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| [sommaire interviews] |
| David Fenech interviewé chez lui, dans son gourbi, un soir de septembre, alors qu'il prépare activement sa rentrée musicale et les sorties sur son label | ||
David Fenech : Si on met en rapport PEU IMPORTE, + GUEST, LLOG, où ce que je fais en solo, c'est des choses qui sonnent assez différemment : on fait pas la même chose pour quatre guitares (avec THIERRY GALAI) que avec une clarinette et un batteur libres (PEU IMPORTE) ou tout seul avec son ordinateur et son 4-pistes. J'aimerais faire de la musique qui me ressemble et qui soit, en ce qui concerne mon style, ouverte quand je joue en groupe. Mais je pense qu'on reconnaît un peu ce que je fais tout seul dans PEU IMPORTE, et réciproquement, parce que les structures du Rock m'aident à travailler tout seul aussi : je travaille avec l'ordinateur comme si j'improvisais. |
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D.F. Vachement, super, chouette !!!
D.F. de 93 à 97. L'idée, c'était un collectif. On a pas toujours été les mêmes . On à commencé à deux : un Duo Plateau/Guitare. Après, un batteur est venu avec nous, ensuite un bassiste, un clarinettiste (NUVISH). On est arrivé jusqu'à sept avec en plus un sax baryton et une chanteuse. La formule finale était plus courte : à cinq (Guitare, basse, batterie, clarinette, chant)
D.F. Bizarrement, au départ c'était beaucoup plus barge qu'à la fin. Au début, on apprenait à jouer. On a appris à jouer ensemble. Les première bandes de PEU IMPORTE, c'était très libre : on se permettait plein de choses. Après on a essayé de travailler des structures, qui d'ailleurs n'en étaient pas vraiment puisqu'il y'avait des passages très improvisés, très libres. On s'est orienté selon l'impulsion de untel ou untel qui arrive dans le collectif, vers des choses assez Rock pour notre dernière période. Ce qu'on aimerait bien faire, c'est compiler tout ça, puisqu'on a des heures et des heures d'enregistrement : garder le meilleur et faire une sortie posthume : un Vinyl ou un CD. On compilerait vingt versions du même morceau, avec un montage des différentes qualités de son : un retrospective 93-97 !
D.F. En fait c'est un groupe qui jouait à peu près un fois par mois, sans avoir de manageur et sans vraiment faire de recherche de concert : on avait de la chance. On a rencontré des gens qui ont bien apprécié et qui nous ont fait revenir. Notamment grâce à Scott de Zoorganisation et le gang des parisiens. Je pense que c'était un groupe à voir sur scène. De par le fait que d'un concert à l'autre, on voyait pas la même chose. L'idée c'était qu'à chaque concert il y'ait un morceau nouveau ou joué différemment, avec une autre instrumentation. Il fallait qu'on se surprenne, qu'il y'ait un côté risqué. Ce qui est amusant, c'est arriver sur scène et se dire "il faut le réussir, il faut le passer". Y'a des soirs où on était pas très contents de nous et des soirs où ça marchait bien. L'idée, c'est avoir une part de risque sur scène.
D.F. : Qui se respectaient Je pense que ça vient de notre façon de jouer : on joue pas tous les cinq en même temps, sur le même rythme. La basse et la batterie vont pas forcément jouer en phase. La clarinette, n'en parlons pas, est très libre ! Ce qui permettaient de donner un rythme élastique, peut-être un peu comme dans les musiques indiennes. C'étaient des chansons que l'on pouvait appeler Pop ou Rock, mais sur scène, il y avait un côté élastique. | ||
D.F. Oui par rapport aux disques que l'on a fait et à l'état d'esprit de la musique : on chante en français. On s'est relié au DERNIER CRI grâce à NUVISH, le clarinettiste, qui est graphiste. Il connaissait bien EUGENE KEROSENE, PAQUITO BOLINO, CAROLINE SURINous de notre côté on avait rencontré Stéphane D'Amanita. Ce qui fait qu'on se connaissait bien , on avait le même tourneur : Zoorganisation. On a fait un disque tous ensembles avec un autre collectif : DISCOTROMA. |
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D.F. Apparemment, ça obsède bien les français l'histoire de la scène alternative française. C'est peut-être parce qu'on chante en français et qu'on fait de la résistance à ce niveau là, que l'on nous identifie comme Rock français. Mais a priori je me pose pas la question. A certains moments, on fait pas mal d'instrumentaux, on s'en fout d'être français
D.F. Oui, moi je crois pas qu'ULAN BATOR soient si français que ça, dans l'esthétique. Peut-être que PEU-IMPORTE appartient à une tradition française : on nous à apparenté à LUCRATE MILK ou d'ETRON FOU LELOUBLAN qui sont des groupes français. Mais je sais pas si il y'a un son à la française. HELIOGABALE, BÄSTARD, ils vont enregistrer au USA Mais c'est vrai qu'il y'a un réseau qui se créée. Moi je me sens des affinité avec les SUN PLEXUS de Strasbourg, DRAGIBUS à Paris ou la bande des marseillais, BOLINO et compagnie, et d'autres qui brassent bien et font bouger les choses
D.F. Grenoble, on peut se plaindre, mais on peut aussi estimer qu'il y'a des choses assez uniques, voir même uniques en France, comme le 102 qui existe depuis plus de dix ans. PEU IMPORTE, c'est un groupe du 102, on s'est rencontré là-bas, on répétait à la cave, c'est squatt auto-géré indépendant, qui fait du cinéma expérimental, des concerts, des expos, et en fait, c'est vraiment l'endroit qui bouillonne depuis assez longtemps. Mais il y'a aussi d'autres endroits qui ont apparu, disparu, comme le Jardin Public à une époque, qui a fait quelques concerts, quelques scéances de cinéma. Il y'avait la Baraque l'année dernière. On retrouve un dynamisme, mais le problème, c'est par rapport à la musique : il y'a finalement assez peu de " groupes" à Grenoble, des groupes qui font leur musique à eux.
D.F. PEU IMPORTE existe encore : on joue plus mais on va pas dire qu'on a splitté. On a joué 5 ans et c'est beaucoup pour un groupe. PEU IMPORTE continue, Notamment, on remixe, on rejoue et on retravaille nos bandes. L'idée de sortir un disque et de le promouvoir après me plaît pas beaucoup : le commerce habituel album-tournée-album-tournée. Là, c'est le contraire, on a fait 5 ans de tournée et on va sortir le disque après : ça me plaît bien.
D.F. Dans le local du 102, il y'a aussi Jean-François Welter, qui à fait de la batterie avec ART MOULU, un groupe qui était bien sympa sur Grenoble il y'a cinq ans. Il voulait faire un groupe, revenir à des choses plus Rock, avec des guitares. Il pensait jouer avec moi. On cherchait un autre guitariste et un bassiste, et puis on trouvé deux gars qui voulaient faire un groupe de hard-rock, et ça s'est très bien passé. Eux, c'était leur premier groupe et ils avaient un côté spontané, qu'on peu se permettre que lorsque l'on a pas beaucoup joué, donc ça fait des idées toutes fraîches, c'est excellent. Nous, on apportait notre côté "musique nouvelle", musique décalée. On avait pas le même âge non plus : Jean-François et moi autour de 30 ans et nos deux acolytes autour de 20 ans
D.F. L'année dernière, c'était deux guitares, basse, batterie, du chant et des bandes. Cette année, on laisse tomber le chant et les bandes, notre bassiste part travailler en Angleterre et on va le remplacer non pas par une autre basse mais par deux basses et une batterie !
D.F. Le power trio, ça marche, on sait pas pourquoi : on peut écouter 40000 groupes guitare-basse-batterie, que ce soit MASSACRE ou SHELLAC : c'est la formule qui marche. L'idée, c'était remplacer le bassiste par plus qu'un bassiste et aussi pouvoir mixer les deux trios. Ça peut être un trio-droite, un trio-gauche sur scène, qui jouent pas forcément la même chose, pas forcément au même moment, un peu comme un platine droite et une platine gauche pour mixer dans une soirée. L'idée, ça serait de faire des mixages des groupes, ou alors de faire des interventions très cut, zap, entre deux groupes qui peuvent se répondre, ou encore tout le monde jouant ensemble sur des rythmes d'une lourdeur, et ça peut avoir plus de patate qu'un trio. Donc on peut jouer à six et sur cette orchestration sur tout un tas de possibilités, on peut imaginer une partie avec deux guitares ou une partie avec deux batteries, et jouer sur des plages dynamiques extrêmes, entre le pianissimo et le très très fort, ce qui m'excite beaucoup : c'est vraiment symphonique ! | ||
D.F. En ce moment, je fais des collaborations par courrier, ce qu'on appelle le Mail-Art dans le milieu : j'échange des sons avec d'autres musiciens, par le courrier : je connais des gens qui ont le même 4-pistes que moi, donc je rempli les deux premières pistes et eux les deux autres, et vice versa : je fais ça avec FALTER BRAMNK, à Lille, et je vais commencer ce boulot avec DRAGIBUS à Paris, CORNICE au Havre, FRANK PAHL aux USA et GHEDALIA TAZARTES à Paris. |
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Je commence depuis peu à échanger des sons sur internet, pour collaborer à des projets CD. Je travaille dans PEU : c'est une sous-partie de PEU IMPORTE : c'est Richard Bokhobza (ex-bassiste) et moi. L'idée, c'est d'être un groupe champignon, un groupe qui travaille juste sur des évènements, des petites interventions assez courtes, a priori pas plus longues que 1/4 heure-vingt minutes, et quand l'occasion se présente. Donc, on répète pas toutes les semaines, et c'est vraiment ponctuel, mais on existe.
D.F. A Grenoble, on jouait avec des instruments du monde entier et des jouets ; mais notre deuxième concert, c'était boite à rythme passée dans un octaver, guitare, basse et chant : c'était plus hardcore. Le prochain coup, on verra, peut-être qu'on fera de la danse en se branlant dans un Mickey Mouse
D.F. Depuis peu, je me suis acheté un ordinateur et je fais de la musique mélangée entre l'ordinateur et le 4-pistes : j'aime bien cette idée de technique un peu mixte, parce qu'on peut retourner la bande, faire de bons mixages sur 4-pistes, chose qui n'est vraiment pas souple sur l'ordinateur. J'ai en projet d'enregistrer tout un tas de musiciens sur Grenoble, avoir plein d'échantillons d'instruments solos, les retravailler et les faire jouer ensemble sur l'ordinateur : ça m'éviterait de piller les disques dangereusement et de solliciter tout un tas de copains, parce que ça me plaît de travailler avec beaucoup de gens différents. Et puis en même temps, je pense que confronter des styles de batterie, des sons qui n'ont rien à faire ensemble, des jeux cloisonnés, ça peut être intéressant : vous pouvez m'envoyer des K7 de ce que vous faites en solo, je pourrais les utiliser
D.F. Ça s'appelle DEMOSAURUS : j'ai déjà sorti deux K7 : une pour enfants et une pour adultes : des K7 à thème pas trop pesant, et elles sont vachement bien ! Je vais sortir des CD bientôt : GHEDELIA TAZARTES le 15 septembre, c'est bientôt, et FRANK PAHL a priori le 15 janvier prochain : sur ce CD, y'aura tout un tas d'invités comme EUGENE CHADBOURNE, RENALDO AND THE LOAF, RESIDENTS : a mon avis, ça sera un très bon CD, mais on prend notre temps. Sinon j'ai d'autres projets de K7 : la prochaine ça sera une K7 pour autoradio ; l'idée, c'est que c'est le mode d'écoute qui est le thème, donc on écoute ça dans l'auto, et faudra qu'on entende la musique malgré le moteur, les essuies-glaceVous pouvez m'écrire pour participer, moi je me ferais un plaisir d'écouter tout ça. La sortie est prévue pour Juin 98. J'aime bien faire un Label de K7 et de CD, parce que la K7 c'est un bon média, ça coûte moins cher qu'un CD et c'est plus modulable au niveau des stocks ; un CD, il faut le faire presser et il faut en faire 500 ou mille.
D.F. Sur la France, je travaille avec Jérôme de METAMKINE. Il y'aura a priori d'autres distributeurs en France : Semantic, les éditions Cactus, sur l'Angleterre Recomended Records, aux USA Ajax, Fourth Dimension etcTous les gros classique
D.F. C'est pas mon métier, c'est une association Loi de 1901, c'est un bon passe temps. Mais si ça se passe comme pour l'association METAMKINE, il faudra que je fasse un choix. L'idée, c'est que je travaille en électronique et que je gagne bien ma vie et avec les thûnes que je gagne, je commence à faire des projets. Si je peux me permettre de sortir des disques que je peux dire être mes disques préférés, et bien tant mieux. Cette structure, ça va permettre de promouvoir non seulement des gens que j'apprécie beaucoup, mais aussi ce que je fais, même si je compte pas trop sortir mes propres musiques sur ce label, je suis plutôt partisant de rechercher d'autres labels pour sortir ma musique : je préférerais que ce soit quelqu'un d'autre qui fasse une sélection
D.F. Oui, je suis désolé pour Borgo et surtout sa famille, c'est vraiment dommage cette histoire de Silo à grain ! | ||
| CONTACTS : | ||
DEMOSAURUS : c/o David Fenech 2, rue Claude Debussy F-38100 GRENOBLE Tel +33(0)4 76.841.666 |
METAMKINE : 50, passage des ateliers. F-38140 RIVES |
LE DERNIER CRI : 38, rue Flégier 13001 MARSEILLE |
DISCOGRAPHIE : (Avril 1998) E N S O L O : Vous êtes ici - K7 - Eichtzeit - 1993 D'une illogique placable - K7 - Escape 3 Organisation - 1994 E N D U O : LLOG (avec Manu Holterbach) - K7 - Drones & Visual Humming - 1994 P E U I M P O R T E : Discotroma I - CD - Le Dernier Cri - 1996 Discotroma II - CD - Le Dernier Cri - 1996 Discotroma Live - CD - Amanita - 1997 C O M P I L A T I O N S : Neue Generation II - CD - New Band Underground - 1995 Chris Mann Remixes - 2xCD - Frog Peak Music - 1998 Snowdoniani Baccelloni Attaccano Megaton - 2xCD - Snowdonia - 1998 La pluie et le beau temps - CD - Kalikof - 1998 * Ubu Tape #1- K7 - Ubik - 1994 Banana Split - K7 - ???? - 1995 Eat your soup II - K7 - Bathroom Prod. - 1995 Savane - K7 - La prise de tête - 1995 Ubu Tape #2 - K7 - Lndi - 1996 Cosmic - K7 - PaperPlane - 1996 Spiral Organ Of Corti - K7 - Japan 1996 Des yeux derriere la tête - K7 - Yeux/Tête - 1996 Kids Only - K7 - Démosaurus 1996 Adults Only - K7 - Démosaurus 1996 France Direct- K7 - Tout l'Univers - 1997 E N T A N T Q U E P R O D U C T E U R : Ghédalia Tazartès : Voyage à l'ombre - CD - Démosaurus - 1997 [chronique] Frank Pahl : Remove the cork - CD - Démosaurus - 1998 Moka (cf. "La pluie et le beau temps") - CD - Kalikof - 1998 Prisunic - K7 - Romulus & Rémus - 1998 E N P R E V I S I O N (sous réserves) : Maisie and the incredible strange choir of Paracuwaii - CD - Snowdonia David Fenech - Un enfant - EP - No Mi Piace Gaki Deka - LP - Discotrma Prisunic Remixes - K7 - Romulus & Rémus Peu Importe - LP |
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