste, j'en connais les sources et j'y reconnais les valeurs auxquelles je crois.
 
Avez-vous des propositions pour régler le problème des retraites ?
"Le schéma de la réforme, on le connaît : souplesse encouragée dans l'âge de départ à la retraite, contrat avec les entreprises pour qu'elles cessent de renvoyer des générations de salariés à 54 ou 55 ans, fonds d'épargne-retraite pour le secteur privé alors qu'ils sont aujourd'hui réservés aux fonctionnaires.
Permettez-moi d'ajouter un sujet : pour payer des retraites demain, il faut que naissent plus d'enfants. L'enfant, c'est l'envie de vivre d'une société. Les problèmes démographiques dont personne ne parle sont des problèmes politiques."

sur l'agriculture :
M. Bayrou défend "le maintien des agriculteurs sur l'exploitation"
Le président de l'UDF François Bayrou considère que "le maintien des agriculteurs sur l'exploitation, en activité, est un sujet politique national. (...) On est descendu à 4 % des Français agriculteurs. Si l'on continue à supprimer des exploitations, la France ne sera plus la France parce que le tissu rural, les villages, les paysages, les modes de vie, les écoles, tout cela sera affecté par la disparition irrémédiable du monde agricole." 
M. Bayrou prône aussi une "remise à plat de la politique agricole (européenne) commune". 
 
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Fiscalité
Notre projet, c'est une fiscalité du revenu qui permette la récompense de l'effort et la créativité. Une fiscalité lisible par tous, en trois tranches : 20 %, 30 %, 40 %. 
 
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Education 
Notre projet, le plus important de tous, c'est une Education restaurée et réhabilitée, qui, en cinq ans,  apprendra à bien lire à 100 % des enfants avant d'entrer en sixième 

"A propos de l'Education nationale, que proposez-vous pour sortir de la crise ?
C'est le plus grand sujet de l'avenir national. Mais comme disait Jacques Delors, on ne peut pas réparer une montre avec un marteau-piqueur. Ceux qui l'on essayé se sont cassé gravement la figure. Pour ma part, je crois que l'on peut retrouver des idées justes et simples et réformer sans tout casser.

Vous êtes toujours opposé à un referendum sur l'éducation ?
Certes, oui. On ne peut pas trancher dans une question aussi complexe, régler le sort de tous les niveaux d'éducation, de la maternelle à l'université, en répondant par oui ou par non ! Quand je pense au tintouin qu'on a fait avec cette histoire. Aujourd'hui, qu'en reste-t-il ? Même Jacques Chirac, qui en était jadis un chaud partisan, a laissé tomber cette chimère. Au moins sur ce point, sa faculté d'évolution est bienvenue…"

sur l’enseignement des humanités : “La mode est à la technicisation…aux nouvelles technologies, je ne suis pas sûr d'ailleurs que ce soit contradictoire et opposé. Mais perdre de vue et faire manquer la chance à des gamins qui ne sont pas du bon milieu de découvrir ça, qui est l'instrument de liberté et de bonheur par excellence, si on fait ça, vraiment on se trompe et on fait du mal. Or il faut savoir que les humanités, si on ne les relève pas comme j'avais entrepris de le faire, eh bien il n'y en aura plus. Il n'y a plus, vous m'entendez, il n'y a pas cent élèves en France qui font du latin et du grec… J'avais commencé une politique très ambitieuse qui aurait fait qu'il y aurait eu plusieurs dizaines de milliers d'élèves qui auraient de nouveau fait des humanités et du texte scientifique ou littéraire, aucune importance, le grec ça sert au moins autant pour les scientifiques que pour les littéraires. Et on croit que c'est pour apprendre une langue morte ; ce n'est pas pour apprendre une langue morte, c'est pour apprendre qui nous sommes.”

François Bayrou a exprimé clairement ses principes : "l’éducation doit demeurer nationale. Elle est le ciment de la nation, de son identité, de la mobilité des Français."
 
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Société
sur les handicaps :
"Je pense qu'il faut désincarcérer le handicap et proposer à la société un modèle qui soit simplement ouvert et universel. Une société se juge à un seul critère : quelle est votre attitude face à ceux qui sont les plus faibles, ou qui rencontrent une difficulté ? Au ministère de l'Education nationale, par exemple, nous avons ouvert beaucoup de classes d'intégration de trisomiques. Ma vision d'une ""France humaine ""comporte plusieurs propositions pour améliorer la vie des handicapés : instaurer un véritable droit à compensation pour suppléer les conséquences du handicap et favoriser l'égalité des chances dans tous les domaines de la vie, créer des structures d'accueil adaptées aux besoins et géographiquement mieux réparties, dégager les moyens financiers pour les structures d'accueil temporaire, simplifier toutes les procédures administratives et réorganiser les structures (COTOREP, CDES...) pour les rendre plus proches et plus humainement accessibles, faciliter l'accessibilité des handicapés aux lieux de loisirs, de sport, de culture et à tous les espaces de vie privés ou publics... Il s'agit de quelques pistes, qui permettent de lutter contre cette frontière que l'on ne cesse d'établir entre les handicapés et les autres ; cette frontière doit être percée dans les deux sens. C'est là le sens d'une véritable ""France humaine""."
 

sur la sécurité :
Notre projet, c'est de faire reculer la délinquance, par une nouvelle approche de la sécurité, entre la prévention et la sanction, un nouvel échelon, la réparation obligatoire et sans délai, chaque fois que possible, des torts commis à la victime. 

Notre projet pour l'environnement, c'est aller pour toutes les politiques au bout de l'idée et des valeurs du développement durable. 

sur les "affaires" :
"Je ne voterai jamais une amnistie pour les politiques parce que ce jour-là, les Français seront en situation d’accuser le monde politique de faire sa propre loi et ses propres accommodements pour lui-même. Or ma règle à moi est simple, c’est : la loi est la même pour tous. Et si l’on veut que la loi s’applique avec rigueur à ceux des Français ou à ceux des jeunes Français qui vont des bêtises, il faut accepter qu’elle s’applique avec rigueur aux puissants et à ceux qui votent la loi. Voilà ma position."

sur le PACS : François Bayrou reconnaît qu’il y a dans la société des comportements nouveaux, des femmes et des hommes qui ont besoin de reconnaissance ou qu’il est nécessaire que soient prises en compte des situations particulières. Par exemple, lorsque des gens qui vivent ensemble et que l'un des deux meurt, il faut trouver une solution pour transmettre le patrimoine ou le logement…  Mais il ne convenait pas de mélanger les deux problèmes dans une espèce de création d'un mariage qui n'ose pas dire son nom.
"Le Pacs n'a pas changé la nature de la société, et heureusement. Et l'opposition a commis des erreurs de style. Pour moi, il me semble qu'il aurait fallu poser sans les confondre les deux questions du Pacs : d'abord la reconnaissance par la société de l'engagement du couple homosexuel qui le souhaite ; et, dans un autre chapitre, le règlement d'un certain nombre de problèmes fiscaux et sociaux qui naissent lorsqu'il y a vie en commun et destin partagé."

"L'IVG, c'est beaucoup de souffrances beaucoup et beaucoup de dégâts après. Ce n'est pas anodin. Le progrès, ce serait que moins de femmes en soient conduites là. Or, depuis vingt ans, les chiffres ne baissent pas.

Vingt-cinq ans après, ne fallait-il pas réviser la loi Veil ?
Les médecins se sont exprimés dans ce débat. Et beaucoup d'entre eux ont dit que l'allongement du délai n'était pas une vraie réponse. Par exemple, que fera-t-on pour les femmes qui se trouveront au-delà du délai nouveau ?" 

sur l'euthanasie. Quel est l'état de votre réflexion ?
"Respecte la vie humaine, même lorsqu'elle s'achève, c'est dire qu'il y a en nous quelque chose de plus grand que nous. Je comprends parfaitement que l'on refuse l'acharnement thérapeutique. Je comprends parfaitement celui qui dit " Débranchez-moi tout ce matériel : je veux vivre ma mort. " Mais il y a une profanation à voir la société donner la mort, même avec le consentement du malade ou du vieillard. Faisons la chasse à la douleur, ne cherchons pas des soins sans issue, mais ne faisons pas une loi pour un service public de la mort !"
 

 Quelle action préconisez-vous en matière de protection du paysage ?
La replantation des haies et la reconstitution des bocages.
 

à propos des attentats aux Etats-Unis
    François Bayrou estime que "les formules de western ne sont pas exactement adaptées" pour décrire la situation créée par les attentats aux Etats-Unis, assurant que si "la guerre contre le Mal est une idée juste", il ne faut pas "imaginer que nous sommes les représentants du Bien".
 "C'est aller un peu vite en besogne. Je ne pense pas que l'Occident, que l'Amerique et l'Europe puissent s'arroger à eux seuls le Bien", a dit le président de l'UDF sur Europe 1.
 M. Bayrou a cependant assuré comprendre que "la communication  de masse" oblige à "trouver une formule qui fait image". "Mais nous avons à conduire le combat contre un mal qui a beaucoup de visages et cela est juste, mais évitons de croire que nous sommes nous tous seuls le Bien de la planète", a-t-il ajouté.
 Selon lui, "une des précautions très importantes qu'il va falloir prendre dans les mois qui viennent c'est que nous n'ayons pas à vivre une guerre de religion". 
 "Nous avons un dialogue à conduire avec l'Islam sur des bases de fermeté", a-t-il déclaré, ajoutant que ce dialogue "de respect réciproque" devait porter sur une question précise : "Est-ce que les pays musulmans acceptent sur leur sol d'autres religions que l'Islam." 
 
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lire le discours-programme de François Bayrou : la "France humaine"
lire le Discours de  de François Bayrou prononcé le 2 septembre 2001, lors de la clôture de l'Université d'été des Jeunes UDF

 

envoyez-moi vos réactions sur ce site : fbayrou@caramail.com
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