Dossier DUESS-
Bénédicte Gillet
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LA
BANDE - DESSINEE ADAPTEE EN CD - ROM
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" La bande-dessinée entretient de nombreuses
affinités avec le multimédia. |
Mon sujet d' analyse repose sur le thème de la bande - dessinée adaptée sur cd-roms que j'ai délimitée par rapport à certains critères. J'y ai exclu de mon corpus les cd - roms qui ne prenaient en compte que l'univers de référence de la bande - dessinée, que ce soit dans le graphisme ou dans les personnages, telle la série de " tes héros favoris" ( Asterix, Tintin au Tibet, Les schtroumpfs) d'Infogrames, ou "les galaxiens" de Dupuis, comme "le club de Tomtom et Nana" de Bayard presse.
J' ai également rayé de mon champ de recherches " L'amerzone" de Sokal puisque le titre correspond à une de ses BD, le scénario reprend le "concept original" mais les rapports s'arrêtent là. ll n' y a repris que "le pays, le vieil explorateur et les oiseaux blancs" et " son personnage principal d'ailleurs n'y apparaît pas". Les liens avec sa bande - dessinée étant donc trop ténues, j' ai écarté ce cd - rom. Cependant je reviendrai sur un tel produit par rapport aux problématiques posées par l' adaptation en dernière partie. Enfin, j' ai laissé la série des "BD-Rom" d'Impressions, qui sont des catalogues consacrés aux parutions francophones des bande-dessinées imprimées annuellement, et qui sont, d'ailleurs, les premières manifestations européennes de la bande - dessinée sur cd - rom.
Tout comme une oeuvre littéraire adaptée au cinéma, une bande - dessinée adaptée en cd soulève des problèmes : les puristes guettent avec méfiance, les voix ne sont pas celles que l'on attendaient, les postures physiques sont déséquilibrées. Choisir la délectation d'une histoire de BD assis face à un écran plutôt qu' au fond de son lit ou dans un métro, d' entendre le bruit des clics à celui des pages feuilletées nécessite les pouvoirs d'un ordinateur. D' un bon Cd aussi, et d' une bonne adaptation. Qu'est - ce qu' une bonne adaptation justement ? Suffit-il de scanner l'album pour que celui-ci devienne multimédia ? Qu'apporte t-il de plus ?
Quel est le rôle des sons et des dialogues et comment les images se modifient - elles ? Nous tenterons d' apercevoir les différences de lecture de ces deux médias afin de discerner leurs similitudes et donner quelques suggestions. Enfin, nous verrons la place et les conditions de ces produits sur le marché actuel.
Le festival d'Angoulême, il n' y a pas longtemps ouvre ses portes au multimédia, un auteur Edouard Lussan montre la richesse d 'une " bande-dessinée interactive ". Rendre honneur à la bande - dessinée, la faire découvrir et explorer ses racines "hybrides" serait-elle possible?
I - ANALYSE DES OEUVRES
Il y quatre genres qui se distinguent dans les les cd - roms qui ont été édités en France et dont le premier date de 1995. D'un côté, le concept " CD digital Comics" des humanoides associés, qui souligne le dessin de l'album au détriment de son scénario et des techniques multimédia, qu'on associera avec Le Sommeil du monstre et Jack Palmer qui sont néamnoins des produits supérieurs puisque la sonorisation est ajoutée ; celui de The Complete Maus qui privilégie les dessous de la BD malgré une tentative d'union interactive avec elle; le concept original d' Opération Teddy Bear; enfin celui d'une adaptation ludique complétée par des apports documentaires en parallèle et d' imbrication bien distincte qui sont Le piège Diabolique et le Kama-sutra.
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Cliquer
sur les images |
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2 -The Complete Mauss |
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3 -Une BD concue pour le support CD-rom |
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| 4 - Lecture ludique et lecture sérieuse |
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II. DIFFERENCES ET SIMILITUDES AVEC LA BD
1) LE PARCOURS DE LECTURE :
Toute adaptation numérique étant transposition de l' originale modifie automatiquement sa nature et donc sa lecture. Mes grilles ( cf fiches) montrent qu'une nouvelle organisation de l'album a été conçue. On fait participer l'utilisateur, on lui indique comment lire, on lui offre de la musique, des documents, des commentaires...Au niveau de la forme narrative, cela s'étend de la planche invisible aux planches partielles, bulles déplacées à des légendes ou des bulles oralisées.
a) - LE TRAJET DU REGARD
L'ALBUM / LA PLANCHE / LA CASE
Dans quel voyage l' utilisateur s' embarque - t - il lorsqu'il a fini d'installer le cd - rom et qu'il est prêt à la lecture ? S' il ne connait pas d' avance la bande-dessinée, peut - il s'imaginer combien d' écrans ou de pages sont consultables ? Dans tous les autres médias, on sait à l' avance ce qu' on va trouver ( nombre de pages, ou nombre d'heures). La préparation à la somme "virtuelle" de contenu est importante ( sauf si c'est volontaire). Opération Teddy Bear, Jack Palmer, et The complete Maus fournissent ces critères grâce à une pagination sur chaque écran. Le piège diabolique, également de façon intéressante grâce à un schéma indiquant la quantité de parcours faite. Les autres ( le concept humanoides et Kama-sutra) tentent d'offrir des entrées par chapitres, mais une fois dans la lecture, il est impossible de connaître quel écran correspond à tel chapitre ou partie.
C'est une des conventions de la lecture bédé que le cheminement normal d'un oeil occidental sur une page d'un album s'oriente de la gauche vers la droite, de haut en bas, mais aussi, d' un clin d'oeil furtif sur la dernière case ou/et des éléments de case qui retiennent l' attention (couleurs, personnages...), avant de revenir au parcours classique. L'oeil décrypte une case mais en même temps voit ses voisines, les digère ou les anticipe.Toutes jouent leur rôle et font partie d'un ensemble.
" Le dessin et le texte n'ont d' intérêt que dans leur rapport réciproque au sein d'une case, puis dans le rapport que cette case entretient dans l'espace de la page jusqu'au rapport des pages entre elles ( la dernière case de la page)." ( Will eisner)
" Il semble difficile de considérer la case de B.D hors de son contexte, hors du jeu de relations instauré par les autres cases. Contrairement au tableau ( de peinture) enfermé dans son cadre clos, la case n'existe que par rapport aux autres cases. Reliées entre elles par la dynamique du récit, les cases sont élaborées dans le double souci du graphisme et de la narration." ( Le cas des cases A.Deyzieux et P.Marcel.)
Un mot "FIN" surgit sur les derniers écrans du sommeil du monstre et des trois cd de la Trilogie de Nikopol, placant une convention là où la bd l' évitait. Serait-ce un aveu d'imperfection ?
En ce sens, le concept de "CD Digital comics", comme du Sommeil du monstre, et de "sound comics "(Jack Palmer) sont assez éloignés de la nature de la lecture BD, comme d'une lecture multimédia. Les cases, quelles que soient leur dimension et leur rapport dans la planche se retrouvent désunies et placées une par une au centre d'un écran. Combien de cases/écrans correspondent à une planche (voire une double - planche) ? Cela va d'une totalité d'un à dix sans que l'utilisateur n'ait les moyens de le savoir. L'accès à la lecture est assez monotone et plus difficile que celui de l'album et si il s'accorde peut-être avec l'esthétisme de Bilal, elle correspond moins à celui de Manara.
Alain Resnais, qui s'est toujours refusé à adapter au cinéma la bande-dessinée, malgré qu'il ait été, bien avant cinéaste, le fondateur du Centre d'études des littératures d'Expression graphique et critique passionné de bande-dessinée disait : " Que faudrait-il penser d'un éditeur qui, pour gagner de la place couperait les dernières syllabes de certains vers de Corneille pour les reporter à la ligne ou à la page suivante. Ou qui les rallongerait pour garnir les marges ? "
Le Kama Sutra propose un regard très différent par rapport à celui de la bédé. Sur les écrans, se succèdent une série animée de vignettes fixes ôtées de leurs bulles, des écrans panoramiques de dessins rajoutés, des cases étendues à des jeux qui ne font plus partie de l'univers des contours habituels de la bédé. Le format de planches est totalement déconstruit et adapté à celui de l'écran. Les cases prennent plus d'existence grâce à des effets d'animation partielle dans leur corps, qui rappelle légèrement les adaptations manga au cinéma.
Le concept du Piège Diabolique copié sur l' Operation Teddy Bear d'Edouard Lussan, the complete Maus proposent une adaptation formelle plus fidèle à la nature de la bande-dessinée. Art Spiegelman l'évoque dans sa première partie du cd - rom, en parlant de " plaintes" à propos d'un format d'écran mal approprié à celui de l'album. En effet, la planche de ce dernier est toujours plus étirée en longueur à la différence de l'écran ordinateur dont les dimensions sont plus horyzontales, étirées en largeur.
Pour respecter le sens donné par le format et la structure de la planche, il adapte les planches telles quelles mais celles-ci se retrouvent coupées par l'écran. Il place alors un dessin/planche en miniature sur le rebord afin, notamment de donner à l'utilisateur une vision de celle-ci. Il est possible de coulisser sur le même écran la planche adaptée. Si les cases en mode " plein écran" gagnent un peu en grandeur, la lecture demeure assez difficile du fait d'un format bien encore trop petit pour satisfaire le confort d' une longue lecture sur écran.
Le regard saisit la planche dans le concept d'interface d' Operation Teddy Bear et appliqué dans Le piège diabolique de façon plus fine. Pour pallier à ces problèmes de déficience en longueur, les auteurs ont découpé mathématiquement les planches. Pour Le piège diabolique, l'écran présente deux bandeaux sur les trois existants de la bédé. Le dernier se retrouve associé au premier bandeau de la page suivante. Le nombre d'écrans est donc multiplié par deux par rapport aux pages du livre. Si la taille des cases se retrouvent plus grandes que si la planche avait été representée dans son intégralité, elles demeurent malgré tout inférieures à celles de l'album. Le regard est étudié et suit la structure du parcours triangulaire des yeux, propre à la bande - dessinée (cf : " le suiveur de regard " Le cas des cases). Les planches apparaîssent partiellement dévoilées et on peut appréhender les prémices de l'histoire dans des espaces grisés qui, progressivement se découvrent dans le temps de la lecture et de l'interactivité.
Problème du découpage : soit on respecte mathématiquement les formes planches, l' agencement des vignettes au profit d'un scénario fidèle à l'essence de la bédé, mais au détriment du confort de la lecture, ( système de coulissage pour The Complete Maus; images plus petites sur écran pour le Piège diabolique, Opération); Soit, on privilégie le détail et l'image en les agrandissant sur écran, ce qui rend plus agréable la lecture mais au détriment majeur du procédé narratif ( bédés concept humanos et Pétillon) et de son rythme. La planche ou la case !
Celles-ci sont généralement entourées de non couleurs ( noir pour tous et blanc pour The Complete Maus) qui soulève la couleur des dessins. Les interfaces sobres et dépouillées de barre de navigation sont les plus séduisantes et confortables au regard. Les animations irrégulières et effets spéciaux dans Operation Teddy Bear et Le piège Diabolique permettent d'étendre la surface planche, de façon physique. Pour les autres aussi, elle s'étend parfois de façon symbolique, grâce aux sons.Ce jeu avec le regard est important pour éviter la monotonie que peut procurer la lecture sur une surface-écran.
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Découverte des planches/cases :
Dans toutes les oeuvres adaptées, l'utilisateur peut revenir aux planches précédentes ou se rendre aux suivantes, choisir son ordre de lecture dans l' histoire intégrale dans un temps plus libre et moins imposé qu'au cinéma et/ou dessin animé par exemple qui le fixe. Néanmoins, Le piège diabolique et Kama-Sutra restent soumis au moteur du jeu pour la narration. Pour Kama-Sutra, il est possible de choisir " l'ordre de parcours" en 5 entrées mais il est totalement impossible de revenir à des cases précédentes ou suivantes une fois dans l'histoire. Le lecteur est totalement piégé par le temps nécessité par les jeux et ne peut relire ou avancer qu'à la condition de manipulations techniques bien éprouvantes ( relancer l'application). Les contraintes sont moins fortes pour Le piège diabolique, qui se destine de plus à un public plus jeune mais, comme Operation, la lecture des cases précédentes des écrans antérieurs reste conditionné par le temps de dévoilement des cases où il faut recommencer les manipulations. Le concept humanos pose problème lorsqu'il s'agit de retrouver telle ou telle page/écran précis.
Comme dans la bande - dessinée, les CDs permettent de se balader d'images en images, de glisser sur les textes et d'y revenir.
" C'est au lecteur qu'il appartient de jeter les ponts entre les cases, c'est à lui de définir le rythme et le type de parcours" pour reprendre ma citation d'introduction démontrant les rapports contigus de bd à cd.
Case : interaction texte - dessin :
Le concept des humanos, et du Sommeil du monstre brise le jeu de l'imbrication des textes au sein des cases et celui des cases constituées essentiellement de textes. Pour remédier à l'absence de queues, les prénoms et noms des personnages pensants ou parlants sont ajoutés. Les textes demandent, parfois, pour être lus de se passionner pour l'intrigue car ils sont de couleur sombre et quantitativement longs.Tout s'inscrit sur les rebords du dessin, bien souvent au bas de ceux-ci, à la mode Bécassine.
Le concept d' Operation, du Piège diabolique, de Pétillon, the complete Maus laissent intacts au mots et aux images près la cohésion. Une loupe chez Le piège Diabolique vient combler le problème des minuscules et abondants relais de l'écriture de E.P.Jacobs. Avec Operation, les jeux d'animation, de graphisme s' intégrent à la structure donnée et jouent avec elle. Les dessins et textes disparaissent et reviennent au sein d'une même case. Quant au Kama-sutra, les textes écrits ont disparus pour se substituer à des voix qui les contiennent et en rajoutent.
b) - LE TRAJET DE L' OREILLE
LE RELAIS/ LES BULLES
Le son déjà implicitement présent dans la bande - dessinée, est - il exploité dans les adaptations multimédia ?
Je traiterai à part l'usage fait aux relais qui sont les textes commentaire ou tous textes dans la planche quand elle n'est pas un texte "dit" par un personnage ou les longs textes racontant des événements non dessinés; les bulles (les textes de dialogue) et les bulles spéciales remplies d'onomatopées ( "mots imaginaire censé exprimer ou plutôt évoquer un son, un bruit non traduisible par le discours sinon par l'imitation phonique") qui ont donc une fonction différente.
RELAIS
. Dans les BD de Manara, ils sont pratiquement inexistants. Aussi les 3 seuls relais, énoncés d'épreuves que doit accomplir l'héroine de Kama-sutra deviennent dans le CD les tâches des jeux demandés cette fois-ci par le biais de l'utilisateur.
Dans l'adaptation de Black et Mortimer de E.P.Jacobs, où les relais occupent une part très considérable et ( parfois redondants), dans celles du concept " cd digital comics" et celle d' Operation teddy Bear, The Complete Maus, ils ne sont là, pas oralisés du tout.
Par contre, ils le deviennent dans Jack Palmer au même titre et sans distinction que les bulles avec la même voix d'acteur représentant le héros. La frontière entre les deux dans la bédé, au niveau du sens, étant assez floue, elle se justifie. Les relais, en effet, contiennent des commentaires à la 1ère personne, jouent la même fonction que les bulles, ont le même niveau de langue; De plus, ils ne sont pas très abondants. Pour le sommeil du monstre, un élément récurrent d'un des relais est dit et agit comme refrain poétique ( c'est un peu comme une voix-off cinéma intensifiant, de par son caractère irrégulier, le texte sanglant devenant image).
BULLES
.Les bulles de dialogues ne sont pas lues dans l'ensemble, exception faite pour Jack Palmer et Kama Sutra.
Pour ce dernier, du texte a été rajouté, plus dans l'intention de meubler les vides de l'original, donner un ton et combler l'absence de scénario que pour apporter des informations.
Les bulles de Jack Palmer ont été jouées par des comédiens et traducteurs professionnels qui ont travaillé l'intonation liées aux différentes polices et graphies, les pauses et le rythme; l'interprétation est assez réussie. Le ton humoristique est présent.
BULLES "SPECIALES"
.Les bulles "spéciales" ont été là par contre tous fortement sonorisées, sauf dans le concept humano où le silence est d'or et dans The complete Maus.
Dans Jack Palmer, les traductions respectent les différences phoniques des cris. Dans Opération Teddy Bear et Le piège diabolique, des cris et des bruitages s'échappent des images sans que celles-ci ne soient toujours dessinées dans les cases. Parfois, il y a redondance d'un court texte-onomatopée propres à la bédé ( "KRAKK - BOUM") dessiné et suivi, accompagné ou devancé par son équivalence phonique. De ces jeux avec la nature bande-dessinée et multimédia, découlent des effets de surprise mais aussi de sens lié à l'image ou la sensation. Lorsqu'on lit une bédé, l'absence de bulle n'est pas forcément signe du silence des personnages.
ELEMENTS PARTICULIERS :
Le son dans The complete Maus renvoie à des bulles - dialogues qui s'ajoute à eux dans une grande part des planches. Mais il peut être considéré aussi comme relais et même comme " bulles très très spéciales". Activables ou non, ce sont des commentaires du dessinateur sur la forme ou le contenu et aussi, et surtout, la voix du père, qui intensifie de façon très poignante le récit et donne vie à la sobriété de l'interface. L' utilisateur peut écouter les témoignages au passage relatif des planches, suivant sa lecture, mais aussi indépendamment sur telle ou telle autre partie. En ce sens, Maus est bien " the complete Maus", puisque la parole du père est source et origine réelle de l'album.
La MUSIQUE :
Présente ( sauf le concept "cd digital comics"), elle s'apparente avec la musique de films puisqu'elle a surtout un rôle d'accompagnement d'atmosphère et d'action. Les thèmes sont "flous", et on ne les retient pas.Ils sont plus ou moins bien adaptés aux planches, jingle d'ouverture ou accompagnement permanent. Mais, en général, la musique offre vraiment un plus qui justifie mieux le support numérique.
Le refus général d'ajoût des sons et la grande timidité face à la lecture des bulles dans le multimédia s'efface peu à peu : le récent Kama-sutra n' est plus qu' oral et une nouvelle version d 'Opération Teddy Bear sortira courant Septembre99, avec ses bulles parlées. Selon l'auteur Edouard Lussan, le résultat est véritablement meilleur.
c ) LE TRAJET DE LA MAIN
La main ne tourne plus les pages mais agit par pression sur la souris. On peut lui demander quelquechose de mécanique comme dans le concept Digital comics, Jack Palmer, Le Sommeil du Monstre, The Complete MAus, qui d'un écran à un autre, correspond à la page tournée, ou bien une action beaucoup plus élaborée, comme dans Operation Teddy Bear et Le piège diabolique. Cette action, le clic, qui est une des natures du multimédia peut s'avérer ce qui va constituer la richesse apportée par ce nouveau support.
La manipulation propose au-delà de son aspect technique ou physique, d'établir des relations entre différents parcours ( cela peut être de médias), d'interroger ou de jouer, d'apprendre. La BD, c'est une ou des histoires en images ( peu importe toutes les définitions) que l'on nous raconte. Au niveau de celles-ci, de leur contenu, de leurs fins, les adaptations en CD - rom sont fidèles, quasiment à la lettre près, aux originales. Où réside l' interactivité dans une adaptation ? Puis-je vraiment choisir le parcours de l'histoire? Est-ce que l'itinéraire emprunté peut-la modifier?
"Qu'est ce qu'une BD interactive ?"
François Schuiten (dessinateur notamment des Cités obscures): " Et tout d'abord, qu'est-ce que l'interactivité? Le problème avec l'interactivité c'est que l'on est conduit dans des couloirs. Il y a moins de liberté. On nous fait croire que l'on a une capacité sur une oeuvre, alors qu'en réalité c'est toujours le contraire. Peut - on alors parler de véritable interactivité? Le terme me semble mal employé. Cependant, je trouve que ceux qui travaillent dans ce domaine difficile sont pleins de courage et ingénieux."
"Pourquoi avoir créé une BD interactive ?"
Edouard Lussan ( auteur d'Operation Teddy Bear):" La BD est une première partie de la réalisation d'un spectacle. Au départ je ne pensais pas réaliser une BD interactive. J'ai vraiment galéré pour trouver un éditeur, et j'ai finalement réfléchi à une mise en forme multimédia, qui s'est concrétisée avec index+. A présent, si j'avais le choix entre une BD classique et une BD interactive, ce serait vite fait: c'est la BD Interactive. Pour une raison simple, c'est qu'il y a des dimensions que l'on ne retrouve pas dans le papier. Non, c'est autre chose... Moi j'ai choisi la BD parce que c'est proche du cinéma et que je n'avais pas les moyens de tenir une caméra. J'aimais bien dessiner et je me suis dit que c'était le seul moyen que j'avais de m'exprimer. Lorsque l'on a touché au multimédia, on découvre plein de dimensions auquelles on ne touche jamais en BD, qui sont le son, le cinéma, les effets spéciaux. On ajoute des cordes à son arc en terme de création. Selon moi, la BD est une première partie de la réalisation d'un spectacle."
Jacques Simian ( directeur de création d'Opération Teddy Bear et du piège diabolique) : "Je pense que l'interactivité dynamise le récit. Il est évident que la phase idéale de création d'une BD interactive est d'inverser le processus et de faire travailler un auteur directement en amont, avec une vraie réflexion multimédia."
Y a t - il vraiment interactivité, peut-on véritablement choisir entre plusieurs solutions, agir sur le déroulement de l'histoire, sur sa fin comme dans certaines fictions interactives, avoir le pouvoir et l'illusion de diriger ou d'être manipulé par le destin des héros ?
Le piège diabolique propose de " déjouer les pièges tendus au cours de chaque voyage", de parvenir à regagner l'époque et à s'identifier à travers les jeux au héros. Mais, il n'y a guère de grandes modifications, si ce n'est de l'ordre très restreint dans l'époque des aventures. En respectant la linéarité de l'histoire, des éléments ludiques ont été incorporés. En l'éclatant beaucoup plus, ne risque t - on pas, soit de dénaturer l'histoire qui faisait l'essence de la bande-dessinée en la substituant en jeu, soit de perdre sa cohérence graphique en l'étendant ?
"La linéarité génère un sens : les lecteurs aiment qu'on leur raconte une histoire et le choix ne les intéresse pas forcément." écrit Edouard Lussan. L'interactivité doit plutôt consister à " faire réagir l'environnement, à trouver des mécanismes induisant le changement de cases et rythmant le temps de la lecture, et pas forcément à faire choisir le lecteur entre la porte de droite et celle de gauche."
Operation Teddy également, n' est pas une " bédé interactive", au sens où elle nous présente une fiction avec un ordre linéaire. Quels que soient les parcours, l'enfance du petit Paul s'éteint dans la guerre. Elle l'est, dans le sens que c'est par interaction que l'utilisateur l'emmène à sa fin. C'est plus à travers les cheminements documentaires de l'utilisateur, dans sa durée et sa fréquence, que l'histoire prendra son épaisseur, dégagera une émotion. J'ignore si c'est dans une fréquentation maximum ou minimum à l'intérieur du réseau documentaires qui donnera à l'histoire son impact. Ce sont ici des interprétations trop subjectives.
Dans ce sens, The Complete Maus est interactif également puisque l' histoire peut s'approprier un nouveau sens, absent du support écrit donné par la voix.
D' une histoire déjà bouclée, déjà construite, le travail d'adaptation aux formes multimédia va résider donc dans le jeu avec le regard, les oreilles, la main : découpage, rythme, aide à la lecture.
2)- LE TEMPS DE LECTURE MULTIMEDIA
" L' acte d'encadrer sépare les scènes et donne à la narration sa ponctuation. Une fois définies et agencées en séquences, les cases deviennent le critère par lequel on jugera l'illusion de l'écoulement du temps" écrit Will Eisner dans La bande-dessinée, art séquentiel.
Le regard de l' utilisateur est guidé par une organisation de l'espace mais aussi une organisation sonore qui vont lui permettre de s'approprier le temps de la narration. Le rythme de la lecture de la bédé se modifie évidemment sur support numérique.
Dans le concept "digital comics" et dans Jack Palmer, c' est difficilement possible de se rapprocher d' une conscience du temps bédé puisque la planche est destructurée et les cases égalisées. La case qui s' étendait sur une page entière perd totalement sa puissance et sa force. Les récitations sonores remèdent un peu au temps déconstruit. En même temps, c' est au lecteur de construire son propre rythme de lecture.
Les lectures automatiques proposées dans Jack Palmer et Le sommeil du Monstre n' apportent pas vraiment plus. Pour Jack, le temps écoulé sur une case ne dépend plus des cadres de la case, mais de la longueur du texte. Cette lecture ne s'appesantit pas plus longtemps sur une case qui occupait dans l'album une page, par exemple par rapport à d'autres.
Dans l'oeuvre de Bilal, elle est très intéressante car ce n'est pas la lecture de l'utilisateur sur la BD, mais celle de l'utilisateur sur le dessinateur lisant son oeuvre.
Les CD au style plus fidèle, font perdre également à la bd la dimension de sa lecture et modifie son rythme. Les animations ou les sons opportuns, appellent de multiples manipulations, auxquelles l' utilisateur doit se livrer s'il veut avancer dans l'histoire. Même les retours en arrière ne sont pas, techniquement bien faits. Car, il faut dévoiler à nouveau l' intégralité de la planche même si les énigmes ont été déjouées ( Le piège diabolique) pour pouvoir relire ne serait-ce qu'une des cases.
La musique obsessionnelle d'Operation Teddy, la recherche (parfois décourageante) des zones activables entraine parfois un certain agacement.
Mais c' est un rythme différent qui nous enchaine au récit : par la musique, les bruitages, les animations.C'est de cette manipulation aussi que naît l'émotion, l'intérêt et le plaisir.
Pour The Complete Maus, il serait difficile d'établir un temps de lecture lié à la linéarité de l'histoire. Les quelques deux cent pages et le problème de la planche n'invitent guère le lecteur à découvrir l'histoire, mais plutôt à s'y promener et à y découvrir des éléments interessants. La découverte de la fiction est difficilement envisageable sur les configurations des écrans. C'est pour cela que cette oeuvre s'adresse principalement à des initiés des deux bande-dessinés.
Le temps de lecture semble souvent plus long dans les CDs que la bande - dessinée. Sa nature est totalement différente. Le rythme est ressenti très pauvre lorsqu'il n'y a pas de mouvements, d'animations ou de sons qui viennent briser la narration.
II - QU' EST-CE QU'UNE
ADAPTATION (REUSSIE) ?
Comme au cinéma, une adaptation doit apporter et intègrer les formes techniques de son art ( le multimédia dans notre cas), à l' esprit de l'oeuvre qu' elle retransmet.
1 ) L' esprit
La forme assez pauvre des cd - roms de la Trilogie de Nikopol, en matière d' apports technnologiques multimédia, réussit cependant à magnifier les dessins de Bilal.
"Chacune de mes images est une aventure", dit - il ." j'ai besoin de charger mes images pour qu'elles ne soient pas simplement un rouage mécanique. On peut donc effectivement, dire, sous cet aspect, qu'il y a beaucoup à lire dans le graphisme et le visuel". La présentation, finalement de ce case à case se marie bien avec les positions contemporaines du dessinateur qui pense les images ou illustrations, comme des cases - tableaux, plus qu'en concept de planche. "Composer mes planches case par case convient parfaitement aux ellipses, aux ruptures de récit, ce qui implique bien évidemment une phase de découpage préalable, même si je jongle par la suite."
Dans une autre interview de J.M.vidal, il expose la réalisation technique : "j' ai peint les planches en les fractionnant case par case, matériellement comme des tableaux. Le dessin est ainsi beaucoup plus lâché. J'ai sauté l'étape de l' encrage qui ne m'intéresse plus en mettant en place le dessin au crayon, puis en faisant une photocopie agrandie. Je contrecolle et du coup je n' ai plus à encrer puisque le tracé au crayon sort bien noir - merci la technique !"
De ses bulles qui disparaissent au bas de l'écran, il n' y a pas non plus vraiment trahison, puisque il semble éprouver un malaise quant à leur application sur les dessins ; là où le support du CD peut l' encenser sur une page écran : "pour le sommeil du monstre, j'ai fait un gros travail de peinture et je craignais le moment où il faudrait que les bulles viennent s'y inscrire. Cela crée un énorme frustration. Mais l' écrit est le véritable guide de l'album."
Le rôle de la musique également dans son " Sommeil du Monstre " permet à la fois d'intensifier une ambiance, de rythmer les changements de la narration et de valoriser l'esprit yougoslave(nationalité de l'artiste, enfin..?). Il est dommage que la Trilogie ne l' est pas exploitée;car si l'utilisateur ne veut pas de son, la barre de contrôle sert également à cela.
Que l'on aime ou non, le fruit de ces adaptations découlent d'une réflexion commune entre le dessinateur et le concepteur-réalisateur. Et cette coopération permet d'éviter les risques encourus par l'incompréhension, les malentendus, et les trahisons trop grandes.
Les enregistrements et la base de données gigantesques associés à l'oeuvre de The Complete Maus résolvent les manques et les besoins du dessinateur et réussissent grâce à son travail de conception et à sa collaboration à devenir une oeuvre entière, ne surpassant pas la bédé mais l'illustrant et l'expliquant.La présentation très sobre des planches de Maus s'accomode de la sobriété et du tragique de la bande-dessinée. Il aurait semblé un peu inconvenant d'y intégrer des éléments ludiques.
L'apport de Pétillon a permis de conserver une cohérence graphique à l'adaptation en créant spécialement les icônes graphiques pour la barre de navigation. Il serait, d'ailleurs, enthousiasmé pour une autre adaptation.
Thierry Groeensten écrit dans son article La bande - dessinée en France que le support " album " est inadéquat au contenu du genre humoristique, car " trop étriqué pour autoriser une ambition romanesque, et trop vaste pour coïncider avec la dimension naturelle de l'histoire drôle, et que cette " dimension courte d'une à deux pages" s'adapte mieux à un support presse. "La BD d'humour est conçue pour être dégustée dans la presse, à petite dose quotidienne ou hebdomadaire, non en album." Le support CD autorisant les disgressions, l'exploitation sonore des onomatopées nombreuses réussirait à mettre en valeur plus encore peut-être ce genre disparu progressivement des quotidiens et trouvant place sur l'Internet où les jeux interactifs de dévoilement apportent une note très humoristique.
Dans une interview avec Manara : "Kama sutra a d'abord été créé sur CD - rom, puis transformé en BD grâce à l'ordinateur. Mais les décors sont tous dessinés, même sur le CD." "Que penses-tu du résultat obtenu ?" M : "ça me semble amusant."
Et concernant le parcours éventuel désordonné dans le même CD :
Manara en réponse à un journaliste qui lui demande " dans ton CD - rom, tu dis ne pas avoir d'ordre d'écriture. Il t'arrive réellement de dessiner les séquences d'une même histoire sans suivre la chronologie ? " Oui. Je le fais toujours.Tu sais, c'est une façon de faire normale dans le cinéma."
.Si la trahison est inhérente à toute adaptation, alors pourquoi s'interdire de prendre de la liberté ?
Je ne crois pas qu'il y ait des lois à appliquer mais peut-être plus un esprit général; celui de l'oeuvre et le respect de celle ci. En dégager l'esprit principal qui émane de l'histoire de l'enrichir afin de proposer et d'aider à la lire.
2)L' apport multimédia
IMAGES :
Sur écran, la qualité des dessins est évidemment l'un des premiers points essentiels. La mise en couleurs des bandes dessinées, traditionnellement effectuée sur papier et à la main, est de plus en plus actuellement réalisée sur écran. La palette graphique tend à remplacer les encres, l'aquarelle et la gouache.Si l' oeuvre a été dessinée auparavant sur ordinateur, le résultat en sera meilleur..C'est le cas des oeuvres de Bilal et de Manara.
Pour des bédés plus anciennes, comme Jack Palmer, les planches d'origines, imprimés avec le procédé de pgotogravure, ont été scannées.
Le jeu avec les images et le texte est important ( Operation Teddy Bear et Le piège diabolique, Kama-Sutra) aussi bien pour le rythme que pour exploiter la potentialité que les éléments graphiques soulèvent.
SONS :
Le rôle du son, étant un élément dynamique du multimédia devrait sans honte trouver sa place. L 'histoire de Teddy Bear guidés par la musique, les bruitages participent du réalisme de la fiction. Ils donnent l' illusion, grâce à l'utilisation très travaillée que ce n'est pas mon cliquage qui me fait entrer dans le récit, que ce n'est plus uniquement moi qui agit;( ouverture de case après le déclenchement d'un bruitage). La présence des textes dans la bande - dessinée l'a fait , entre autre être comparée au cinéma :
Thierry Grooensten : "La voix off assure les commentaires et fournit des éléments d'interprétation, s'il y a lieu. Les dialogues sont dits au lieu d'être écrits, ils sont entendus au lieu d'être lus. C'est le support matériel qui change; la fonction du texte dans le récit, elle, n'en est pas modifiée."
L'oralisation des dialogues est véritablement intéressant; ils permettent d'échapper à la difficulté de lecture sur des formats d'écrans bien trop petits. Ils permettent également d'échapper à l'individualisme en proposant une lecture ouverte à deux personnes, ( à la différence du livre qui se lit en solitaire) puisqu'on ne lit pas à la même vitesse.
A la différence du cinéma, il serait possible de jouer de l'action de l'utilisateur avec le son. C'est ce qui a été fait dans L' Opération Teddy Bear, en ménageant des temps calmes, des surprises. Cela ppourrait s'étendre encore plus loin : des augmentations sonores suivant la nature des bulles ( graphie, relais) ...Le fait de pouvoir couper l'écran de son pourrait être appliqué aux bulles ou aux textes...
Les contours et les bulles participent de l'oeuvre bande-dessinée; cependant dans Jack Palmer, il y a vraiment redondance, avec les sous-titrages, les bulles et les voix. L'interface devient lourde.
Mais quelles que soient les bonnes conceptions, si les performances techniques ne suivent pas, cela peut-être désastreux ( cas de The complete Maus, Le piège diabolique et des rares interviews du concept des humanos
TEMPS
L' ellipse qui s'instaure entre deux cases participe à l' agrément de la lecture. Les BD adaptées au cinéma en film ou dessin animé sont toujours décevants ( les Tintin par exemple). Il en est de même pour les séries télévisées ( Goldorak, Capitaine flamm) dont le story - board mis en bd par la suite s'essouffle sitôt que la série disparait comme s'ils ne pouvaient se suffir à eux mêmes. L'intégration, par contre de courtes séquences de dessins animés dans Le piège diabolique assure et rythme la progression narrative. Il s'agit de trouver un certain équilibre entre les images fixes, de sorte d'assurer à l'oeil l'imaginaire la reconstitution de mouvements, qu'il n'est pas nécesaire de dessiner, et les animations qui assureront les rebondissements. Le son participe également aux sensations du temps.
PARCOURS DIVERS :
L'album de bande-dessinée linéaire semble se suffire à lui - même.
L'intérêt de l'adaptation multimédia réside dans les interactions diverses qu'elle suscite, en apportant un contenu extérieur ajouté, d'une construction de parcours analogiques, de lectures hypertextuelles au sein de documents historiques, artistiques, méta-bédé....( choix d'une lecture en dessins ou calques sur le Sommeil du Monstre avec commentaire ou non par exemple, + voir fiches)
3 - avantages du support numérique - dérives et dérivés
L'apport de contenu est très lié à une volonté commerciale. Comme les produits dérivés, les éditeurs proposent un plus, destiné aux passionnés ou collecteurs.Mais, pourquoi se priver de la mémoire du Cd si celle-ci peut y enregistrer des informations, des dessins qui ameneront les gens à découvrir l'oeuvre originale.
Il en résulte que ces apports apparaissent assez " gadgets", par exemple dans le concept "Digital Comics". La réalisation du film de 8 minutes dans le sommeil du monstre a plus été pour le dessinateur un divertissement narcissique, qu' il n' apporte à la compréhension de son oeuvre. La mise en parallèle des textes du Kama-sutra dans le même CD a plus valeur de donner une touche culturelle à tout acheteur, potentiellement peut-être culpabilisé par le contenu érotique. Aucun lien n'associe les jeux aux textes.
Ils le sont moins sur les autres produits qui l'intégrent intelligemment.
Jacques Simian : " Sur Opération Teddy Bear, il y a eu une réflexion éditoriale claire : en plus d'une BD, il fallait offrir des entrées documentaires. Une façon intéressante d'ajouter un second voyage, culturel, au voyage du petit Paul. Un des propos éditorial du Piège Diabolique de Jacobs consistait à avoir une oeuvre et un développement commenté autour de cet auteur, c'est à dire un développement thématique.
Les produits dérivés demandent à l'utilisateur s'il veut les apprécier de s'appuyer sur leur connaissance du produit original.
C'est le cas pour le cd de la bd commentée du Piège diabolique, qui se différencie complétement du jeu, et qui se vend sur un second support. Son interface s'appuie plus principalement sur les intervenants et sur les thèmes qu' à partir des dessins de la bande - dessinée. On pourrrait classer The Complete Maus également comme produit dérivé dans le sens qu'il intéresse les avertis des albums. De par sa nature, le cd renvoie au travail graphique d'élaboration des albums et il est difficile de concevoir une lecture unique sur ce support numérique absente d' animations et de ruptures diverses. Il peut par contre donner à l'utilisateur le désir de découvrir l'oeuvre mais cela semble moins probable ( il est "complet"); en lui donnant l'illusion par la numérisation de l'intégralité des planches d' avoir donné l'oeuvre à l'utilisateur. Le cas de La bédé commentée de Blake et Mortimer, lui, en refusant l'album, mais en y tirant des éléments critiques invitent beaucoup plus l'utilisateur à vouloir la consulter. Regarder, dans ce dernier cas, le cd même sans avoir lu l'album ne semble pas être un problème car il y a une présentation d'un univers en premier lieu( relations avec d'autres bédés,..)avant d'aborder l'oeuvre dite.
Suggestions :
L'adaptation semble être beaucoup plus pensée dans la production actuelle dans le recours au jeu vidéo, de plate-formes, qui l'apparenteraient plus à un produit dérivé l'éloignant totalement de l'histoire de sa dame. Peut-elle faire abstraction du jeu vidéo dont les nouvelles technnologies abondent ? Son coeur est -il intouchable ? S' il y a des films qui parviennent à surpasser l'oeuvre originale (Le Mépris de Godard), on ne le croit guère dans les réalisations multimédia existantes encore assez timides.
Cette séduction du jeu vidéo fait rêver beaucoup de dessinateurs et d'éditeurs.
" Ring" de Philippe Druillet s'est transformé en jeu et a été bien placé, côté ventes. Il semble avoir trouvé le bon support pour ses délires visuels par rapport à des adaptations à l'opéra et au cinéma qui firent échec. Moebius a concu, fin 1997, les décors et les personnages de " Pilgrim", Froideval, scénariste des "Chroniques de la lune noire" concocte une version électronique chez Cryo, Sokal bien qu'il continue dans la bédé et soit un fervent défenseur de celle -ci dit que la bédé affirme que "la création la plus vivante dans le domaine de l'image dans les années 80 se faisait dans la bande dessinée. Aujourd'hui, elle se fait dans le jeu vidéo. La bande dessinée a mûri - avec tout ce que cela comporte de positif - mais elle a aussi vieilli - avec tous ce que cela comporte de négatif. Ce n'est pas pour ça qu'elle est morte. Si elle meurt, c'est par ses lecteurs. A partir du moment où un genre est mort, il survit encore durant 50 ans, le temps que ses lecteurs meurent aussi. Elle n'a plus ce côté adolescent, exubérant, jubilatoire, des années 80." ( ce qui est discutable d'ailleurs économiquement d'abord mais aussi qualitativement du fait d'une ignorance d'un courant de bédé qui malheureusement reste assez souterrain et "sans moyens critiques et médiatiques importants (...) capable d'éclairer le profane aussi bien que l'initié.".Et B.Bellamy, auteur de la série Sylfeline chez Dargaud rêve d'en faire un, également.
Mais, là, d'après consultations, le rapport qui unirait à leur oeuvre originale, comme l'invitation à la lire semble réduite. Les dimensions engagées dépassent de beaucoup l'oeuvre; les besoins financiers sont autrement plus élevés aussi.Ce sont, néamnoins des produits peut-être aussi intéressants dans une version très agrandie de ce que signifie l'adaptation.
La collaboration avec le dessinateur peut ouvrir beaucoup de portes, principalement dans la qualité graphique du produit pourquoi pas mais aussi dans le prolongement de la fiction. A partir d'une histoire déjà existante, il y a possibilité de l'étendre, de l'imaginer autrement. C'est ce qu'a fait Benoit Sokal, à partir d'un album de Canardo parce qu'il " n' avait pas exploité toutes les possibilités"."Les images de synthèse permettent de créer des mondes imaginaires avec une vraisemblance formidable. On peut donner une véracité à tous les objets, à tous les éléments du décor, qu'on ne peut obtenir avec une caméra de cinéma. En plus, l'utilisateur a l'impression d'être immergé dans le décor comme s'il entrait à l'intérieur du tableau. Tout cela participe à créer une ambiance." En restant plus proche du genre narratif de la bande-dessinée, il y aurait de grandes expérimentations à construire, autres que celles du jeu vidéo.
Il n'en demeure pas moins que l'idée de transposition conserve sa potentialité. Dans l'aventure des images, François Schuiten et Peeters désireraient adapter une de leur série des Cités obscures, "Brüsel", en le prolongeant sur CD - rom autour du thème de la capitale, par différents médias, dont l'idée générale " était d'évoquer une ville en superposant plusieurs approches, des plus réalistes au plus ludiques ou aux plus fantastiques." Ils abandonnèrent malheureusement le projet devenu trop pesant en matière de coûts, et d'équipe. "Dés nos premiers contacts avec le monde du CD-rom, nous avons été persuadés que ce support était idéal pour apporter de nouveaux développements à nos travaux. Par les multiples formes qu'il a déjà prises, l'univers des Cités obscures est multimédia avant la lettre. Le jeu avec le lecteur, les pièges, les leurres, les faux-semblants, les puzzles, les mises en abyme et autres boucles étranges peuvent trouver un terrain de prédilection dans le domaine interactif."
On peut également penser à des dessinateurs contemporains (Marc- Antoine Mathieu, Le processus; par exemple) qui, par nature étendent leur travail graphique à différents médias ( photos) et jouent eux-mêmes d'une structure moderne des cases au sein de leus planches ( cf.annexes). Le papier sollicite l'imaginaire, comme pourrait le faire l' exploitation de la musique et de la vidéo. La fiction pourrait devenir vraiment interactive, ou ( du moins semi-interactives) en l'étendant à d'autres chemins narratifs.
"Au cinéma, l'image a un format imposé et unique. En multimédia comme dans la bande-dessinée, l'image de la case ou d'un écran peut se transformer à souhait."A l'intérieur d'une case, plusieurs voies seraient ouvertes ( différents rêves dans le Processus).Une autre approche, qui a été faite dans The Complete Maus, et la bd commentée du piège permet d'introduire une oeuvre, de s'immerger dans une ambiance, dans son esprit. Du côté des éditeurs, il y aurait matière à séduire le public autour du mythe de Corto Maltese et de son créateur Hugo Pratt, qui abonde sur des sites internet. Il ne s'agirait pas d'une simple compilation mais d'agencer au plus près une base de données avec les planches qui mettrait en valeur, même très subjective l'oeuvre.
Différentes formes pourraient être envisagées :
. par le découpage en plans mathématiques de la BD ( une planche) ou la planche intégrale très diminuée avec une loupe pour zoomer sur les images sur la surface de l'écran; à l'intérieur de celles-ci éparpillés des hyperliens, des musiques, des photos, appropriées à chacune des cases de façon à faire surgir la surprise, l'émotion donnée l' irrégularité des médias et de leur intervention. Il n'y aurait pas de contrainte de temps, ni de jeux interrompant une liberté de lecture. La bande-dessinée choisie serait courte.
.par plusieurs oeuvres : il serait intéressant ainsi de voir l'évolution du graphisme de Pratt à travers ses différentes " époques ". La lecture proposerait une lecture totalement désarticulée. La base de l'interface serait différentes planches, tirées de tel album ou tel autre.Des cartes géographiques avec l'itinéraire du héros, des images, des extraits de vidéos constitueraient la base de données et la source des hyperliens sous formes de textes, d'images, de vidéos.Une ambiance différente s'échapperait pour chacune ( cela peut être la musique qui assure un cohérence musicale; soit un thème pour chaque album), et au gré des cases, activables s'intégrerait d'autres notes à l'intérieur du même écran : références littéraires, mythologiques, ethnographiques, historiques rapports et comparaisons étroites entre le dessinateur et son héros, le réel tutoyant l'imaginaire donnerait une ampleur au mythe de Corto Maltese, une mise en perspective dans le temps et dans l'espace de sa vie; loin d'une substitution à ses albums. Cette double articulation permettrait de donner une part à l'information mais aussi au rêve et de jouer de la fiction et du réalisme comme l'éprouvait le dessinateur ("Il m'arrive de ne plus avoir envie de sortir de ce monde de mythes et même de ne plus savoir où est le monde réel"; Hugo Prat).
Le site internet de Castermann réussit à nous introduire et nous balader dans l'oeuvre de Tardi; des portes sont ouvertes menant à des consultations de ses dessins regroupés par angle thématique (Paris par exemple). Le support Cd-rom pourrait approfondir les balades en les axant autour de trois thèmes, les deux premiers constituant les éléments chers à Tardi à savoir l'univers du polar et la première guerre mondiale, l'autre tournerait autour de l'univers qu'il a lui même adapté, celui des romans, et par extension celui de ses romanciers urbains ( Céline, Pennac, Manchette, Christin, Léo Malet). Dans ce dernier cas, mais surtout des interviews pourraient être faites et déposées sur les images et les textes : l'écrivain lisant la bédé, le dessinateur lisant le roman.
Profiter de ce que les techniques multimédia offrent : la 3D qui permet d' entrer dans la profondeur et la mise en perspective, jouer ou non avec le réalisme et le fantastique suivant la nature des albums, le mouvement , le son. Cela correspond également aux intentions des dessinateurs qui dans l'histoire de la bédé ont exploité les couleurs, la lumière, les cadrages. Sans pour autant dire que le support numérique est supérieur ou substituable au papier. De plus, l'oeuvre multimédia peut profiter de l'intervention de multiples professionnels, non prisonniers d'une et seule même technique.
Jean-Claude Forest, ( Barbarella et Ici Même), mort depuis peu: "Je m'aperçois de plus en plus que les frontières entre bandes dessinées, littérature et cinéma sont tout à fait arbitraires. Ce sont les frontières de la peur".
III - AVENIR
1-Le marché
- la bande-dessinée : le marché se porte très bien depuis ces dernières années. Economiquement, le XIII et le Blake et Mortimer (1996) ont réalisé des ventes très importantes. Le dernier Margerin a réalisé 300 000 exemplaires, 500 000 pour le dernier Gaston Lagaffe et près d'un million pour celui d' Astérix.Un renouveau artistique ambitieux et aussi commercial "Tohu Bohu" , chez les humanos est une collection en noir et blanc et de petit format qui éditent des auteurs "anciens" connus ( Bilal, Margerin, Moebius) mais aussi d'autres moins célèbres et plus jeunes. "L'association", jeune maison d'édition créée en 1990 éditent des auteurs qui innovent, en cette fin de siècle esthétiquement ( Lewis Trondheim, David B, Julie Doucet, Johan Sfar)
.Univers BD : Peut-on dire, comme le craint le monde de l'édition, que le multimédia va tuer la bande dessinée?
Benoît Sokal :" J'ai profité de cet état d'esprit pour proposer l'Amerzone à Casterman. Mais il n'y a pas de raison de paniquer et je ne vais pas arrêter la bande dessinée. En Belgique et en France, la BD se porte encore bien. Elle atteint, sur ces territoires, des ventes inatteignables par des jeux vidéo aujourd'hui. Il se vend beaucoup plus de Largo Winch que de Lara Croft. Et le prochain Canardo sort en septembre."
- le multimédia :
Temps de travail ( conception-réalisation) / nombre d' auteurs et participants :
.Operation Teddy Bear :
- 2 ans pour la bande-dessinée et le livre d'accompagnement
- maquette réalisé durant l'année du mastere d' Edouard Lussan ( 3 planches colorées sur Photoshop, ajout de sons, mise sur Director)
- 8 mois ( Mars à Octobre96 ) pour la réalisation du CD : 1 auteur / 10 personnes principales.
. Le piège Diabolique : 1 an /2 auteurs et 5 personnes principales.
. Kama Sutra : ce titre ayant été concu en italie, Index + ne le sait pas. Cette maison de distribution l' a localisée en francais et y ajouté les textes des Kama Sutra. Ce travail de localisation a nécessité 2 mois de travail pour 3 personnes.
. Le premier album de la trilogie de Bilal : 1an
. Les suivants et Guliveriana : 3 mois.
. Jack Palmer : 4 mois par 25 professionnels de tous bords (ingénieurs du son, traducteurs, acteurs..)qui ont travaillé paralléllement et de façon éclatée. C'est un travail de passionnés. Le plus difficile s'est situé, non dans le graphisme ( le dessinateur Petillon a suivi d'un oeil la réalisation et a fourni les icônes et autres dessins pour le cd; numérisation pure), mais dans le travail de traduction, et l'aspect technique de synchronisation-son.
Problème numéro 1 : coûts de production élevés ou absence de bénéfices
L'ensemble des auteurs et des éditeurs restent prudents quant à la volonté de poursuivre dans ce genre de produits. En effet, les coûts de production sont élevés, le public est hostile.
Encouragé du bon accueil du cd-rom "Operation Teddy Bear"(Milia d'Or 97), une autre bande dessinée interactive est sortie en 1997, Le Piège diabolique, suivie en 1998 de Kama Sutra, bande dessinée érotique. Malgré leur intérêt, ces produits ne se vendent pas très bien et Index+ n'a pas l'intention de poursuivre cette expérience. Selon Vincent Berlioz, directeur de production, la bande dessinée interactive n'a pas d'avenir pour la raison que le multimédia ne permet pas de sortir du cadre étroit de la BD. La bande dessinée n'est pas vraiment adaptée pour le multimédia même si l'interactivité et la présence d'une base de données sous forme de fiches ou de dossiers semblent attrayants à la première vue. Selon Ines Pauly, responsable du marketing à Index plus :
l'adaptation de BD sur support interactif ne fonctionne pas : les amateurs de BD sont des puristes, qui voient avec hantise toute adaptation, qui par essence n'est pas l'équivalent du titre original, aussi proche de lui en soit-on.
C'est la même constatation dans la maison légendaire de la bande-dessinée, les humanoïdes associés ne sachant très bien qui a été la clientèle de leurs produits, absente en tout cas de bédéphiles.
.Opération Teddy Bear a couté près d'un million et demi de francs. Les scores de vente en France sont de l'ordre de 7 à 8000 pièces. Le prix de revient a été amorti, ce qui n'est pas le cas pour Le piège diabolique, qui a coûté plus cher et a réalisé une vente à peu près similaire ( 7 à 8000 pièces).
.Kama Sutra a été vendu jusqu'à présent à 5000 pièces mais les distributeurs estiment qu' il risque de dépasser largement ce chiffre dans les mois à venir, en raison de l' attrait de son thème. Le prix de revient est de toute façon déjà amorti.
.La trilogie des humanos qui est parue en 1995, avait à cette époque des conditions beaucoup moins avantageuses : le graveur et le scanner côutait très cher. Les coûts de réalisation ont juste été amorti avec les bénéfices de ventes.
Pour le sommeil du monstre, un partenariat a été fait avec Sony Music puisque le CD offrait comme forte valeur ajoutée un Cd couplé d'un CD audio. Paru en 1998 sur un modèle de scannérisation des planches, il a fait un bon chiffre d'affaires pour la maison d'éditions. Par contre, beaucoup moins pour la grosse boite Sony habituée à de plus gros scores.Quant à Jack Palmer qui a coûté 200 000 francs, il est un produit un peu atypique dans le secteur multimédia. Il a été amorti mais sans bénéfices.C'est d'ailleurs l' unique projet de cette envergure qui a été produit et réalisé par l'entreprise Memory access, reconvertie maintenant en services de traduction pour internet.
Problème numéro 2 : la distribution
Comme le dit Maximilien Chailleux des humanoïdes associés, " Les cd sont des ovni ".
Bien qu'avec l' éclosion depuis 1999 des micros ménagers, la distribution est encore bien problématique.
D'abord, les cd ne sont pas dans le réseau librairies.
Même dans des librairies spécialisées BD de la capitale les libraires doivent se battre pour être au courant de la production, appeler les éditeurs pour obtenir les CD.Il n' y a en effet aucun circuit de distribution propres à ces produits.Les ventes s'organisent alors dans les grandes surfaces et les fnacs. Mais,
Un plus grand battage médiatique avec des sites comme sony.fr qui proposent des extraits d'interview en real audio ainsi que des extraits de la bande musicale. Il va sans dire que des CD comme Mauss, Jack Palmer restent des objets très marginaux.La distribution de ce dernier s' étant faite de bouche à oreille et dans des congrès d'esperanto.Même des objets reposant sur la célébrité d'un dessinateur comme Bilal, se retrouvent perdus dans les rayons disques, aux musiques de films des magasins. Et le public des acheteurs, paradoxalement est resté assez obscur puisqu'il n'a pas véritablement touché le public bédéphile.
L' échec commercial est encouru d'avance : la maison qui avait alors pourtant lancée en 1995 un projet d'une dizaine de cd, a décidé de s' arrêter au 4ième." Dans une librairie, il n'est pas possible de visionner les cd ; il n 'y a que la jaquette pour se donner des idées. Le CD est considéré comme un objet para de luxe. Il faudrait avoir une grosse collection pour que la demande se fasse. C' est donc un cercle un peu vicieux. Le cd est un article non viable." affirme M.Chailleux.
Peut-être cela va t - il évoluer; déjà de nouveaux magazines " cdroms??".les articles multimédia des journaux...
Reste selon tous les éditeurs, la campagne de marketing très importante :
Dans la plupart des commerces, fnac et disquaires, seul le packaging permettant de se donner une idée du produit, la presse ( TV, radio, journaux) et internet permet elle seule d'assurer la promotion et la publicité.
La présence de postes de démonstrations est quant à elle encore mieux puisqu'elle permet au public de consulter et de se forger des impressions immédiates. Malheureusement, seuls quelques festivals et salons l'organisent.
Pour les produits d'Index plus, à savoir le piège diabolique et Operation Teddy Bear, le marketing s'est basé essentiellement sur les excellentes retombées presse. Kama Sutra n'a pas eu de très bonnes critiques.Des postes de démo ont été placées au Salon de la BD d'Angoulême, au Salon du Livre de Jeunesse de Montreuil et au Salon du Livre de Paris.
LOCALISATION :
Operation Teddy Bear a été distribué dans les pays suivants : Belgique, Canada, Suisse, Japon, Allemagne, Hollande; ( bientôt l'Espagne également).
Le piège Diabolique : Belgique, Canada, Suisse, Japon.
Et Index + a signé cette année plusieurs accords avec des éditeurs pour d'autres pays qui sont : la Hollande,l' Allemagne et l' Espagne.
Kama Sutra : Belgique, Canada, Suisse (Index plus n'ayant de droits que pour la francophonie uniquement).
Les contrats avec les éditeurs étrangers portent sur un nombre d'unités assez restreint, de l'ordre de 2 a 3.000 unités, jugé assez faible par la responsable des ventes internationales d'Index, en comparaison avec d'autres types de CD-ROM, comme les jeux ou le ludo-éducatif.
Jack Palmer : Japon,
DROITS :
Les droits des oeuvres multimédia sont régis par le code de la propriété intellectuelle.
Pour la négociation des droits de l'oeuvre originale, il semble d'après les entretiens qu'il n'y ait pas eu de problème particulier.
. La trilogie de Nikopol , et le sommeil du monstre : droits d'auteurs pour Bilal qu'il a négocié avec sa maison d'édition " Les humanoides associés", producteur de l'oeuvre.
. Guliveriana et Kama-sutra : droits d'auteurs pour Manara, gérés par la maison d'édition italienne Media Gros
. Operation Teddy Bear a des droits d'auteur, 2 points ont été accordés à l' auteur Edouard Lussan, 1 point au compositeur musical ( un quart d'heure de musique).
.Jack Palmer: Pétillon touche des droits d' auteur pour une période de 4 ans, gérés par la maison d'édition Albin Michel
.Le Piège Diabolique n'en a pas, mais est différencié par un achat de licence au départ.C'est l'éditeur, en effet, qui détient les droits sur la série qu'il a acheté il y a quelques années.
En Europe, les droits d'auteur sont protégés; ils ne peuvent pas être vendus mais seulement loués pour une période déterminée. Le marché américain qui se base sur le copyright laisse peu de place aux auteurs et n'acceptent les oeuvres que lorsque celles - ci ont été cédées.D'où la difficulté pour des oeuvres françaises d'étendre leur marché.Il peut y avoir des problèmes de contrôle éditorial qui freinent la production :
"un éditeur multimédia voulait travailler à partir des albums de Tardi sur la guerre de 1914. Nous n'étions pas contre le principe, mais nous avons refusé car nous n'étions pas sûrs de pouvoir contrôler l'utilisation de l'oeuvre originale" Didier Plateau, PDG de Casterman, le monde de janvier 1997.
2- AVIS DES EDITEURS, DES DESSINATEURS, DES LECTEURS
Du côté des éditeurs :
Seriez-vous interressé par d'autres produits de ce genre, à savoir "la bd interactive" ?
La réponse est : NON de toutes parts !
Pour Ines Pauly, Index plus," l'adaptation de BD pour le jeu ou le multimédia n'est pas intéressante pour des raisons évidentes de différences avec l'oeuvre originale qui décoivent toujours. La seule possibilité est de faire travailler des auteurs directement pour le média."
Ce n'est pas une reussite commerciale, et nous ne sommes pas interesses par d'autres adaptations de bande-dessinées pour les raisons inherentes a toute adaptation dont je parlais plus haut. Nous croyons uniquement, mais encore avec des reserves, au travail d'auteur directement concu pour le support CD-Rom ou internet, comme c'etait le cas d'Operation Teddy Bear.
Pour Maximilien Chailleux, les humanoides associés.
"S' il y a un avenir, ce sera plutôt du coté univers. En tout cas, ce sera autre chose et différent que la bd. Il n'est plus question de continuer des adaptations surtout pour des raisons financières."
Conclusion :
Non seulement il faur réussir à gérer une équipe beaucoup plus conséquente que celle demandée par la réalisation d'un album de BD, mais il y encore un grand investissement d'énergie, d'efforts et de travail et de coûts est bien supérieur au résultat escompté, celui de la diffusion de l'oeuvre. Néamnoins, on peut espérer que l'arrivée d'Internet profitera à la connaissance des cd-roms.
En tout cas, la bédé est loin d'être morte et avec le cédé beaucoup de choses à exploiter !
Du côté des dessinateurs
Edouard Lussan est plutôt pessimiste ou selon lui " réaliste". Les produits coûtent trop cher et sont très dur à rentabiliser.Le temps de conception d'une oeuvre non existante n'est pas payée s'il elle n'est pas éditée auparavant. Il dit avoir travaillé deux ans sur ses planches gratuitement.Quant aux jeux vidéo, l'adaptation est très difficile car elle doit engager des codes spécifiques( qui ne sont pas réalisés dans l'Amerzone de Sokal; donc ( ?), "c'est un mauvais jeu").Le plus difficile dans une conception-réalisation multimédia, c'est la recherche d'éditeurs !
Edouard Lussan : " Il y a des animations qui permettent de faire des hors champs, qui accompagnent les bruitages... Et tout à coup arrive dans l'image quelque chose qu'on attendait puisqu'on l'avait déjà précédemment entendu. On peut imaginer comme cela toute une série de choses impossibles sur papier. Une BD interactive c'est plus dure à faire qu'une BD normale.Adapter une oeuvre qui existe déjà c'est super dur. Teddy Bear était plus ou moins fait pour cela à l'origine. C'est pour cette raison que je conseille aux gens qui veulent faire de la BD interactive de tout penser en amont. Moi j'avais pensé très en amont à réaliser un double livre. Il y avait la partie BD et le contenu. C'était assez complexe parce que c'était la première fois, mais ça s'est très bien passé. "
S ur ce qui est appelé "la bédé interactive" :
sources : digipress.commSfar ( Prix Alphart Coup de Coeur 1998 Prix René Gosciny 1998
La fille du professeur, Sfar et Guibert, Editions Dupuis)
Comment définir la BD interactive ?
Sfar : C'est une nouvelle forme de BD, mais je crois davantage dans le jeu interactif, où il n'y a plus d'histoire linéaire mais une véritable approche globale, par laquelle on rend le joueur actif. Je travaille actuellement sur des scénarios de ce genre, avec un ingénieur en intelligence artificielle, mais nos projets sont encore en gestation.
La BD interactive dénature-t-elle la bande dessinée ?
Sfar : On perd une chose là-dedans, c'est la voix du conteur. La BD interactive, c'est comme des bulles dans lesquelles on s'immerge.
A Angoulême, est-il beaucoup question de BD interactive ?
Sfar : Le monde de la BD s'en soucie pour des raisons commerciales. Mais peu de gens s'investissent encore dans ce domaine. Lorsque Cabu demande aux téléspectateurs de Récré A2 de continuer eux-même son histoire, ce n'est pas véritablement de la BD interactive.
Christin Scénariste des séries Valérian et 4X4, Editions Dupuis
Avez vous déjà approché la BD interactive?
Christin : J'ai été le conseillé artistique du CD Rom paru sur la découverte de la BD. C'est un jeu interactif qui utilise à la fois le ludique et la connaissance. Sur Valérian, nous avons aussi tout un projet de jeu interactif, mais fondamentalement, ce n'est pas le même language que celui de la BD. L'adaptation mécanique ne marche pas très bien. C'est comme le passage de la BD au cinéma. Notamment, le déroulement du temps n'est pas le même et le rapport que l'on a avec un écran n'a rien à voir avec le contact d'un album. Donc il faut trouver un autre système narratif et créer de véritables passerelles entre des compétences complémentaires.
Les équipes de graphistes se mettent à travailler avec des concepteurs informatiques qui ont une toute autre logique. Vous-même, utilisez vous les outils informatiques?
Christin : Il y a belle lurette que je suis fourré sur un écran. Même les gens de ma génération travaillent de moins en moins sur le papier uniquement. Pour moi cela ne change pas fondamentalement les choses. Un mauvais dessinateur ne sera pas meilleur sur ordinateur.Moebius, alias Jean Giraud Auteur de nombreux albums, dont le Monde d'Edena (editions Casterman) et Blueberry (editions Dargaud).
(Interview rapide au Théâtre d'Angoulême, après un direct sur le journal de France 2, et avant une manifestation de chômeurs aux pieds du Théâtre)
La BD interactive intéresse-t-elle le milieu des auteurs ?
Moebius : Pour la plupart des dessinateurs, du refus à la curiosité, la découverte de ces nouvelles technologies passe par la fréquentation des enfants. C'est souvent à cette occasion que les auteurs vont découvrir tel ou tel cd-rom, et se mettre à faire quelque chose eux-même. Mais il y a peu d'adultes prêts à l'apprentissage.
Qu'en est-il des éditeurs ?
Moebius : C'est surtout les éditeurs qui sont intéressés. Ils sont à la recherche de travail d'auteurs, et certains se mettent à faire travailler des auteurs-maison, soit pour obtenir une autorisation de principe à la réutilisation de leur création, soit pour les faire participer au projet. Mais le rôle d'un éditeur est difficile, puisqu'il doit tenir le coup dans son approche orthodoxe du métier, tout en investissant toujours dans la nouveauté. Pour les feuilletons, les adaptations de films,... Il n'y a a pas que les nouvelles technologies qui sollicitent le dynamisme des éditeurs.
Etes-vous investi dans un projet multimédia ?
Moebius : Je travaille beaucoup dans cette optique avec ma femme. Nous nous intéressons à la 3D, pour créer des jeux en 3D à la Moëbius... Ca bouillonne dans ma tête en ce moment... Je rêve, mais c'est important de continuer à rêver !
Trondheim Dargaud - nominé 1998 pour Lapinot
Que pensez-vous du courant interactif en BD ?
Trondheim : C'est flou. Il existe un site sur mon travail, réalisé par un fan. Cela me permet un nouveau contatc avec le public et de ne pas avoir de remords lorsque je refuse une invitation dans un festival ou une interview. Cependant, j'aime la noblesse du papier, sa chaleur. La bande dessinée interactive représente un travail considérable et je ne vois pas quel auteur pourrait s'investir à passer du temps là dedans. En ce moment, ce qui intéresse les auteurs, ce n'est pas la BD Interactive, c'est l'animation : voir son personnage prendre vie, bouger, on en parle beaucoup autour de moi.
De Cressy et Chomet Prix Alph-art du meilleur album de l'année 1998 Léon La Came, Tome 2 : "Laid, pauvre et malade", Editions Casterman
Les nouvelles technologies ont-elles un avenir dans le monde de la BD?
Chomet : Pff... Demandez plutôt à Nicolas De Crecy.
De Crecy : Les nouvelles technologies? Non, vous savez, moi, je suis un peu ringard et encore très conservateur. Je travaille avec des techniques traditionelles, crayons, pinceaux, papier et je trouve que cela fonctionne très bien comme ca. Bien sûr, certains coloristes utilisent l'ordinateur et c'est une bonne chose, mais bon, chacun sa méthode.
Et l'interactivité?
De Crecy : Ah oui, vous assimilez les nouvelles technologies à l'interactivité. Et bien pas moi. Car les histoires dont on peut choisir la fin ne datent pas d'hier. Tenez, on faisait déjà cela très bien en 1930. Alors la nouveauté, on la cherche...
Yslaire Auteur belge, vient de lancer un site "interactif" : www.yslaire.be
Que pensez-vous de la BD interactive?
Yslaire : L'association du texte et de l'image est propre à la BD. Mais on la retrouve également sur internet. Donc nous, les dessinateurs, nous avons forcément une longueur d'avance. C'est pour cela que je me suis intéressé à internet, et que j'ai développé mon propre site, conçu comme un album de BD.
Selon vous, le milieu des dessinateurs a-t-il conscience de ce phénomène ?
Yslaire : Très clairement, non.Et même plus que non. Plus grave encore, les éditeurs eux-mêmes ne s'intéressent pas au multimédia, et à toutes ses possibilités nouvelles. Et pourquoi? Et bien naturellement parce que cela ne rapporte pas d'argent. Alors, comprenez-les : pourquoi investir ? Quant aux dessinateurs, en général, ils ne sont même pas les auteurs des sites qui parlent de leur travail. En général, ce sont les travaux de fans.
Utilisez-vous beaucoup l'interactivité ?
Yslaire : Je prends souvent comme image celle de l'entonoir inversé, où l'on va réduire le monde à une seule et même arborescence. Ce que je veux dire, c'est que dans l'interactivité, tout est déjà prévu à l'avance. Et puis c'est souvent un mythe. Prenez par exemple les groupes de discussions sur le net, rien de concret ne sort de cette interactivité. Moi, j'appelle cela de la communication de psychotiques.
Jouvray premier album : la toile cirée, éditions Delcourt
Est ce que les nouvelles technologies vous inspire?
Jouvray : Ca commence à venir car je fais du dessin animé pour Arte et je travaille déjà sur une palette graphique. Je viens d'acquérir un ordinateur et je pense m'en servir pour faire des essais de mise en couleur et d'illustration. Mais pour dessiner, je continuerai toujours avec le crayon.
Margerin Auteur du célèbre Lucien, Humanoïdes associés
La BD est-elle figée sur le papier?
Margerin : On ne peut pas décider que la bande dessinée reste tout le temps sur le papier. Je suis un artisan, je reste traditionaliste mais je m'intéresse beaucoup aux nouvelles technologies. Ma soeur fait de l'animation, mon frère réalise des pochettes de disques et tous les deux travaillent sur Mac. J'observe avec attention ce qu'ils font avec ces nouveaux outils.
Vous aimeriez voir vos personnages animés?
Margerin : C'est nous qui construisons, par l'imagination, le mouvement en soi, mais par la BD interactive, on peut faire passer des effets spéciaux, des bruits... Les deux approches sont intéressantes mais elles sont différentes. Elles sont distinctes au même titre que le cinéma et la photo.
Goossens Président du jury 1998 Auteur d'une vingtaine d'albums dont deux tomes sur la vie d'Einstein
La BD interactive a-t-elle un avenir ?
Goossens : Dans l'immédiat, elle ne va pas se développer énormement. Elle prendra beaucoup d'ampleur certes, mais dans quelques années. Il faut être jeune dans la profession pour s'y investir. Pour moi, travailler sur une bande dessinée interactive, cela voudrait dire avant tout apprendre une technique, réapprendre les marques à partir de ce crayon en plastique qui glisse lamentablement sur les tablettes graphiques... Je sais comment utiliser toutes les formes de mon pinceau pour qu'il me donne les effets voulus. C'est pour cela que je pense qu'il faut apprendre à utiliser ces outils dès le début. La BD interactive, c'est pour une autre génération d'auteurs. Donc pas pour moi.
Mézières Jean-Claude Auteur notamment de Valérian, a réalisé les décors du film "le Cinquième Elément" de Luc Besson
Dessinez-vous avec un ordinateur ?
Mézières : Je suis de la vieille école, et je travaille toujours avec des instruments traditionnels. Mais attention : je connais bien les possibilités de l'ordinateur, notamment en matière d'image de synthèse. Je ne manipule pas moi-même, mais j'ai plaisir à regarder les coloristes ou les animateurs utiliser ces possibilités nouvelles. Elles sont vraiment interessantes mais je suis d'une génération qui est peu habituée à l'informatique.
Que pensez-vous de la BD interactive ?
Mézières : Nous avons un projet en cours pour développer un jeu vidéo à partir du personnage de Valérian. Je n'y prends pas part directement, mais je dois quand même superviser le travail pour qu'il soit le plus proche possible des albums de BD. Mon but est que le décor soit esthétique. En ce qui concerne l'histoire, il ne s'agit que d'un jeu. Il n'y a donc pas vraiment de scénario interactif. Mais si vous voulez en savoir plus sur les nouvelles manières de raconter des histoires en tenant compte de l'interactivité, Christin vous en dira sans doute d'avantage.Wazem Editions Humanoïdes Associés - Le chant des pavots
Que pensez vous de la BD interactive ?
Wazem : La BD classique et la BD interactive ne sont pas incompatibles. Lorsqu' on dessine, on est assez facilement aux machines. Moi même, je me suis mis à l'internet. Pour gagner ma croute, j'ai fait du graphisme sur plusieurs webs.Guibert Prix Alphart Coup de Coeur 1998 Prix René Gosciny 1998 La fille du professeur, Sfar et Guibert, Editions Dupuis
Comment définir la BD interactive ?
Guibert : Le multimédia aujourd'hui, on s'en sert encore de façon archaïque. Dans l'histoire de l'évolution des technologies, c'est chaque fois la même chose : on essaye toujours de réinventer la machine à vapeur et la lampe à pétrole. Je crois que le média doit se décanter. Il faut attendre qu'il soit plus mûr et plus structuré. On ne sait pas encore très bien se servir de ces nouveaux outils, mais ça viendra !Kubert Fax de Sarajevo - éditeur Vertige Graphic Prix Alph-art 1998 du meilleur album étranger traduit en français
Que pensez vous de la BD interactive?
Kubert : Internet et les CD sont encore des gadgets. Ils servent surtout à mieux communiquer sur les albums papier. Dans la bande dessinée, de toute façon, il y a un cheminement narratif que le CD doit respecter. On passe de la même manière de case en case pour suivre l'histoire. Alors n'est-ce pas aussi vain que de vouloir faire un roman photo à partir d'un film?
Aimeriez-vous voir vos albums sur CD?
Kubert : Pour moi, il existe un rapport sensuel avec le papier qu'on ne retrouve pas avec l' ordinateur. Et puis, si c'est uniquement pour ajouter du son, cela ne sert pas à grand chose. Enfin, je n' aimerais pas que les lecteurs puissent décider du sens de l'histoire. Selon moi, c'est à l'auteur de maîtriser le sens de son histoire.Du côté des lecteurs :
Que pensez vous de la BD interactive?
Laurent (Ouvrier) : Tout ce qui est ordinateur, je ne connais pas. Je n'ai jamais tapé vraiment sur le clavier. Mais je pense qu'une BD sur ordinateur ça peut être très-très bien. Ca peut permettre de diversifier les images, et de changer l'histoire. C'est la vue d'ensemble sur le CD-Rom qui doit surtout être plus évidente que dans une BD papier. La BD interactive est une approche intéressante, mais il reste un gros problème d'accessibilité pour ce genre de produit. Il faudrait voir ce que les Maisons pour Tous et les bibliothèques municipales comptent faire à ce niveau...Connais-tu des BD interactives ?
Sébastien Fan de BD et fan de techno: Non mais c'est génial sur interactif ! C'est génial ! Ca nous amuserait beaucoup plus, on pourrait choisir dans l'histoire. Moi, je viens juste d'avoir mon ordi, alors j'ai pas encore pu en regarder. Mais je crois que ca nous plairait encore plus que la BD sur papier !
Que penses-tu de la BD interactive?
Nicolas Fan de BD, lycéen en 1ère : Moi je lis les BD dans n'importe quelle position, en tailleur par terre, et très souvent allongé. Alors c'est pas pratique pour moi de consulter une BD interactive, car on est obligé de rester assis devant un écran. Et puis le contact avec les couleurs... l'écran me fait mal aux yeux. Surtout, je préfère la BD sur papier, parce qu'une BD interactive, on peut pas la dédicacer !
Leclerc, Michel-Edouard Dirigeant des Magasins Leclerc, sponsor de l'espace multimédia sur le salon d'Angoulême -
Selon vous, la BD interactive existe-elle ?
Leclerc : A Angoulême, on voit émerger deux groupes : d'une part, les nostalgiques de Spirou et sa grandeur passée, qui ne produisent plus rien de novateur, de l'autre, des créateurs comme Bernard Loisel, Bourgeon ou Julliard, qui donnent envie aux jeunes auteurs de travailler sur des scenarios. Certains éditeurs sont aussi novateurs, comme Delcourt, où la création assistée par ordinateur est en train de prendre de l'ampleur. Ils permettent de définir un nouveau support, qui constituerait une continuité entre le papier et l'écran cathodique.
La BD interactive a-t-elle un avenir ?
Leclerc : C'est l'apparition d'un nouveau média, mais si vous voulez l'opinion d'un gestionnaire ou d'un économiste, le web va créer une énorme attente sur le marché de l'image. Toutes les entreprises voudront leur site, et toutes voudront des stratégies de différenciation. C'est pour cela que nous sommes ici, à Angoulême, afin de soutenir ces auteurs de BD qui ont beaucoup d'avenir sur ces nouveaux médias.
Et l'internet ?
La lourdeur des images et des sons empêchent la publication des oeuvres
qui trouvent meilleure place sur le support CD. Cependant, Internet offre actuellement
un terrain d'expérimentation plus économique dans la création.
Une quantité impressionnante de sites sur la bande-dessinée y
sont consacrés ( bd interactive faire par les internautes, réflexions,
fans et passionnés, listes de diffusion).C'est bien de ce côté
qu'il y a un avenir.
Internet étant un support identique au CD, il y aurait la possibilité
de télécharger, par exemple des oeuvres. Il est possible, en allégeant
au maximum des images, des textes et des sons de tenir une oeuvre sur quelques
disquettes.
CONCLUSION
L'avenir se porterait pour des raisons de facilité commerciale, du côté du jeu vidéo ou de l'Internet.
Pourtant la création spécifique à partir d'une oeuvre existante (ou non), de l'univers autour et sur une oeuvre du neuvième art, toujours bien prolifique et présent, me semble encore loin de prétendre déjà sa fin. D'autres travaux artistiques aussi intéressants que toutes les oeuvres présentées sont à explorer.
De plus, le multimédia pourrait permettre non seulement de faire mieux connaître la bande - dessinée traditionnelle mais aussi celle plus élitiste et plus sous-terraine de la création actuelle.
IV - ANNEXES
Bibliographie
Généralités :
- L'aventure des images, "de la bd au multimédia". François Schuiten et Benoit peeters, 1996.
- La bande-dessinée, art séquentiel - Will Eisner
- Lire la bd de Pierre Masson
- Le cas des cases d'Agnès Deyzieux et Philippe Marcel
Critiques éditées; CD-rom et bande-dessinée :
EDOUARD LUSSAN
Operation Teddy Bear in Le Monde, 27-28 Octobre96
Les galères d'Edouard in Telerama, n°2443 Nov96
Operation Teddy Bear in A Suivre n°228, janv97
EDGAR P.JACOBS
Le piège diabolique : dossier de presse
BILAL
Bilal a la mémoire qui planche in Bo Doï, 98
Critiques de bandes dessinées
-ART SPIEGELMAN
Art for Art's Sake in The comics Journal, Octobre 1991
The Comics Journal n°74, aout 1982.
The Comics journal n°65, aout 81.
Dictionnaire Mondial de la bande-dessinée/ Gaumer et Moliterni.Ed.Larousse
EDGAR P.JACOBS
Un opéra de papier / E.P.Jacobs.Ed.GAllimard, 1981
MANARA
Manara in Les dossiers de la bd n°2, mai99
MERCI AUX HUMANOIDES ASSOCIES :)) ( notamment pour les cédés )
http://www.humano.com
.Thierry Grooensten
. http://www.indexplus.fr
. Mr.Dufour,Mr Dajez, professeurs à Paris 13.
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