Première année
Douce France....pas si douce que ça!
La découverte
Rencontrer un gay?
vacances au Bled
Deuxième année
Faris et le premier coup de foudre
Amine et les autres
Rabat, Tanger, Algésiras, Malaga, Barcelone, Marseille et puis enfin
Nice, un périple de près de 2000 kilomètres dans la
camionnette de mon oncle. Pas facile comme voyage mais tellement dépaysant
entre les plages noirs de monde d’Espagne et les paysages époustouflants
de la France on ne sait ou donner les yeux.
J’arrive à Nice en plein été,
la ville est remplie de touristes de tous pays, ça grouille de partout
on entend presque pas parler français !!
Cette première vue de la ville m’enchante énormément,
je passe mes journées à me balader dans la ville et à
la découvrir, je succombe aux tentations du cinéma avec les
derniers films à l’affiche, je vais à la plage………..
J’en profitais car je savais qu’une fois les études commencés
je n’aurais plus autant de temps.
Rapidement je me lasse de mes sorties car je me sens vite seul ; je
viens d’arriver et je n’ai aucun ami.
En France les gens sont distants et puis quelque chose qui m’a frappé énormément c'est que la moyenne d’âge des Niçois est très élevée, ce n’est que plus tard que j’ai su que toute la région était la plus grande maison de retraite de France.
Enfin la rentrée, je découvre la très belle
faculté de sciences de Nice avec toute la faune du campus qui cette
fois était très jeune.
Les jours passèrent de plus en plus difficilement car le rythme
que les études m’imposait devenaient insupportable, il le devint
encore plus avec une nostalgie de plus en plus envahissante.
Les 3 mois qui suivirent je n’ai plus goût à rien, je
me désintéresse de tout, je ne sors plus les week-end et
je me cloître chez moi et ne sors que pour faire mes courses et pour
aller à la fac.
Il m’est arrivé de pleurer de longs moments, je voulais même
retourner chez moi, ce chez moi qui me rassurait par la tendresse de ma
mère et la présence de mon
père
et de mes frères.
En France je découvrait le poids de toutes les responsabilités
d’une vie adulte alors que je venais juste d’avoir dix-huit ans; à
peine je sortais de l’enfance que j’étais projeté violemment
dans le monde des adultes avec ses dogmes ridicules et ses lois si compliquées.
La venue de ma mère juste après les vacances de Noël
allait être d’un grand soulagement pour moi, enfin un peu de chaleur
qui venait me réchauffer dans ce pays froid, froid par sa terre
et froid par ses gens.
Bien sur je ne laissais rien dépasser de ma détresse,
je devais prouver que je suis un homme sur tous les niveaux, un être
mature bref un vrai fils arabe capable de se débrouiller tout seul
sans compter sur une personne tierce.
Petit à petit le nuage noir qui noircissait mon horizon jusque là se dissipait et je reprenais confiance en moi, mais une seule chose etait sure: j’allais à tout coup rater mon année, mais je m’en foutais, le plus important c’était que j’était bien dans ma peau.
Cette année la je découvrais Internet qui était en libre service dans notre université. C’est devenu pour moi un grand échappatoire et une énorme passion dans laquelle je dépensais des journées entières surfant de site en site chattant avec des gens des quatre coins du monde.
Un jour, alors que je découvrais un site de photos X hétérosexuelles je tombais sur un lien d’un autre site consacré d’après sa définition aux photos de relations entre hommes. J’ai mémorisé l’adresse sur un bout de papier en attendant le vendredi car ce jour de fin de semaine il y avait beaucoup moins de monde dans les salles d’informatique.
Le vendredi arrivé je me mettais derrière
la machine la plus retranchée de la salle de façon à
ce que personne ne remarque mon manège et une fois bien installé
j’accédais à ce site.
Ce que je lisais était tout simplement incroyable ; je suis
tombé sur un site d’une association qui militait pour les droits
des homosexuels.
Je dévorais chaque ligne avec grand intérêt, des
lignes qui parlaient de santé de sortie de placard, qui donnaient
des conseils pour une vie en couple ou qui proposaient des annonces de
rencontres. J’étais très surpris qu’on parle de droit et
de reconnaissance de la communauté homosexuelle, je dirais même
que j’étais même étonné de l’existence de gens
comme moi, car même si l’homosexualité existe bel et bien
au Maroc l’hypocrisie générale faisait croire tout le contraire
et sinon l’homosexuel était réduit à devenir le personnage
principal de bon nombre de blagues où il passait pour la dernière
des folles.
Là
j'étais devant des gens qui revendiquent un respect, une reconnaissance
de la part de la loi française et mondiale mais aussi une vie à
part entière et le droit de l’afficher en société
sans se voir agresser ni minimiser.
J’ai passé toute l’après midi sur ce site à lire
tout ce qui est écris dessus. Enfin je découvrais la
rubrique des annonces que j’ai laissé pour la fin comme la cerise
sur le gâteau.
Aucun critère ni aucune sélection, je lisais la totalité
des annonces. Après tant d’émotion à la suite de cette
découverte exceptionnelle j’étais soulagé car je savais
que je n’étais pas spécial par mes préférences
, je savais qu’un peu partout ; au coin de la rue ou aux antipodes de ma
ville il y avait un homme qui ressentait les mêmes sentiments , avait
les mêmes attirances que moi.
En effet les temps derniers j’avais mis en doute
mon orientation sexuelle, car les jours passait et au lieu de me voir avec
des filles je ressentais toujours l’amour pour l’homme, je désespérais
car je savais ou plutôt je croyais que j’étais hors norme,
pas comme les autres, pas comme mes frères, pas comme le reste des
hommes que je connaissais.
A ce moment tous mes doutes s’effacèrent et je commençais
à y voir plus clair. Dorénavant je ne vais plus me poser
de questions ; je suis comme je suis, c’est à dire homosexuel, un
point c’est tout. Je savais que ça allait être dur de mener
une double vie mais mon choix était fait du moins ça le sera
pour les quelques années à venir jusqu’à ce qu’alarmé
par mon célibat prolongé, mes parents auront décidé
de prendre les choses en main et peut être me forcer à me
marier par les divers ruses que seuls eux connaissent.
Après que j’eus fini de lire presque toutes
les annonces je décidais d’en rédiger une, juste pour voir
ce que ça donnerait.
Je précisais ma région, mon âge et ce que je voulais
c’est à dire entrer en contact avec un gay (voire plus si affinités
!!).
Quelques jours plus tard, alors que j’allais consulter ma boîte
de messages électroniques, je constatais avec joie que mon annonce
avait intéresser plus d’un car ma boite de réception, croulait
sous les messages .
Je les ai tous lus ; alors il y avait surtout beaucoup d’hommes murs
et âgés et puis aussi pas mal de jeunes hommes et quelques
adolescents comme moi. Je me décidais à répondre à
ceux qui m’intéressaient le plus qui bien sur n’étaient pas
très nombreux. Après quelques temps de correspondance un
seul restait potable, par son age, par sa proximité mais aussi par
sa gentillesse. On chattait ensemble de temps à autres jusqu’au
jour où il me donna son numéro de téléphone
pour que je l’appelle, ce que je fis depuis une cabine téléphonique
le soir même. On parla un peu puis il me proposa de se rencontrer,
j’étais pas mal réticent à l’idée d’une rencontre
mais je me disais que si je ne franchissais pas le pas je n’allais faire
aucun progrès dans le chemin que je me suis tracé.
Il allait m’attendre près de la faculté dans sa voiture.
A l’heure prévue, je me suis dirigé vers l’endroit de rencontre avec un cœur qui bat à mille à l’heure, il était bien là et apparemment il m’avait reconnu alors que je me rapprochais de son véhicule. Il a ouvert la portière et après le salut habituel me proposa une cigarette que je m’empressait d’accepter rien que pour détendre l’atmosphère bien que je ne sois pas un grand fumeur, car ma première et dernière cigarette je ne l’ai fumé que pour retrouver le goût des derniers baisers langoureux que j’ai volé à Mehdi alors que notre relation était à l’agonie, celui-ci avait commencé par fumer.
On parla de tout et de rien, de nos expériences
mutuelles et de pleins d’autres choses sans intérêt aucun.
Christophe, c’était son nom, vivait en couple avec un garçon
qui faisait ses études dans le même établissement que
le mien, bien sur en entendant ces propos je me demandais qu’est ce qu’il
cherchait à prouver en me rencontrant vu que sa situation était
des plus enviables surtout qu’il n’arrêtait pas de me dire qu’il
était fou amoureux de son mec et que c’était tout à
fait réciproque. Ce n’est que plus tard au fil des nombreuses conversations
que j’ai eu avec lui que j’appris que ce couple avait une notion peu orthodoxe
de la fidélité car ils estimaient que celle-ci n’était
justifiée que sur le plan sentimental et que rien n’empêchait
l’un ou l’autre d’aller voir ailleurs pour une nuit ou plus à
condition que ça reste une simple aventure, juste une relation sexuelle
sans plus.
Christophe était garé en pleine route qui voyait défiler
tous les étudiants qui allaient à la faculté, j’avais
de plus en plus peur que quelqu'un me reconnaisse, je serais alors très
embarrassé voire dans une situation lamentable.
Comprenant mon désarroi, mon hôte décida de bouger
et se dirigea chez lui où quelques minutes plus tard j’atterris.
On continua notre discussion qui ne pu s’empêcher d’aborder le coté
sexuel de notre « way of life ». Je lui ai raconté mon
histoire avec Mehdi et lui les siennes, car des haut de ses vingt-cinq
ans il avait eu assez d’expérience pour suffisamment impressionner
le néophyte que j’étais. Il me demandait d’emblée
si je voulais coucher avec lui, moi je ne savais quoi dire mais insistant
comme il était il arriva à me convaincre.
Il me déshabilla du regard avant de le faire
de ses mains puis par une expérience certaine s’occupa de moi comme
je l’avais souhaité............
Je vais dire une fois pour toute que c’est vraiment
ce mec qui a fait mon initiation dans le monde des relations entre hommes,
il a été pour moi d’un grand secours, m’a fait découvrir
pleins de choses aussi bien allongés sur un lit que face à
face sur de confortables fauteuils.
Il va sans dire que j'avais tout à apprendre, mon expérience
homosexuelle même si elle étonnait beaucoup par sa précocité
n’avait rien d’exceptionnel ; moi même je la considérais comme
un délire d’adolescents rien de plus, un passage obligé pour
moi comme pour tous les autres petits marocains de mon âge ; en effet
quand on a pas des filles à souhait, celles-ci étant soigneusement
gardées à part loin des convoitises masculines, il faut bien
se défouler d’une manière ou d’une autre, Le système
D, un système vieux comme le monde mais qui marche toujours aussi
bien.
Certes la vie de Chris avait la particularité de graviter autour du sexe, il aimait ça et ne se gênait pas de le dire ouvertement ; ça me choquait beaucoup au début mais je m’y suis fait au bout d’un temps, je m’en amusais des fois même.
Le temps passait et à chaque rencontre je découvrais quelque chose de nouveau, entre temps j’avais fait la connaissance de son copain qui était tout sauf antipathique, je dirais même qu’il était tout à fait le contraire de Christophe ; pleins de douceur et empreint d’un calme troublant, j’ai d’ailleurs pu lui trouver d’autres qualités tout aussi craquantes une fois que nos rencontres ont pris la même tournure que celles que j’avais avec Chris, étions-nous seuls ou chaperonnés par ce dernier.
Ce couple était vraiment sympa, j’en parle
à l’imparfait car j’ai volontairement perdu le contact avec eux
, je crois
que
c’est un signe d’indépendance vu qu’ils étaient présents
dans chacun de mes actes en temps qu'homosexuel. De toute façon
de la période quand je les côtoyait, je garde d’excellents
souvenirs, comme ma première sortie dans le milieu gay à
Antibes qui s’est faite dans une boîte qui s’appelle le Golden Gate
et où j’ai découvert des gays pas comme les autres, des gays
vraiment un peu trop épanouis à mon goût surtout lorsqu’on
s’éloigne un peu du bar et qu’on se rapproche de ce qu’on appelle
dans la convention un Backroom, enfin chacun fait ce qu’il veut et tout
le monde est content ; voilà au moins une chose que la vie en France
m’a apprise c’est d’être le plus tolérant possible, je me
dis que l’ont doit l’être forcément si on est homosexuel mais
c’est pas toujours évident quand on a encore les réflexes
d’une vie passé de l’autre côté de la Méditerranée
où tout le monde critique tout le monde sur tout et n’importe quoi
; d’ailleurs si ces réflexes se sont fortement estompés,
mes amis marocains qui m’entourent me font toujours la remarque sur ma
passivité sur les affaires d’autrui, ça leur en bouchera
un coin si je leur révélais mon homosexualité, mais
enfin on en est pas là ou plutôt on en sera sûrement
jamais là.
Comme toujours le temps passe très vite et on ne se rend jamais compte des grands changements et progrès qui se produisent au fond de soi, personnellement j’en avait accompli beaucoup et je pourrais dire que j’étais devenu un homosexuel qui s’assume, enfin à demi mot car aujourd’hui même, aucun hétéro ne sait pour moi mais aussi au fait que je m’étais agrippé à l’idée que j’étais peut être bisexuel, idée que j’ai complètement abandonné par la suite rien qu’en observant mes réactions dans la rue : je me retournais plus souvent -discrètement bien sûr- au passage des beaux mecs que des belles nanas. Définitivement je n’éprouvais et c’est encore le cas aucun sentiment pour les filles, j’en suis complètement désintéressé.
Une année scolaire s’est passé depuis et bien sur comme je l’avais prédis plus tôt je foirais complètement mon année et mon seul souci était pour moi la réaction de mes parents qui jusqu’ici avait un fils parfait du moins dans sa scolarité. Contre toute mon attente, ils se firent très compréhensibles, peut être m’aiment-ils un peu beaucoup pour ne pas m’en vouloir, j’en suis sur.
L’été est là
et franchement le Maroc me manque beaucoup et avec lui toute la famille
qui y réside, je décidais donc de partir pour passer un petit
mois là bas.
La valise, le billet d’autocar et me voilà parti pour un voyage
de deux jours et deux nuits depuis Nice jusqu’à Casablanca. Le trajet
idyllique auquel je m’attendais s’est littéralement transformé
en un enfer ; d’abord c’était l’autocar lui même qui sortait
directement d’un film de guerre froide du côté Russe bien
sur et puis aussi ses occupants qui étaient tout sauf des occupants
d’autocar faisant un trajet de deux milles kilomètres !!
Enfin, une fois arrivé tout ça n’était plus qu’un
mauvais souvenir et j’étais prêt pour de nouvelles aventures.
Après le passage obligé pour saluer tous les membres de ma
famille, je me dirigeais vers l’un des nombreux cybercafé de la
ville qui depuis que je l’ai quitté est devenue très branchée.
Une fois installé j’accédais au réseau local du chat
sous un pseudonyme très évocateur, il ne fallait pas que
j’attende une minute pour que je me fasse aborder –toujours virtuellement-par
un mec. Vingt ans, en vacances au Maroc mais habitant habituellement Paris
où il fait ses études et puis bien sur homosexuel. Après
qu’on ait échangé les questions habituelles de ces types
de rencontres que les inconditionnels du chat connaissent sûrement
on décida de se rencontrer le lendemain devant le consulat de France.
Franchement je ne m’attendais pas à ce type de mec ; il était vraiment très mignon et en plus pas du tout typé, j’appris plus tard qu’il était juif et franchement ce n’était pas pour me déplaire au contraire j’en étais que plus intéressé.
On se rencontra plusieurs fois et il me fit la connaissance d’un de ses amis et puis aussi d’un de ses prétendant qui avait tout autant de charme. Bien sur on a fini sur un lit comme d’habitude, plus précisément celui de leur voisin qui leur a confié les clefs alors qu’il est parti en vacances.
De mon retour du Maroc à part cette rencontre furtive j’ai été marqué par la communauté homosexuel autochtone qui est très présente surtout sur Internet où les rencontres se font plus facilement et surtout plus discrètement, il y avait aussi des boîtes ou des bains maures réputés pour être des lieux de drague très fréquentés mais ce n’était rien de comparable à l’effervescence qui régnait sur le net. J’ai eu l’occasion de parler avec pas mal d’entre eux et résolument il en ressortait toujours le même profil de l’arabe fier, l’être viril qui n’acceptera une relation avec un autre homme que s’il tient le rôle de l’actif , le rôle du dominateur, cela suppose bien sur l’existence de passifs quelques part sur ces relations, d’ailleurs c’est justement ces passifs qui sont les homosexuels au Maroc et par extension au reste du monde Arabe ; l’actif reste propre et pourra même se vanter de ses conquêtes masculines qui elles seront rabaissé au statut de femme voire d’un animal, de pénétrée et d’indignée.
Je revenais du Maroc avec des souvenirs pleins la tête et puis avec un certain renouveau intérieur car ce que j’avais vu au Maroc m’avait donné de l’espoir, mais dans ce pays les mentalités n’évoluent pas assez vite et gardent toujours leur hypocrisie pour que ma joie soit complète.
Octobre pour moi rimait avec rentrée universitaire
laquelle j’attendais patiemment car je m’ennuyais un peu trop.
A mon habitude j’étais assis derrière
un des ordinateurs de la salle d’informatique, entrain de chatter avec
tout ceux qui voulaient bien me parler, quand soudain quelqu’un m’aborde
et me salue. On discute un peu et puis sans prévenir il me pose
une question :
-Est-ce que tu es gay ?
-pourquoi tu me dis ça ?
-Ben j’avais seulement remarqué que tu étais sur un canal
de chat homosexuel et puis comme tu es de ma région j’ai décidé
de te parler.
C’était assez franc comme réponse donc je ne l’ai pas
envoyé balader, au contraire on a beaucoup parlé et il s’est
avéré que c’est un jeune homme qui faisait ses études
à Sophia-Antipolis et qui de surcroît était d’origine
Arabe, il s’appelait Faris*.
Bien sur il n’arrêta pas de me poser pleins de questions sur
ma sexualité ce qui ne me gênait pas spécialement,
et au
bout
du compte on a fini par vraiment sympathiser.
Chaque fois que j’étais connecté c’était la première
personne avec qui je parlais et puis au bout d’un temps la seule personne
à laquelle je me confiais, car une seule est sur ce mec savait écouter
c’était même l’une de ses qualités les plus belle et
il savait en tirer profit pour se faire pleins d’amis.
On continua à parler , à chatter et à sympathisé
de plus en plus jusqu’au jour o’u il me parla de ce qui alla changer radicalement
la nature de notre relation.
Ce jour là, alors que je venais de l’aborder sur le chat , Faris me confia une chose terrible ; il m’avoua que dernièrement il avait remarqué qu’il commençais à voir les hommes autrement, c’était tout vu Faris est bisexuel. Moi dans un élan de fureur comme j’en avais de temps à autres le blâmait sur ce qu’il venait de dire et lui reprochait que depuis le début de notre connaissance il jouait la comédie et qu’il s’est fait passer pour un hétérosexuel tolérant pour se rapprocher de moi, ça avait plus de chance de marcher entre nous que s’il m’avait dit qu’il était bi. Bien sur j’avais tout faux et Faris était sincère depuis le début, enfin je l’ai su plus tard et je m’excusai de ma paranoïa débile.
Après cette révélation Faris devenait de pus en
plus curieux surtout sur des détails concernant l’acte sexuel entre
deux hommes, moi je l’aidai autant que je pouvait car devant lui j’étais
l’homme le plus expérimenté.
Faris même s’il suivait ses cours à Sophia avait ses habitudes
dans ma faculté où il venait retrouver ses amis. Dorénavant
il me parlait de plus en plus de se rencontrer et puis pourquoi pas d’essayer
de lui donner de l’expérience, pour moi c’était hors de question,
je le considérais plutôt comme un ami, un très grand
ami et je me voyais mal avec lui dans un lit en plus dans un hôtel
Formule1 comme il m’avait proposé !!
Bref, après mon refus il s’est fait une raison avec une grande
déception.
Un jour alors qu’il squattait à la fac, il m’aperçu et avec je ne sais quel pressentiment arriva à me reconnaître. Il me le dit, alors que j’étais dans une autre salle entrain de chatter avec lui. Le lendemain et avec une aisance extraordinaire, il me déclara qu’il était tombé amoureux de moi..................
Sur le moment j’étais comme transféré sur une autre planète ou dans un autre monde, car en dehors du fait que cette déclaration provenait de l’un de mes meilleurs amis en France, elle était la première de toute ma vie. J’essayais de me ressaisir alors que lui m’envoyait une bonne dizaine de messages car mon silence l’avait troublé. Je prenais mon courage entre mes doigts et lui écrivais que je ne pouvais pas lui répondre de suite , d’ailleurs maintenant que j’y réfléchis je vois pas ce que j’aurais pu lui dire en guise de réponse car ce n’était tout de même pas une question, juste une déclaration d’amour qui dans tous les cas fait plaisir à entendre ; savoir que vous plaisez à quelqu’un c’est formidable.
Le lendemain, encore sous l’effet des faits je décidais de lui écrire un mail et non pas lui parler en direct ; je me reconnais là : toujours fuyant les moments pénibles et les confrontations en direct.
Je ne pouvais qu’avoir la même réponse que j’ai eu pour lui il y’a de ça quelques temps quand il me demandait de sortir avec lui ; notre amitié était trop forte pour qu’ elle en accepte une autre plus intime, dans ma tête je ne pouvais même pas m’imaginer avec lui tellement j’avais l’habitude de le voir comme un ami sans plus. D’autres personnes en aurait profité de cette amitié en l’utilisant comme une solide base pour bâtir une relation amoureuse, mais moi c’était tout le contraire et d’ailleurs j’ai eu bien raison comme je m’en suis rendu compte plus tard.
En effet, je crois sincèrement que même si j’étais sorti avec lui ça n’aurai pas marché plus de quelques jours ; pour Faris j’étais le seul gay qu’il connaissait qui de surcroît est d’origine arabe ; il a toujours eu un faible pour les rebeus avec une couleur de peau la plus mate possible !! Alors c’était normal que je l’attire autant, si notre relation s’était bâti sur ce processus elle n’aurait eu aucun mal à se briser au premier coup de vent, dans ce cas je ne m’en serais jamais remis car je crois que j’aurais pu l'aimer plus fort que n’importe qui, mais j’ai préféré la prudence.
Certes mon prétendant était extrêmement déçu, il m’avait même dit plus tard, que sons père s’est inquiété devant son état de chagrin amoureux, mais cet échec lui a valu de faire un nouveau départ dans sa vie en tant que bisexuel, mais aussi de lui montrer qu’il n y’a pas de différences entre les hétéros et les homos, l’amour est présent chez les deux et avec lui ses chagrins.
Cet incident avec Faris a eu le mérite de nous rapprocher encore plus, c’est comme ça qu’on s’est rencontré pour la première fois et qu’on a pu sortir enfin en tant qu’amis encore plus complices.
Quelques temps après, Faris trouvait son bonheur.
Je suis toujours en contact avec lui même si à cause de la vie active, il a du aller s’installer à Paris, où il n’a pas tarder à rattraper son retard dans le domaine des relations entre garçons.
Chaque jour qui passait amenait son lot de surprises.
Ainsi j’ai découvert que l’un de mes amis de fac, un Tunisien qui
répond au doux prénom d’Amine*
et qui était avec moi dans la même promotion, est……..gay.
Je le soupçonnais un peu depuis la fois où je l’ai entraperçu
entrain de chatter sur un canal gay, d’ailleurs ses amis aussi, mais il
a réussi à leur faire croire qu’il y allait pour se foutre
de la gueule des homos, un mensonge qui ne marche qu’avec les hétéros
apparemment !!!
Comme les hétéros peuvent être si naïfs !!!
surtout ceux qui ne côtoient pas de gays dans leur vie quotidienne.
Encore une fois, la nature des gens qui tend à juger tout ce
qui bouge sur les apparences se manifeste. En effet comment peuvent-ils
douter qu’un arabe aussi drôle et masculin que ce Tunisien est gay
?? d’ailleurs ne leur a t-il pas donner une raison suffisante pour sa présence
dans ce canal ?? Bref c’est tout simplement pathétique.
En ce qui concerne nous deux, c’est une autre histoire, et une fois
n’est pas coutume il s’agit d’une histoire assez drôle.
Une fois, alors que j’étais connecté, Christophe m’aborde
avec une nouvelle assez passionnante :
-Tu sais quoi ? il
y’a un autre gay beur sur la fac à part toi !!
-C’est pas vrai !
c’est qui ?
-C’est un mec qui
s’appelle Amine et il d’origine tunisienne, il est même en première
année comme toi.
-Merde, mais je le
connais très bien c’est même un ami.
-Ben tu sais quoi
encore ? je lui ai parlé de toi et il t’a reconnu.
C’est à ce moment là que ça devenait passionnant,
car hormis le faite qu’il sait pour mon homosexualité, il ignore
qu’à mon tour je suis au courant pour lui, le comble c’est que c’est
toujours le cas jusqu'à présent, car je le vois toujours
et on sort avec des amis communs assez souvent, il croit toujours qu’il
est le seul à savoir.
Moi ça ne me gêne pas pour autant, mais je peux dire que lorsqu’on se voit je sens en lui quelque chose de bizarre, pas une attirance, juste de la gêne voire un peu de curiosité, c’est tellement cocasse que je ne peux m’empêcher de rire au fond de moi. Enfin j’aurais espéré qu’on aurait pu entreprendre quelque chose tous les deux mais malheureusement, Amine c’est vraiment pas mon type et je le préfère de loin comme un simple ami.
Les interactions avec mon entourage dans le cadre
de ma sexualité n’avaient pas encore dit leur dernier mot, j’allais
le vérifier peu de temps après.
Alors que comme d’habitude je chattais passionnément je tombais
sur un mec qui était prêt pour une petite aventure, il se
trouve qu’à ce moment même je chattais avec un autre mec qui
cette fois était de la même fac que moi. Après une
discussion fleuve avec les deux parties on décidait non sans appréhension
de ma part d’essayer de se rencontrer chez le premier pour profiter d’un
bon moment à trois.
On se rencontraient quelques heures plus tard et à notre
rencontre la surprise fut de taille. Le mec qui était de la fac
n’est autre que Nicolas*, une connaissance qui fait
partie de mon groupe d’amis qui d'ailleurs connaît très bien
Amine. Il était aussi étonné que moi et me posa pleins
de questions.
On a finit dans le lit et j’ai vu ce mec jouir comme je n’ai jamais
vu jouir quelqu’un, normal c’était sa toute première fois
!
Comme Amine, je le vois toujours et on sort souvent avec des amis, mais malgré ce qui s’est passé entre nous on s’ignore royalement.
C’est quand même très marrant de savoir que dans le seul groupe de copains que je fréquente, il y'a trois gays et apparemment personne ne s'en est réellement rendu compte, enfin ils doivent bien avoir quelques soupçons en ce qui concerne Nicolas, car ce dernier a un sacré caractère empreint d’une certaine féminité très mal cachée.
Je continuais mon manège sur le net où
dorénavant, je pris mon aise et me fit connaître par presque
tous les gays connectés et de par là même, cumulais
les rencontres avec des hommes de la région, mais ces rencontres
ne me marquaient guère et me laissaient le cœur vide.En effet jusque
là, je ne cherchais que des aventures passagères, des relations
d’une nuit pour assouvir mes envies sexuelles rien de plus, mais je commençais
à ressentir de plus en plus le besoin de vivre une relation plus
remplie où les sentiments tiennent une place importante….
(*): tous les prénoms suivis d'un astérix ont été changé pour le bien être et la discrétion des personnes concernées, les autres étant des prénoms de personnes tout à fait en dehors du placard.